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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Guerre civile

Auteur Sujet: Guerre civile  (Lu 3328 fois)

Hors ligne Ambrena

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Guerre civile
« le: 26 Avril 2007 à 21:16:23 »
Une nouvelle qui m'est venue en écoutant une chanson récente de Diam's... C'est un texte de science-fiction, cette fois. N'hésitez pas à me dire ce qui ne va pas ou les fautes éventuelles...



Guerre civile


« Mort au Liberticide ! »
La voix éraillée s’éleva vigoureusement dans la nuit. Bientôt, la phrase fut reprise par tout le groupe. « Mort au Liberticide ! »
Cette fois, Kalhe s’était joint à eux. Il lançait ces mots sans trop savoir pourquoi, au fond. Ce qu’ils s’apprêtaient à commettre n’avait qu’un rapport lointain avec l’homme qui était au pouvoir. Cela l’amènerait peut-être à parler de nouveau d’eux dans ses prochains discours, mais cela n’attenterait en aucun cas à sa vie. Ils n’allaient pas commettre d’assassinat. Pas ce soir, en tout cas.
Pourtant, ce cri le rassurait. Il exprimait sa rage, sa haine. Son combat, vain, tâtonnant et désespéré, contre une autorité dont il ne voulait pas. Contre des mesures dont il ne voulait pas. C’était devenu un slogan, un signe de ralliement. Leur leitmotiv.
« Mort au Liberticide ! », répéta Emeyad, le grand Noir habillé de tons sombres qui menait l’assaut. Comme tous les autres, il portait des vêtements typiques de la périville, survêtements et baskets. Ce fut lui qui donna le premier coup de barre de fer contre la porte. Elle résista. Les autres se mirent alors, à leur tour, à attaquer du mieux qu’ils le pouvaient l’édifice. Un centre de Contrôle.
Ils étaient une vingtaine. Harnachés de la tête aux pieds, ils portaient mitraillettes informatiques, cartouches ou néo-arquebuses. Kalhe ne faisait pas exception à la règle, avec sa baïonnette à lunette de visée et sa réserve de cyber-grenades en bandoulière. Mais cet équipement, pourtant  impressionnant, ne faisait pas le poids face aux pistolets à plasma, aux nano-canons à répétition, aux fusil-missiles et aux mortiers télédirigés de leurs adversaires.

Cette fois, le destin leur souriait. Le centre auquel ils se confrontaient ce soir ne bénéficiait pas encore de ces stocks, contre lesquels ils n’auraient eu aucune chance. Il n’était ouvert que depuis peu dans ce quartier de la périville. Pourtant, cela ne l’avait pas empêché d’être déjà entré en fonction. Pour peu de temps, ils s’en assureraient.
« On vous aura, vous allez voir ! », hurlait à tue-tête Mattia, un jeune homme blond, coiffé de sa sempiternelle capuche blanche. Il frappait de ses poings nus tout ce qui passait à sa portée, en brisant les vitres du rez-de-chaussée, sans même prendre garde à ses mains blessées. Il ne pensait même pas à se servir de la mitraillette accrochée dans son dos.
Des adolescents. Nous sommes à peine plus âgés que des enfants, pensa brusquement Kalhe. Des enfants rebelles, en plein cœur d’une émeute.

Une émeute. Le mot n’avait plus grand sens, à présent. Pas une nuit, pas un jour ne s’écoulait sans troubles ou luttes. Chaque semaine charroyait son lot de quartiers incendiés, de répressions sanglantes, de morts. La vie était à présent une gigantesque émeute, sans fin.
Mais il se souvenait encore de son début officiel. Le mois de mai dernier. La mort du petit Illégal. Maintenant, cela faisait presque un an que le pays était en guerre civile.
Une sirène se mit à hurler, au loin. Les renforts de la garde nationale se rapprochaient. Il fallait faire vite.
« Tiens bon, Jong-Ti, on arrive ! », ne put s’empêcher de murmurer Kalhe.
Jong-Ti était une Illégale. Sa famille et elle n’avaient aucun droit, aucun à part celui d’être renvoyés chez eux. Ses parents avaient fui leur terre ravagée par la pauvreté, et Jong-Ti était née ici, il y avait neuf ans de cela. Elle se considérait comme appartenant à  ce pays. Elle voulait grandir ici. Elle ne savait rien de l’endroit d’où venaient ses parents.
Au moment où les rafles commencèrent, lui et les autres adolescents de son âge décidèrent qu’ils en avaient assez. Ils rassemblèrent un soir les quelques armes obtenues lors de trafics divers. Ce fut Emeyad qui prit le commandement du quartier général, dans les entrailles du garage de la cité. Puis ils se résolurent à agir.
Leur première série d’opérations eut précisément pour but la protection des êtres comme Jong-Ti. Ceux que les médias et les nouvelles lois traitaient désormais d’Illégaux.

