Ouch. Ma tête. La gueule de bois dès le matin, ça fait mal… C’est ce que je dis à Lucie, me demandant quelle idée à due me traverser l’esprit pour que je boive autant hier soir.
Nous sommes en ce moment mêmes, en train de nous rendre, accompagnés de la prof et du reste des élèves, au lieu de rassemblement prévu pour la chasse au trésor « instructive », organisée par Madame Spier. Mes jambes en souffrent déjà.
Arrivés au site d’observation de la région, la prof nous sépare en plusieurs groupes, et malheureusement, je ne suis pas dans le même que Lucie. Mais bon, je suis dans l’équipe de mon frère, donc je pourrais bien l’embêter. Disons que ça m’occupera.
- Bien, tout le monde. Écoutez attentivement les consignes, nous demande Madame Spier.
Ce que bien-sûr, personne ne fait. L’autorité, ça s’appelle.
C’est donc en criant pour se faire mieux entendre, que la prof nous explique toutes les règles de sécurité. Je crois qu’il faudrait un dictionnaire entier pour toutes les lister.
Après toutes ces mises en garde et préventions, nous commençons à nous enfoncer dans l’immense forêt, dans le but de trouver tous les indices. Une heure passe. Puis une deuxième. Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis plainte auprès de Lucas. Il commence à faire frais, et le ciel s’assombrit de plus en plus, à cause de la nuit tombante.
Nous arrivons au bord d’une falaise, entourée de vieilles barrières. Je m’approche pour voir de plus près le lac, en contre bas, et le reste du groupe en fait de même. Le paysage est magnifique, et le coucher du soleil éclaire les montagnes nous entourant, les rendant orangées.
Tout à coup, il se met à pleuvoir, et du vent glacé commence à s’agiter autour de nous. Nous allons vite nous abriter : ce serait bête d’attraper un rhume en cette saison.
Lorsque je commence à m’éloigner du précipice, un éclaire tombe à une dizaine de mètres de moi, me faisant hurler de terreur. Mon pied glisse sur les cailloux mouillés, et j’essaye tant bien que mal, de me rattraper à la barrière derrière moi.
Un sinistre craquement retentit. Je sens mes chaussures se décoller du sol, et mon corps part en arrière sans que je ne puisse l’en empêcher. La clôture m’emporte alors dans sa chute, ne me laissant pas le temps de me rattraper à quelque chose.
Tout est comme au ralenti. Mes cheveux me fouettent le visage, tandis que l’air taillade ma peau. Je tombe de la falaise et je suis tout bonnement impuissante face à cela. J’aperçois le regard horrifié que Lucas porte sur moi.
Je n’ai même pas le temps de vraiment réaliser ce qu’il m’arrive que je sens une douleur atroce dans mon dos. Tout mon corps entier me brûle, et des larmes de souffrance perlent aux coins de mes yeux.
J’entre tout à coup en contact avec l’eau glacée du lac. Je n’arrive pas à nager, mes habits me collent à la peau, m’empêchant le moindre mouvement. Je m’enfonce lentement dans les profondeurs du lagon. Je sens l’air quitter peu à peu mes poumons, pendant que mes yeux se ferment doucement.
Quelle drôle de mort quand même.