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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le champion du village

Auteur Sujet: Le champion du village  (Lu 1914 fois)

Sericle

  • Invité
Le champion du village
« le: 25 Mai 2011 à 16:14:36 »
Ceci est un projet qui me tient particulièrement à cœur : je planche sur un roman depuis pas mal d'années, et je poste le premier chapitre pour avoir vos avis. Bonne lecture, et attention, c'est un peu long !



Chapitre 1

Le champion du village




Il fait lourd. Il règne une ambiance de plomb et une chaleur infernale. Qu'est-ce qui se passe ici ? Je suis au milieu de cadavres brûlés et de personnes que je crois connaître, et la forêt est en feu… J'avance péniblement parmi les corps, et manque de chanceler à cause de mes blessures… Comment me suis-je fais cela ? Je n'y comprends rien, tout est brouillé, je suis perdu, je suis en train de mourir… Des survivants se précipitent vers moi, je tombe avant qu'ils ne soient à ma hauteur... J'ai la tête si lourde que je me mets à ramper, je suis fatigué, je sens mon esprit me quitter, et un être étrange apparaît précipitamment et me saute dessus, il prend sa hache, l’abat avec force et me frappe en plein ventre, je crie, je saigne, j'hurle, AAAAAHHHHH !!!

Thaline : le monde des races libres. Nous sommes en l’an 1008 après la Chute du Dragon. Au bord de l’île Ulen, sur la côte Est, dans le village Haut-Elfe de Fellonerrim (bien que composé de nombreux humains), le jour se levait normalement et tranquillement, comme la plupart des autres jours. Le maître-chasseur du village, Eigan, était parti chasser en forêt. Quand à son fils, ayant passé une nuit cauchemardesque, il se leva difficilement. Titubant légèrement, il entra dans la pièce principale de la maison pour prendre son petit-déjeuner et se remettre les idées en place, après un rêve plutôt étrange : ce même rêve initiatique qui l’emmènerait sans doute plus loin que tout ce qu’il avait imaginé faire dans le futur. Ceci est son histoire.
― Salut Séricle ! Bien dormi ?
Il fronça les yeux, frappé par la lumière qui traversait la pièce. Il perçut difficilement les murs de pierre de l’habitation, et tenta de reconnaître celui qui l’attendait : c’était une vieille connaissance. Sa présence ici-même – et de bon matin – l’étonna.
― Mouais, Onitras. Salut, dit-il d’un air fatigué, se passant la main dans ses cheveux d’un noir ébène qui lui tombaient aux épaules.
― Eh ben dis-donc, tu fais une de ces têtes ! T’as pas dormi ?
Mieux réveillé, Séricle le fixa de ses yeux uniques : en effet, ceux-ci avaient une couleur argent qui avaient, semblait-il, la capacité de percer l’âme des gens et de lire en eux comme dans un livre ouvert – du moins si les gens le regardaient dans les yeux. Il croyait quelque peu en son pouvoir : il était conscient et fier de son regard d’acier, bien qu’il ne s’en soit jamais véritablement vanté. Cependant, depuis toujours, une once de doute planait dans sa tête, remettant sans cesse en question ce prétendu « pouvoir ».

Mais ce qui l’avait peut-être le plus marqué, c’était un moment durant son passé – ici, de ses six ans à ses douze ans où il avait appris à lire, à écrire et à compter avec efficacité grâce à l’intervention d’un précepteur. Il était devenu assez brillant dans le domaine scolaire, bien qu’un peu plus lent. Une fois, il se souvenait particulièrement avoir lu un mince ouvrage concernant les couleurs, et dont une partie faisait le rapprochement entre les yeux et les couleurs. Ce qui l’avait le plus attiré était alors un passage très succinct évoquant de rares cas où les yeux pouvaient être de couleur argentée ou dorée ; il s’était immédiatement senti concerné, et avait eu une grande envie d’essayer d’en connaître un peu plus sur lui. Ainsi, il avait lu que les rares personnes possédant des yeux dorés ou argentés étaient des personnes « élues des dieux », et qui pouvaient, à ce que l’on dit, en recevoir la puissance. Le livre considérait que les personnes aux yeux dorés incarnaient le soleil, chaud, magnanime et dans toute sa splendeur, qu’ils étaient parfaits en quelque sorte. Quand aux personnes aux yeux argentés, l’œuvre racontait qu’ils incarnaient la lune, et qu’à l’inverse du soleil, ils étaient plus sages et plus froids, mais presque tout aussi parfaits. Et que l’union des deux engendrerait un grand bouleversement dans le monde. Enfin, tout cela devait plus tenir du mythe que de la réalité.

Revenant à la réalité, il se rendit compte qu’en face de lui se trouvaient des yeux d’un bleu purement innocent.
― Excuse-moi, je ne voulais pas te vexer…
― Ça va, tu n’as rien dit de mal, dit Séricle en s’attachant les cheveux en queue de cheval, prenant soin de laisser sur les côtés des mèches qui descendaient à hauteur des joues. Après tout tu connais mon regard depuis que l’on se connaît.
Il marqua un temps de pause, cherchant à se souvenir du moment de leur première rencontre.
― Depuis dix ans, reprit-il, alors je ne comprends pas pourquoi tu réagis ainsi.
― Qu’est-ce qui te dit que c’est ton regard ! rétorqua Onitras en rigolant.
― Arrête de mentir, ça se voit sur ton front, répondit Séricle en entamant un morceau de pain.
Son ami se leva et saisit alors un miroir ; il inspecta chaque recoin de son front. Ne voyant rien, il se rassit. Il était un peu naïf et c’était pour ça que Séricle l’aimait bien.
― Qu’est-ce que tu fais ici ? poursuivit ce dernier.
― J’ai remarqué que ton père et ton frère n’étaient pas là, alors je me suis dit que j’allais passer te voir. Je suis venu t’attendre pour aller à la caserne, puisqu’aujourd’hui, c’est le tournoi des apprentis guerriers de notre village. Et on est dans la même colonne de classement, la colonne C ! Allons, tu te souviens ?
― Quoi ? demanda l’adolescent au regard argenté, écarquillant les yeux car il avait du mal à réaliser ce que son ami lui disait. Tu es sûr que c’est aujourd’hui ?
― Bien sûr que oui ! Ne me dis pas que tu as oublié ? C’est pourtant une belle occasion pour nous d’entrer dans l’armée, sans que l’on soit plus jamais considérés comme des recrues mais comme des soldats ! Rappelle-toi ! Depuis qu’on s’entraîne à la caserne, tu as toujours dit qu’un jour, tu serais le « Commandant Séricle, fier de ses six mille hommes, aidé de son fidèle Capitaine Onitras, lui-même fier de ses deux mille soldats ! »

Le fils d’Eigan chercha à se souvenir. En effet, il y a trois ans de cela, il avait demandé à son père s’il pouvait aller regarder les combats à la caserne ; or c’était le tournoi des apprentis guerriers du village qui se déroulait à ce moment là, pendant le mois du Serviteur, vers la fin de l’été. Et le fait d’assister à ces combats l’avait enthousiasmé : le lendemain, il avait absolument tenu à ce que son père le laisse aller s’entraîner à la caserne. Ce dernier ne s’y étant pas opposé, il avait trouvé une alternative intéressante, où il pouvait combattre un jour sur deux – le reste de la semaine, il continuait son éducation auprès du précepteur.
Ainsi, cela faisait trois ans qu’il s’était perfectionné au combat à l’épée, essuyant de nombreuses défaites au départ. Toutefois, il avait effectué des progrès – certes, de manière lente, mais constante – selon le maître de la caserne, le sergent Ranyon. Très rapidement, Séricle s’était confronté à un apprenti guerrier de valeur : Cysdhar, qui semblait avoir reçu de bonnes prédispositions au combat dès sa plus tendre enfance. Séricle lui avait alors juré d’être son rival et de ne jamais le lâcher d’une semelle. Et, suite à ses défaites perpétuelles, il avait effectivement promis à Onitras que son ambition le mènerait un jour au grade de Commandant ; et que, dans toute sa bonté, il le choisirait comme l’un de ses capitaines, puisqu’il s’entraînait lui aussi à la caserne.

― Désolé de te décevoir, annonça l’adolescent aux cheveux d’ébène; je crois que ce sont mes cauchemars qui me perturbent. Mince, je ne sais pas si je pourrai y aller, dit-il en se pinçant les lèvres. Tu ne peux pas savoir la nuit que j’ai passé, c’est indescriptible tellement c’était affreux ; j’avais l’impression d’être à l’agonie…
― C’est pour ça que tu es trempé de sueur, remarqua son compère… j’avais cru que tu t’étais préparé toute la nuit au tournoi. Ben, quand t’iras te laver, je suis sûr que ça ira mieux ! Je me trompe ?
Séricle hocha la tête tandis qu’il finissait de manger.
― Au fait, s’enquit son ami aux cheveux blonds, tu vas bientôt avoir seize ans, je me trompe ? Il serait peut-être temps que le prêtre du village découvre comment ont évolué tes aptitudes magiques …
― Tu parles, elles doivent encore être endormies. Et si ça se trouve, c’était un prétexte pour qu’on s’intéresse à moi. Depuis mes six ans, ce maudit religieux a crié sur tous les toits que j’avais peut-être des compétences en la matière. D’ailleurs, la majorité de ceux qui croient avoir des aptitudes magiques n’en ont finalement pas, d’après la plupart des villageois…
― Écoute, lui confia  son complice, le prêtre a toujours dit que tu étais différent des autres, et que si tu avais des compétences magiques, tu pourrais même devenir l’un des plus puissants magiciens ayant jamais existé. Enfin, imagine un peu ! « le Commandant Séricle, capable d’inverser l’issue d’une bataille grâce à ses pouvoirs magiques » !
― Foutaises. L’armée n’accepte aucun lanceur de sorts dans ses rangs.
― Oh, tu sais, moi je disais ça pour plaisanter, et peut-être aussi parce que je rêve un peu. Les paroles de prêtre Dafghar m’ont convaincu que tu as des pouvoirs magiques. Maintenant libre à toi d’y croire ou non.

