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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Terrasse de café : Ruminations existentielles

Auteur Sujet: Terrasse de café : Ruminations existentielles  (Lu 1311 fois)

Hors ligne Boomslang

  • Plumelette
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Terrasse de café : Ruminations existentielles
« le: 23 Juillet 2023 à 02:19:27 »
 
Bonjour,

C'est ma première participation avec ce texte écrit en 2012. Le français n'est pas ma langue maternelle. C'est écrit presque d'un trait. Une réflexion sur la vie. Merci de vos avis sur le fond et la forme.




Autant de bruits qui se mélangent pour finalement produire le son d'un matin dans ce coin du monde. Le son de la nature peine à trouver sa place dans une ambiance citadine, à tel point qu'on en vient à croire qu'il est étranger à nos oreilles, imposé et déplacé.

Une petite fontaine artificielle essaye de donner de la voix, mais elle est trop timide face au brouhaha des moteurs de voitures et aux conversations aux bords des cafés qui ressassent les mêmes sujets, se répétant dans ma tête tellement de fois qu'elles en deviennent dénuées de sens. Juste un fond sonore, comme les scènes de figuration d'un film. En tendant bien l'oreille, on peut saisir quelques cris de résistance, certainement émis par des oisillons égarés de leurs hardes et appelant au secours.

Le mouvement est continu ici, incessant et peut-être infini. Il est devenu impératif d'agir vite, le temps presse nous dit-on. On ne s'arrête pour réfléchir à la vie que si on y est contraint par ses aléas. Pourtant, nous avons créé le temps ! On l'a mesuré, fixé, organisé. C'est devenu une machine monstrueuse qui écrase tout sur son passage, qui nous dicte la moindre de nos actions et nous fait même croire qu'on a le contrôle. Cette machine infernale est attachée à nos poignets, accrochée aux murs, présente à chaque instant dans notre vie, ne serait-ce que par le bruit des pendules qui s'agitent sans cesse, déclarant un état de stress permanent et inévitable. Elle efface nos traces, mais nous laisse deux ou trois souvenirs pour les plus chanceux.

Mais on s'arrêterait pour penser à quoi ? Vivre, plutôt, c'est bien plus urgent ! Tout a déjà été pensé pour nous, il faut juste suivre les plus expérimentés, les plus usés par le temps, ils connaissent la marche à suivre, ils ont écrit le mode d'emploi de la vie. Circulez, il n'y a rien à penser ! Vous êtes libre de choisir la couleur des murs de votre prison, de l'aménager comme bon vous semble, mais les racines de la pensée sont enterrées profondément, inaccessibles et surtout inaltérables par le temps. Une pensée ancrée en chacun de nous, qui détermine notre vie, une vie qui se résume à répéter l'histoire en changeant les acteurs mais en gardant la fin qu'on connaît tous. C'est bien triste, non ?

Aujourd'hui, il fait beau, si l'on en croit la définition du mot beauté. On devrait tous s'en réjouir. Mais devant moi, je regarde les traits renfermés d'un visage qui se presse de s'entretuer avec une clope. Il l'a eu à la fin, mais ce n'est que partie remise.

Limités à jouer le même film, certes, à scénario multiple ou presque, dans des décors différents, des scripts à peine différenciables, mais avec au bout du compte le même résultat, la même fin.

L'héritage légué est raisonnablement sensé, pourtant, pourquoi chercher à le jeter alors ? Est-ce que ça vaut la peine de tout repenser à nouveau, même si c'est juste pour le plaisir d'imaginer, vu qu'en réalité il est impossible de changer le monde ? Et bien même si cela était possible, ne serait-ce pas simplement d'inspiration inconsciemment prédéterminée ? Et si nous étions les premiers à avoir pensé, aurions-nous mieux fait les choses ou au moins de manière différente ? N'est-ce pas instinctivement que l'on s'est retrouvés dans cet état ? Repartir à zéro ne servirait alors à rien, on arriverait certainement au même résultat. Oui, c'est sûrement ce qui se passerait, puisque l'instinct de survie individuel prime sur tout.

