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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Jean-Michel a disparu. [Blind Texte Hiver 2023]

Auteur Sujet: Jean-Michel a disparu. [Blind Texte Hiver 2023]  (Lu 1290 fois)

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
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Jean-Michel a disparu. [Blind Texte Hiver 2023]
« le: 29 Janvier 2023 à 10:44:57 »
Jean-Michel a disparu




Lorsque la guilde des mages m'avait désigné pour cette mission, j'aurais pu sauter de joie. C'était un très grand honneur pour moi et, cependant, je ne pensais pas que cela dût me demander beaucoup de temps, ni beaucoup d'efforts. Sans nouvelles de Jean-Michel depuis trois semaines, l'assemblée des magiciens, inquiète, comptait sur moi pour aller prospecter sur place, retrouver l'animal écailleux et, au cas où il serait mort (je ne pouvais le croire), récupérer le jaspe rouge de son collier afin de le transmettre à l'un des jeunes dragons de l'élevage. Il serait important aussi, dans cette éventualité funeste, de tenter de déterminer les causes de son décès.
Vu sa taille, il ne risquait pas d'échapper à mes recherches, qu'il soit mort ou non, d'ailleurs. Et de toute manière, les niverolles de son massif, les dernières à l'avoir vu, assuraient qu'il était encore chez lui avant les neiges importantes des dernières semaines, qui les avaient forcées vers les plaines. Comme nul autre guetteur ailé ne l'avait aperçu depuis, il était forcément toujours là-haut.

J'entamai donc mon périple, avec la bénédiction des sages barbus, muni de mon bâton exceptionnellement orné, non pas d'un, mais de deux cristaux bien chargés, nul ne sachant ce que je pourrais découvrir dans la montagne. Chaude houppelande et sac généreusement garni de denrées réconfortantes, j'étais paré.

Le voyage fut très agréable, au début. Les pré-monts sont de vastes étendues vallonnées et vertes aux chemins confortables et aux cabanes nombreuses. La pente s'y accentue progressivement et l'on y croise de petits lacs aux eaux pures, des bosquets touffus riches en baies et champignons parfumés, des arbres encore lourds des fruits de l'automne grâce auxquels j'économisais mes provisions. Je ne risquais pas de m'ennuyer : l'excursion serait longue, mais le chemin était serpentueux, pittoresque et, après tout, les petits goulis sauteurs ne me quittaient pas, et sans que je comprenne jamais ce qu'ils faisaient, leurs sautillements, leurs sifflements, leurs bras ballants gigotant à chaque mouvement étaient un spectacle toujours renouvelé. Ils semblaient constamment s'amuser, s'égaillant à travers la campagne, leur regard fixe et impassible ne manquant jamais de m'étonner.

Le temps finit par se gâter au bout de quelques jours, alors que nous commencions à affronter les premiers contreforts. Un vent puissant s'était levé, plaquant quasiment à l'horizontale les petites antennes souples des goulis et, sans qu'ils ralentissent pour autant leur marche énergique, je voyais bien que certaines bourrasques les ébranlaient un peu. La pluie commença ensuite à tomber sans presque discontinuer, transformant le chemin caillouteux en ruisseau rapide. Je guettais avec impatience chaque nouvelle borie de pierre qui s'annonçait, trop content de m'y réchauffer avec toute ma troupe pépiante réunie. Une incantation, et mon bâton avait vite fait de nous sécher et nous pouvions repartir ragaillardis et joyeux. Nous atteignîmes la vraie montagne sans avoir vu passer le temps.

Alors, ce fut la neige.

Elle avait commencé poudreuse, nous cinglant le visage de paillettes, puis, au gré des changements de température, ce furent ensuite des queues de lapins que les rafales nous plaquaient au corps et, sans le sortilège qui me permettait de nimber mon manteau d'une chaude aura de lumière, j'aurais prestement été transformé en homme de neige. Les goulis, quant à eux, adoptèrent une technique qui devait leur être instinctive. Se tenant par leur petits bras frêles, par trois ou quatre de front, ils pratiquaient une sorte de danse qui les faisait bondir alternativement, sautant au-dessus de la neige qui commençait à s'amonceler sur ce qui n'était plus qu'un sentier abrupte, se débarrassant par la même occasion de celle qui les recouvrait rapidement par plaques. Chacun émettait ce faisant un son qui lui était propre, si bien que, comme ils me précédaient, ils étaient sous mes yeux comme ces fines lamelles de métal qui, se soulevant chacune son tour, sont la mélodie des boîtes à musique. Leur chant nous accompagna de sa partition déconcertante pendant des lieues, mais l'ascension finit par devenir impossible. S'ils ne s'étaient tenu mutuellement par la main, nous aurions perdu plus d'un compagnon : ils glissaient sur des pavés verglacés qui saillaient parfois à peine du manteau neigeux et, pour ma part, j'usais de ma magie presque à chaque pas, agrippé à mon bâton.
Nous fîmes donc halte dès la prochaine cabane de pierre, que je faillis bien rater. Il me fallait me reposer, et réfléchir. Nous ne devions pas être bien loin, de toute façon, de notre destination.