Oui, Onitras était souvent rêveur. C’était peut-être même ce qui l’avait amené à suivre Séricle dans son ambition militaire. Il rêvait de diriger ses propres soldats et de participer à de grandes batailles. Son but ? Séricle avait deviné depuis bien longtemps qu’il s’agissait de la gloire et de la fortune. En vérité, il voulait être un héros pour sa famille, pour prouver à ses parents qu’il était capable de réaliser quelque chose dans sa vie ; il n’avait pas eu de très bonnes relations avec eux, à vrai dire. De plus, il n’abordait presque jamais ce sujet avec Séricle, de peur que cela ne dégrade leur amitié. Pourtant, l’adolescent à la queue de cheval lui avait confié qu’il avait la chance d’avoir ses deux parents encore en vie, contrairement à lui qui n’avait plus que son père et son frère pour seule famille.

― Tu sais bien que Dafghar est un vieux fou qui perd la tête. Il n’est même pas capable de prouver la soi-disant « étendue de mes pouvoirs ».
― Mais toi, c’est différent : contrairement à de nombreuses personnes, ton esprit est endormi, ce qui explique qu’il ne veut pas encore démontrer ses capacités, tenta de lui expliquer Onitras.
Séricle en eut assez.
― Tu veux que je te dise ? Si tu t’attaches tellement à ça, c’est uniquement parce que tu sais que le prêtre n’a pas décelé grand-chose en toi !
― Ça suffit ! vociféra Onitras en se levant d’un bond, frappant du poing sur la table. C’est ton cauchemar qui t’as rendu aussi désagréable ?
Cela faisait presque dix ans qu’ils se connaissaient, si bien qu’ils étaient devenus des amis inséparables. Cependant, il pouvait arriver que des conflits éclatent entre eux, qui fort heureusement ne duraient jamais bien longtemps. Ils étaient toujours parvenus à se réconcilier, oubliant les disputes du passé.
― Si c’est ainsi que tu prends les choses, alors je n’ai plus rien à faire ici.
― Onitras, attends ! s’exclama Séricle d’un ton presque suppliant, changeant totalement d’attitude. Excuse-moi, je suis un peu confus en ce moment, et un peu de repos me ferait le plus grand bien. Tu m’attends toujours ? Rappelle-toi qu’on a fait un pacte : « le Commandant Séricle et son fidèle Capitaine Onitras » !
― Ouais, c’est bon, je reste. Après tout, qu’est-ce que ça change, comme tu le dis si bien d’habitude ?

Séricle partit alors se préparer en vitesse, se nettoyant rapidement le visage grâce au seau d’eau qui gisait près de la table. Il réarrangea la chaîne qui ornait son cou, attrapa un miroir et observa son reflet : celui-ci révélait qu’il n’était pas d’une beauté parfaite ; cependant, il était loin d’être laid : il avait un nez droit, des sourcils peu épais, un très léger duvet de barbe. L’un de ses seuls défauts était sa légère corpulence, bien que l’entraînement à l’épée l’ait quelque peu épaissi.
Tout en contemplant son regard d’argent, il se remémora ses souvenirs d’enfance – du moins ce qu’il en restait, car ce domaine n’était pas vraiment son fort. C’était une époque où il ne voyait pas le monde de la même façon, où il ne comprenait pas tout à fait pourquoi il n’avait pas de mère, ni pourquoi son père ne versait jamais de larmes quand il lui demandait de lui parler d’elle – en fait, il ne lui en par-lait jamais. Depuis son enfance, il sentait un non-dit sur cette mère absente. Il avait dû se résigner à rechercher des informations sur elle, après avoir demandé à tout le village si eux-mêmes ne savaient quelque chose à son sujet. Les seules choses dont Séricle se souvenait réellement, c’était d’avoir vu depuis son enfance des êtres qui semblaient le fixer, des personnes qu’apparemment lui seul pouvait voir.
Maintenant qu’il était plus grand, il avait commencé à rechercher ces êtres, et les réponses avaient jusqu’alors souvent été du type « mon pauvre petit, ce sont des illusions que tu crois voir ! Tu as sûrement besoin de repos ! ». Bien entendu, Séricle n’aimait jamais qu’on le traite de petit. Non pas parce qu’il l’était – enfin, il mesurait tout de même cinq virgule cinq pieds, ce qui était une taille relativement correcte – mais parce que les natifs de l’île, des Hauts-Elfes, le trouvaient plus petit qu’eux – ils mesuraient tous plus de six pieds. Et à  chaque fois qu’on lui parlait d’illusions (c'est-à-dire tout le temps) et qu’on lui conseil-lait de prendre du repos, il réagissait en beuglant : « NON ! Je ne suis PAS petit, et je n’ai PAS sommeil ! »
Chose étrange, Séricle soupçonnait le village entier de lui cacher quelque chose, que ce soit à propos de sa mère disparue ou même à propos de ces personnes invisibles. Même si, vous dirait-il, ce n’était qu’une impression. Une fois, lors de son dernier anniversaire, il avait vu un de ces hommes, alors qu'il devait transmettre un message à l’aubergiste du village. L’homme l’avait fixé, puis il avait pour-suivi son chemin comme si de rien n’était. En fait, c’était la dernière fois qu’il avait aperçu l’un de ces êtres encapuchonnés, et cela allait bientôt faire un an. Du moins l’avait-il cru jusqu’à présent.

Il y a près d’un mois, ces êtres avaient recommencé à le perturber. C’est pour cette raison que ces temps-ci, Séricle était décrit par ses proches comme de plus en plus étrange. Il racontait voir ces « personnes encapuchonnées » de plus en plus souvent, de plus en plus nombreux. La dernière fois, c'était il y a trois jours, alors qu'il revenait de la caserne après s’être préparé pour le tournoi. Il passait juste devant la taverne, quand l'un de ces « esprits », venu de derrière, le devança, toujours inaperçu des autres. Séricle avait tenté de l'interpeller mais l'être étrange avait continué son chemin, juste avant de se retourner et de lui an-noncer ce qui semblait être un conseil : « Prépare-toi. Ils vont venir ici ». Et l’adolescent était resté sur place, hébété, ne comprenant pas quelles étaient ces entités qui lui parlaient, et surtout quel était ce message qu’on venait de lui délivrer de manière plus que douteuse. Il fallut que ce soit Onitras qui le secoue afin de le tirer de son apathie. Après être rentré chez lui, l’humain au regard d’acier s’était posé continuellement des questions, si bien qu’il n’avait même pas pu fermer l’œil de la nuit.

Reposant le miroir, il partit enfiler sa chemise et revêtir ensuite sa légère armure de cuir. Celle-ci était en piteux état et témoignait de nombreux combats – cela faisait tout de même trois ans qu’il l’utilisait. Séricle savait que cette protection ne le protégerait pas de la plupart des coups qu’il recevrait. Il allait devoir en partie compter sur son agilité et sa rapidité. Plus facile à dire qu’à faire… malgré tout, il était conscient qu’il devait gagner ce tournoi. S’il voulait tenir sa promesse à Onitras, il fallait lui prouver que son ambition le mènerait aussi loin que l’armée le lui permettrait. Le seul obstacle qui pouvait encore l’empêcher de remporter le premier prix, c’était son rival de toujours : Cysdhar.

  *
*  *

Quelques minutes plus tard, les deux amis arrivèrent à la caserne : l’entrée de l’établissement était marquée par une arche de moins de quinze pieds de hauteur. Les murs, qui mesuraient avec exactitude six virgule cinq pieds, protégeaient le bâtiment militaire, ainsi qu’une arène au sol sableux et couvrant une surface assez large pour accueillir une dizaine de combattants. Le sergent Ranyon – le crâne chauve mais une barbe foisonnante lui recouvrant tout le reste du visage – maître de cette zone dédiée au combat, salua les deux adolescents d’un bref hochement de tête. Ces derniers allèrent s’assoir dans l’herbe auprès de ceux qui étaient déjà présents, en attendant que tous les participants soient là. La grande surprise pour Séricle fut de croiser les yeux bruns de son frère Darothen, qui était venu assister au tournoi pour s’assurer que son petit frère allait bien s’en sortir. L’adolescent à la queue de cheval vint converser avec lui, après lui avoir fait une vigoureuse accolade.
― Salut, frangin, lui annonça le jeune homme aux cheveux châtains. Dis-moi, tu comptes te battre dans une tenue aussi délabrée ? Tu ne vas pas faire long feu, c’est moi qui te le dis !
Séricle réprima un sentiment de colère ; il sentait qu’on lui ferait le compliment tout au long de la journée.
― Oh, ne t’inquiète pas pour moi, répondit-il. Je me battrai du mieux que je peux. Si tu ne peux pas développer ta défense, développe ton attaque car c’est le meilleur moyen de défense !
Il remarqua que son frère n’était pas en formation avec son instructeur de magie naturelle.
― Dis-moi, qu’est-ce que tu fais là, tu abandonnes les cours ? s’enquit-il.
― Ah non, je tiens trop à cette formation de garde forestier pour me permettre de me reposer ! En fait, mon maître est absent parce qu’il enquête sur une épidémie qui s’est répandue au nord d’ici, dans les villages de Fundern et d’Enloma. Les rumeurs disent que c’est à cause d’une invasion de guêpes géantes ; mais je ne pense pas qu’elles soient venues de leur plein gré, ni qu’elles constituent la source du mal. Tu étais au courant de cet évènement ?
― Oui, acquiesça Séricle, j’en ai entendu parler. Espérons que ça ne se propage pas jusqu’ici, je crains que la population puisse être touchée.
― Ne t’inquiètes pas, le rassura son aîné : à toute chose son remède. Et puis, après tout, il suffira d’instaurer des zones de quarantaine, d’augmenter les effectifs de médecins pour rechercher un remède et enfin d’éradiquer ces bêtes surdimensionnées. Ensuite, peut-être que j’irai dans le grand nord afin de mener ma propre enquête…
― Dans le grand nord… tu veux dire au Nordern ? hésita son frère.