Peut-être qu'en admettant cela, je ne fais que montrer une feuille sur un arbre dont les racines me dépassent et m'enchaine l'esprit.

Hors ligne Cendres

  • Comète Versifiante
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Re : Terrasse de café : Ruminations existentielles
« Réponse #1 le: 23 Juillet 2023 à 09:53:32 »
Merci pour ton texte.

Ton personnage au début décrit ce qu'il y a autour de lui pour ensuite nous amener a une réflexion.

Il me semble que s'entretuer ne se dit pas dans ce genre de phrase :
" je regarde les traits renfermés d'un visage qui se presse de s'entretuer avec une clope.
Tu devrais plutôt dire, par exemple, mais je n'aime pas trop ma formule de phrase :
 "je regarde les traits renfermés d'un visage qui prend plaisir a détruire sa santé avec une clope."
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne Delnatja

  • Grand Encrier Cosmique
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  • Ailleurs et au-delà
Re : Terrasse de café : Ruminations existentielles
« Réponse #2 le: 23 Juillet 2023 à 10:19:40 »
Bonjour Boomslang, merci pour ton texte.
Je le trouve très bien écrit.
Moi aussi, j'ai tiqué sûr s'entretuer. Peut-être s'entre-détruire, car on ne peut pas tuer une clope, mais la détruire et s'auto-détruire se dit pour un humain.
Bienvenue et belle journée.
Michèle

Hors ligne Boomslang

  • Plumelette
  • Messages: 16
Re : Terrasse de café : Ruminations existentielles
« Réponse #3 le: 23 Juillet 2023 à 16:58:10 »
Bonjour,

Merci beaucoup de vos retours sur ce texte.
Je vois ce que vous voulez dire concernant l'expression "s'entretuer avec une cigarette" . C'est en fait issue de ma langue maternelle où il est commun de dire "tuer une cigarette" pour exprimer le fait de terminer de la fumer. J'ai donc fait une traduction tout simplement 😅. Il est plus juste de dire qu'il est en train de se consumer en même temps que la clope. En tout cas c'est gentil de prendre le temps de répondre. A bientôt

Hors ligne LOF

  • Grand Encrier Cosmique
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  • Frappé par le vent
Re : Terrasse de café : Ruminations existentielles
« Réponse #4 le: 28 Juillet 2023 à 19:24:55 »
 Je respecte cette envie de réflexion. Sa sincérité.
 La partie descriptive du début est très belle.
 Peut-être que tu pourrais continuer dans cette voix.
 Car dans ta manière de décrire et de regarder les choses on devinerait alors probablement
 tes questions existentielles.
 La où la philosophie se transmet le mieux c'est dans les faits, les petits détails de la vie.
 Un regard vivant, sentant, percevant raconte plus qu'un chapelet d'idées, à mon avis.     
Lof

Hors ligne Alex Stan

  • Tabellion
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Re : Terrasse de café : Ruminations existentielles
« Réponse #5 le: 28 Juillet 2023 à 20:26:44 »

Bonjour,

C'est ma première participation avec ce texte écrit en 2012. Le français n'est pas ma langue maternelle. C'est écrit presque d'un trait. Une réflexion sur la vie. Merci de vos avis sur le fond et la forme.




Autant de bruits qui se mélangent pour finalement produire le son d'un matin dans ce coin du monde. Le son de la nature peine à trouver sa place dans une ambiance citadine, à tel point qu'on en vient à croire qu'il est étranger à nos oreilles, imposé et déplacé.

Une petite fontaine artificielle essaye de donner de la voix, mais elle est trop timide face au brouhaha des moteurs de voitures et aux conversations de cafés qui se répètent tant de fois dans ma tête qu'elles en deviennent dénuées de sens. Juste un fond sonore, comme les scènes de figuration d'un film. En tendant bien l'oreille, on peut saisir quelques cris de résistance, certainement émis par des oisillons égarés de leurs hardes et appelant au secours.

