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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Mamie Lucie

Auteur Sujet: Mamie Lucie  (Lu 9718 fois)

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
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Mamie Lucie
« le: 29 Juillet 2011 à 20:04:23 »
Edit du 18/02/2015 : Je profite du gentil remontage par Miromesnil pour mettre à jour le texte.

Je l'avais envoyé à un AT en 2013, et du coup il a été primé au concours Vision du Futur (accessit) et publié dans le numéro 30 du fanzine AOC. Vu que ça fait un moment, je me permets de le remettre en ligne ici, et au passage de mets la dernière version, après les corrections :)

Même après tout ce temps, je suis évidemment toujours preneuse de commentaires : je sais pas si j'aurai l'énergie de retoucher encore ce texte, mais c'est toujours utile : c'est par les commentaires qu'on apprend et qu'on s'améliore, et même juste un avis de lecture, ça fait plaisir parce qu'on voit que le texte a encore une vie...

Voilà la bête :




Mamie Lucie



… Je n’avais jamais remarqué cette fleur en pot, sur le rebord intérieur de la fenêtre. C’est une jacinthe ‒ je crois. Ses pétales violacés sont la seule touche de couleur au milieu de ce mur blanc, avec ce ciel gris de l’autre côté des carreaux. J’aime les fleurs. J’ai toujours aimé les fleurs. Il faut que je dise à Guillaume qu’ils en ont mis une à ma fenêtre.
— Madame Grindel ?
Je me tourne vers la porte. Il y a quelqu’un dans la pièce, avec une longue veste blanche. Je crois que je la connais, je ne suis pas sûre. Je me concentre sur ses traits, mais je les distingue mal. L’anxiété monte en moi : il me semble que je devrais savoir son nom.
Elle s’affaire autour du lit, à côté de mon fauteuil.
— Qui êtes-vous ? je demande.
— Je suis Maria, dit-elle en articulant bien et en parlant fort. Vous savez, c’est moi qui suis de service les lundis et les jeudis.
Elle a un sourire sans joie. Ah oui, je me rappelle. À peu près. Je fixe son dos tandis qu’elle attrape les draps sales et en installe d’autres à la place. Je hoche la tête un moment. J’étais en train de penser à quelque chose avant qu’elle arrive – je ne sais plus de quoi il s’agissait. Pourtant c’était important. Il fallait que je dise quelque chose à quelqu’un…
— Vous n’avez besoin de rien ? s’assure-t-elle en s’en allant.
Je ne sais pas si je n’ai besoin de rien. Je regarde autour de moi. Il fallait vraiment que je dise quelque chose à quelqu’un. C’était peut-être à elle ? Ce n’est pas normal que je ne me souvienne pas… Je fais un effort pour me concentrer. Trouve une chose à dire :
— J’ai faim.
Oui, il me semble que c’était ça. Je devais dire à la dame qui fait le lit que j’avais faim.
— J’ai faim ! je répète.
Mais la pièce est vide maintenant. Pourtant, j’ai faim, j’ai faim ! Du moins, je crois… Oui, puisque c’est ce que je devais dire. Si je devais le signaler, c’est que j’ai bel et bien faim. Aussi logique que ça. C’est incroyable qu’ils ne m’aient pas porté à manger, depuis… Je ne sais plus. Je me tourne vers le mur. Tiens ! Je n’avais jamais remarqué cette fleur en pot, sur le rebord de la fenêtre. C’est une jacinthe, je crois…

*

— … madame Grindel ?
Un visage me regarde. C’est… c’est celle qui me porte toujours le petit-déjeuner. Je l’aime bien. Un élan d’affection envahit ma poitrine. Je lui souris. Elle, elle comprendra. Je dois dire quelque chose à Guillaume.
Madame Grindel ! Vous m’écoutez ?
Elle a parlé entre temps, mais je n’ai pas compris ses mots parce que je pensais trop à Guillaume.
— Où est Guillaume ? je demande.
Elle soupire.
— Je viens de vous le dire : votre fils n’est pas là.
Non, elle ne me l’a pas dit ; je m’en souviendrais. Je ne suis pas encore complètement folle ! Et lui, pourquoi il n’est pas là, pour une fois que sa vieille mère a besoin de lui ? La colère m’inonde subitement.
— Où est-il ?
— Vous savez bien qu’il habite à Marseille. C’est très loin. Vous vous souvenez ?
La frustration s’intensifie. Si je m’en souviens ! Pour qui me prend-elle donc, cette bonne femme ? Je sais encore où habite mon fils, non ?
Non ?
J’ai peur, soudain.
— Je veux voir Guillaume, je dois lui dire que… que… Je veux le voir !
J’ai haussé le ton. La femme pose sa main froide sur mon poignet.
— Madame Grindel, écoutez-moi, articule-t-elle. Il ne peut pas venir. Il est loin. Il vous a déjà rendu visite ce mois-ci, avec votre belle-fille et votre petit-fils. Vous vous souvenez d’eux ?
Un visage me revient à l’esprit. Un garçonnet d’une huitaine d’années, aux cheveux châtain clair un peu trop courts à mon goût et au petit nez en trompette. Il s’appelle Théo et je l’aime tant. Ma gorge se noue. C’est le portrait craché de Guillaume, sauf pour les yeux.
La femme a recommencé à parler mais j’ai du mal à saisir ce qu’elle me dit si je ne fais pas un gros effort. Je lui souris distraitement pour ne pas laisser paraître que je n’ai rien compris.
— Vous avez de la visite, répète-t-elle bien fort.
— Guillaume ?
— Non, votre neveu.
Je réfléchis un instant.
Je n’ai pas de neveu.
— Mais si, voyons ! Un charmant jeune homme qui vient vous voir tous les jours depuis deux semaines, celui qui vous appelle « mamie ». Vous pouvez être fière, tout le service l’adore. Il tient beaucoup à vous. Vous en avez de la chance d’avoir un neveu comme lui !
— Mais je n’ai pas de neveu, je répète faiblement.
Il y a quelque chose qui ne va pas. Je sais que je n’ai pas les idées claires en ce moment. Seulement je suis sûre que je n’ai pas de neveu ! Ma sœur n’a pas eu d’enfant, et mon époux était fils unique. Ça, j’en suis sûre… Je cherche un repère dans la pièce, autour de moi, n’importe où… Tiens, il y a une jacinthe à la fenêtre…