Ils s’étaient arrangés pour que la famille soit à l’abri. Un appartement abandonné, bien caché au sein d’un quartier déserté depuis peu. Des vivres, quelques couvertures et un microphone mobile pour les contacter s’ils avaient besoin de quoi que ce soit. Kalhe et les autres rebelles croyaient qu’ils seraient désormais en sécurité.
C’était sans compter la ténacité de la garde nationale. La veille, les soldats avaient fait irruption dans la cachette du petit groupe d’Illégaux. Ils avaient forcé la porte, comme s’il s’agissait de criminels, et avaient voulu les emmener au centre de Contrôle. La mère avait fait mine de résister. Elle était morte, à présent, couchée de tout son long dans la salle vide, une décharge de plasma dans la tête.
« Jong-Ti, Jong-Ti, ne meurs pas toi aussi… » A côté de Kalhe, la jeune Sindram psalmodiait le prénom de la petite fille, tandis que des larmes lui roulaient sur les joues. L’enfant avait été comme une sœur cadette pour elle. Elle lui racontait des histoires. Elle l’aidait à faire ses devoirs. Elle se promenait avec elle dans le parc, juste à côté de la cité. Avant. Avant, quand on pouvait sortir sans danger ou presque, quand on n’avait pas besoin d’être armé sans trêve, quand la garde nationale ne faisait pas des rondes dans leur quartier. Avant que lui, Kalhe, n’ait eu besoin d’enfreindre la loi pour être en paix avec sa conscience, parce qu’elle était encore acceptable.

Un seul parti tenait les rênes du pouvoir, à présent. L’Union Nationaliste. Peu après l’arrivée au pouvoir de celui que tous nommaient dans la cité de Kalhe « le Liberticide », l’opposition avait été dissoute.
Kalhe n’avait rien fait jusque-là. Il s’était contenté de manifester, avec tant d’autres, dans les rues de la capitale. C’était le soir même de l’élection de cet homme qu’il détestait déjà, parce que lui affectait de mépriser les périvilles et ses habitants. Du temps où les manifestations étaient encore légales.
Et lors de la première Grande Grève, celle qui avait paralysé le pays pendant tout un mois, la garde nationale avait été créée. Afin de faire respecter les mesures les plus récentes prises par l’Union Nationaliste. La première vague de lois scélérates.

Ils avaient jeté des grévistes en prison.

Et ce n’était que le commencement des changements. Les mesures s’étaient ensuite succédées à un rythme effréné. Il était désormais inscrit dans la Constitution que les hommes naissaient libres, certes, mais non égaux. Que certains étaient défavorisés dès la naissance, en raison de leurs gènes qui portaient les germes du désespoir et de la folie. Que ces derniers devaient être privés de liberté ou recensés, car ils étaient à l’origine de nombreux problèmes de société. Que pour la sauvegarde de la nation, ils devraient donc être décelés, dès la petite enfance, dans des postes de Dépistage. Chaque individu de moins de vingt-cinq ans y avait été ausculté, parfois ensuite emmené de force en cas d’examen négatif. Les périvilles avaient été les premières à devoir subir les tests.
On n’avait rien détecté d’anormal chez Kalhe. Mais il avait été particulièrement désagréable de devoir subir les prises de sang, les photographies de face et de profil, ainsi que la collecte d’échantillons de salive et la prise d’empreintes digitales. « J’ai l’impression de déjà avoir un casier judiciaire, alors que je n’ai rien fait », s’était-il plaint quand son père lui avait demandé comment son examen de Dépistage s’était passé. En réponse, il avait ri, et lui avait doucement ébouriffé les cheveux. Son père, qui l’élevait seul depuis la disparition de sa mère. Son père que l’on avait retrouvé mort, un lendemain de soulèvements civils, à moitié étendu dans le caniveau. Parmi des dizaines d’autres corps.

Il frémit à ces souvenirs douloureux. Il en redoubla d’ardeur contre le Centre. Avait-il pensé tout à l’heure que ses actes n’étaient pas en lien direct avec le dictateur ? Il se trompait alors. Chacune de ses respirations, chacun des gestes qu’il effectuait, son existence entière tandis qu’il se lançait dans ce combat désespéré et juste, s’opposaient au Liberticide.
Toute forme de contestation avait fini par être interdite. Les programmes scolaires virent leur contenu politique, biologique et historique peu à peu modifié, afin d’y inclure la notion des bons gènes et des mauvais gènes. Pourtant, ce ne fut pas ce qui enflamma  la colère de Kalhe. Ce qui le poussa vraiment à la lutte, ce fut les rafles.