Le monde de Thaline était découpé en trois continents, tous séparés par l’océan Enxiar : le continent ouest était nommé Sandores, celui de l’est était Allamin et celui du nord, le Nordern. Ce continent était la demeure des Sarkels, une race intelligente, qui physiquement était très proche des tigres, et qui en plus de ces derniers parvenaient à marcher debout sur leurs pattes arrières. L’une des particularités de ce peuple était leur forte résistance au froid : ainsi, par un hiver doux et frais, ils ne portaient que peu d’habits, leur fourrure faisant office de protection.
― J’ai bien envie de voir à quel point tu es résistant au froid, reprit le cadet ; tu n’es tout de même pas aussi endurant que ces boules de poils fournies de crocs ?
― Tu as raison, je ne suis pas un Sarkel. Mais ne te moque pas d’eux, ils sont plus intelligents que tu ne l’imagines. Ils n’ont peut-être l’air que de tigres bipèdes mais les races humanoïdes ne sont pas les seules à être douées de conscience. Toutes les créatures suffisamment développées ont conscience de leur propre existence.
― Ne te méprends pas, j’ai plus de respect pour ce peuple nordique que tu ne le crois ; bon, je te laisse, je vais rejoindre mes amis.
Séricle partit alors en direction de Cysdhar et d’Anrea, qui venaient d’arriver à la caserne. Le premier, au visage triangulaire, aux longs cheveux roux et aux yeux dorés, était d’une beauté certaine : sa tête et son allure évoquaient la majesté d’un lion ; la plupart des filles de son âge étaient follement amoureuses de lui. Mais il était attiré par une seule fille, qui ne faisait pas partie de ses nombreuses prétendantes. Il s’agissait de celle qui venait juste-ment de l’accompagner au tournoi –  puisqu’elle y participait elle aussi. Celle-ci avait toujours répudié son accompagnateur, bien que son visage à la beauté particulière ne laissât que peu de personnes de marbre. Elle avait un visage ovale caché par des cheveux bruns mi-longs et bouclés ; ses grands yeux bleus évoquaient la mer : ils reflétaient plus particulièrement sa sensibilité, qu’elle avait à fleur de peau.
Bien que Cysdhar n’abandonnât jamais facilement ses tentatives de conquête, au grand regret d’Anrea, cela ne les empêchait pas d’être de bons amis. Mais la fille avait plus de préférences pour Séricle, et celui-ci en était conscient ; c’était la deuxième raison pour laquelle il était devenu le grand rival de l’humain aux cheveux roux. A eux deux, ils étaient devenus les champions du village.

Séricle remarqua que son amie lui faisait signe de la main et courut jusqu’à elle.
― Salut Anrea, lui adressa-t-il avec affection, avant de l’étreindre tendrement et de l’embrasser avec attention.
Il fallait savoir une chose essentielle : Anrea, de par sa sensibilité, aimait toujours être réconfortée, même lorsque tout allait bien. Elle semblait approuver le fait que Séricle remplissait très bien ce rôle de protecteur. De plus, ce dernier lui avait aussi promis que s’il devenait commandant, il la choisirait comme son second capitaine. Elle était romantique, et cela plaisait à l’humain aux cheveux d’ébène, bien qu’entre eux deux, il ait toujours été simplement question d’un amour platonique.
Celui à l’allure de félin observa son rival en train de se serrer dans ses bras leur amie commune, et sourit jusqu’à ce qu’il arrive à leur hauteur.
― Salut Cysdhar, annonça l’adolescent aux yeux d’argent à sa vue, avant de lui serrer la main.
― Salut Séricle ! répondit l’autre de manière franche, considérant toujours son concurrent comme un adversaire de taille.
― Alors ? Fin prêt pour le tournoi, malgré cette ferraille ? s’enquit Anrea.
― Oui, admit le fils du chasseur du village, on peut dire ça comme ça. J’aurai juste besoin d’un peu de chance !
― Tu pars mal Séricle, l’informa l’autre, tu es même déjà parti pour la défaite ! Avec une telle armure, tu ne résisteras même pas deux secondes, et même si le sergent nous interdit ce genre de magouilles, je suis prêt à parier sur ta défaite ! Ça restera entre nous, tu me connais ?
Je me demande combien de temps je vais encore contenir ma colère… Je commence à en avoir marre. Mon frère m’a déjà fait le compliment sur mon armure, et Onitras a failli m’en parler quand on est partis de chez moi. Et dire que ce n’est que le début de la journée…
À ses dires, l’humain aux cheveux roux émit un faible gloussement.
― Désolée Séricle, s’excusa son amie, je ne voulais pas t’offenser…
― Oublions ça. Après tout, ce n’est pas aussi grave que vous le croyez.
Puis, changeant totalement d’avis, il considéra les paroles de son adversaire. Bien que n’aimant pas vraiment les jeux d’argent, il accepta le pari et ensembles, ils décidèrent du contrat suivant : si Séricle remportait le tournoi, il gagnerait cinq pièces d’argent. Inversement, si Cysdhar était le grand vainqueur, ce serait lui qui profiterait de la somme mise en jeu.
― Bon, reprit-il, je sens que les combats vont commencer, alors je vous souhaite bonne chance à tous les deux !
― Merci Séricle, bonne chance à toi aussi, répondirent-ils en chœur.

Séricle rejoignit sa colonne de classement, et s’assit dans l’herbe à côté d’Onitras, qui discutait avec une apprentie guerrière en première année qui allait simplement assister au tournoi. Le sergent frappa alors dans ses mains pour réclamer le silence :
― Chers apprentis combattants et chers spectateurs, que vous soyez adultes, adolescents ou enfants, aujourd’hui a lieu le tournoi de la caserne de Fellonerrim. Dans toutes les autres casernes du monde ont lieu des tournois similaires qui se passent tous les trois ans, à peu près en même temps que le nôtre. Aujourd’hui, vous êtes exactement trente-deux apprentis en troisième année qui allez participer à l’épreuve. Vous voilà donc tous réunis, premièrement afin de passer et de réussir votre enrôlement dans l’armée ; passé ce stade, vous deviendrez des soldats, ou bien des mercenaires si vous le souhaitez. Je rappelle que seule la moitié des candidats réussira son diplôme, puisque ce tournoi est organisé selon des duels. Quand à votre second but, il s’agit d’accéder au titre de « champion du village ». Les affronts parleront d’eux-mêmes et décideront qui est le meilleur de ces trois dernières années. Le caporal Hengue évaluera la colonne de classement A, le caporal Mesrin se chargera de la colonne B, le caporal Garulin veillera à la colonne C et le caporal Fradmil arbitrera la colonne D. Quand aux demi-finales et à la finale, j’ai désigné le caporal Koltarin. Enfin, gardez à l’esprit que toute forme de pari est interdite. Sur ce, place aux combats !

Dès lors, les duels commencèrent. Séricle était pour sa part confronté à une apprentie qui se fichait de ce qu’il représentait. Il était quand même connu pour être le grand rival de Cysdhar, même si ce dernier était plus populaire que lui ! En fait, elle n’avait aucun modèle, pas même celui qui terrassait à chaque fois l’adolescent aux yeux d’argent. Celui-ci, malgré l’état de son armure, gagna très facilement le combat ; ce fut même le duel qui se termina le plus rapidement : Séricle avait pris sa concurrente de vitesse et l’avait assommée du pommeau de son épée. Il avait put alors observer les combats d’Onitras, d’Anrea et de Cysdhar, qui eux aussi s’en sortaient facilement. Tant mieux pour eux, je pourrai alors les combattre. Au moins, ils auront réussi l’examen.
Le tournoi était ainsi une sorte d’épreuve éliminatoire. Ceux qui perdaient le premier affront recommençaient une année d’entraînement, avant de passer des épreuves de rattrapage. S’ils échouaient de nouveau, ils devaient ré-effectuer deux années d’entraînement. Tous les autres étaient sûrs d’obtenir ce diplôme.