*

— Mamie Lucie ?
C’est une voix grave, jeune et pleine de vie. D’un seul coup, je me sens plus… présente. Je lève les yeux de ma fleur.
Un homme blond avec une ample chemise bleue est entré dans ma chambre d’un pas alerte. Un sourire étrange flotte sur ses lèvres. J’ai du mal à le reconnaître. Il s’assoit sur mon lit avec désinvolture et ramène une jambe sous son genou.
— Alors, mamie Lucie, sourit-il avec chaleur. Comment ça va, aujourd’hui ?
Je l’observe un temps.
— Qui êtes-vous ? je demande, méfiante malgré son ton affectueux.
Je ne le connais pas. Il me fait une drôle d’impression.
Il écarte la question d’un haussement d’épaule.
— L’infirmière m’a dit que tu avais tout mangé, ce matin. C’est bien ! Tu dois garder des forces, tu en auras besoin le moment venu. À propos, tu as réfléchi à ma proposition ?
Je me triture les doigts. Je ne sais pas du tout de quoi il me parle. Je devrais. Il est si jeune ! Je n’arrive pas à lui donner d’âge, mais il dégage une véritable force, assis là. Comme un radiateur de vie. J’ai un peu honte. Je réponds « oui, oui », en souriant vaguement. Je ne devais pas lui dire quelque chose à propos d’une fleur ? Égarée, je tends la main vers la fenêtre.
— Tu as vu ? je lui indique.
Il me lance un regard énigmatique et se lève d’un bond pour rejoindre la fenêtre.
— Elle est magnifique, mamie Lucie. Un peu fanée, c’est dommage. Tu aimes les fleurs, n’est-ce pas ?
— Oh, oui ! Il y en avait plein derrière chez nous quand j’étais petite. (Mes yeux se tournent vers le passé.) Je jouais dans le champ avec Mathilde. C’était ma sœur, Mathilde. Un jour… ‒ oh, on ne devait pas avoir plus de dix ans, c’était avant la guerre ‒ un jour, elle avait construit une petite cabane, une toute petite cabane (je la lui mime avec les mains, comme si elle se trouvait sur mes genoux), et elle avait mis plein de fleurs dedans. Elle a voulu me faire croire que c’était des lutins qui l’avaient faite. A côté, elle avait même construit en miniature un… un…
Le nom m’échappe. C’est pour moudre la farine. Ça ressemble à… à quoi déjà ? J’ai perdu le fil de ce que je disais. Mais je n’avais pas fini ma phrase. De quoi je parlais ? Je regarde alentour pour me rappeler.
— …un… un lit ? je propose, incertaine que ce soit bien le terme qui me manquait ‒ mais enfin, il y a un lit à côté de moi, et il me manquait un mot.
Ce doit bien être de ça que je parlais… Mathilde détestait faire son lit, elle.
— Mamie Lucie ? ‒ la voix est sérieuse, tout à coup.
Mon attention se centre brusquement sur le jeune homme qui me fait face. Il me fixe avec intensité.
— Mamie Lucie, il faut que tu prennes une décision. Pendant qu’il est encore temps. Avant de perdre tes mots.
Je baisse les yeux, déconcertée. Une décision ? Je me sens perdue. Où est Guillaume ? J’ai tellement envie de le serrer contre moi. Et puis je dois lui dire quelque chose… à propos d’une… je ne sais plus…
Le jeune homme pose un baiser sur mon front. Il a de nouveau l’air léger.
— Je reviendrai demain, sourit-il. En attendant, profite bien de ta jacinthe, elle est très belle.
Je regarde la fleur. Tiens ! Elle n’est plus fanée du tout ! Ma surprise se dilue dans le flot de mes pensées, tandis que le jeune homme quitte la pièce. Où est Guillaume, déjà ?


*


Des voix. Au loin. Je prête l’oreille.
— Tu as fini le deuxième étage ?
Je ne sais pas de quoi elles parlent mais j’essaie de comprendre.
— Oui, sauf qu’un des patients m’a expliqué que le médecin avait mangé sa part de tarte et qu’il en voulait une autre.
Un éclat de rire. Je me concentre pour saisir ce qu’elles disent.
— Encore un qui affabule, fais pas attention, sinon t’as pas fini.
Je lève les yeux vers les deux femmes qui parlent dans le couloir. L’une d’elles passe le seuil de la pièce puis ressort.
— On se voit à la pause ?
Je déglutis. Une angoisse sourde s’élève en moi, peu à peu.
— OK, à tout à l’heure !
L’angoisse augmente, augmente. Je regarde autour de moi, mais je vois flou. Il y a un lit, des… choses… avec des boutons, une armoire, une fleur dans un pot. Je m’agrippe aux accoudoirs. J’ai peur. J’ai très peur, soudain.
Où suis-je ?
Des bruits de couverts et de liquide versé. Je prends appui pour me lever, le cœur battant. Mon Dieu, mais où suis-je donc ? Je ne reconnais rien. Je dois trouver Guillaume, il saura me dire, lui…
Quelque chose ne va pas.
Les mains, sur le fauteuil. Elles sont toute ridées et elles tremblent. Comme celles d’une très vieille personne, avec des taches brunes. Je plie les doigts, et ce sont ces mains-là qui remuent. Mon estomac chavire. Ce sont les miennes ?
— Guillaume ! j’appelle de toute mon âme. Guillaume !
J’ai envie de pleurer, de hurler, de m’accrocher à quelqu’un comme à des réponses.
— Hé, hé, hé ! fait la femme en entrant dans la pièce et en posant précipitamment son plateau-repas sur la table basse. Où est-ce que vous allez comme ça, madame Grindel ?
— Je veux voir Guillaume.
— Qui ?
— C’est mon… (Je cherche désespérément) …Oui, c’est mon fils. Où est-ce que je suis ?
Elle m’attrape par les épaules et m’oblige à me rasseoir. Je n’ai pas la force de lutter. Oh, mon Dieu, je ne reconnais absolument rien, ici. Absolument rien. Qu’est-ce que je fais là ?
— Vous êtes à la maison de retraite, articule distinctement la femme ‒ je n’aime pas sa voix, elle est aigre quand elle parle fort. Calmez-vous, madame Grindel. Calmez-vous ! (Par-dessus son épaule : ) Marjorie ! Va chercher Maria, y a qu’elle qui arrive à la calmer.
— Où est… ? ‒ je ne sais plus, je ne sais plus rien, j’ai la tête embrouillée.
— Votre fils ? complète-t-elle. Il n’est pas là, mais on s’occupe bien de vous ici, non ?
Je n’entends plus vraiment ce qu’elle dit. Mes yeux se tournent de côté. Sur la fenêtre, il y a quelque chose que j’aime. Ça fait naître un peu de chaleur dans ma poitrine. Je la regarde un moment. C’est violet et odorant. Je crois qu’on me parle, alors je souris, mais il y a un vide à l’intérieur de moi. Une femme me caresse le bras, c’est apaisant. Je crois qu’elle a dit « Maria », mais je ne sais pas ce que ça signifie. Il y a quelque chose que j’aime sur la… Dans cette direction, là… Quelque chose que j’aime… Quoi, déjà ?