Je passai une nuit un peu inquiète, à la lumière bleutée des deux cristaux, dans le murmure rassurant des goulis endormis. Je craignais fort de nous perdre dans les rochers et la neige, ou de devoir abandonner ma quête.

Ce fut une stridulation inhabituelle qui me tira du sommeil sans songes qui m'avait finalement terrassé. J'étais seul dans la borie arrondie et passai donc la porte pour découvrir d'où venait ce son particulier qui résonnait dehors.

Il me fallut d'abord fermer les yeux, puis les rouvrir avec précaution, en fentes étroites : le cadre qui m'environnait était d'un autre monde. Un soleil radieux s'était levé, et un ciel d'un bleu soutenu dominait le paysage immaculé qui m'entourait. Immensément magnifique. Une couche de neige des plus abondantes avait tout recouvert et de loin en loin, dans l'air limpide et doré, apparaissaient des sommets aigus tout de granit gris clair, veinés de glace de place en place, projetant de longues ombres mauves. À quelques lieues, dans le prolongement du sentier par lequel nous étions arrivés, apparaissait un mont au profil particulier. Son pic était ébréché et présentait une sorte de plate-forme assez importante dominée par un double éperon qui terminait le rocher : j'étais finalement arrivé chez Jean-Michel sans m'en rendre compte.
Quant aux vibrations particulières qui résonnaient alentour, elles émanaient simplement des cristaux de mon bâton que les goulis avaient planté en pleine lumière et qui semblaient apprécier ce clair soleil d'altitude. Les petits, eux, étaient  immobiles pour une fois. Éparpillés tout autour, ils  paraissaient goûter profondément ce moment de grande paix. Même leurs antennes oscillaient à peine.
Empoignant mon bâton, je donnai le signal du départ et mes compagnons s'ébrouèrent, traçant un lacis de petits chemins bleus dans la neige.

Nous gravîmes les dernières toises pour atteindre l'antre du grand dragon. Une sorte de majestueux escalier grossier couvert de glace et de neige épaisse y conduisait, flanqué de part et d'autre de deux grands escarpements lisses menant à de profonds contrebas.

La grotte, déserte, était immense, abritant douillettement un extraordinaire nid de branchages, d'herbes des montagnes, sèches, odorantes et fleuries. Les dragons sont animaux qui apprécient le confort. Son gîte devint le nôtre pendant les quelques jours que j'employai à le retrouver. Il nous fallut prospecter dans les alentours, dans toutes les directions, poussant de plus en plus loin nos explorations. Le soleil étant de la partie, il nous facilitait les déplacements, et nous rentrions quasiment tous les soirs au logis de la bête. Mais au bout d'un moment il fallut bien se rendre à l'évidence, l'animal n'était nulle part. Je ne pouvais pour autant rentrer et me présenter bredouille à la guilde. C'était mathématique, Jean-Michel était forcément ici, à proximité... Et la neige recommença à tomber, intermittente.
J'avais été bien présomptueux de m'imaginer remplir prestement ma mission et retourner tout fier devant l'assemblée, ma tâche accomplie de main de maître. Mes réserves de nourriture s'amenuisaient et je ne pourrais plus rester bien longtemps, dans tous les cas, car il fallait prévoir le trajet du retour.

