En ce moment, je suis attelée à la lecture d'un bouquin fort éclairant sur la ville. La ville comme entité à la fois familière et sauvage, déclinée en plusieurs genres/modèles selon les époques et les désirs/objectifs politiques, religieux ou sociaux y dominant... La ville opposée au village, à la campagne, la pampa. La ville comme lieu de désacralisation par excellence, comme bâtisseuse de foules, comme voie ouverte à la déambulation désordonnée de qui n'est pas pressé... La ville comme tableau agissant sur nos consciences, y imprimant sa trace, heureuse ou non. Bouquin choisi au hasard à la librairie par mes doigts fureteurs à qui je laisse, désormais, depuis plusieurs mois, le soin de choisir mes lectures. C'est-à-dire que ma nouvelle politique consiste aujourd'hui à entrer dans les temples livresques sans aucune idée précise de ce que je veux, aucun titre, tout en m'efforçant de délaisser mes a priori sur tel et tel auteur. Et à nouveau je respire et à nouveau je reprends goût à la lecture. Et c'est si bon. C'est si bon d'y reprendre goût grâce, aussi, au concours des si belles âmes autour desquelles je volète en ce moment (secrètement ou non), et qui ont le même effet sur mon esprit, mes sens, qu'un frais courant d'air en plein cagnard.
Je viens donc ici pour, je l'espère, un bon bout de temps, ouvrir ma propre cité. Quand il y aura assez de sel et de ciment pour en faire quelque chose.
En attendant, je lirai et commenterai, je pense.