*

Froid. J’ai un peu froid. Il y a une forme qui a l’air chaude et qui a glissé de mes genoux sur le sol. Je suis assise. J’ai un peu froid. Je regarde devant moi. C’est marron. C’est… J’ai un peu froid. Je frissonne.
— Mamie Lucie ?
Froid. J’attrape le col de mon vêtement.
— Tu as froid ?
Le mot pique une seconde mon attention, puis…
J’ai un peu froid. Je resserre mes mains sur le tissu au niveau de mon cou. Je frissonne.
Une sensation de chaleur sur mes jambes quand il remet la couverture. Je la remarque à peine. Il parle encore, alors je le regarde. Il a les cheveux blonds et le nez droit. Je vois tout un peu flou. Je ne sais pas si je le connais. Je ne sais pas ce qu’il me veut. Ses sourcils se froncent. Il a l’air inquiet.
— Mamie Lucie, c’est maintenant ou jamais, dit-il. Tu vas avoir besoin des mots pour accepter le pacte. N’oublie pas que je suis un peu magicien. Tu dois y voir clair si tu acceptes. Tu dois choisir maintenant, avant qu’il ne soit trop tard. Je suis venu pour ça. (Je l’écoute à peine.) Je t’en prie, Mamie Lucie, concentre-toi !
Je souris. Je crois qu’il s’en fait pour moi. Je ne sais pas trop qui c’est. Nous sommes… Où sommes-nous ? Je…
Soudain, il prend mes mains dans les siennes. Chaudes. Il prononce encore des paroles, attend ma réaction qui ne vient pas. Alors, il plonge son regard dans le mien.
Lucie, écoute-moi.
Les mots s’impriment soudain dans mon esprit. Comme une traînée plus nette, un fil d’Ariane. Je tente de m’y accrocher, de me concentrer sur leur sens.
La chose marron a glissé de mes genoux. J’ai un peu froid. Il me semble que je voulais…
Lucie, concentre-toi, Lucie.
Je le dévisage. J’entends ses mots, mais il n’a pas ouvert la bouche. Son regard fixe, sur moi. L’écho de ses paroles commence déjà à s’effacer de mon esprit… Je suis assise à mon fauteuil. Une sensation de chaleur sur les mains. Je réalise que ce qui est en train de se passer n’est pas normal du tout.
Il faut que tu m’écoutes, Lucie. Tu dois décider.
Il me fixe. Oh, il me fixe si intensément ! J’ai presque peur. Je dois… répondre ? Je cherche un trait familier sur son visage. Il est si concentré, si sérieux. Je ne l’ai jamais vu comme ça. Lentement, l’idée se fraie un passage dans mes pensées. Ses yeux sont bleus, bleu foncé, comme… comme… Je n’avais pas froid ? Je devais ramasser quelque chose… Il me propose… un choix ? Je ne sais plus. Finalement, je dis :
— Je n’ai pas de neveu.
En effet, confirme-t-il.
— Que voulez-vous ?
Pour la première fois depuis des semaines, des mois, j’éprouve une impression de clarté, de netteté, j’arrive à suivre mon raisonnement jusqu’à son terme. Je crois que je me souviens… Ses visites… Il y en a eu plusieurs. Je ne le connaissais pas au début. Il m’a proposé… La première fois que je l’ai vu, c’était…
En rêve. Tu m’as invoqué en rêve, Lucie, et je suis venu. Maintenant, tu dois choisir un souvenir avant que je disparaisse.
Je le fixe à mon tour, de mes yeux qui voient flou. Les siens sont d’un bleu bien trop intense, bien trop uniforme pour être normaux. Je me rappelle ce rêve. C’était un rêve fiévreux, lourd, il semblait absurde et réel. Mais tout reste confus, imprécis. Mon souffle devient difficile.
— Choisis un souvenir, Lucie, et je le ferai vivre en toi.
— Mais je…
— Madame Grindel ?
Une infirmière a passé la tête par la porte ouverte.
—Est-ce que tout va bien ?
Je la regarde longuement, en parcourant ses traits de mes yeux. Oui, je crois que tout va bien… Il y avait un homme avec moi ; mais il n’est plus là. Je regarde dans la pièce. Je crois que je devais faire quelque chose ? Un sentiment de malaise s’est installé en moi.




*

Maria tire l’étagère roulante jusqu’à la chambre 512. Madame Grindel. Une sympathique vieille dame, à son arrivée. Mais ses capacités cognitives se sont rapidement dégradées. Sale maladie. Depuis qu’elle travaille ici, Maria s’est fait la réflexion qu’une fois atteint un certain stade, ces gens ne perdent pas que les souvenirs. S’en va aussi tout ce que leur a apporté la vie, tout ce qui s’est greffé à leur personnalité initiale, les codes sociaux, les coutumes, les faux-semblants. Ne reste plus que leur être profond, mis à nu sans protection. Certains sont ronchons, d’autres sont agressifs, d’autres encore, comme madame Grindel, semblent affectueux et doux, animés d’une candeur enfantine.
Elle hausse les épaules et attrape le plateau sans sucre. Marjo a raison. Il faut s’endurcir. Elle ne tiendra pas longtemps si elle commence à se laisser aller à des états d’âme. Elle passe la porte.
— Bonjour, madame Grindel !
La vieille dame ne lui répond pas. Elle est assise dans son fauteuil, comme avant. Mais elle sourit dans le vague.
— Madame Grindel ? Je vous apporte votre goûter. Vous avez froid ?
Elle a vraiment l’air ailleurs. Elle cille à peine lorsque Maria lui remet la couverture sur les genoux.
— Est-ce que tout va bien, madame Grindel ? s’enquiert Maria. À quoi pensez-vous ?
Elle ne répond toujours pas. Maria lui passe la main devant les yeux ; aucune réaction. C’est comme ça depuis une semaine. Son neveu est le dernier à l’avoir vue avant la crise et il n’est plus revenu ensuite. Depuis, son sourire est figé, absent. Elle respire pourtant. Maria l’appelle encore, la secoue par l’épaule sans trop d’espoir.
— Madame Grindel, il faut manger !
Elle lui approche la cuillère des lèvres. La vieille dame avale à peine, les yeux toujours fixés sur le même point. Les médecins l’ont dite plongée dans un état d’aphasie avancé proche de la catatonie. Ils ne se l’expliquent pas. Les médicaments n’y changent rien. Elle n’a même pas reconnu son fils quand il est venu la voir, les yeux rougis par sa nuit dans le train. Il a répété plusieurs fois à l’accueil qu’il ne comprenait pas, qu’elle n’avait pas l’air si mal la dernière fois ; qu’elle avait même réussi à reconnaître sa femme.
Maria approche une autre cuillère de compote. La vieille dame murmure quelque chose, la bouche pleine.
— Qu’est-ce que vous dites ?
Maria approche son oreille de sa bouche. Le son est presque imperceptible, lointain, comme enfoui au fond de sa gorge.
— Un moulin…, répète madame Grindel. Elle avait même construit un moulin.
« Modifié: 18 Février 2015 à 23:11:59 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Zacharielle

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Re : Mamie Lucie
« Réponse #1 le: 29 Juillet 2011 à 22:29:07 »
Elle paraît un peu bloc postée comme ça, mais je pouvais pas couper, et puis je pense que ça se lit vite, avec toutes ces lignes sautées.
Je ne vois pas pourquoi tu dis ça, au contraire, ça parait aéré comme texte. Enfin, bref, c'est pas le plus important. J'admire ta capacité à reprendre un texte trainaillant. Perso je préfère l'abandonner à son sort !

---

Citer
…Je n’avais jamais remarqué
espace entre les points de suspension et le Je

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Ses pétales violacés sont la seule touche de couleur sur ce mur blanc, avec ce ciel gris de l’autre côté des carreaux.
j'ai pas compris la configuration des lieux. Pourquoi les pétales feraient de la couleur sur le mur si la fleur est posée sur le rebord de la fenêtre ??