C'est alors que je rentrai fourbu d'une dernière expédition dans une gorge profondément encaissée, que je le retrouvai enfin. Ou plutôt, les goulis le retrouvèrent, pour être honnête. De gros flocons larges comme ombelles de sureau commençaient à tomber, de plus en plus nombreux, d'un ciel aussi plombé que mon moral. Je trébuchais à chaque pas en gravissant, vaincu, les grands degrés menant à la plate-forme, parvis de la grotte. Mes petits compères m'avaient précédé, toujours pourvus d'une énergie qui m'avait abandonné en cette fin de journée. Ils s'étaient réunis vers la gauche, sur un promontoire en surplomb que j'avais évité jusque là, de peur de glisser dans les éboulis. Je les trouvai d'ailleurs un peu imprudents, mais ils se tenaient entre eux, sans doute par précaution. Ils pépiaient sur un ton inhabituel, ce qui attira mon attention. En m'approchant je remarquai qu'ils entouraient deux cavités que je n'avais pas remarquées jusqu'alors et qui étaient curieusement dépourvues de neige.
Je compris enfin, pris de vertige : Jean-Michel était là, depuis le début ! Ce grand escalier qui menait à sa grotte, c'était son épine dorsale, et ces deux escarpements enneigés descendant de part et d'autre du chemin, c'était ses ailes. J'étais debout sur le vaste corps du pauvre animal malade, effondré à deux pas de son logis. Les goulis étaient réunis sur sa tête, posée sur un roc en saillie !

Je leur ordonnai d'aller se mettre à l'abri dans la grotte et me retrouvai à mon tour sur la tête du dragon. Les pauvres fumerolles à peine visibles s'élevant des deux cavités de neige fondue ne présageaient rien de bon, il fallait faire vite, j'avais déjà bien trop traîné.
« Man anirach cerin an le ? Mon pauvre Jean-Michel, te voilà bien mal en point... »
Je pris mon bâton à deux mains et prononçai une première obsécration aux esprits de la Montagne, ce qui fit cesser la neige immédiatement. Puis, le dirigeant devant mes pieds vers ce que j'avais cru être un rocher jusqu'à ce jour, je prononçai une formule des plus puissantes. Les cristaux se mirent à scintiller si fort que je détournai le regard, et je sentis dans mes mains la hampe frémir et se cabrer tandis que l'énergie transitait jusqu'au front du noble saurien. D'abord, il ne se passa rien, puis je crus que la montagne s'effondrait sous moi, mais non, les ailes de Jean-Michel avait juste un peu frémi et des quintaux de glace avaient dévalé les parois vers les à-pics. La neige ayant fondu sur le front et le museau du dragon, j'y passai les mains, « avo 'osto  mon grand, je vais t'aider » et dégageai ses paupières encore couvertes de givre, grandes comme des couvercles de marmites.

Alternant les incantations, les appositions des mains, les paroles réconfortantes et l'usage de mon bâton, je travaillai auprès de Jean-Michel pendant des heures, oubliant ma fatigue et plutôt inquiet de l'état de l'animal, dont le feu n'avait pas été loin de s'éteindre. L'obscurité était profonde à présent sous un ciel sans étoiles et l'un des cristaux bleus s'était obscurci. Je devinais ma troupe de goulis unis et vigilants à l'entrée de la caverne, j'entendais leurs sifflets légers, leurs gazouillis, je savais leur attention emprunte de gravité, et les ondes bienveillantes qui émanaient de leurs paisibles personnes. La nuit était fort avancée lorsque deux feux dorés s'allumèrent dans les ténèbres. Le dragon avait ouvert les yeux.
« Bah mon vieux, c'est pas la grande forme, hein ! » Les yeux se refermèrent doucement.
Exténué, je m'abattis contre son cou, légèrement tiède à présent, et m'endormis sur le champ.

Il me fallut encore deux jours de soins avant que mon grand ami parvienne à se traîner jusqu'à son nid. Puis deux semaines encore avant que je puisse le considérer comme pratiquement guéri. Je serais mort de faim si les niverolles, profitant d'une accalmie durable, n'étaient revenues aux nouvelles, (j'étais sur le point de renvoyer les goulis). Je les chargeai alors de nous faire ravitailler et elles repartirent, toutes fières de leur mission. Quelques jours plus tard les silhouettes de deux gypaètes géants se découpaient dans le bleu du ciel. Ils volaient bas tellement ils étaient chargés.