Le mouvement est continu ici, incessant et peut-être infini. Il est devenu impératif d'agir vite, le temps presse nous dit-on. On ne s'arrête pour réfléchir à la vie que si on y est contraint par ses aléas. Pourtant, l'avons créé, ce temps ! On l'a mesuré, fixé, organisé. C'est devenu une machine monstrueuse qui écrase tout sur son passage, qui nous dicte la moindre de nos actions et nous fait même croire qu'on a le contrôle. Cette machine infernale est attachée à nos poignets, accrochée aux murs, présente à chaque instant de notre vie, ne serait-ce que par le bruit des pendules qui s'agitent sans cesse, déclarant un état de stress permanent et inévitable. Elle efface nos traces, en laissant deux ou trois souvenirs pour les plus chanceux.

Mais on s'arrêterait pour penser à quoi ? Vivre, plutôt, c'est bien plus urgent ! Tout a déjà été pensé pour nous, il faut juste suivre les plus expérimentés, les plus usés par le temps, ils connaissent la marche à suivre, ils ont écrit le mode d'emploi de la vie. Circulez, il n'y a rien à penser ! Vous êtes libre de choisir la couleur des murs de votre prison, de l'aménager comme bon vous semble, mais les racines de la pensée sont enterrées profondément, inaccessibles et surtout inaltérables par le temps. Une pensée ancrée en chacun de nous, qui détermine notre vie, une vie qui se résume à répéter l'histoire en changeant les acteurs mais en gardant la fin qu'on connaît tous. C'est bien triste, non ?

Aujourd'hui, il fait beau, si l'on en croit la définition du mot beauté. On devrait tous s'en réjouir. Mais devant moi, je regarde les traits renfermés d'un visage qui se presse de s'entretuer avec une clope. Il l'a eu à la fin, mais ce n'est que partie remise.

Limités à jouer le même film, certes, à scénario multiple ou presque, dans des décors différents, des scripts à peine différenciables, mais avec au bout du compte le même résultat, la même fin.

L'héritage légué est raisonnablement sensé, pourtant, pourquoi chercher à le jeter alors ? Est-ce que ça vaut la peine de tout repenser à nouveau, même si c'est juste pour le plaisir d'imaginer, puisqu'en vérité il est impossible de changer le monde ? Et bien même si cela était possible, ne serait-ce pas simplement d'inspiration inconsciemment prédéterminée ? Et si nous étions les premiers à avoir pensé, aurions-nous mieux fait les choses ou au moins de manière différente ? N'est-ce pas instinctivement que l'on s'est retrouvés dans cet état ? Repartir à zéro ne servirait alors à rien, on arriverait certainement au même résultat. Oui, c'est sûrement ce qui se passerait, puisque l'instinct de survie individuel prime sur tout.

Peut-être qu'en admettant cela, je ne fais que montrer une feuille sur un arbre dont les racines me dépassent et m'enchaine l'esprit.

Un joli texte ! Voilà quelques remarques sur la forme, phrases que j'ai réécrites en rouge, à cause de tournures un peu lourdes. Bien sûr ça reste mon avis !

Hors ligne Boomslang

  • Plumelette
  • Messages: 16
Re : Re : Terrasse de café : Ruminations existentielles
« Réponse #6 le: 09 Août 2023 à 01:13:44 »
Je respecte cette envie de réflexion. Sa sincérité.
 La partie descriptive du début est très belle.
 Peut-être que tu pourrais continuer dans cette voix.
 Car dans ta manière de décrire et de regarder les choses on devinerait alors probablement
 tes questions existentielles.
 La où la philosophie se transmet le mieux c'est dans les faits, les petits détails de la vie.
 Un regard vivant, sentant, percevant raconte plus qu'un chapelet d'idées, à mon avis.     

Voilà ! La vie est assez compliqué comme ça 🙂  c'est des questions qui nous unissent tous. En tout cas Merci pour ta réponse. Elle me redonne envie d'écrire.

Hors ligne Boomslang

  • Plumelette
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Re : Re : Terrasse de café : Ruminations existentielles
« Réponse #7 le: 09 Août 2023 à 01:18:20 »

Bonjour,

C'est ma première participation avec ce texte écrit en 2012. Le français n'est pas ma langue maternelle. C'est écrit presque d'un trait. Une réflexion sur la vie. Merci de vos avis sur le fond et la forme.




