J'ai mal quand je te vois t'epuiser un peu plus chaque jour. J'ai mal car j'ai toujours su t'observer, ce qui fait de moi un être différent d'eux, pourtant ça ne devrait pas. Souvent, je m'arrête pour contempler ta beauté, savourer les merveilles que tu offres et encore plus depuis le jour où tu m'as donné un fils. Hier encore, je te parcourais pour goûter tes fruits et sentir ton souffle sur ma peau. Promis je ferais ce que tous les Hommes devraient faire: éduquer mon fils pour qu'il t'aime et te respecte.
Mais voilà, depuis peu je te vois là, désemparée, essayant de pleurer pour éteindre ces feux qui te brûlent et t'abiment toujours un peu plus mais tu n'y arrives plus. Parfois, tu pleures, t'étant retenue un peu trop et te retrouve submergée par tes propres larmes. Ces larmes qui ont pour but de prévenir n'ont malheureusement aucun pouvoir et au lieu de te les sécher, les Hommes construisent des barques en papier pour essayer de naviguer désespérément dessus. Ils te regardent sans vraiment te regarder et certains continuent de prendre ce qu'il y'a de plus beau en toi pour répondre à une folie toujours plus grande en prétextant vouloir te sauver. D'autres essaient même d'en conquérir une autre pensant que le problème vient de toi alors qu'une fois conquis, ils refereaient les mêmes erreurs qu'avec toi.
Et moi je suis là, te regardant t'éteindre doucement, sachant pertinemment que je ne peux pas vivre sans toi et que je meurs en même temps que toi. Ce texte, je l'écris à toi, la terre, car nous sommes toi. Trop aveugle ou trop indigne de toi, je ne sais pas. Un jour viendra où, trop essoufflée, trop fatiguée d'avoir encore et toujours essayer, tu t'éteindras. Seras-ce seulement de notre faute ? Je ne pense pas mais une chose est sûr c'est qu'à partir de ce jour, ici bas, plus rien ne sera.