Les arrestations sommaires débutèrent fin décembre. Cela faisait donc près de huit mois que le Liberticide était au pouvoir, et il avait pendant tout ce temps insidieusement préparé le pays à des évènements de ce type. La volonté de retrouver une pureté de l’identité nationale, la haine de l’étranger, l’excitation malsaine des esprits… Ces facteurs se combinèrent si bien que personne ne réagit, du moins en apparence, quand les Illégaux commencèrent à être traqués comme des chiens, puis à être jetés dans des centres de Contrôle, avant d’être en théorie rapatriés par avion. En théorie, car en fait, beaucoup mouraient entre-temps des sévices subis de la part de la milice. De loin en loin, la rumeur parlait de tortures à mort, de viols… Et l’opinion publique gardait le silence. Comment aurait-il pu en être autrement, d’ailleurs ? Chaque holoprogramme, à la télévision, était soigneusement revu et modifié au besoin. Personne ne savait réellement ce qui se passait dans les Centres.
Pour Emeyad et ceux qui l’avaient bientôt rejoint, c’en était trop.
Leur petit mouvement de rebelle s’était déjà formé lorsque les véritables émeutes commencèrent. A cause de l’histoire d’Ouzyne. Un jeune Illégal, mort sous les coups de gardes nationaux, lors de ce qui s’avéra être un « interrogatoire classique », c’est-à-dire des avanies dont personne n’avouait connaître l’existence. Le pauvre corps révélait des bleus sur tout le visage, des dents brisées, des brûlures de cigarettes sur les bras... Ce jeune garçon avait commis pour seul crime sa venue dans un pays qui ne voulait plus de lui.

Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Et cette fois, ils n’étaient plus les seuls à se dresser contre l’Union Nationaliste. Des centaines d’autres personnes, jeunes et moins jeunes, prirent les armes. Dès les premiers affrontements contre la garde, le Liberticide et ses médias  n’hésitèrent pas à leur donner le nom de ‘rebelles’. Un terme digne d’une guerre civile.

Et c’était bel et bien le cas.

Une déflagration fit soudain vibrer l’air. Kalhe leva la tête, avant de se rendre compte que c’était l’un des leurs qui avait tiré. Au cas où. Pour montrer qu’ils possédaient des armes, eux aussi.
Pourtant, cela importait peu aux gardes nationaux. Quoi qu’il arrive, ils étaient plus nombreux, nettement mieux armés. Et la loi était de leur côté.
Une troupe entière de soldats interdit soudain toute retraite à leur petit groupe. Bouclier de métal dressé, ils semblaient tous identiques une fois leurs casques de protection luisants rabattus. L’amure leur couvrait tout le corps, et comprenait à l’arrière un renflement bombé. La poche de protection du nano-canon.
Une forêt de pistolets à plasma et de fusil-missiles fit face aux rebelles.
« Les mains en l’air ! »
Certains tentèrent de s’échapper, ils abandonnèrent vite, pris au piège entre le mur du bâtiment assiégé et le barrage des gardes.
C’était fini. L’unique voie qu’il leur restait, c’était celle de la prison. Après un interrogatoire rude, et, au regard de leur statut de rebelle, sans doute la torture pour leur arracher des informations sur les autres réseaux de lutte.
Kalhe sut alors ce qu’il lui restait à faire.
En détachant soigneusement une cyber-grenade de son harnais, il jeta un regard à ses frères d’armes. Sindram, Emeyad, Mattia, et les autres… Ceux qui savaient tout aussi bien que lui ce qui les attendaient. Ils comprirent immédiatement ses intentions quand ils discernèrent son geste à moitié amorcé, et l’approuvèrent en silence.
« Mort au Liberticide… », proclama Kalhe une dernière fois.
Et il retira la goupille.
« Modifié: 27 Avril 2007 à 20:41:26 par Ambrena »
"J’ai soudain la sensation limpide d’avoir gaspillé ma jeunesse… L’avoir vue s’échapper de mes mains comme l’anguille effrayée et m’appeler à présent sur le lierre du tombeau, où patiente depuis toujours le chant des enfants, les raisins volés…"

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Hors ligne martlet

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Re : Guerre civile
« Réponse #1 le: 27 Avril 2007 à 17:36:17 »
* clap clap clap *

J'aime beaucoup, je trouve que le ton du récit est très juste, et tu fais preuve d'inventivité avec tes néologismes. Même si je ne vois pas bien à quoi peut ressembler des "mitraillettes informatiques", il y a de bonnes trouvailles comme le mot "périville".

Citer
Il était désormais inscrit dans la Constitution que les hommes naissaient libres, certes, mais non égaux. Que certains étaient défavorisés dès la naissance, en raison de leurs gènes qui portaient les germes du désespoir et de la folie.

ce passage me rappelle une déclaration recente d'un homme politique...

Citer
à des évènements de ce style

"style" ça fait langage oral je trouve. J'aurais plutôt mis "type" ou "genre".

Citer
beaucoup mouraient entre-temps des torts subis de la part de la milice -> sévices

sévices ?

Citer
Personne ne savait réellement ce qui se passait dans le Centres

les

Hors ligne Ambrena

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Re : Re : Guerre civile
« Réponse #2 le: 27 Avril 2007 à 20:51:18 »
Merci Martlet! J'apporte les modifications qui s'imposent, j'avais quand même laissé passé une 'tite fôte...