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*  *

Il était environ midi lorsque les diplômes furent remis à tous ceux qui avaient remporté le premier combat – ce qui représentait donc la moitié des participants. C’était l’heure de la pause-déjeuner, et tous les duellistes – aussi bien les perdants que les vainqueurs – se dirigèrent vers la cantine sur ordre du sergent ; ainsi, ce fut pour chacun le moment de raconter son combat. Séricle et ses amis s’étaient installés à la même table, à côté d’un adulte et de trois enfants – qui étaient eux-mêmes de simples spectateurs du tournoi. Il avait cherché son frère du regard et l’avait aperçu au fond de la salle, en train d’impressionner de jeunes apprenties avec des sorts de l’école de la nature, qu’il avait récemment appris. Un des trois enfants à table, le plus lucide, avait entendu dire que Séricle et Cysdhar étaient rivaux ; il leur demanda donc pourquoi ils étaient assis à la même table. Les deux camarades lui répondirent que, même si la dualité régnait constamment entre eux, ils s’entendaient suffisamment bien pour être relativement bons amis.
Tout en mangeant, Cysdhar répéta constamment à son compétiteur que ce dernier perdrait encore une fois contre lui, d’une manière ou d’une autre. Cela commença à énerver l’humain aux yeux d’argent. L’adulte, qui écoutait les conversations autour de la table,  somma l’un de cesser son manège et ordonna à l’autre de se calmer. Anrea déclara même à son prétendant qu’il n’était « finalement pas digne d’elle pour taquiner ainsi son ami et concurrent » ; cela fit jubiler Onitras. Subjugué et ne sachant pas quoi répondre, l’humain à la crinière de feu avait seulement pu riposter d’un « la ferme ! ». En guise de remerciement, Séricle adressa un clin d’œil à sa complice, qui tout naturellement le lui rendit.
Les adolescents demandèrent ensuite aux enfants pourquoi ils voulaient devenir apprentis guerriers, et leurs posèrent par la suite d’autres questions. Deux d’entre eux étaient frères, et étaient devenus orphelins suite à un raid organisé par des pirates ; en conséquence, ils s’étaient jurés un jour de devenir de grands guerriers afin de venger leurs parents, morts au combat en défendant leur patrie. Séricle nota leur part de volonté, leur courage et même un sens de l’honneur précoce, qualité qu’il admirait particulièrement. Mais mieux encore, il avait retenu d’eux un désir de patriotisme hérité de leurs parents. Quand au troisième enfant, il était uniquement venu parce qu’il avait des lacunes scolaires. Enfin, ce fut au tour de l’adulte d’expliquer sa présence à la caserne : après avoir pris le temps de réfléchir et ne sachant toujours pas quoi réaliser dans sa vie, il était venu tenter d’effectuer une carrière militaire. Plus précisément, il avait décidé d’intégrer l’Armée Équitable, une armée internationale. Celle-ci était presque uniquement constituée d’humains, qui étaient des soldats volontaires des trois royaumes humains d’Arkanos, de Daruka et de Dorena. Elle possédait des forteresses et des camps militaires un peu partout dans le monde, et aidait habituellement les populations locales, sans faire aucune distinction de races.
L’adulte voulait ainsi s’engager dans cet ordre pour combattre à travers le monde ; ce n’était pas tant le combat qu’il désirait, mais plutôt l’envie de voir du pays, d’avoir des contacts avec les autres races, d’apprendre leurs langages et leurs coutumes, leurs façons de vivre… bref, il avait le goût de l’aventure. La perspicacité de Séricle lui fit aussi avouer qu’il cherchait aussi à se trouver une identité, à mieux se comprendre et à mieux s’accepter. L’adolescent à la chevelure d’ébène décida de ne pas aller plus loin dans son interrogatoire : il voulait à présent penser à la victoire.
Ainsi, ils discutèrent tous pendant plus d’une heure – en réalité, surtout pendant la pause digestive, après le repas. Puis le sergent décida de rassembler les combattants encore en lice pour poursuivre le tournoi. Séricle avait conscience de la difficulté croissante des combats ; il savait qu’au fur et à mesure, ses adversaires deviendraient de plus en plus coriaces. Le titre de « champion du village » devait être mérité, et chaque compétiteur ferait le maximum d’efforts pour parvenir à le remporter.

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*  *

Il était alors un peu plus de quinze heures quand les affrontements cessèrent de nouveau, une pause attendant les huit combattants encore en lice. Séricle regroupa ses amis encore victorieux pour qu’ils discutent ensemble de chacun de leurs derniers exploits. Orgueilleux de nature, Cysdhar décrivit son duel avec ardeur, louant ses propres actes comme s’il avait été conteur dans une vie antérieure. Anrea raconta elle aussi son propre combat, prenant le temps de décrire subtilement chaque détail, pendant qu’Onitras s’impatientait un peu. En tant que témoin, le fils du chasseur la félicita pour sa prestation et marqua un point supplémentaire dans sa conquête. D’ailleurs, c’était lui qui en marquait le plus, au grand désarroi de son rival. Il en vint alors à raconter son propre combat qu’il avait trouvé presque aussi insignifiant que le premier, en survolant les détails et en évitant d’évoquer la difficulté qu’il voyait s’intensifier. Quant à Onitras, il dut résumer son combat car les duels durent reprendre.
Séricle partit déterminé, serrant l’épée dans sa main comme s’il voulait la forcer à lui donner la victoire. Ayant vaincu ses adversaires jusqu’ici simplement, il ne demandait que des combats plus risqués pour le faire travailler davantage ; mais paradoxalement, l’idée d’un défi trop grand l’inquiétait presque. À présent, il se mesurait à un homme dont l’imposante musculature était reconnaissable de loin. Il semblait très sûr de lui. Trop, même. Toutefois, si Séricle faisait une seule erreur, c’en était fini de lui. Justement, lorsque le caporal Garulin ordonna le début de l’affrontement, il perdit sa confiance habituelle : il vit son opposant foncer sur lui et fut projeté par un prodigieux coup de pied. Il cracha du sang, et le militaire demanda un temps de pause ; mais l’apprenti guerrier fit comme si de rien n’était, car le coup qu’il venait de recevoir venait d’activer son alchimie complexe, au point de lui redonner étrangement confiance. Son ennemi était à la hauteur de ses espérances. Assez pour le combattre, mais pas assez pour le vaincre. Après s’être relevé, il  chargea automatiquement son adversaire qui, trop présomptueux, fut surpris par le caractère suicidaire d’une attaque aussi directe. Parfait. Il est trop confiant ? Alors je vais utiliser la ruse…
Séricle esquiva la réaction de son concurrent, lequel voulut lui donner un grand coup de massue dans le ventre. Un coup bien inutile, puisqu’il était donné dans le vide : son porteur n’y avait vu que du feu. L’adolescent à la queue de cheval l’avait incité à frappé avant; alors il sauta sur lui et lui envoya un prodigieux coup de poing dans la mâchoire, juste avant de retomber derrière lui et de se retourner en lui donnant un sérieux coup d’épée dans la hanche gauche. L’ennemi eut à peine le temps de comprendre ce qu’il lui arrivait que, malgré ses muscles résistants, il poussa un fort cri de douleur ; le combat était terminé. Tous les spectateurs s’étaient retournés pour comprendre ce qu’il s’était passé. Mieux : tous les combats qui se déroulaient au même moment s’étaient interrompus, parce que les duellistes voulaient comprendre la technique de Séricle et tenter de la réutiliser. Sur ordre du sergent, des médecins accoururent et se dépêchèrent de transporter le blessé vers un lieu plus favorable à son rétablissement.
Les autres duels reprirent et se terminèrent. Bien qu’il fût déjà connu pour son habituelle rivalité avec Cysdhar (et bien qu’il n’ait jamais gagné contre lui), Séricle sût immédiatement que sa petite réputation venait de prendre un peu plus d’ampleur, puisqu’il n’avait jamais combattu celui qu’il venait de vaincre.

  *
*  *

La deuxième pause de l’après-midi eut lieu vers quinze heures et demie, comme le montrait le cadran solaire.
― Alors, toujours en compétition avec ce débris d’armure ? demanda Cysdhar à son rival. J’ai vu une partie du combat. Bien joué, tu as peut-être une chance te t’en sortir. Mais il faudra faire mieux que ça pour me battre.
― Souviens-toi que nous avons misé cinq pièces d’argent. Ce n’est pas énorme, mais c’est une petite fortune. Et puis, tu crois que tu me fais peur ?
― Ce n’est pas mon intention.
Onitras se regroupa auprès des rivaux dans l’herbe. Séricle chercha Anrea du regard car elle n’était pas auprès d’eux. Il avait vu sa défaite, bien qu’elle se soit relativement bien défendue ; l’adversaire avait simplement été trop agressif. L’humain aux cheveux blonds avait gagné son duel de justesse, ayant réussi à trouver une faille chez son adversaire. Cysdhar raconta encore ses exploits surhumains, puis il rejoignit ses admirateurs. Quand au fils du chasseur, il avait une armure encore plus piteuse qu’auparavant – si on pouvait encore parler d’armure. Le sergent vint alors auprès de lui et d’Onitras et les complimenta.
― Bravo Séricle, tu as gagné un beau combat. Mais es-tu sûr que tu vas survivre dans cet état ?
― Arrêtez de vous foutre de moi, rétorqua le jeune homme, vous voyez bien que mon armure n’est plus rien ; je crois que je ne miserai plus jamais là-dessus.
― Je vois. Sois quand même prudent, parce que tu risques de ne pas faire long feu. Je te connais assez pour te dire que tu ne te décourages jamais facilement ; tu es fort, et cela c’est confirmé dernièrement. Es-tu cependant certain de tes capacités ?
― On verra, fit l’apprenti guerrier d’un ton provocateur. Dans tous les cas, j’ai obtenu mon diplôme. Et grâce à ma position dans le classement, je ne vois pas pourquoi je ne tenterais pas de remporter le tournoi.
― C’est vrai. Après tout, Cysdhar et toi avez souvent été confrontés, étant donné que vous êtes les deux meilleurs de ces dernières années. Lui aussi possède une volonté de fer, ne le néglige pas.
― Évidemment.
― Bien, je vais voir les autres concurrents. Repose-toi un peu pendant ce temps.