Citer
Elle a parlé entre temps, mais je n’ai pas compris ses mots parce que je pensais trop à Guillaume.
j'aime bien cette phrase

Citer
La colère monte subitement en moi.
hm pourquoi pas "je sens la colère monter subitement en moi" ? Parce que là c'est comme si elle était étrangère à elle-même.

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Il s’appelle Théo et je l’aime tant.
c'est touchant

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Il s’assoit sur mon lit avec désinvolture et ramène une jambe sous son genou.
sous son genou ? J'aurais vu sur mais je chipote mdr

 
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(Mes yeux se tournent vers le passé.)
euh., bof bof la parenthèse

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Marjo a raison.
Mario et Maria ? lol



Mm, je n'ai pas trop accroché. Le fait qu'elle perde le fil de ses pensées est bien rendu et certaines de ses réflexions sont touchantes. Mais je trouve l'histoire du magicien du souvenir  pas très crédible (dans le sens où, dans le genre fantastique c'est juste à la frontière de la réalité, là, ben, on n'y croit pas quoi^^'). Et puis à part son fils, les souvenirs qu'elle évoque dans certains passages concernent seulement son enfance alors que c'est ce qu'il y a de plus lointain et qu'elle a vécu d'autres grandes choses entre temps. Je ne sais pas, je ne suis pas super convaincue par l'histoire et la fin hm ben, on a un peu l'impression de retourner au début sans avoir beaucoup progressé. Dans quelle mesure tu bloquais sur la fin : c'est que tu n'arrivais pas à déterminer le souvenir qu'elle choisirait ou tu avais d'autres idées qui te paraissaient trop faibles ? Sinon, c'est bien fait, on voit bien la mamie près de sa fenêtre à regarder sa jacinthe.

Hors ligne Milora

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Re : Mamie Lucie
« Réponse #2 le: 30 Juillet 2011 à 11:13:55 »
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Citation de: Milora le Hier à 20:04:23
Elle paraît un peu bloc postée comme ça, mais je pouvais pas couper, et puis je pense que ça se lit vite, avec toutes ces lignes sautées.
Je ne vois pas pourquoi tu dis ça, au contraire, ça parait aéré comme texte. Enfin, bref, c'est pas le plus important.
Ben parce que ça fait 6 pages Word postées d'un coup :mrgreen:

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Citation
Ses pétales violacés sont la seule touche de couleur sur ce mur blanc, avec ce ciel gris de l’autre côté des carreaux.
j'ai pas compris la configuration des lieux. Pourquoi les pétales feraient de la couleur sur le mur si la fleur est posée sur le rebord de la fenêtre ??
C'est la deuxième fois qu'on me fait cette remarque et je comprenais pas pourquoi. Je viens de comprendre. C'est parce que dans ma tête, la fleur est sur le rebord intérieur de la fenêtre. Effectivement, si on la visualise à l'extérieur, ça change tout xD
Or donc, dans ma tête, il y a le mur blanc, la fenêtre qui donne sur un ciel gris et, posée à l'intérieur sur le rebrod de la fenêtre, la fleur qui constitue la seule touche de couleur du panorama. Si je rajoute "rebord intérieur", ça suffira à clarifier ?

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Citation
La colère monte subitement en moi.
hm pourquoi pas "je sens la colère monter subitement en moi" ? Parce que là c'est comme si elle était étrangère à elle-même.
Personnellement je trouve pas que livrer directement le ressenti établisse une distance... Enfin, cette phrase-là t'a sans doute donné cette sensation, hein, je le nie pas ! C'est juste d'une manière générale où je trouve que les "je sens que" ça alourdit... Je verrai avec les autres lecteurs, pour cette phrase, donc. :)

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Citation
(Mes yeux se tournent vers le passé.)
euh., bof bof la parenthèse
Au départ j'avais mis "mes yeux dans le vague se tournent vers le passé" mais on m'a fait remarquer que les yeux dans le vague, ça n'est pas quelque chose qu'on perçoit à la première personne, ça suppose un point de vue extérieur. Du coup c'est vrai que la parenthèse fait un peu vide sans indication sur le "type" de regard. Je ne sais pas si remettre le vague, du coup...

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Marjo a raison.
Mario et Maria ? lol
Lol. :mrgreen: Non, Marjorie :P

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Mm, je n'ai pas trop accroché. Le fait qu'elle perde le fil de ses pensées est bien rendu et certaines de ses réflexions sont touchantes. Mais je trouve l'histoire du magicien du souvenir  pas très crédible (dans le sens où, dans le genre fantastique c'est juste à la frontière de la réalité, là, ben, on n'y croit pas quoi^^'). Et puis à part son fils, les souvenirs qu'elle évoque dans certains passages concernent seulement son enfance alors que c'est ce qu'il y a de plus lointain et qu'elle a vécu d'autres grandes choses entre temps. Je ne sais pas, je ne suis pas super convaincue par l'histoire et la fin hm ben, on a un peu l'impression de retourner au début sans avoir beaucoup progressé. Dans quelle mesure tu bloquais sur la fin : c'est que tu n'arrivais pas à déterminer le souvenir qu'elle choisirait ou tu avais d'autres idées qui te paraissaient trop faibles ? Sinon, c'est bien fait, on voit bien la mamie près de sa fenêtre à regarder sa jacinthe.
Je vois je vois. Puis-je te poser quelques petites questions, puisque tu es ma seule lectrice ici pour l'instant ?
- Est-ce que tu as compris l'histoire ? Est-ce que tu as compris la maladie de la vieille dame ? (au départ je l'avais précisée explicitement, mais tous les lecteurs m'ont dit que c'était inutile et qu'on avait bien compris sans ça ; mais du coup je suis plus sûre) Du coup, pour les souvenirs anciens qui ressurgissent, c'est un symptôme classique de la maladie. On se rappelle de son enfance mais pas d'y a 5 minutes. Et si tu parles des choses marquantes comme la guerre, c'est pas forcément ce qui revient au quotidien en fait...

- Du coup, pour la fin, tu as l'impression qu'il n'y a eu aucun changement dans l'état de la vieille dame, par rapport au début ? Si c'est le cas, c'est ça qu'il faut que je clarifie.

- Pour le type mystérieux, depuis que l'histoire a été lue j'ai rajouté la phrase en gras dans
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En rêve. Tu m’as invoqué en rêve, Lucie. Je suis un peu magicien, n'oublie pas. Tu voulais si fort recouvrer la clarté d'esprit que je suis venu dans ce monde. Et maintenant tu dois choisir un souvenir avant que je m’en aille.
ça m'a semblé artificiel au moment où je l'ai fait, j'attendais de voir des réactions. C'est qu'une lectrice m'avait dit qu'il nous manquait une indication sur qui était le gusse, et sur comment/pourquoi il est arrivé là. Il me semblait que sans cette précision, ça rendait plus "fantastique". Cette seule phrase enlève-t-elle le doute sur l'existence du bonhomme ? Du coup je vais sans doute la supprimer et rajouter peut-être une troisième mention, plus explicite, sur ce qui se passe à la fin, si tu me réponds que tu ne l'as pas comprise...