J'aime beaucoup, je trouve que le ton du récit est très juste, et tu fais preuve d'inventivité avec tes néologismes. Même si je ne vois pas bien à quoi peut ressembler des "mitraillettes informatiques", il y a de bonnes trouvailles comme le mot "périville".
Merci.  :-[ Pour les "mitraillettes informatiques", le mot n'exprime peut-être pas tout à fait mon idée... J'avais en esprit une mitraillette que l'on pourrait programmer, avec des fréquences, des boutons sur le côté etc. Peut-être que "mitraillettes informatisées" conviendrait mieux...


Citer
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Il était désormais inscrit dans la Constitution que les hommes naissaient libres, certes, mais non égaux. Que certains étaient défavorisés dès la naissance, en raison de leurs gènes qui portaient les germes du désespoir et de la folie.

ce passage me rappelle une déclaration recente d'un homme politique...
:-°


Citer
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à des évènements de ce style

"style" ça fait langage oral je trouve. J'aurais plutôt mis "type" ou "genre".
Oui, tu as raison, ce serait plutôt "type"... Mais je ne voulais surtout pas utiliser "genre", qui fait aussi langage oral, je trouve...
 
Citer
Citer
beaucoup mouraient entre-temps des torts subis de la part de la milice -> sévices
sévices ?
Oki, c'est vrai que c'est un meilleur mot...

Citer
Personne ne savait réellement ce qui se passait dans le Centres

les
[/quote]
Noté et corrigé! ;)

Merci d'avoir pris un peu de ton temps pour me faire des remarques, cela m'a aidé à un peu me détacher de ce texte...
"J’ai soudain la sensation limpide d’avoir gaspillé ma jeunesse… L’avoir vue s’échapper de mes mains comme l’anguille effrayée et m’appeler à présent sur le lierre du tombeau, où patiente depuis toujours le chant des enfants, les raisins volés…"

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Hors ligne Kailiana

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Re : Re : Re : Guerre civile
« Réponse #3 le: 29 Avril 2007 à 18:56:10 »
Citer
Il était désormais inscrit dans la Constitution que les hommes naissaient libres, certes, mais non égaux. Que certains étaient défavorisés dès la naissance, en raison de leurs gènes qui portaient les germes du désespoir et de la folie.
J'ai pensé comme Martlet, d'ailleurs il n'y a pas que cet endroit du texte qui m'a rappelé la politique actuelle, à mon grand malheur ...

Citer
Ce jeune garçon avait commis pour seul crime sa venue dans un pays qui ne voulait plus de lui.
Ici je me demande si la phrase est vraiment française, je ne suis pas sure de moi mais je la trouve bizarre. Ne serait-il pas plus juste de mettre "ce jeune garçon avait commis l'unique crime de venir d'un pays [...]" ? ou autre chose bien sûr ^^

Pour ce qui est du texte. D'un point de vue général, j'ai bien aimé, surtout le début, car ensuite durant la majeure partie du texte tu ne fais presque "que" décrire le monde tel qu'il est devenu, et ça ne me suffit pas pour une nouvelle, j'aurais attendu ... autre chose. Si j'avais mieux aimé la fin, peut-être aurais-je apprécié d'avantage tout le texte, mais là en lisant la dernière ligne, j'ai eu l'impression d'avoir "rien" lu : la situation finale n'apporte rien ... j'ai du mal à expliquer  :-[
En arrivant à la fin, j'ai eu l'impression que tu avais écris cette nouvelle uniquement pour donner cette vision de monde au lecteur, et qu'il n'y avait pas d'histoire particulière. Et puis j'avoue que je n'aime pas la fin  :-[ Parce que, une fois mort, on ne peut plus rien faire, Kalhe ne fait pas grand chose finalement. Il aurait peut-être fallu allonger la fin, pour "sublimer" le sacrifice de Kalhe. Ou bien trouver une autre chute.

Sinon, malgré mon avis négatif sur la fin, tes descriptions sonnent très justes et paraissent réalistes. Mais ça ne m'a pas suffit, et la fin m'a tout démonté  :-[ Je trouve ce texte mieux écrit que "Lienn", mais il lui manque quelque chose ...
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
Einstein

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Re : Guerre civile
« Réponse #4 le: 29 Avril 2007 à 22:47:16 »
Pour la phrase que tu as soulignée, tu as raison, il y a un problème et je vais y réfléchir...

Pour l'intrigue, tu as parfaitement raison, Kail', et tu as mis le doigt sur un point qui me pose réellement problème: j'ai énormément de mal à créer des intrigues "convenables", ainsi que des fins, surtout. :-[

J'ai beaucoup plus d'aisance à décrire un univers ou un personnage, par exemple, et cela doit particulièrement se voir ici. J'espère que c'est un problème qui se résorbera avec le temps... :-°

En tout cas, merci de tes remarques! Par contre, j'avoue totalement ignorer la manière de résoudre mes deux principaux obstacles... :-[
"J’ai soudain la sensation limpide d’avoir gaspillé ma jeunesse… L’avoir vue s’échapper de mes mains comme l’anguille effrayée et m’appeler à présent sur le lierre du tombeau, où patiente depuis toujours le chant des enfants, les raisins volés…"

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Re : Guerre civile
« Réponse #5 le: 08 Mai 2007 à 13:45:59 »
Voilà, j'ai eu une idée pour améliorer cette nouvelle par rapport à ses défauts de structure ou autres... Je ne sais pas ce que cela va donner, mais j'ai ajouté quelques éléments, surtout à la fin (je les ai mis en gras afin que vous vous rendiez compte de la différence). Voici cette seconde version.
Qu'en pensez-vous?