Séricle quitta Onitras et décida d’aller vers Anrea, qui s’était retranchée dans un coin, pleurant sa défaite. Il s’agenouilla à ses côtés et tenta de la réconforter.
― Écoute, je… je suis désolé.
― Tu n’as pas à être désolé, répondit-elle d’une voix larmoyante, c’est ma faute. Si j’avais mieux anticipé ses attaques, peut-être que j’aurais pu le vaincre !
― Tu as fais ce que tu as pu, tout simplement. J’aurais souhaité que tu gagnes ce combat, mais bon, on ne peut plus revenir en arrière. Après tout, tu as le diplôme… ce n’est pas ce que tu voulais ?
― Ce que moi j’aurais vraiment voulu, affirma-t-elle, c’est d’affronter Cysdhar pour lui clouer le bec une bonne fois pour toutes. Et puis, je voulais me retrouver en finale, pour te combattre toi, et pour prouver que je ferais une excellente capitaine sous tes ordres ! Malheureusement, j’ai échoué…
― Mais voyons, que dis-tu ? Depuis que je m’entraîne à la caserne, je t’ai toujours promis que je te choisirais comme capitaine, avec Onitras ! Alors pourquoi voulais-tu me le prouver ?
― Pas à toi, répliqua-t-elle. À lui.
Elle désigna Cysdhar du doigt. Séricle comprit aussitôt : l’adolescent aux cheveux de feu cherchait lui aussi à la prendre sous son aile, et à faire d’elle une de ses partisantes. L’apprenti guerrier décida de changer de sujet.
― Oublie ça, lui conseilla-t-il. Anrea, écoute-moi : je sais combien c’est dur de perdre, c’est même un sentiment que je ne supporte presque pas, avoua-t-il. Pourtant, j’ai appris à tirer des conseils de mes échecs ; c’est peut-être pour ça qu’à présent, je gagne beaucoup plus souvent… Allons, repose-toi et sois contente. Tu n’as pas tout perdu : tu vas être enrôlée dans l’armée. Il te suffira d’avoir un peu plus confiance en toi. Et puis, entraîne-toi davantage ! Peut-être qu’à force, tu pourras me battre !
― Merci, dit-elle en séchant ses larmes. C’est gentil de me redonner espoir dans ces moments-là. Je crois que c’est la raison pour laquelle je compte souvent sur toi ; la plupart des gens t’évitent parce qu’elles te trouvent froid et distant, mais tu es réconfortant au fond de toi. J’étais même un peu intimidée quand j’ai commencé de te connaître à la caserne. On ne devrait jamais se fier aux apparences.

Séricle acquiesça, au moment où le sergent appela à lui  les concurrents restants. En vérité, ils n’étaient plus que quatre : le premier combat opposait Onitras et Séricle, les amis de toujours ; quand au deuxième affrontement, il confrontait Cysdhar et celui qui avait vaincu Anrea. L’humain aux yeux d’or avait juré publiquement qu’il allait rendre son honneur à cette dernière. Il était amusant de constater que peu de compétiteurs vaincus avaient quitté les lieux ; les derniers duels étaient souvent les plus intéressants.
Séricle combattit Ontras avec un grand respect, mais ce dernier ne fit pas le poids. Malgré sa force, plus conséquente que celle de son ami, il avait reçu trop de blessures, et surtout il était trop essoufflé. Il donna le meilleur de lui-même lors de l’affrontement, mais à court de chances de battre un adversaire devenu trop prudent, il préféra abandonner le combat. Quand à Cysdhar, il mit toute sa rage dans son épée et brisa la lance de son adversaire. Celui-ci  tenta de poursuivre l’affrontement avec la pointe de sa lance qui avait volé à l’autre bout du terrain, mais Cysdhar avait déjà rattrapé son concurrent et avait mis un pied sur son dos, le stoppant net, en signe de conquérant.

  *
*  *

La dernière pause avait lieu à un peu moins de seize heures. Ainsi, les deux finalistes étaient les rivaux habituels ; ils offriraient aux spectateurs un grand combat, comme le sergent avait l’habitude d’en voir tous les trois ans. La majorité des personnes voulait que Cysdhar soit le grand vainqueur, et peu nombreux furent ceux qui voulaient organiser des paris, puisqu’ils étaient presque tous pour l’humain au charisme notoire. Évidemment, Ontras et Anrea soutenaient Séricle, ce que beaucoup de personnes leur reprochaient, médisant que ce dernier avait toujours échoué face à son rival et qu’il était bien mal connu pour qu’on s’intéresse à lui. Les partisans utilisèrent bien des arguments pour faire basculer  les deux réfractaires dans leur camp, en vain. Ils avaient confiance en l’adolescent au charisme mystique. Il fallait absolument qu’il gagne ce combat pour prouver à son rival qu’il était capable de vaincre plus fort que lui. Toutefois, il ne faisait plus vraiment le poids, contrairement aux combats précédents : il devenait essoufflé par le rythme devenu haletant. Le sergent Ranyon demanda alors audience, tout en restant conscient de la fatigue générée par l’apprenti aux yeux d’argent.
― Chers apprentis, je tiens tous à vous féliciter. Vous avez tous bravement combattu, et vous avez prouvé votre valeur de futurs guerriers. Mais pour ces deux jeunes hommes, nous allons bientôt assister au moment de vérité ! Ils vont vous montrer à quoi ressemble un véritable duel car ce sont deux experts en la matière ! Malgré leur fatigue, ils devront utiliser leurs forces restantes, bien qu’en temps de guerre, la situation serait pire. À ma gauche, Cysdhar, le guerrier féroce ; à ma droite, Séricle, le guerrier mystique ! Qui des deux sera le grand vainqueur du tournoi ? Pour le savoir, place au combat !

Le combat était perdu d’avance pour Séricle. Il commençait à être épuisé, plus que son adversaire qui semblait plutôt en forme. Aussitôt, le combat commença. Non pas physiquement, mais intérieurement, mentalement. Les compétiteurs s’étaient tous les deux préparés à cet inévitable duel ; ils allaient se battre jusqu’au bout ; là était le véritable moment de faire ses preuves. Cysdhar fixa profondément Séricle, qui lui renvoya son regard, sachant que le sien était inimitable. Un regard doré n’était du tout aussi intimidant qu’un regard argenté. Allons Cysdhar, ton orgueil est-il à la portée de mes compétences ? Nous verrons bien. Le fils du chasseur sourit à cette pensée.
L’assaut commença alors par des cris d’affrontement brefs mais soudains, déclarant les opposants prêts à se battre. Instantanément, Cysdhar chargea son rival avec une rapidité déconcertante, commençant par un coup d’estoc. Séricle évita l’attaque de justesse et contre-attaqua en tentant de déséquilibrer le fauve qui se tenait face à lui. Celui-ci reprit son assurance, et tenta de placer des bottes simples que Séricle parvint à parer, non sans difficulté ; son armure, bien que peu encombrante, le gênait ; c’est pourquoi il décida de l’enlever, sous les yeux ébahis des spectateurs. De nombreux apprentis poussèrent des cris d’étonnement, pensant qu’il était fou ou trop orgueilleux pour se débarrasser de cette protection.
Le duel reprit alors avec un adolescent plus agile que jamais. Ses mouvements, auparavant gênés malgré le très faible poids de l’armure, purent prendre libre forme ; le jeune homme fut confiant en sa maîtrise de l’épée. Cysdhar se défendit maladroitement sous les yeux de ses fidèles, et les blessures qu’il venait de recevoir, bien que bénignes, commençaient à l’énerver. Il eût alors une décharge d’adrénaline et cria de rage pour conserver l’avantage. La rapidité de son opposant ne lui permettait pas de voir tous les coups venir, ce qui transforma sa rage en une véritable furie et accrût sa force. Séricle, malgré son agilité et ses coups adroits, fut touché à la jambe et tomba.
Sa blessure n’était pas aussi grave qu’il le croyait. Essoufflé, il regarda un instant ses seuls amis qui tenaient à lui, et qui comptaient sur lui pour remporter le tournoi. Bien que peu nombreux, ils avaient une foi bien plus importante à ses yeux que celle de tous les partisans de son adversaire réunis. Il devait gagner, s’il voulait tenir la promesse qu’il avait faite à Onitras et à Anrea.
Puis il repensa au passé, et se dit qu’il était finalement le seul à qui se manifestaient des signes étranges que personne, pas même lui, ne comprenait, et qu’il devait absolument découvrir. Alors, un autre de ces êtres encapuchonnés apparut au-dessus de sa tête et lui adressa un mot : « courage ». Séricle reprit alors une pleine confiance en lui en se disant qu’il devait réussir. Que s’il voulait découvrir ces êtres invisibles, il devait gagner. Cysdhar s’impatienta, reculant quand même pour laisser à son concurrent le de temps de souffler un peu, et pour lui laisser une chance de le vaincre. Même s’il savait pertinemment que sa propre défaite n’était qu’une illusion.
― Dis-moi Séricle, je te croyais plus coriace que ça, an-nonça-t-il d’un ton provocant. N’as-tu toujours pas compris qui était le plus fort de nous deux ?

