Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

28 Avril 2026 à 07:13:06
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » L

Auteur Sujet: L  (Lu 780 fois)

Hors ligne Nadir

  • Calligraphe
  • Messages: 126
L
« le: 22 Mars 2023 à 09:20:08 »
le dévoilement est irrémédiable on ne peut pas se défaire de l'autre qui nous serpente, qui nous gravite
autour
il entre en collision avec la surface et tout ce qui est soi et tout ce qui fait soi
et alors la couche tombe et on ne le sait pas
et on le sait mais nous n'y pouvons rien
épluché le fruit est nu
l'homme désarmé
et il n'y a plus de frontières
le désir renouvelé les chasse
la paupière est close ?
on l'embrasse
et il n'y a plus de volonté de frontières
un peu quand même
et parce qu'il voit et entend
cet autre
parce qu'il est doué des même sens que les miens propres à mon insu il me
vole
à mon insu
comme les avaleurs d'images que sont les appareils photographiques
mais eux ont une mémoire qui ne leur appartient pas et dont ils ne se servent pas
pour penser
et l'on ne sait pas ce que l'on pèse
ce que l'on vaut
dans cette mémoire
et c'est tant pis
nos frontières nous échappent
il n'y a plus de délimitations
la conscience de la vulnérabilité
de mon être
me prend au cœur
et je voudrais écrire sur ce qui me touche en elle il y a un moment où la nécessité du geste s'impose le geste c'est la peinture de l'aimée
toujours dans cette volonté d'en capturer l'essence avec la main
la main
aidée des traces que l'aimée imprime en soi
et
oh...
ce qui me touche en elle
c'est elle
« Modifié: 04 Mai 2023 à 01:18:28 par Nadir »
Par une belle journée de printemps un attelage traverse à vive allure ce monde-ci pour atteindre le monde suivant

Hors ligne VertCarmin

  • Scribe
  • Messages: 84
Re : L
« Réponse #1 le: 22 Mars 2023 à 09:46:42 »
J'ai apprécié lire ce texte, je ne suis pas amateur habituellement de cette forme de poésie mais j'ai trouvé ce texte intéressant. Merci pour le partage.
Le spectateur s'arrête, la critique s'arrête : la poésie commence. Autrement dit, les mots s'arrêtent là où l'incommunicable est communiqué. Pierre Soulages

Hors ligne Nadir

  • Calligraphe
  • Messages: 126
Re : L
« Réponse #2 le: 25 Mars 2023 à 16:24:53 »
Merci pour ton retour VertCarmin, même si je l'ai trouvé un peu "froid" (qu'est-ce que ça veut dire "intéressant" en poésie ?) pour toute la charge émotionnelle qu'il a requis, et tout l'amour que j'ai dû faire entrer, à bout de bras, dans le cercueil du raisonnable, afin d'être à même d'écrire quelque chose d'un minimum lisible, à défaut de bon... Le rêve qui nous est tout de même donné de réaliser, c'est de revenir à ses écrits, même des années après (si entre temps la faucheuse ne s'est pas mise à courir après notre ombre, évidemment). Je pense le faire pour celui-ci un jour.
Par une belle journée de printemps un attelage traverse à vive allure ce monde-ci pour atteindre le monde suivant

Hors ligne VertCarmin

  • Scribe
  • Messages: 84
Re : L
« Réponse #3 le: 25 Mars 2023 à 20:37:59 »
Désolé si cela a été perçu comme froid ce n'était pas une volonté . Je trouve que le texte aborde une thématique intéressante, celle de l'intimité entre partenaires au fil des années. Comment le fait de vivre ensemble et de se connaître intimement peut influencer notre point de vue sur l'autre, jusqu'à anticiper ses réactions. Il y a aussi la double lecture possible du texte, en l'interprétant comme une description de l'intimité physique entre amants.