Guerre civile


« Mort au Liberticide ! »

La voix éraillée s’éleva vigoureusement dans la nuit. Bientôt, la phrase fut reprise par tout le groupe. « Mort au Liberticide ! »
Cette fois, Kalhe s’était joint à eux. Il lançait ces mots sans trop savoir pourquoi, au fond. Ce qu’ils s’apprêtaient à commettre n’avait qu’un rapport lointain avec l’homme qui était au pouvoir. Cela l’amènerait peut-être à parler de nouveau d’eux dans ses prochains discours, mais cela n’attenterait en aucun cas à sa vie. Ils n’allaient pas commettre d’assassinat. Pas ce soir, en tout cas.
Pourtant, ce cri le rassurait. Il exprimait sa rage, sa haine. Son combat, vain, tâtonnant et désespéré, contre une autorité dont il ne voulait pas. Contre des mesures dont il ne voulait pas. C’était devenu un slogan, un signe de ralliement. Leur leitmotiv.
« Mort au Liberticide ! », répéta Emeyad, le grand Noir habillé de tons sombres qui menait l’assaut. Comme tous les autres, il portait des vêtements typiques de la périville, survêtements et baskets. Ce fut lui qui donna le premier coup de barre de fer contre la porte. Elle résista. Les autres se mirent alors, à leur tour, à attaquer du mieux qu’ils le pouvaient l’édifice. Un centre de Contrôle.
Ils étaient une vingtaine. Harnachés de la tête aux pieds, ils portaient mitraillettes informatisées, cartouches ou néo-arquebuses. Kalhe ne faisait pas exception à la règle, avec sa baïonnette à lunette de visée et sa réserve de cyber-grenades en bandoulière. Mais cet équipement, pourtant  impressionnant, ne faisait pas le poids face aux pistolets à plasma, aux nano-canons à répétition, aux fusil-missiles et aux mortiers télédirigés de leurs adversaires.

Cette fois, le destin leur souriait. Le centre auquel ils se confrontaient ce soir ne bénéficiait pas encore de ces stocks, contre lesquels ils n’auraient eu aucune chance. Il n’était ouvert que depuis peu dans ce quartier de la périville. Pourtant, cela ne l’avait pas empêché d’être déjà entré en fonction. Pour peu de temps, ils s’en assureraient.
« On vous aura, vous allez voir ! », hurlait à tue-tête Mattia, un jeune homme blond, coiffé de sa sempiternelle capuche blanche. Il frappait de ses poings nus tout ce qui passait à sa portée, en brisant les vitres du rez-de-chaussée, sans même prendre garde à ses mains blessées. Il ne pensait même pas à se servir de la mitraillette accrochée dans son dos.
Des adolescents. Nous sommes à peine plus âgés que des enfants, pensa brusquement Kalhe. Des enfants rebelles, en plein cœur d’une émeute.

Une émeute. Le mot n’avait plus grand sens, à présent. Pas une nuit, pas un jour ne s’écoulait sans troubles ou luttes. Chaque semaine charroyait son lot de quartiers incendiés, de répressions sanglantes, de morts. La vie était à présent une gigantesque émeute, sans fin.
Mais il se souvenait encore de son début officiel. Le mois de mai dernier. La mort du petit Illégal. Maintenant, cela faisait presque un an que le pays était en guerre civile.
Une sirène se mit à hurler, au loin. Les renforts de la garde nationale se rapprochaient. Il fallait faire vite.
« Tiens bon, Jong-Ti, on arrive ! », ne put s’empêcher de murmurer Kalhe.
Jong-Ti était une Illégale. Sa famille et elle n’avaient aucun droit, aucun à part celui d’être renvoyés chez eux. Ses parents avaient fui leur terre ravagée par la pauvreté, et Jong-Ti était née ici, il y avait neuf ans de cela. Elle se considérait comme appartenant à  ce pays. Elle voulait grandir ici. Elle ne savait rien de l’endroit d’où venaient ses parents.
Au moment où les rafles commencèrent, lui et les autres adolescents de son âge décidèrent qu’ils en avaient assez. Ils rassemblèrent un soir les quelques armes obtenues lors de trafics divers. Ce fut Emeyad qui prit le commandement du quartier général, dans les entrailles du garage de la cité. Puis ils se résolurent à agir.
Leur première série d’opérations eut précisément pour but la protection des êtres comme Jong-Ti. Ceux que les médias et les nouvelles lois traitaient désormais d’Illégaux.