Dès lors, Séricle se releva, paupières fermées. Lorsqu’il les ouvrit, ses yeux, normalement argentés, brillèrent d’un rouge vif et éclatant, dévoilant une rage supérieure à celle de son opposant. Tous dans le public furent frappés en le voyant, mais son rival ne compris pas ; tandis qu’Onitras et Anrea voyaient l’espoir renaître, Cysdhar crût à un piège ; ce dernier décida de charger à nouveau. Séricle, qui avait gagné en détermination, prit de nouveau l’avantage de manière mentale et anticipa les mouvements de son rival, lui inspirant pour la première fois de la peur. « Mon apparence froide est astucieuse », se dit-il, pourtant inconscient de la couleur actuelle de ses yeux.
Au moment ou Cysdhar chargea Séricle, ce dernier effectua une ingénieuse roulade sur sa gauche, tout en frappant de son épée le bras droit armé de son opposant ; peu de spectateurs avaient immédiatement compris ce qu’il s’était passé. L’apprenti aux cheveux d’ébène venait à la fois d’éviter une attaque et d’en porter une, ce qui relevait presque de l’exploit. L’apprenti à l’allure de lion saignait abondamment, mais il ne se découragea pas pour autant. Séricle se prépara ainsi à contrer la troisième charge du combat, encore plus fanatique que la précédente. Ayant à peine le temps de deviner comment le coup allait être placé, Séricle para l’attaque, inconsciemment mais efficacement. Il savait qu’au prochain coup porté, son concurrent perdrait trop de sang pour continuer le combat, c’est pourquoi il devait à tout prix le priver de son arme. Il l’attaqua donc rapidement, réussit à le faire chanceler sous le déluge de coups, et parvint à lui faire échapper l’épée de ses mains. Épuisé malgré tout, il eut le bon réflexe : il dissuada Cysdhar de continuer le combat en posant un pied sur son ventre, afin de lui montrer qui était le véritable conquérant qui avait gagné le tournoi à la sueur de son front.
― Avoue Cysdhar, tu as perdu le combat.

Le combat prit fin et, après un moment de calme, la foule se mit à féliciter et à applaudir Séricle, hormis quelques réfractaires. Extrêmement épuisé, il fixa toute la foule qui représentait la gloire qu’il avait méritée, aussi petite soit-elle, puis  il s’écroula. Aussitôt, ses amis coururent lui porter secours. Anrea lui tapota la tête, pensant qu’il s’était évanoui alors qu’il était encore conscient. Il avait simplement besoin de repos.
― Séricle, ne meurt pas, le supplia-t-elle.
― Pourquoi est-ce que je mourrais maintenant ? lui demanda-t-il en souriant, malgré la douleur de ses blessures. Tu sais bien qu’un jour, je serai commandant, alors je ne peux pas me permettre de vous laisser sans surveillance.
― Séricle, arrête de plaisanter, lui conseilla Onitras, tu dois te reposer. Tu l’as même mieux mérité que nous tous.
Comme s’il exécutait ses ordres, Séricle s’évanouit.

  *
*  *

Ce ne fut qu’en début de soirée qu’il se réveilla. À ses côtés se trouvaient ses amis Onitras et Anrea, son frère Darothen, ainsi que son père Eigan, le chasseur du village, qu’il n’avait pas vu de la journée.
― Alors fiston, à ce que je vois, tu t’es encore fait battre par ton rival ?
L’adolescent écarquilla les yeux.
― Non, ce n’est pas possible ! protesta-t-il. J’ai gagné, j’en suis sûr !
Le parent demeura silencieux ; puis, ne voulant rien cacher à son fils, il éclata de rire.
― Non, je plaisante. Rassure-toi, tu es bien le nouveau champion du village !
― Père… C’était simplement un tournoi.
― Exact, mais aussi simple qu’il fut, il t’a épuisé. Allons, ne t’en fais pas, je suis fier de toi, lui confia-t-il. Tu peux en être certain. À ce qu’il paraît, tu as mis une bonne raclée à ton concurrent ? s’enquit-il.
― Oui, confirma Anrea. Pour une fois que ça le calme…
― J’espère quand même qu’il va bien ? demanda le nouveau champion du village.
― Pas de soucis, le rassura son meilleur ami. Même s’il était paniqué par autant de sang, le prêtre Dafghar a tout de même réussi à vous soigner tous les deux.
― En effet, j’ai déjà l’impression d’avoir moins mal…
― Ta réputation a gagné du terrain, lui assura Eigan. Le sergent m’a révélé qu’il ne t’avait jamais vu combattre comme ça. Malgré tout, tu dois continuer de te reposer.
― Merci à vous de m’avoir soutenu, souffla Séricle.
Ses amis, fatigués et méritant aussi du repos après avoir obtenu leur diplôme, rentrèrent chez eux. Quand à lui, il se demanda quelle serait sa récompense. Est-ce que j’en ai besoin, après tout ? Ce n’est qu’un concours qui permet d’être enrôlé dans l’armée. De toute façon, on verra demain si je suis en état d’aller à la caserne. Il partit à la cuisine pour reprendre les forces qu’il avait perdues lors des combats, puis il retourna rapidement se coucher car le sommeil l’attendait. Il verrait bien ce qu’il ferait le lendemain.

Soudain, des douleurs lancinantes le saisirent à la tête et au ventre. C’était sûrement les coups qu’il avait reçu durant le tournoi. Non ! Si c’était le cas, il aurait déjà ressenti la douleur. Peut-être était-ce un avertissement prochain ? Après tout, il voyait bien des êtres encapuchonnés censés être invisibles aux yeux de tous. Et si c’étaient ces prétendues capacités magiques qui commençaient à agir ? Dans ce cas, pourquoi ses propres pouvoirs lui causeraient-ils des tourments ?
A présent, il en était sûr. Ces douleurs n’étaient pas normales, et si possible étaient d’origine magique. Il restait sceptique quand aux aptitudes qu’il était censé avoir ; la seule personne qui pourrait confirmer ses doutes serait le prêtre Dafghar. Lui seul pourrait réussir à trouver l’origine de ses maux.
Avec un peu de chance, il saurait aussi pourquoi il voyait des personnes que d’autres ne voyaient pas. Enfin, il devina que la nuit serait une nouvelle fois mouvementée.

Quelques heures plus tard, il en eut la confirmation.
« Modifié: 06 Juin 2011 à 13:15:14 par Sericle »

Hors ligne Menthe

  • Prophète
  • Messages: 896
Re : Une journée pas comme les autres
« Réponse #1 le: 03 Juin 2011 à 01:37:56 »
J'ai pas tout lu. Franchement, c'est long, j'ai pas trop le temps, je suis fatiguée. Mais comme personne n'avait encore commenté...
Je vais m'arrêter pour cette fois aux premières petites étoiles, avec quelques remarques sur la forme, et à la fin sur le récit en lui-même.
:) Ne prends pas ombrage de certains passages un peu ironiques, c'est mon ton habituel, rien de personnel !

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j'hurle
je hurle
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Quand à son fils
quant à
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Salut Séricle ! Bien dormi ?
Wah trop fort, t'as le même pseudo que ton héros !
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se passant la main dans ses cheveux d’un noir ébène
J'aime pas "noir d'ébène", je trouve que ça renvoie trop au registre romantico-beaugosse.
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le fixa de ses yeux uniques
Hein ?
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bien qu’un peu plus lent.
plus lent que qui ?
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et avait eu une grande envie d’essayer d’en connaître un peu plus sur lui
la formulation fait très narcissique
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Ainsi, il avait lu que les rares personnes possédant des yeux dorés ou argentés étaient des personnes « élues des dieux », et qui pouvaient, à ce que l’on dit, en recevoir la puissance.
Rolala, encore un superhéros que tout le monde kiffe et qui est le plus fort le plus beau le plus aimé de tous... Pfff...
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prenant soin de laisser sur les côtés des mèches qui descendaient à hauteur des joues
:mrgreen: c'est une gonzesse, pour autant prendre soin de son apparence ?
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Son ami se leva et saisit alors un miroir ; il inspecta chaque recoin de son front.
Moui, bon. Là, c'est plus de la naïveté, c'est presque un débilos, non ?
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demanda l’adolescent au regard argenté
ça fait très... comment dire... "le beau gosse du coin que vous savez pas encore que c'est un super héros mais que vous allez le savoir dans pas longtemps"
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Depuis qu’on s’entraîne à la caserne, tu as toujours dit qu’un jour, tu serais le « Commandant Séricle, fier de ses six mille hommes, aidé de son fidèle Capitaine Onitras, lui-même fier de ses deux mille soldats ! »
Franchement, ça fait pas naturel, cette remarque.
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s’enquit son ami aux cheveux blonds
en fait, j'aime pas ces détails inutiles (la couleur des cheveux, on s'en fout un peu dans ce contexte, pose nous une description une bonne fois pour toutes, et puis voilà !)
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le prêtre a toujours dit que tu étais différent des autres, et que si tu avais des compétences magiques, tu pourrais même devenir l’un des plus puissants magiciens ayant jamais existé.
on l'a pas déjà vu, ce genre de trucs ? Non mais "le plus puissant" quoi ! Même pas modeste, le mec ! ><
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l’adolescent à la queue de cheval
non mais franchement, je trouve vraiment que ça fait plouc ces détails...
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Mais toi, c’est différent : contrairement à de nombreuses personnes, ton esprit est endormi, ce qui explique qu’il ne veut pas encore démontrer ses capacités, tenta de lui expliquer Onitras.
ça fait presque servile, ce genre d'encouragement...
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Cependant, il pouvait arriver que des conflits éclatent entre eux, qui fort heureusement ne duraient jamais bien longtemps.
Oui, merci. Mais pas sûr que ce détail soit hyper intéressant et important...
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L’un de ses seuls défauts était sa légère corpulence, bien que l’entraînement à l’épée l’ait quelque peu épaissi.
donc si on résume sa légère corpulence, c'est du gras ou du muscle ?
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il ne lui en par-lait jamais.
petit bug de typo ?
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mais parce que les natifs de l’île, des Hauts-Elfes, le trouvaient plus petit qu’eux – ils mesuraient tous plus de six pieds.
Je sais pas, peut-être que toute la phrase me semble trop longue, ou alors la formulation un peu bancale... Mais cette façon d'expliquer que les Hauts-elfes sont en effet grands... Moui.
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conseil-lait de [...] pour-suivi son chemin [...] an-noncer
encore un petit bug ?
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l’humain au regard d’acier
Franchement, j'aime vraiment pas du tout ce type de formulations...