Pour les autres fins, en fait j'avais été plus franchement dans la magie, avec un passage où l'homme rendait sa clarté d'esprit à Lucie et du coup je pouvais y développer des explications, notamment sur lui. Mais c'était vraiment artificiel et rajouté, ça n'allait pas du tout. J'ai préféré laissé l'homme dans le flou (de toute façon le but était qu'on ne sache pas s'il est réel et magicien ou si elle affabule/comprend mal ce qui se passe). Dans les autres versions, au lieu d'enfermer Lucie dans un souvenir, il la transformait carrément en animal (ou la tuait et gardait son esprit - clair - avec lui), mais c'était vraiment trop, je suis plus satisfaite de l'idée de la fin de cette version. Mais si elle est peu claire, il faut que je la revoie encore. Le truc étant de ne pas ajouter de phrases trop claires sinon ça fait gros sabots...

Désolée pour cette réponse qui est plus une réflexion à haute voix, ou plutôt à haut clavier, lol xD
Merci d'être passée, Zach.
« Modifié: 30 Juillet 2011 à 11:15:35 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Zacharielle

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Re : Re : Mamie Lucie
« Réponse #3 le: 30 Juillet 2011 à 12:46:26 »
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Citation de: Milora le Hier à 20:04:23
Elle paraît un peu bloc postée comme ça, mais je pouvais pas couper, et puis je pense que ça se lit vite, avec toutes ces lignes sautées.
Je ne vois pas pourquoi tu dis ça, au contraire, ça parait aéré comme texte. Enfin, bref, c'est pas le plus important.
Ben parce que ça fait 6 pages Word postées d'un coup :mrgreen:
Oui en fait j'ai réalisé que c'était long quand j'ai vu la taille de l’ascenseur lol

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Ses pétales violacés sont la seule touche de couleur sur ce mur blanc, avec ce ciel gris de l’autre côté des carreaux.
j'ai pas compris la configuration des lieux. Pourquoi les pétales feraient de la couleur sur le mur si la fleur est posée sur le rebord de la fenêtre ??
C'est la deuxième fois qu'on me fait cette remarque et je comprenais pas pourquoi. Je viens de comprendre. C'est parce que dans ma tête, la fleur est sur le rebord intérieur de la fenêtre. Effectivement, si on la visualise à l'extérieur, ça change tout xD
Or donc, dans ma tête, il y a le mur blanc, la fenêtre qui donne sur un ciel gris et, posée à l'intérieur sur le rebrod de la fenêtre, la fleur qui constitue la seule touche de couleur du panorama. Si je rajoute "rebord intérieur", ça suffira à clarifier ?
non ça change pas grand chose, en fait, on a l'impression que la couleur se porte sur le mur, donc qu'on est de l'autre côté de la fenêtre, à flotter dans le ciel en quelque sorte. Alors que juste avant on était à l'intérieur. Du coup, que tu mettes la plante à l'intérieur ou à l'extérieur ça ne change pas grand chose. C'est l'histoire du mur blanc qu'il faudrait peut-être expliciter, je ne sais pas trop.

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La colère monte subitement en moi.
hm pourquoi pas "je sens la colère monter subitement en moi" ? Parce que là c'est comme si elle était étrangère à elle-même.
Personnellement je trouve pas que livrer directement le ressenti établisse une distance... Enfin, cette phrase-là t'a sans doute donné cette sensation, hein, je le nie pas ! C'est juste d'une manière générale où je trouve que les "je sens que" ça alourdit... Je verrai avec les autres lecteurs, pour cette phrase, donc. :)
OK. Mais là on dirait que c'est "la" colère qui monte en elle et pas "une" colère particulière. Si tu vois ce que je veux dire. Enfin, c'est du chipotage, on verra ce qu'en pensent les autres.

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Citation
(Mes yeux se tournent vers le passé.)
euh., bof bof la parenthèse
Au départ j'avais mis "mes yeux dans le vague se tournent vers le passé" mais on m'a fait remarquer que les yeux dans le vague, ça n'est pas quelque chose qu'on perçoit à la première personne, ça suppose un point de vue extérieur. Du coup c'est vrai que la parenthèse fait un peu vide sans indication sur le "type" de regard. Je ne sais pas si remettre le vague, du coup...
Non mais en fait on a pas besoin de cette indication. On le voit bien, qu'elle se remémore un vieux truc, le lecteur est pas tebê lol

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Marjo a raison.
Mario et Maria ? lol
Lol. :mrgreen: Non, Marjorie :P
aaaah mdr. En fait j'ai lu ton texte dans la fenêtre de post donc c'était souligné, du coup on voyait pas bien le bout du J. LOL

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- Est-ce que tu as compris l'histoire ? Est-ce que tu as compris la maladie de la vieille dame ? (au départ je l'avais précisée explicitement, mais tous les lecteurs m'ont dit que c'était inutile et qu'on avait bien compris sans ça ; mais du coup je suis plus sûre)
bah elle a la maladie d'Alzheimer, non ? Ou un truc du genre qui fait qu'on oublie. On comprend après 2 lignes, pas la peine d'expliciter mdr

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Du coup, pour les souvenirs anciens qui ressurgissent, c'est un symptôme classique de la maladie. On se rappelle de son enfance mais pas d'y a 5 minutes.
OK mais ce que je veux dire c'est qu'entre son enfance et 5 minutes y'a quand même des années de vie.
Justement, ce qui m'embête, c'est que tu restes dans le côté classique de la maladie (= forcément svnir d'enfance) sans chercher, par la fiction, à changer un peu, à marquer un peu plus ton perso. Mais bon, ça peut être un choix, de faire comme ça.

Citer
Et si tu parles des choses marquantes comme la guerre, c'est pas forcément ce qui revient au quotidien en fait...
pas forcément de la guerre, mais un truc qui rappelle son travail, un truc de vacances, un noël, un événement quelconque, un échange de regard dans un transport, un truc inutile mais qui reste ancré, tu sais pas pourquoi alors que le reste, peut-être censé être plus fort, plus prégnant eh bah il est parti en fumey

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- Du coup, pour la fin, tu as l'impression qu'il n'y a eu aucun changement dans l'état de la vieille dame, par rapport au début ? Si c'est le cas, c'est ça qu'il faut que je clarifie.
bah si, y'a eu un changement, maintenant elle s'est fixée sur un souvenir et elle s'y perd en le revoyant encore & encore jusqu'à la fin, ce qui est assez horrible quand on y pense.

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- Pour le type mystérieux, depuis que l'histoire a été lue j'ai rajouté la phrase en gras dans
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En rêve. Tu m’as invoqué en rêve, Lucie. Je suis un peu magicien, n'oublie pas. Tu voulais si fort recouvrer la clarté d'esprit que je suis venu dans ce monde. Et maintenant tu dois choisir un souvenir avant que je m’en aille.
ça m'a semblé artificiel au moment où je l'ai fait, j'attendais de voir des réactions
euh oui, je trouve que c'est mieux sans, c'est lourd avec. Mieux vaut pas expliciter, laisser le doute, sinon on dirait que tu prends le lecteur par la main + risque d'ennui


Tu l'as fait lire par qui, avant ? Les gernouilles ? Juste par curiosité.