Ils s’étaient arrangés pour que la famille soit à l’abri. Un appartement abandonné, bien caché au sein d’un quartier déserté depuis peu. Des vivres, quelques couvertures et un microphone mobile pour les contacter s’ils avaient besoin de quoi que ce soit. Kalhe et les autres rebelles croyaient qu’ils seraient désormais en sécurité.
C’était sans compter la ténacité de la garde nationale. La veille, les soldats avaient fait irruption dans la cachette du petit groupe d’Illégaux. Ils avaient forcé la porte, comme s’il s’agissait de criminels, et avaient voulu les emmener au centre de Contrôle. La mère avait fait mine de résister. Elle était morte, à présent, couchée de tout son long dans la salle vide, une décharge de plasma dans la tête.
« Jong-Ti, Jong-Ti, ne meurs pas toi aussi… » A côté de Kalhe, la jeune Sindram psalmodiait le prénom de la petite fille, tandis que des larmes lui roulaient sur les joues. L’enfant avait été comme une sœur cadette pour elle. Elle lui racontait des histoires. Elle l’aidait à faire ses devoirs. Elle se promenait avec elle dans le parc, juste à côté de la cité. Avant. Avant, quand on pouvait sortir sans danger ou presque, quand on n’avait pas besoin d’être armé sans trêve, quand la garde nationale ne faisait pas des rondes dans leur quartier. Avant que lui, Kalhe, n’ait eu besoin d’enfreindre la loi pour être en paix avec sa conscience, parce qu’elle était encore acceptable.

Un seul parti tenait les rênes du pouvoir, à présent. L’Union Nationaliste. Peu après l’arrivée au pouvoir de celui que tous nommaient dans la cité de Kalhe « le Liberticide », l’opposition avait été dissoute.
Kalhe n’avait rien fait jusque-là. Il s’était contenté de manifester, avec tant d’autres, dans les rues de la capitale. C’était le soir même de l’élection de cet homme qu’il détestait déjà, parce que lui affectait de mépriser les périvilles et ses habitants. Du temps où les manifestations étaient encore légales.
Et lors de la première Grande Grève, celle qui avait paralysé le pays pendant tout un mois, la garde nationale avait été créée. Afin de faire respecter les mesures les plus récentes prises par l’Union Nationaliste. La première vague de lois scélérates.

Ils avaient jeté des grévistes en prison.

Et ce n’était que le commencement des changements. Les mesures s’étaient ensuite succédées à un rythme effréné. Il était désormais inscrit dans la Constitution que les hommes naissaient libres, certes, mais non égaux. Que certains étaient défavorisés dès la naissance, en raison de leurs gènes qui portaient les germes du désespoir et de la folie. Que ces derniers devaient être privés de liberté ou recensés, car ils étaient à l’origine de nombreux problèmes de société. Que pour la sauvegarde de la nation, ils devraient donc être décelés, dès la petite enfance, dans des postes de Dépistage. Chaque individu de moins de vingt-cinq ans y avait été ausculté, parfois ensuite emmené de force en cas d’examen négatif. Les périvilles avaient été les premières à devoir subir les tests.
On n’avait rien détecté d’anormal chez Kalhe. Mais il avait été particulièrement désagréable de devoir subir les prises de sang, les photographies de face et de profil, ainsi que la collecte d’échantillons de salive et la prise d’empreintes digitales. « J’ai l’impression de déjà avoir un casier judiciaire, alors que je n’ai rien fait », s’était-il plaint quand son père lui avait demandé comment son examen de Dépistage s’était passé. En réponse, il avait ri, et lui avait doucement ébouriffé les cheveux. Son père, qui l’élevait seul depuis la disparition de sa mère. Son père que l’on avait retrouvé mort, un lendemain de soulèvements civils, à moitié étendu dans le caniveau. Parmi des dizaines d’autres corps.

Il frémit à ces souvenirs douloureux. Il en redoubla d’ardeur contre le Centre. Avait-il pensé tout à l’heure que ses actes n’étaient pas en lien direct avec le dictateur ? Il se trompait alors. Chacune de ses respirations, chacun des gestes qu’il effectuait, son existence entière tandis qu’il se lançait dans ce combat désespéré et juste, s’opposaient au Liberticide.
Toute forme de contestation avait fini par être interdite. Les programmes scolaires virent leur contenu politique, biologique et historique peu à peu modifié, afin d’y inclure la notion des bons gènes et des mauvais gènes. Pourtant, ce ne fut pas ce qui enflamma  la colère de Kalhe. Ce qui le poussa vraiment à la lutte, ce fut les rafles.

