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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La cueillette (contenu explicite)

Auteur Sujet: La cueillette (contenu explicite)  (Lu 617 fois)

Hors ligne Camilleli

  • Tabellion
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La cueillette (contenu explicite)
« le: 11 Mai 2023 à 13:10:52 »
« Avertissement au lecteur : le texte qui suit porte la mention “contenu explicite” car il contient des éléments susceptibles de choquer la sensibilité des plus jeunes »

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Hello j’ai écris ce texte dans le but de parler d’un sentiment de solitude et de culpabilité,  d’ennui, de vide intérieur, qu’on essaie de combler en multipliant les relations et la déception inéluctable qui arrive à chaque fois après.
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Fourre moi ta langue. Et ta trompette. Regarde la sienne elle ressemble à un cube. Et celle là elle ressemble à une fleur. Et celle ci à un verre de vin. Et la tienne à une fourchette, mais fourre la moi quand même, peut-être que si tu manges mon foie et que tu bois ma bile j’aurai plus besoin de me fourrer le gosier de tout ces produits périmés et de ces jus détox saveur sex on the beach et lubrifiant cherry. Fourre moi comme la papillote au chocolat dégueulasse de la cantinière obèse qui s’en est trop fourré dans la panse à Pâques, fourre moi comme la dinde trop cuite du repas de famille que tu détestes mais que tu te fourres dans la bouche dès qu’elle sort du four et tu la bouffes et tu l’avales et ton foutre aussi tu le fourres dans la bouche, et tout dans la bouche et tu mâches et tu mâches mâches mâches. Mâches. Mâche putain. Astique et mastique et pète l’élastique de mon string même pas mouillé, prends la capote en plastique et mets-la. Mets-la moi au fond du tréfonds de mon sac sans fond sale con. Casse moi le nez, pète moi le crâne, détruis mes os, je veux que tu rafraîchisses ma sale gueule défraîchie et mon putain de corps et mon putain de cœur, parce que tout est creux ici, il n’y a plus que du vide qui m’envahit. Remplis-le de coups, et laisse moi là, sur le contrebas, laisse moi agoniser comme une vieille merde même pas humaine, comme une salope qui a été un peu trop vilaine.

Mais tu ne le fais pas et tu ne fais rien parce que tu ne fais jamais rien parce que t’es comme ça toi, un mec simple c’est ça ? Naturel, ouais, je me prends pas la tête moi, je suis un mec qui aime pas les histoires tu sais, moi j’y vais au feeling et je vois ce que ça donne, moi j’aime pas forcer les choses, il faut faire confiance au destin tu vois, moi je moi je, moi je veux que tu arrêtes de parler en aspirant tes mots et mes maux, et je veux que tu arrêtes ton cinéma, et je veux que tu sois honnête, que tu me dises que t’en as rien à branler de mon cul, même si tu te branles dessus, même si t’adores le fourrer avec ta queue de cochon en forme de champignon, même si t’adores éjaculer ton vide dans mon vide, même si t’adores me la donner à bouffer ta moisissure, ton amanite phalloïde phallus pha-je-sais-pas-quoi. Mais moi aussi je suis une fille simple tu sais, moi aussi j’aime la nature, alors la prochaine fois, je la croquerai ton amanite qui pue la bite, je vais la savourer et j’espère en avoir des hallucinations, j’espère que le trip sera bon, sinon je te jure que je la mange en entier, tellement je suis désespérée, tellement j’aimerai me sentir comblée.

Tu sais quoi ? Hier je t’ai trompé. Dans un taxi. Avant-hier aussi. Dans un bar. C’est pas ma faute bébé, je m’ennuie le soir, et toi tu viens jamais me voir. Mais j’ai pas aimé. J’ai détesté. J’ai simulé. Je te jure, c’était horrible. À chaque coup de rein j’espérais leur péter le frein et à chaque coup de main sur mes fesses je perdais un peu de ma tendresse.
J’aime pas coucher avec les hommes. J’aime pas coucher avec toi. Moi je voudrai faire l’amour.
Bébé chaque fois que tu reviens chez moi, tu t’assois sur mon canapé, tu te fourres le gosier de mes chips préférés, tu regardes ma série sans l’écouter, tu pisses sans nettoyer après, et tu pars sans ranger en claquant la porte. Tu me laisses en désordre. Tu me voles mon intimité, une partie de ma vérité, tu me voles tout mes tissus de mensonge et mes tissus de secret, tu me voles les rideaux, la couette, la nappe et tout mes habits, et maintenant je suis toute nue, perdue, je n’ai plus rien que ma colère et mes regrets amers pour me couvrir, pour survivre à l’hiver. Toi tu prends tout et tu ne payes jamais l’addition. Toi jamais tu n’as daigné me tenir dans tes bras après m’avoir baisée sans me regarder, et ça me donne la nausée.

J’ai la nausée parce que je n’arrête pas de manger et de me goinfrer, mais que je ne suis jamais rassasiée. Chaque soir je dévore et maintenant je suis grosse, je suis enceinte d’un orchestre et j’ai envie de vomir.  Toutes ces trompettes qui font du vacarme à l’intérieur, ça me donne mal au coeur. À chaque bouchée le trou dans mes entrailles s’élargit, le vide coule tout doucement dedans, l’ennui glisse sur mes parois, comme la pluie, comme des gouttes, comme mes larmes, comme la queue en verre de vin qui se renverse et se casse et tous les morceaux brisés me coupent les pieds et tout le liquide se répand, le trou prend la forme d’une grande flaque de foutre dans mon ventre, dans mes seins, dans mes mains, et partout, même dans le cerveau. Mon vide est liquide et il est plein de petits bébés qui font la course que personne ne gagnera jamais. Il est calme. Moi je veux des ricochets, je veux des vagues, que le ruisseau s’écoule violemment pour que le barrage s’écroule, tu vois ? Est-ce que tu comprends ? Non bébé tu comprends pas, tu peux pas comprendre, tu veux pas comprendre, tout ce que tu veux c’est prendre sans rendre, comme les autres, comme tout le monde, t’es qu’un con parmi les autres champignons.
« Modifié: 11 Mai 2023 à 13:25:12 par Camilleli »

Hors ligne LOF

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : La cueillette (contenu explicite)
« Réponse #1 le: 11 Mai 2023 à 18:36:57 »
 La crudité du texte passe car on y ressent les sentiments ; rage, détresse, solitude...
 Il y a une boulimie d'écriture, un rythme, un vocabulaire, une amoralité déchirante.
 On pense à la "Beat génération", à H.Miller, Joyce, Artaud, Bataille, Pierre Guyotat et à d'autres que j'oublie.
 Excuse moi pour cette énumération, mais elle fait partie de cette famille d'écrivains
 qui par leurs pulsions, leur inconscient, ont osé bouleverser le langage.
 Tu veux dire ton trop plein, et le vase de l'écriture n'est pas assez grand. C'est une lutte qui me touche beaucoup.
 
Lof

Hors ligne Camilleli

  • Tabellion
  • Messages: 46
Re : La cueillette (contenu explicite)
« Réponse #2 le: 11 Mai 2023 à 19:05:41 »
Merci d’avoir vu ça dans mon texte, c’est exactement ce qui m’inspire et ce que j’ai voulu y mettre, ça me fait plaisir de me sentir comprise  :)

 


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