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Dans les autres versions, au lieu d'enfermer Lucie dans un souvenir, il la transformait carrément en animal (ou la tuait et gardait son esprit - clair - avec lui), mais c'était vraiment trop
arf en effet


Hors ligne Milora

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Re : Mamie Lucie
« Réponse #4 le: 30 Juillet 2011 à 13:51:40 »
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non ça change pas grand chose, en fait, on a l'impression que la couleur se porte sur le mur, donc qu'on est de l'autre côté de la fenêtre, à flotter dans le ciel en quelque sorte. Alors que juste avant on était à l'intérieur. Du coup, que tu mettes la plante à l'intérieur ou à l'extérieur ça ne change pas grand chose. C'est l'histoire du mur blanc qu'il faudrait peut-être expliciter, je ne sais pas trop.
Euh, alors là j'avoue que c'est moi qui vois pas du tout comment tu visualises la chose. Le mur, il peut être à l'intérieur... Je comprends pas, désolée  :-\

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Non mais en fait on a pas besoin de cette indication. On le voit bien, qu'elle se remémore un vieux truc, le lecteur est pas tebê lol
C'était pas une question d'explication mais d'ambiance ;)

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OK mais ce que je veux dire c'est qu'entre son enfance et 5 minutes y'a quand même des années de vie.
Justement, ce qui m'embête, c'est que tu restes dans le côté classique de la maladie (= forcément svnir d'enfance) sans chercher, par la fiction, à changer un peu, à marquer un peu plus ton perso. Mais bon, ça peut être un choix, de faire comme ça.
Ben, franchement, je me suis basée sur ma grand mère avec qui je vis, pour tout ce qui touche à la maladie. Et, ok, c'est peut-être cliché, mais... c'est comme ça dans la réalité, lol. (Enfin, j'ai peut-être pas lu beaucoup de choses avec la maladie d'Alzheimer, mais j'associe pas le cliché Alzheimer avec souvenir d'enfance. Quand j'ai vu le thème traité, c'était plus à la télé, et ils faisaient plutôt que le personnage se rappelle de son amour de jeunesse, mdr) Désolée que ça donne ce sentiment. En plus, la fleur lui fait un peu penser à l'élément déclencheur qui, dans sa vie, lui a fait aimer les fleurs, et c'était donc dans son enfance...
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pas forcément de la guerre, mais un truc qui rappelle son travail, un truc de vacances, un noël, un événement quelconque, un échange de regard dans un transport, un truc inutile mais qui reste ancré, tu sais pas pourquoi alors que le reste, peut-être censé être plus fort, plus prégnant eh bah il est parti en fumey
Ben j'avoue qu'à titre personnel, un souvenir de vacances ou un Noël, ça me semble vachement prémaché aussi ; quant à un événement quelconque, ben c'était censé en être un... Un échange de regard dans un transport, par contre, tu t'en rappelles pas forcément 40 ans après, quoi, et c'est pas très marquant comme souvenir (ça fait partie de ceux qui s'effacent)
Enfin, comme toujours, le lecteur est roi, hein.  ::)


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bah si, y'a eu un changement, maintenant elle s'est fixée sur un souvenir et elle s'y perd en le revoyant encore & encore jusqu'à la fin, ce qui est assez horrible quand on y pense.
Oui, c'est pas très joyeux, lol. Ça me rassure sur la clarté de la chose. Mais alors, qu'est-ce qui t'a donné l'impression que rien n'avait changé ?


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euh oui, je trouve que c'est mieux sans, c'est lourd avec. Mieux vaut pas expliciter, laisser le doute, sinon on dirait que tu prends le lecteur par la main + risque d'ennui
Oui, c'est ce qui me semblait aussi, mais je voulais tester avec la phrase pour un lecteur neuf ^^

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Tu l'as fait lire par qui, avant ? Les gernouilles ? Juste par curiosité.
Kailiana, ernya, les grenouilles, et puis j'ai eu un petit MP de Mary qui l'a lu quand il était dans les geôles (en fait je l'ai posté en premier sur le mde mais n'ayant pas de retour, je l'ai posté sur Cocyclics, et vu que j'avais pas mal de bêta en peu de temps là bas, je l'ai enlevé du MDE le temps de faire des modifs et de présenter une version 2 ici)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Zacharielle

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Re : Mamie Lucie
« Réponse #5 le: 30 Juillet 2011 à 15:35:07 »
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Non mais en fait on a pas besoin de cette indication. On le voit bien, qu'elle se remémore un vieux truc, le lecteur est pas tebê lol
C'était pas une question d'explication mais d'ambiance ;)
oui, j'ai bien saisi que c'était pour le style (tu utilises les parenthèses après) mais ça me semble assez artificiel quand même, surtout celle-là.

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Ben j'avoue qu'à titre personnel, un souvenir de vacances ou un Noël, ça me semble vachement prémaché aussi ; quant à un événement quelconque, ben c'était censé en être un... Un échange de regard dans un transport, par contre, tu t'en rappelles pas forcément 40 ans après, quoi, et c'est pas très marquant comme souvenir (ça fait partie de ceux qui s'effacent)
noël, prémaché ? :( justement moi c'est des trucs comme ça dont je me souviens mais de l'enfance (pourtant c'est pas si lointain mdr), il ne me reste pas beaucoup de souvenirs. Enfin bref, après, ça dépend aussi des personnes et je suis pas scientifique, je sais pas comment fonctionne le cerveau ni à quel point les effets de la maladie peuvent varier etc., tu es sans doute mieux placée que moi pour décrire.

Citer
Mais alors, qu'est-ce qui t'a donné l'impression que rien n'avait changé ?
ce que je veux dire c'est que y'a eu un mouvement interne dans le texte mais que pour le lecteur, bah, c'est comme si y'avait pas eu beaucoup d'évolution : il peut pas plus atteindre le perso au début qu'à la fin du texte si tu vois ce que je veux dire. Surtout que tu as déjà évoqué le souvenir où elle a décidé de se perdre. Y'a pas vraiment de nouveauté quoi.


Bref.

Hors ligne Spes

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Re : Mamie Lucie
« Réponse #6 le: 30 Juillet 2011 à 17:34:43 »
(Me voici sur ce fil, mais la page de pub qui n'en était pas une n'y est pour rien)

Alors... Wa, j'ai aimé ! La progression lente et régulière, le suspens qui s'instaure doucement, puis plus fermement, jusqu'à une chute à couper le souffle (quoique toute modeste dans son genre)...
J'ai trouvé que l'ambiance de la maison de retraite restait légère et peu appuyée, sauf dans les petits passages d'angoisse de la narratrice, ce qui correspond bien à l'image qu'elle semble en avoir. Les moments où elle hésite, oublie, ne m'ont pas paru lourds. Je me suis un peu emmêlé les pattes dans ces histoires de fils et de petit-fils, et du coup j'en avais déduit que le petit-fils aux cheveux châtains avait grandi (que des années entières s'étaient écoulées) et qu'il était devenu le magicien. Je n'ai pas tout à fait compris l'histoire du magicien d'ailleurs, sinon sous l'angle du second sens (elle se crée une chimère onirique pour se raccrocher à ses souvenirs), mais peut-être est-ce tout ce qu'il y a à comprendre. Ça ne m'a pas vraiment posé problème en tout cas.
Ah, et je n'ai pas lu la discussion que Zach et toi avez eue ci-dessus.