Que toutes mes remarques et notes précédentes ne t'induisent pas en erreur : j'ai bien aimé ton texte. En général, même si on trouve de points sacrément clichés, tu t'en sors pas trop mal, et tout le contexte que tu plantes dans cette première partie que j'ai lue donne envie de lire la suite. Ta narration est fluide, même si parfois il y a vraiment trop de détails. On a envie que ça avance ! Tu pourrais donc par exemple parsemer la suite de ton récit de tout cette foison d'informations et moins nous étouffer dès le début (même si ça reste quand même pas mal, hein).
Je lirai donc la suite avec intérêt :) Bon début ! (Mais poste moins long en une fois, par pitié !)

Ps : le titre, il fait un peu nouille, je trouve. T'as pas un truc plus épique et accrocheur ?
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

Sericle

  • Invité
Re : Le champion du village
« Réponse #2 le: 06 Juin 2011 à 14:01:37 »
Oh princesse, il y a un jeune homme que je meurt d'envie de vous présenter !
La phrase est dite par Jafar dans Alladin, mais en m'adressant à toi, ça marche (évidemment ici, je parle de Séricle).
Suite à ta suggestion, j'ai changé le titre. J'avais déjà remarqué qu'il était un peu pataud, mais je n'avais toujours pas pensé à le changer. Donc voilà, c'est fait.
J'ai l'impression que tu adores reprendre les phrases qui te choquent ou qui comportent des fautes d'ortaugraffe (ah-ha !). Honnêtement, ça ne me dérange pas, mais si tu lis le tout (qui est long) en recherchant avec méthode et précision (voire maniaquerie ?) les lettres et les mots "rebelles", eh bien ça ne m'étonne pas que tu n'aies pas tout lu. Pourtant, je t'encourage à lire jusqu'au bout (surtout si l'histoire te plaît).
Tu dis que je m'en sors pas trop mal ? Genre tu me mets quelle note sur 10 ou sur 20 ?
Ah oui, j'avoue qu'il y a beaucoup de détails, y a du lourd ! En même temps, je préfère bien planter le décor et après faire évoluer le récit. Et encore, à ce qu'il paraît, Tolkien fais des descriptions de 50 pages !
Quelques personnes aussi m'ont révélé que mes phrases étaient parfois lourdes, trop longues. Je ne veux pas critiquer, mais Balzac faisait bien pire !

Maintenant, je passe aux citations parce que ça m'amuse ^^ (pour les fautes, je ne reviens pas dessus) :

Non-non, je m'appelle bien Séricle !

Je rigole ! C'est faux. Certes, j''ai le même pseudo que mon perso. Eh ouais t'as vu, c'est trop la classe ! On peut même écrire Saericle, je trouve ça trop beau !

S'il a des cheveux d'un noir ébène, c'est pas pour le côté beau-gosse. C'est plus pour le mystère... c'est lié à sa personnalité, à ses origines et à son futur. C'est encore un peu le bazar dans ma tête mais ses cheveux sont voulus ainsi pour l'histoire.

Pour ses yeux uniques (d'argent) c'est pareil, donc je ne reviens pas dessus.

Plus lent... ah oui, manque de précision. Plus lent que les autres pour assimiler les connaissances, bien évidemment.

La formule narcissique... en fait dans mon livre, il y aura des liens (j'en ai déjà mis un peu, dans d'autres chapitres) avec l'astrologie. Et comme l'astrologie permet d'en apprendre plus sur soi (et vu qu'il est une énigme, aussi bien pour les autres que pour lui-même), eh bien Séricle est intéressé par l'astrologie. Ce n'est pas du narcissisme, mais de la connaissance et de la compréhension. Oui, il cherche à comprendre qui il est. Après, j'avoue que la formulation peut paraître égocentrique.

La réalité du livre que Séricle a lu est bien plus complexe que cela. Et si tu lis bien au fil du chapitre, Séricle n'est pas si aimé que ça; il n'a que peu d'amis (mais des amis solides).

Séricle a peut-être un côté efféminé... en tout cas, il n'a pas du tout le côté bourrin et grosse brute sans cervelle. Disons plutôt qu'il a de la classe, de l'élégance (et ça ne se limite pas qu'aux femmes).

Oui, Onitras est limité un peu débilos ^^. Non sérieux, c'est juste caricatural.

La remarque ne paraît pas naturelle... bien, qu'aurais-tu écrit ? En tout cas, il faut se démarquer de la nature et apporter de l'originalité.

Soit, tu n'aimes pas ces détails inutiles... eh bien c'est simplement une formalité pour éviter les répétitions de noms.

C'est vrai que je peux modifier ce passage orgueilleux...

Comme tu voudras, ces détails sont ploucs mais il évitent des répétitions.

Euh... ce détail n'est peut-être pas si important, mais c'est pour préciser que Séricle et Onitras sont de grands amis (même si Séricle profite un peu de la bêtise de son ami).
Onitras n'est pas un esclave mais juste un grand fan qui pense que son ami est si doué que sans lui, il n'est rien. Et il n'a pas tort !

Séricle avec du gras ? Mais ça casse l'image du beau-gosse ! En fait, s'il s'entraîne depuis quelques années à l'épée (c'est comme du sport), il gagne plutôt des muscles. J'ai jamais vu un sport faire gagner du gras.  Sinon, berk !

Effectivement, petit bug de typo.

Bon, la phrase est peut-être un peu longue. C'est tout ce que je remarque !

Et encore un petit bug. Eh Henri, un p'tit bug pour la table n°3 !


Voilà pour les citations. Pour en revenir aux lourdes descriptions, eh bien c'est voulu parce qu'il y a beaucoup de changement aux chapitres 2, 3 et 4 (voire 5). Évidemment, je ne les publierai pas de peur que l'on me vole les idées.

Hors ligne jlm

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Re : Le champion du village
« Réponse #3 le: 06 Juin 2011 à 14:16:41 »
On dirait une tentative de croiser le seigneur des Anneaux avec Lanfeust dans les Forêts d'Opale. Bon, le style me semble un peu bancal avec pas mal de phrases tirées par les cheveux, difficiles à lire, et ça commence dès la première phrase :

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Nous sommes en l’an 1008 après la Chute du Dragon. Au bord de l’île Ulen, sur la côte Est, dans le village Haut-Elfe de Fellonerrim (bien que composé de nombreux humains), le jour se levait normalement et tranquillement, comme la plupart des autres jours.


Du coup, je t'avouerais franchement que, comme le "fantasy" n'est vraiment pas mon style, j'ai abandonné au bout d'une vingtaine de lignes laborieuses.
...Mais bon courage quand même, le style supporte mal les romans de moins de mille cinq-cent pages !
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Sericle

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Re : Le champion du village
« Réponse #4 le: 06 Juin 2011 à 14:33:44 »
C'est amusant, je n'ai jamais lu Lanfeust (même si ça a l'air bien !).
Pour le style... eh bien disons que je suis encore jeune !

Mais si le fantasy n'est pas ton style, alors comment connais-tu réellement Le Seigneur Des Anneaux et Lanfeust ?

En tout cas, l'idée des romans de fantasy qui font 1500 pages est une idée préconçue, un cliché. J'en ai lu qui faisaient seulement 400-500 pages (et là, ce sont de bons livres).

Hors ligne jlm

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Re : Re : Le champion du village
« Réponse #5 le: 06 Juin 2011 à 14:56:02 »

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Mais si le fantasy n'est pas ton style, alors comment connais-tu réellement Le Seigneur Des Anneaux et Lanfeust ?

L'oeuvre de Tolkien est un classique, un incontournable ! Lanfeust, je l'emprunte à mon fils  :mrgreen: c'est drôle et ça détend !

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En tout cas, l'idée des romans de fantasy qui font 1500 pages est une idée préconçue, un cliché. J'en ai lu qui faisaient seulement 400-500 pages (et là, ce sont de bons livres).

Avoue quand même que Nothomb avec ses (maximum) 120 pages n'a aucune chance dans le "Fantasy" ! Comme il s'agit d'inventer et de mettre en scène tout un univers avec ses codes, ses lois, ses dieux etc un bon roman du genre est plus près des milles pages que des 100 ou 200p.
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Hors ligne ernya

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Re : Le champion du village
« Réponse #6 le: 06 Juin 2011 à 22:13:57 »
La prochaine fois, essaye de poster en plusieurs fois… ça fait 14 pages word quand même…  :-¬?



Citer
J'avance péniblement parmi les corps, et manque de chanceler à cause de mes blessures…
À quoi servent ces points de suspension ?

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Je n'y comprends rien, tout est brouillé, je suis perdu, je suis en train de mourir…
Ah ouais, il le sait comment ? En plus, il a pas vraiment l’air d’être en train de crever à son ton, il a juste l’air profondément blasé. Du moins, c’est ce que la façon de narrer me fait ressentir. Faudrait peut-être insister plus sur ce qu’il ressent vraiment ? Où est-ce qu’il a mal, etc. Il s’inquiète pas plus que cela ? La fumée lui pique pas les yeux ?

Citer
J'ai la tête si lourde que je me mets à ramper,
Je vois pas vraiment le rapport entre ramper et avoir la tête lourde. A sa place, je serais restée par terre sans bouger.

Citer
me saute dessus, il prend sa hache, l’abat avec force et me frappe en plein ventre, je crie, je saigne, j'hurle, AAAAAHHHHH !!!
sérieusement, j’espère que c’est un cauchemar parce que c’est vraiment pas crédible…et surtout que tu te prends pas au sérieux en écrivant ça...