Les arrestations sommaires débutèrent fin décembre. Cela faisait donc près de huit mois que le Liberticide était au pouvoir, et il avait pendant tout ce temps insidieusement préparé le pays à des évènements de ce style. La volonté de retrouver une pureté de l’identité nationale, la haine de l’étranger, l’excitation malsaine des esprits… Ces facteurs se combinèrent si bien que personne ne réagit, du moins en apparence, quand les Illégaux commencèrent à être traqués comme des chiens, puis à être jetés dans des centres de Contrôle, avant d’être en théorie rapatriés par avion. En théorie, car en fait, beaucoup mouraient entre-temps des torts subis de la part de la milice. De loin en loin, la rumeur parlait de tortures à mort, de viols… Et l’opinion publique gardait le silence. Comment aurait-il pu en être autrement, d’ailleurs ? Chaque holoprogramme, à la télévision, était soigneusement revu et modifié au besoin. Personne ne savait réellement ce qui se passait dans les Centres.
Pour Emeyad et ceux qui l’avaient bientôt rejoint, c’en était trop.
Leur petit mouvement de rebelle s’était déjà formé lorsque les véritables émeutes commencèrent. A cause de l’histoire d’Ouzyne. Un jeune Illégal, mort sous les coups de gardes nationaux, lors de ce qui s’avéra être un « interrogatoire classique », c’est-à-dire des avanies dont personne n’avouait connaître l’existence. Le pauvre corps révélait des bleus sur tout le visage, des dents brisées, des brûlures de cigarettes sur les bras... Ce jeune garçon avait commis l’unique crime d’être venu dans un pays qui ne voulait plus de lui.

Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Et cette fois, ils n’étaient plus les seuls à se dresser contre l’Union Nationaliste. Des centaines d’autres personnes, jeunes et moins jeunes, prirent les armes. Dès les premiers affrontements contre la garde, le Liberticide et ses médias n’hésitèrent pas à leur donner le nom de ‘rebelles’. Un terme digne d’une guerre civile.

Et c’était bel et bien le cas.

Une déflagration fit soudain vibrer l’air. Kalhe leva la tête, avant de se rendre compte que c’était l’un des leurs qui avait tiré. Au cas où. Pour montrer qu’ils possédaient des armes, eux aussi.
Pourtant, cela importait peu aux gardes nationaux. Quoi qu’il arrive, ils étaient plus nombreux, nettement mieux armés. Et la loi était de leur côté.
Une troupe entière de soldats interdit soudain toute retraite à leur petit groupe. Bouclier de métal dressé, ils semblaient tous identiques une fois leurs casques de protection luisants rabattus. L’amure leur couvrait tout le corps, et comprenait à l’arrière un renflement bombé. La poche de protection du nano-canon.
Une forêt de pistolets à plasma et de fusil-missiles fit face aux rebelles.
« Les mains en l’air ! »
Certains tentèrent de s’échapper, mais ils abandonnèrent vite, pris au piège entre le mur du bâtiment assiégé et le barrage des gardes.

C’était fini. L’unique voie qu’il leur restait, c’était celle de la prison. Après un interrogatoire rude, et, au regard de leur statut de rebelle, sans doute la torture pour leur arracher des informations sur les autres réseaux de lutte.
Un groupe de rebelles démantelé, un de plus. Des jeunes des périvilles arrêtés, une fois de plus.

Et si ce soir, le scénario était différent ?

Kalhe se mit à imaginer les gros titres des journaux. « Un pas de plus dans le mouvement d’opposition ! », « Un évènement qui déstabilise l’opinion », « Le garde nationale réduite à l’impuissance ! ». Non, il rêvait. Il n’y aurait peut-être même pas de relais pour cette information-là.

Mais la périville ne resterait pas muette.

La mort du petit Ouzyne, c’était la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase. Désormais, il ne s’agissait plus de renverser ce vase, mais de le remplir. Un geste comme le sien, puis un autre, et encore un...
Kalhe tenta d’imaginer les livres d’histoire à venir. Des années plus tard, peut-être des décennies, la dictature finirait bien par tomber. Il aurait bien aimé pouvoir y assister... Au moins, il en serait un peu responsable.
Dans les futurs livres d’histoire, le mot « rebelle » prendrait une majuscule. Dans les futurs livres d’histoire, on parlerait de ces courageux groupes, qui n’hésitaient pas à sacrifier leur vie plutôt que de céder devant la garde nationale.

Kahle hésita encore un instant, puis il se décida enfin.

En détachant soigneusement une cyber-grenade de son harnais, il jeta un regard à ses frères d’armes. Sindram, Emeyad, Mattia, et les autres… Ceux qui savaient tout aussi bien que lui ce qui les attendaient. Ils comprirent immédiatement ses intentions quand ils discernèrent son geste à moitié amorcé, et l’approuvèrent en silence.

« Mort au Liberticide… », proclama Kalhe une dernière fois.

Et il retira la goupille.
« Modifié: 19 Août 2012 à 17:11:22 par Ambrena »
"J’ai soudain la sensation limpide d’avoir gaspillé ma jeunesse… L’avoir vue s’échapper de mes mains comme l’anguille effrayée et m’appeler à présent sur le lierre du tombeau, où patiente depuis toujours le chant des enfants, les raisins volés…"

Roi Loth, Kaamelott, Livre V

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Re : Guerre civile
« Réponse #6 le: 08 Juillet 2008 à 11:26:06 »
Bon sang, ça fait peur, ça a un côté tellement réaliste... Comme les autres, j'applaudit la trouvaille du mot "périville".