Autant de bruits qui se mélangent pour finalement produire le son d'un matin dans ce coin du monde. Le son de la nature peine à trouver sa place dans une ambiance citadine, à tel point qu'on en vient à croire qu'il est étranger à nos oreilles, imposé et déplacé.

Une petite fontaine artificielle essaye de donner de la voix, mais elle est trop timide face au brouhaha des moteurs de voitures et aux conversations de cafés qui se répètent tant de fois dans ma tête qu'elles en deviennent dénuées de sens. Juste un fond sonore, comme les scènes de figuration d'un film. En tendant bien l'oreille, on peut saisir quelques cris de résistance, certainement émis par des oisillons égarés de leurs hardes et appelant au secours.

Le mouvement est continu ici, incessant et peut-être infini. Il est devenu impératif d'agir vite, le temps presse nous dit-on. On ne s'arrête pour réfléchir à la vie que si on y est contraint par ses aléas. Pourtant, l'avons créé, ce temps ! On l'a mesuré, fixé, organisé. C'est devenu une machine monstrueuse qui écrase tout sur son passage, qui nous dicte la moindre de nos actions et nous fait même croire qu'on a le contrôle. Cette machine infernale est attachée à nos poignets, accrochée aux murs, présente à chaque instant de notre vie, ne serait-ce que par le bruit des pendules qui s'agitent sans cesse, déclarant un état de stress permanent et inévitable. Elle efface nos traces, en laissant deux ou trois souvenirs pour les plus chanceux.

Mais on s'arrêterait pour penser à quoi ? Vivre, plutôt, c'est bien plus urgent ! Tout a déjà été pensé pour nous, il faut juste suivre les plus expérimentés, les plus usés par le temps, ils connaissent la marche à suivre, ils ont écrit le mode d'emploi de la vie. Circulez, il n'y a rien à penser ! Vous êtes libre de choisir la couleur des murs de votre prison, de l'aménager comme bon vous semble, mais les racines de la pensée sont enterrées profondément, inaccessibles et surtout inaltérables par le temps. Une pensée ancrée en chacun de nous, qui détermine notre vie, une vie qui se résume à répéter l'histoire en changeant les acteurs mais en gardant la fin qu'on connaît tous. C'est bien triste, non ?

Aujourd'hui, il fait beau, si l'on en croit la définition du mot beauté. On devrait tous s'en réjouir. Mais devant moi, je regarde les traits renfermés d'un visage qui se presse de s'entretuer avec une clope. Il l'a eu à la fin, mais ce n'est que partie remise.

Limités à jouer le même film, certes, à scénario multiple ou presque, dans des décors différents, des scripts à peine différenciables, mais avec au bout du compte le même résultat, la même fin.

L'héritage légué est raisonnablement sensé, pourtant, pourquoi chercher à le jeter alors ? Est-ce que ça vaut la peine de tout repenser à nouveau, même si c'est juste pour le plaisir d'imaginer, puisqu'en vérité il est impossible de changer le monde ? Et bien même si cela était possible, ne serait-ce pas simplement d'inspiration inconsciemment prédéterminée ? Et si nous étions les premiers à avoir pensé, aurions-nous mieux fait les choses ou au moins de manière différente ? N'est-ce pas instinctivement que l'on s'est retrouvés dans cet état ? Repartir à zéro ne servirait alors à rien, on arriverait certainement au même résultat. Oui, c'est sûrement ce qui se passerait, puisque l'instinct de survie individuel prime sur tout.

Peut-être qu'en admettant cela, je ne fais que montrer une feuille sur un arbre dont les racines me dépassent et m'enchaine l'esprit.

Un joli texte ! Voilà quelques remarques sur la forme, phrases que j'ai réécrites en rouge, à cause de tournures un peu lourdes. Bien sûr ça reste mon avis !

Merci de ta lecture et tes observations. En effet ça sonne plus juste. Merci beaucoup

 


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