Je suis en froid avec les nuages, je leur reproche leur manque d’imagination, leur entêtement à ne montrer que des faces humaines plus ou moins grimaçantes, ou alors des moutons, trop de moutons, à part cela rien d’autre ou si peu.
Mais cet après-midi ayant levé fortuitement les yeux de mon livre, je l’ai aperçu bien détaché dans un ciel pur, celui-là avait pris l’apparence d’un coquillage aux formes parfaites, tirebouchonné du haut jusqu’en bas, avec une ouverture bien ronde hérissée d’excroissances diverses. Oh ! cela n’a duré que très peu, bientôt il redevint une masse informe et cotonneuse.
En voilà un, me dis-je, qui a fait de louables efforts…tout en regrettant que ses semblables, éparpillés aux quatre coins du ciel, ne puissent s’en inspirer.