J'ai lu aussi ta deuxième version, mais je trouve que ce que tu as rajouté à la fin freine trop le rythme, j'aime mieux la première version, c'est plus rapide, plus inéluctable, plus "énergie du désespoir", fierté et héroïsme jusqu'au bout...

En tous cas, bravo, c'est très bien écrit, et ça laisse à réfléchir...
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Re : Guerre civile
« Réponse #7 le: 22 Avril 2009 à 01:09:51 »
Alors, avant la lecture j'explique : je voulais lire un texte de Kail', nommé Le Meilleur des Mondes,  et il se trouve qu'elle fait la promo de ce texte en disant qu'elle s'en est inspiré pour écrire le sien..
Conclusion, je lis celui-ci AVANT le sien  :P
Maintenant, lecture...
...
...

:o

Ok, je suis ébahie...

Ce texte est magnifiquement écrit ; encore que ça, maintenant, je commence à m'habiuer  ;)
Sérieusement, plus je te lis, et plus je me rend compte à quel point j'apprécie ton style d'écriture, ta "griffe", il y a quelque chose d'unique et de très agréable, toujours fluide, toujours bien mené...

Quand au thème, effectivement ça sent le Diam's, le post-élection de Chirac/Le Pen, mais dans l'hypothèse d'un avenir plus sombre. Ca me fait penser aussi (mais en beaucoup plus sauvage) à quelques scènes de Battle in Seattle.

Je crois que le passage ou je me suis vraiment laisser entrainer dedans, la phrase qui m'a fait plonger, c'est quand on apprend que le père de Kalhe est mort, dans le caniveau, avec plein d'autre.

Par contre dans la nouvelle version (excellente idée ce truc de mettre en gras ;)), j'ai bien aimé le coté "nous aussi on est des Résistants, et si on fait ça bien, nous aussi on sera perçu comme tel par les générations futur".
On dirait Jean Moulin  :coeur:.

Bref, excellente histoire ! J'espère bien qu'elle a été choisie pour un recueil ?!
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Re : Guerre civile
« Réponse #8 le: 22 Avril 2009 à 10:05:10 »
Quoi ? Un Ambrena que je n'ai pas lu ? Mais comment c'est possible ? Comme Jezy, j'ai dû confondre le titre avec celui de Kailiana (ou celui de Marygold ?). Qu'importe, j'y remédie ! (je ne lis que la version 2)

Citer
Chaque individu de moins de vingt-cinq ans y avait été ausculté, parfois ensuite emmené de force en cas d’examen négatif.
Positif, non ? Quand on cherche une maladie dans une prise de sang et que le patient est infecté, on dit que son test est positif, il me semble.

Citer
Ce qui le poussa vraiment à la lutte, ce fut les rafles.
ce furent, je crois

Citer
Leur petit mouvement de rebelle
Soit le "de" est en trop, soit il faut un s à "rebelles"   ;)

Citer
La mort du petit Ouzyne, c’était la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase.
Tu as déjà mis la phrase un peu plus haut. S'il faut choisir une des deux places, je préfère la deuxième :)

J'ai bien aimé le dernier passage en gras (que tu as rajouté, donc). Il fait un peu comme si la scène se déroulait au ralenti, il donne de l'impact.

J'aime bien ! Ce n'est pas le plus original que tu as écrit, mais c'est pas l'originalité qui compte pour ce genre d'histoire. Comme dit Leia, le côté réaliste est assez effrayant.
Et c'est toujours très bien écrit ! Comme tous tes textes !
Bon, là j'ai vérifié dans ta page perso, à part le défi qui fait peur, j'ai lu toutes tes nouvelles. Maintenant t'es obligée d'en écrire d'autres ! :P
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : Guerre civile
« Réponse #9 le: 14 Juin 2015 à 17:23:14 »
Salut Ambrena!

Je deterre  un de tes textes pour le gibet, j'ai pas pu resister à la description 'texte de sf en rapport avec l'actualité et inspiré d'une chanson de diam's'  :mrgreen:

Citer
sa baïonnette à lunette de visée
:D

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parce que lui affectait de mépriser les périvilles et ses habitants.
parce que lui affectait pas joli...

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Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase.
C'est la troisième fois je crois que je lis une expression de ce style 'pour eux c'en était trop' etc, ca fait un peu trop en effet

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c’était la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase. Désormais, il ne s’agissait plus de renverser ce vase, mais de le remplir.
Mouaip, je vois l'idée mais dans la situation actuelle le remplir c'est pas encore à l'ordre du jour...

Sinon à part ce que j'ai relevé au dessus, c'est bien écrit, rien ne m'a fait tiquer. J'ai bien aimé ton texte! La sf avec ce genre de situation c'est assez classique, mais là c'est très bien mené et parait réaliste, à aucun moment je me suis dis 'c'est cliché' ou quoi (parce que en effet les contextes ressemblent à des evenements réels). Rien à dire de plus un bon  texte
(j'ai quand même lu un de tes texte plus récent, le tout dernier, et j'ai beaucoup aimé héhé :p)


A plus!
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

 


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