Cependant, j'ai ressenti un léger décalage entre la fin du texte et le reste. Le passage "je voudrais écrire sur ce qui me touche en elle", qui de mon point de vu ne s'inscrit pas directement dans la thématique abordée précédemment.
Le spectateur s'arrête, la critique s'arrête : la poésie commence. Autrement dit, les mots s'arrêtent là où l'incommunicable est communiqué. Pierre Soulages

emoto

  • Invité
Re : L
« Réponse #4 le: 26 Mars 2023 à 00:42:29 »
Je pense voir ce que vous voulez dire . Mais peut on se défaire l'un de l 'autre une fois le couple devenu une entité ? Que chacun pour ce faire  a renoncé à sa part de personnalité incompatible avec celle de l ' autre  et qu'elle a disparue dans le couple . A partir de là il me semble que si il y a rupture repartir à zéro ne veut pas dire revenir à ce que l'on était avant le couple pour un nouveau départ . J'avais lu ça expliqué ainsi . Si l'eau et la farine s'unissent pour devenir du pain , si le pain en a marre d'être pain et décide d'arrêter  , l'eau et la farine ne reviendront pas à leur état premier . Se séparant il seront deux morceaux de l'ancien pain, et devront apprendre à se tartiner chacun de leur côté à partir de ce qu'ils sont devenus .

L'autre entre en collision avec notre surface . C'est parce qu' en grandissant on nous construit, on se construit une armure . Une couche protectrice du moi qui peut tomber confrontée à une autre . Mais c'est autant qu'on laisse tomber l 'armure que l 'autre nous la fait tomber me semble-t-il .Surtout qu'au lit c'est pas pratique .  Derrière l'armure on est nu . Yes .Mais pas désarmé pour autant .On se bat mieux peut-être débarrassé  de ce qui nous contraint .Peut -être là que le "approche et tu vas voir ta gueule " à le plus de sens car c'est ou la baston ou la disparition ( du moi )

La paupière est close . On ne veut plus voir . On embrasse la paupière en remerciement . Suis pas sûre , on peut le faire parce que l'on pense à ce qui se passe derrière le rideau de la paupière  et c'est ce qui est se passer derrière que l'on embrasse .

L'autre me vole . Si le couple  est en harmonie je crois que chacun vole l 'autre à parts égales , ou même se laisse voler . Ca devient problème quand l'un dit de l ' autre qu'il le bouffe .

Tant que les appareils photo ne seront pas dotés d'un I A. ce sera toujours le photographe qui gérera intelligemment ou pas sa mémoire .Les premiers photographes qui on photographié des indigènes se sont fait massacrés par eux par ce qu'ils croyaient qu'ils leur avaient volé leur "âme " et allaient repartir avec .  Mais si l 'autre avale notre image il ne peut partir qu' avec l'image qu'il se fait de nous. La mienne est indigeste on recrache ou on en meurt .
Et je ne mesure pas ce que je vaut, mon poids en société à l ' aulne de l 'image qu'un autre se fait de moi vu que je vaut mieux que lui .
Capturer l 'essence de l 'autre à la main, l'image est magnifique .
Les frontières nous échappent . Je crois que ce qui échappe c'est la possibilité de les reconstruire car elles ont déjà disparues pour permettre le nous

La conclusion est je trouve bien amenée .La trace de l 'autre irrémédiable reprend l'irrémédiable du début . Mais vu qu' avec le temps tout s'efface ( selon Ferré)   elle va disparaître surtout si remplacée par une autre . Vaut mieux, je ne prendrais jamais un mec multi traces, ça ferait pas propre sur lui .
Ce qui me touche en elle, c'est elle . Vaut mieux pas trop s'accrocher .

Perso j ' aurais débuté sans le mot dévoilement qui fait un peu lourdaud  par rapport à ce qui suit . J'aurais écris :
C'est irrémédiable, on ne peut se défaire de l 'autre sans se défaire de soi . 
ou l'irrémédiable veut ( ou fait) qu'on ne peut se défaire ...
ou rien du tout c'est bien comme c'est .

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.014 secondes avec 16 requêtes.