Citer
Il y a quelqu’un dans la pièce, avec une longue veste blanche. Je crois que je la connais, je ne suis pas sûre. Je me concentre sur ses traits, mais je les distingue mal. L’anxiété monte en moi : il me semble que je devrais savoir son nom.
La phrase en italique m'a semblé se rapporter à la veste, le "la" prête à confusion. Ceci dit, la veste n'a ni traits ni nom.

Citer
Pourtant c’était important.
Virgule après "pourtant" ?

Citer
Un élan d’affection arrive dans ma poitrine.
Je n'aime pas trop, je trouve ça trop imagé, un peu maladroit

Citer
La femme me pose sa main froide sur le poignet.
Je ne comprends pas bien le choix que tu fais avec me pose/sa main/le poignet, je trouve que ça alourdit

Citer
Il s’assoit sur mon lit avec désinvolture et ramène une jambe sous son genou.

Je n'ai pas visualisé
Citer
La femme a recommencé à parler mais j’ai du mal à saisir ce qu’elle me dit si je ne fais pas un gros effort.
Une virgule quelque part ?

Citer
Comme un radiateur de vie.
J'aime bien, ainsi que la description du jeune homme, qui précède ^^ Je l'imagine bien

Citer
Les siens sont d’un bleu bien trop intense, bien trop uniforme, pour être normaux.
Pas de virgule avant "pour"

Citer
Mais ses capacités cognitives se sont rapidement dégradées. Sale maladie. Depuis qu’elle travaille ici, elle s’est fait la réflexion qu’une fois atteint un certain stade, ces gens ne perdent pas que les souvenirs.
Le sujet (Marie/Mme Grindel) est un peu confus dans ces phrases.

Citer
S’en va aussi tout ce que leur a apporté la vie, tout ce qui s’est greffé à leur personnalité initiale, les codes sociaux, les coutumes, les faux-semblants. Ne reste plus que leur être profond, mis à nu sans protection.
C'est vrai, ça ? o.o

Voilà, bon courage pour la suite !
« Modifié: 06 Août 2011 à 18:02:55 par Spes »

Hors ligne Milora

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Re : Mamie Lucie
« Réponse #7 le: 31 Juillet 2011 à 18:33:46 »
Merci de ta lecture, Spes ! :)

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(Me voici sur ce fil, mais la page de pub qui n'en était pas une ni est pour rien)
Voilà qui m'ôte un doute existentiel  :P

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Je me suis un peu emmêlé les pattes dans ces histoires de fils et de petit-fils, et du coup j'en avais déduit que le petit-fils aux cheveux châtains avait grandi (que des années entières s'étaient écoulées) et qu'il était devenu le magicien. Je n'ai pas tout à fait compris l'histoire du magicien d'ailleurs, sinon sous l'angle du second sens (elle se crée une chimère onirique pour se raccrocher à ses souvenirs), mais peut-être est-ce tout ce qu'il y a à comprendre. Ça ne m'a pas vraiment posé problème en tout cas.
Ah, toujours le même dilemne : est-ce qu'il faut que je clarifie ou pas ? Hm. Réflexion intensive... L'affaire du pacte (enfin ce qui se passe à la fin), ça se comprend, non ? Si oui, la question est (toujours la même) : dois-je fournir des explications ou pas sur le "magicien"... Vu qu'on m'a suggéré de supprimer le passage où l'infirmière mentionne le jeune homme, ce qui lui donnerait davantage l'air d'une hallucination... Est-ce que tu crois que ça suffirait à atténuer cette impression de pas clair ?

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Citation
Il y a quelqu’un dans la pièce, avec une longue veste blanche. Je crois que je la connais, je ne suis pas sûre. Je me concentre sur ses traits, mais je les distingue mal. L’anxiété monte en moi : il me semble que je devrais savoir son nom.
La phrase en italique m'a semblé se rapporter à la veste, le "la" prête à confusion. Ceci dit, la veste n'a ni traits ni nom.
Mais on comprend quand même ? Comme la confusion est dans la tête de Lucie, j'avais fait exprès de le transcrire comme ça. Mais si ça gène à la lecture, je corrigerai,  bien sûr.

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Citation
Mais ses capacités cognitives se sont rapidement dégradées. Sale maladie. Depuis qu’elle travaille ici, elle s’est fait la réflexion qu’une fois atteint un certain stade, ces gens ne perdent pas que les souvenirs.
Le sujet (Marie/Mme Grindel) est un peu confus dans ces phrases.
Ah oui, carrément, t'as raison !

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Citation
S’en va aussi tout ce que leur a apporté la vie, tout ce qui s’est greffé à leur personnalité initiale, les codes sociaux, les coutumes, les faux-semblants. Ne reste plus que leur être profond, mis à nu sans protection.
C'est vrai, ça ? o.o
Euh, c'est juste mon impression personnelle ça, c'est pas scientifique ^ ^

Ok pour tout le reste ! Et merci de ton commentaire :)
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Re : Mamie Lucie
« Réponse #8 le: 31 Juillet 2011 à 19:37:00 »
Mil', le jour où tu dis qu'un de tes textes est trop bien je vais trouver ça louche.  :P

J'ai bien aimé l'incertitude sur le magicien, je trouve que ça rend un peu de poésie à la rudesse du texte. (Le style a beau être doux, on peut pas dire que le fond soit gai.) Les personnages sont attachants et l'effet de flou des souvenirs embrouillés est très bien rendu.

Et j'aime bien la fin en l'état, qu'elle se raccroche au moulin plutôt qu'à toute autre chose (par exemple l'adresse de son fils), en soi elle préfère garder un souvenir heureux que se raccrocher à des détails purement pratiques.

J'ai néanmoins trouvé que la fin arrivait un peu vite mais je vois pas trop ce que tu pourrais y faire. x'D
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
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Re : Mamie Lucie
« Réponse #9 le: 31 Juillet 2011 à 19:47:19 »
Globalement, j'ai beaucoup aimé. J'admire très franchement la façon dont tu décris les pensées de Madame Grindel dans le sens où il me semble que c'est très très proche de ce qui doit se passer dans l'esprit de quelqu'un atteint d'Alzheimer. Sur ce point, j'ai vraiment trouvé le texte époustouflant et incroyablement touchant.

Bon, par contre je n'ai pas compris grand chose à la chute. ='D

Est-ce que c'est un personnage qu'elle a inventé (j'imagine que non, puisque l'infirmière lui en parle, mais sait-on jamais) ? C'était quoi, cette histoire de choix ? Et puis pourquoi finit-elle si apathique ?

En fait ça me fait limite penser à un pacte avec le Diable, du type "je te rends un seul souvenir, mais tu ne vivras plus que par et avec lui jusqu'à ta Mort". Donc voilà, c'est un tout petit bémol (parce que si ça se trouve c'est juste moi qui ne suis pas très futée ='D), et à part ça, chapeau.

Hors ligne Milora

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Re : Mamie Lucie
« Réponse #10 le: 31 Juillet 2011 à 20:46:11 »
Kathya -->

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Mil', le jour où tu dis qu'un de tes textes est trop bien je vais trouver ça louche.
LOL. Maiiis euh :P

Merci de ta lecture !
Hm, pour la fin rapide, j'avoue que je sais pas trop quoi faire pour changer ça...