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Thaline : le monde des races libres. Nous sommes en l’an 1008 après la Chute du Dragon. Au bord de l’île Ulen, sur la côte Est, dans le village Haut-Elfe de Fellonerrim (bien que composé de nombreux humains), le jour se levait normalement et tranquillement, comme la plupart des autres jours.
« normalement » et « comme les autres jours », c’est pas la même chose ?

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Quand à son fils, ayant passé une nuit cauchemardesque, il se leva difficilement.
Quant à


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Mieux réveillé, Séricle le fixa de ses yeux uniques : en effet, ceux-ci avaient une couleur argent qui avaient, semblait-il, la capacité de percer l’âme des gens et de lire en eux comme dans un livre ouvert – du moins si les gens le regardaient dans les yeux.
Le double « avaient » est assez malheureux

Citer
Cependant, depuis toujours, une once de doute planait dans sa tête, remettant sans cesse en question ce prétendu « pouvoir ».
Pas compris.
Formulé tel quel j’ai légèrement l’impression d’un plan de dissert type bac : I. Le pouvoir des yeux argentés qui permettent de lire dans les autres comme dans un livre ouvert. II. Cependant, on peut aussi douter de ce pouvoir.

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Mais ce qui l’avait peut-être le plus marqué, c’était un moment durant son passé – ici, de ses six ans à ses douze ans où il avait appris à lire, à écrire et à compter avec efficacité grâce à l’intervention d’un précepteur.
Quel est le rapport avec ses yeux ?
C’est comme si tu disais : « J’aime bien les bananes.  Mais le truc qui m’a plus le plus fait kiffer c’est quand je suis allé à Disney quand j’avais six ans ».

 
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Une fois, il se souvenait particulièrement avoir lu un mince ouvrage concernant les couleurs, et dont une partie faisait le rapprochement entre les yeux et les couleurs.
« une fois, il se souvenait particulièrement avoir lu » ne veut rien dire. Syntaxe error.

 
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Ce qui l’avait le plus attiré était alors un passage très succinct évoquant de rares cas où les yeux pouvaient être de couleur argentée ou dorée ;
Idem, c’est hyper lourd, faut que tu allèges tes phrases. Vire le « alors ». Il est sous-entendu.

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Quand aux personnes aux yeux argentés,
Quant

 
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Revenant à la réalité,
La transition est magistrale, XD.
Sérieux, faut que tu bosses tes transitions pour que les informations nécessaires à ton histoire s’intègrent dans le reste du récit et fassent pas pièce sortie de nulle part.

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― Ça va, tu n’as rien dit de mal, dit Séricle en s’attachant les cheveux en queue de cheval, prenant soin de laisser sur les côtés des mèches qui descendaient à hauteur des joues.
En attachant SES cheveux en queue de cheval tout en prenant soin de….

Citer
.
― J’ai remarqué que ton père et ton frère n’étaient pas là, alors je me suis dit que j’allais passer te voir. Je suis venu t’attendre pour aller à la caserne, puisqu’aujourd’hui, c’est le tournoi des apprentis guerriers de notre village. Et on est dans la même colonne de classement, la colonne C ! Allons, tu te souviens ?
Bien essayé de caser les informations dans le dialogue, mais c’est pas vraiment crédible. Ca fonctionne déjà moyen au théâtre, dans un roman, ça passe pas du tout.

Citer
― Quoi ? demanda l’adolescent au regard argenté, écarquillant les yeux car il avait du mal à réaliser ce que son ami lui disait. Tu es sûr que c’est aujourd’hui ?
Tu peux sûrement éviter de nous rappeler « le garçon au regard argenté », c’est un peu lourd à force. T’inquiète, on a pigé qu’il avait des yeux spéciaux. Et puis la formulation lui donne un air de tarlouze, XD (je précise que je n’ai strictement rien contre les homosexuels)

Citer
qui se déroulait à ce moment là, pendant le mois du Serviteur, vers la fin de l’été.
Moment-là


Citer
Désolé de te décevoir, annonça l’adolescent aux cheveux d’ébène;
Idem pour les cheveux d’ébène.

 
Citer
Mince, je ne sais pas si je pourrai y aller, dit-il en se pinçant les lèvres. Tu ne peux pas savoir la nuit que j’ai passé, c’est indescriptible tellement c’était affreux ; j’avais l’impression d’être à l’agonie…
C’est un peu bizarre cette juxtaposition des phrases. Le « mince » semble montrer qu’au fond il s’en fout de ce tournoi. Et pour l’autre phrase… on dirait un gamin.

Citer
De plus, il n’abordait presque jamais ce sujet avec Séricle, de peur que cela ne dégrade leur amitié.
« de plus » passe en dissert, pas vraiment dans un roman.

Citer
― Tu veux que je te dise ? Si tu t’attaches tellement à ça, c’est uniquement parce que tu sais que le prêtre n’a pas décelé grand-chose en toi !
― Ça suffit ! vociféra Onitras en se levant d’un bond, frappant du poing sur la table. C’est ton cauchemar qui t’as rendu aussi désagréable ?
Y’en a pas un pour rattraper l’autre. Et ça a 16 ans, ça ?

Citer
en fait, il ne lui en par-lait jamais.
Bug

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et qu’on lui conseil-lait de prendre du repos, il réagissait en beuglant : « NON ! Je ne suis PAS petit, et je n’ai PAS sommeil ! »
bug

Citer
puis il avait pour-suivi son chemin comme si de rien n’était
.
Rebug


Citer
À ses dires, l’humain aux cheveux roux émit un faible gloussement.
T’as un problème avec les cheveux ou quoi ?

Citer
il accepta le pari et ensembles, ils décidèrent du contrat suivant : si Séricle remportait le tournoi, il gagnerait cinq pièces d’argent.
Ensemble

Citer
Quand aux demi-finales et à la finale, j’ai désigné le caporal Koltarin.
Quant


Citer
Quand au troisième enfant, il était uniquement venu parce qu’il avait des lacunes scolaires.
Quant

Citer
*
D’ailleurs, c’était lui qui en marquait le plus, au grand désarroi de son rival. Il en vint alors à raconter son propre combat qu’il avait trouvé presque aussi insignifiant que le premier, en survolant les détails et en évitant d’évoquer la difficulté qu’il voyait s’intensifier. Quant à Onitras, il dut résumer son combat car les duels durent reprendre.
Je comprends plus qui dit quoi…

Citer
n’y avait vu que du feu. L’adolescent à la queue de cheval l’avait incité à frappé avant; alors il sauta sur lui et lui envoya un prodigieux coup de poing dans la mâchoire,
à frapper


Citer
Quand au fils du chasseur, il avait une armure encore plus piteuse qu’auparavant
Quant

Citer
― Tu as fais ce que tu as pu, tout simplement.
Fait

Citer
― Merci, dit-elle en séchant ses larmes. C’est gentil de me redonner espoir dans ces moments-là.
Ils sont assez pathétiques à larmoyer comme ça…Et le mec qui réconforte la nana, c’est…


Citer
quand au deuxième affrontement, il confrontait Cysdhar et celui qui avait vaincu Anrea.
Quant (au moins à la fin, tu sauras comment ça s’écrit)


Citer
Séricle combattit Ontras avec un grand respect, mais ce dernier ne fit pas le poids.
Onitras

Citer
Quand à Cysdhar, il mit toute sa rage dans son épée et brisa la lance de son adversaire.
Quant


Citer
Évidemment, Ontras et Anrea soutenaient Séricle,
Onitras

Citer
Ils avaient confiance en l’adolescent au charisme mystique.
Bof, faudrait arrêter d’en faire des tonnes sur ton personnage quand même. D’autant plus que t’as repris son nom comme pseudo…


Citer
Au moment ou Cysdhar chargea Séricle,


Citer
Quand à lui, il se demanda quelle serait sa récompens
e.
Quant


Citer
Il restait sceptique quand aux aptitudes qu’il était censé avoir
Quant

Pfiou. Fini. Franchement, la prochaine fois, poste des extraits plus courts ! D’ailleurs si c’est un roman, ça a plus sa place dans les romans-feuilletons (la section n’est pas visible pour ceux qui ne sont pas inscrits, si ça peut te rassurer).

Dans l’ensemble, j’ai pas accroché plus que ça en fait même si ça se lit pas mal. Je pense qu’il faudrait que tu reprennes le début que je trouve moins bien écrit que le reste, par exemple le cauchemar donne pas vraiment une bonne impression sur ton écriture. Après ça va mieux même si je trouve que t’as encore un peu de mal avec les transitions et la fluidité. T’utilises très souvent les mêmes adverbes ( ainsi, quant), faudrait varier. Je pense aussi que tes épithètes homériques, à force d’en mettre pour tous les personnages, perdent le lecteur plus qu’autre chose. Moi, pendant les combats, j’avais souvent du mal à savoir qui faisait quoi. D’ailleurs, je pense que tu pourrais raccourcir tous ses combats, c’est assez longuet quand même alors que ce sont censé être des moments d’actions, sauf que mettre cinq ou je sais plus combien de combat à la suite, ben ça perd de son efficacité et de sa dynamique à force.
Moi, j’ai pas trop accroché aussi par goût personnel, je trouve les relations entre les personnages assez fades et ton personnage principal me sort assez par les yeux, ce qui n’aide évidemment pas, mais ça, c’est complètement subjectif pour le coup.

Je te souhaite du courage pour la suite quoi qu’il en soit !
« Modifié: 06 Juin 2011 à 23:08:20 par ernya »
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

 


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