Plectrude -->

Merci à toi aussi de ta lecture ! Ton commentaire m'aide beaucoup en fait.
Citer
ça me fait limite penser à un pacte avec le Diable, du type "je te rends un seul souvenir, mais tu ne vivras plus que par et avec lui jusqu'à ta Mort".
Oui, c'est un peu ça (sauf qu'il est pas le Diable).
Ça m'embête que tu n'aies pas compris la fin. Une autre lectrice, ailleurs, m'a dit que c'était un peu flou pour elle aussi, mais tous les autres m'ont conseillé de ne pas expliciter davantage sous peine de perdre la dimension de doute. Je sais pas trop quoi faire...

Surtout :
Citer
Est-ce que c'est un personnage qu'elle a inventé (j'imagine que non, puisque l'infirmière lui en parle, mais sait-on jamais) ? C'était quoi, cette histoire de choix ? Et puis pourquoi finit-elle si apathique ?
DONC, si j'enlève le moment où l'infirmière lui parle du "petit-neveu", ce sera plus clair ? *Mil, pleine d'espoir*

Merci pour ta lecture, disais-je, et pour les mots gentils de ton commentaire !
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Re : Re : Mamie Lucie
« Réponse #11 le: 31 Juillet 2011 à 20:58:04 »
Citer
Est-ce que c'est un personnage qu'elle a inventé (j'imagine que non, puisque l'infirmière lui en parle, mais sait-on jamais) ? C'était quoi, cette histoire de choix ? Et puis pourquoi finit-elle si apathique ?
DONC, si j'enlève le moment où l'infirmière lui parle du "petit-neveu", ce sera plus clair ? *Mil, pleine d'espoir*

Perso je préfère en l'état j'ai pas envie que ça devienne plus clair.

Le fait que l'infirmière en parle pour moi c'était pas forcément incohérent...
J'imaginais que l'infirmière se raccrochait à une branche que Lucie lui avait tendu à un autre moment, genre elle aurait pu lui dire, juste après le passage du "neveu" (à elle ou à une autre infirmière) que le gamin était venu (qu'il existe ou n'existe pas) vu que le sujet des gens qui viennent la voir est récurrent.
Pour moi, soit il existait, c'était genre un gamin qui donnait de son temps bénévolement aux personnes âgées des maisons de retraite, soit elle l'imagine, et je le voyais très bien faire partie du folklore de son enfance, au même titre que la cabane à fleurs.
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Re : Mamie Lucie
« Réponse #12 le: 31 Juillet 2011 à 21:00:55 »
Ah oui d'accord alors en fait je vais vraiment enlever la mention, parce que je vois que c'est pas clair du tout : c'est pas un gamin le petit neveu, c'est l'identité sous laquelle l'homme blond s'est présenté aux infirmières. "Neveu" me donnait l'impression que l'on attendrait un homme plus âgé vu l'âge de Lucie. Mais à la réflexion, il serait de la même génération que Théo, donc effectivement, trop jeune... J'avais pas pensé que ça puisse prêter à confusion. Je vais donc l'enlever.
Mais du coup, Kathya, t'avais compris quoi sur les visiteurs de Lucie ?
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Re : Mamie Lucie
« Réponse #13 le: 02 Août 2011 à 15:40:14 »
Me voilà ! :)

J'ai lu ce texte il y a un petit moment déjà, comme je l'avais enregistré sur mon ordi, mais je ne récupère une connexion que maintenant...

On comprend très vite la maladie de Lucie, ne t'inquiète pas. J'aime bien la dimension cyclique de la fleur, le fait qu'elle l'oublie d'une fois sur l'autre. Par contre, j'ai moi aussi eu du mal à comprendre cette histoire de "touche de couleur sur le mur". Même si elle est sur le rebord intérieur de la fenêtre, ce qui est derrière, c'est du verre, non ? Cela ne me semble pas très clair...

Je trouve cela intéressant que l'infirmière parle d'un "petit-neveu", dont Mamie Lucie nie l'existence, et que le lecteur ne la croie pas parce qu'il a compris qu'elle a Alzheimer (trop fière, je l'ai bien écrit du premier coup), mais qu'on se rende compte après coup [SPOILERS] qu'en effet, elle avait raison : ce n'est pas du tout son petit-neveu mais une sorte de magicien. [/SPOILERS] Du coup, je laisserais ce passage-là, je le trouve original. C'est intéressant, parce qu'au départ, on pense aussi qu'il veut lui parler d'héritage, ou de quelque chose d'approchant, alors que non.

L'idée du souvenir qui vient de l'enfance et qui est tout ce qui reste est un peu stéréotypée, par rapport à ce que je sais de cette maladie (c'est-à-dire pas grand-chose, même si mon arrière-grand-mère en est décédée). Ceci dit, j'aurais trouvé cela encore plus lieu commun si c'était un souvenir de Noël, ou même une histoire d'amour, donc le récit que la mamie réalise est finalement assez "rafraîchissant".

Le passage où elle se met à hurler le nom de son fils est très réaliste, et également triste, parce qu'on se rend bien compte qu'elle ne sait plus du tout où elle est et que son enfant se trouve loin d'elle. J'ai bien aimé aussi les petites anecdotes des infirmiers de la maison de retraite, enfin, celle sur la part de tarte. ^__^

Le passage du pacte est très intéressant. Pour moi, c'est du fantastique, parce que ce pourrait aussi être une hallucination qu'elle invente à partir de quelqu'un qui vient la voir (une sorte de bénévole). Mais je préfère l'explication surnaturelle. Si j'ai bien compris, [SPOILERS]le magicien a prétendu être "son petit-neveu" mais a été invoquée par elle en rêve, et il lui propose de choisir un souvenir qu'elle n'oubliera pas, c'est ça ?

Du coup, je trouve la fin un peu triste, parce qu'elle est en permanence plongée dans ce souvenir d'enfance et qu'elle est toujours aussi perdue dans le véritable monde... En même temps, je suis aussi contente qu'elle n'oublie pas ce moment, parce que manifestement, elle était en train de le perdre (elle ne se souvenait plus du "moulin").
[/SPOILERS]

Bref, c'est globalement bien mené, mais je trouve la fin un peu dérangeante. En tout cas, j'ai bien aimé, et c'est bien écrit, comme toujours !
"J’ai soudain la sensation limpide d’avoir gaspillé ma jeunesse… L’avoir vue s’échapper de mes mains comme l’anguille effrayée et m’appeler à présent sur le lierre du tombeau, où patiente depuis toujours le chant des enfants, les raisins volés…"

Roi Loth, Kaamelott, Livre V

Hors ligne Kathya

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Re : Re : Mamie Lucie
« Réponse #14 le: 02 Août 2011 à 19:06:24 »
Mais du coup, Kathya, t'avais compris quoi sur les visiteurs de Lucie ?

Ben la même chose que ce que je disais plus haut (en dehors de son fils qui lui existe bel et bien xD), soit le "petit-neveu" existe et c'est un bénévole qui passe de temps en temps, soit elle affabule, soit on admet la dimension fantastique du magicien, au final, son âge ne change rien à l'affaire. ^^
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Et puis la Nuit seule.
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Avant l'hiver, Léa Silhol

 


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