Alors qu'ils s'envolaient déjà, je décachetai un pli qu'ils m'avaient laissé parmi les victuailles, cette lettre commençait ainsi :



La guilde te félicite pour l'accomplissement de ta charge, nous savions pouvoir te faire confiance, mais nous avons une mauvaise nouvelle :  à présent deux autres dragons manquent à l'appel...
« Modifié: 08 Mars 2023 à 10:48:48 par gage »
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Re : BT6 - Jean-Michel a disparu. [Blind Texte Hiver 2023]
« Réponse #1 le: 30 Janvier 2023 à 13:31:37 »
Un texte généreux en détails qui me donne l'impression d'entre-apercevoir un univers par le biais d'une lucarne.
J'ai beaucoup apprécié la façon dont les créatures le peuplant étaient décrites : quelque chose d'adorable ressort des petits goulis sauteurs que j'associe librement aux Kodama de Miyazaki. Mais je ne parviens pas à me faire une image précise de leur danse de la neige et à bien comprendre en quoi elle est efficace pendant une tempête. J'ai aussi beaucoup aimé la confusion première dans la découverte du dragon. Cela me fait penser aux illusions d'optique où la forme et le fond s’intriquent tant et si bien qu'on ne parvient plus à les distinguer. De même pour le double langage parlé, c'est plaisant cette attention aux détails. Pour ce qui est de Jean-Michel, très honnêtement je me dis qu'il s'agit d'une blague ou d'un clin d’œil ciblé. Cela me paraît incongru mais peut-être qu'il s'agit justement de faire un pied-de-nez aux attentes de genre.

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Re : BT6 - Jean-Michel a disparu. [Blind Texte Hiver 2023]
« Réponse #2 le: 30 Janvier 2023 à 19:16:41 »
Merci pour ton texte de fantasy.

Comme dit Beglous, il est riche en détail et nous offre de nombreuses information sur ton univers fantastique, comme la vie d'un dragon.

Ce n'est pas une "simple" histoire, mais un monde que tu nous racontes.

"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
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Re : BT6 - Jean-Michel a disparu. [Blind Texte Hiver 2023]
« Réponse #3 le: 31 Janvier 2023 à 19:12:09 »
Je rejoins Beglous : ton texte me donne l'irrésistible impression du cliché dans un univers ou d'une œuvre plus large. Si ce n'est pas le cas, et qu'il s'agit d'une pure création pour le BT, je te tire mon chapeau : la multitude de détails, le récit rondement mené et la richesse de l'univers sont plaisantes.

Après, la nom du dragon m'a mis sur une mauvaise piste. En voyant ce nom, dans cet univers, je me suis attendu pour la suite à d'autres décalages et peut-être à une chute inattendue dans le burlesque ou le contre-pied. Du coup, je me demande : pourquoi Jean-Pierre ?

La curiosité est le remède à l'ennui.
Il n'y a pas de remède à la curiosité.

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Re : BT6 - Jean-Michel a disparu. [Blind Texte Hiver 2023]
« Réponse #4 le: 02 Février 2023 à 15:18:45 »
Bonjour Blindtexteur,

Je sais qui tu es  :ninja: (Et si ce n'est pas toi tu as été fort bien plagié !)

Comme d'habitude, un petit commentaire ligne à ligne un peu chipoteur. Mais comme je trouve que le texte est très bien écrit et qu'il est difficile d'y trouver une coquille j'espère que tu ne m'en voudras pas de descendre un peu dans le détail. ^^

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


En conclusion, comme les autres commentateurs j'apprécie beaucoup ce texte. Il y a effectivement un monde sous-jacent, sans que le texte ne paraisse un "morceau" d'un texte plus grand. Il se tient parfaitement debout tout seul. J'apprécie tout particulièrement le ton unifié du récit, la recherche lexicale (surtout dans les descriptions). Je n'ai pas compris non plus pourquoi le dragon s'appelait Jean-Michel .

Merci pour cette belle lecture.
« Modifié: 15 Février 2023 à 14:19:56 par Samarcande »
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Re : BT6 - Jean-Michel a disparu. [Blind Texte Hiver 2023]
« Réponse #5 le: 04 Février 2023 à 18:45:28 »
Yo GameMaster 6,

Un chouette texte avec du vocabulaire (j'ai appris les termes "niverolles", "s'égaillant", "borie", "obsécration", chapeau!) et de belles descriptions. J'ai apprécié les goulies. J'ai un peu de mal à me les représenter mais ça a l'air marrant.
Je n'ai pas grand-chose à ajouter aux commentaires déjà faits à part qu'il me manque peut-être un petit quelque chose : je vois bien qu'il s'agit de fantasy détendue où tu prends des libertés avec le genre, et c'est ce qui est appréciable, mais il me manque les bâtons dans les roues de la quête. Un petit grain de sable, je sais pas.
En tout cas, c'est un belle lecture dans un monde sympa!

Merci pour ce texte! :)
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Re : BT6 - Jean-Michel a disparu. [Blind Texte Hiver 2023]
« Réponse #6 le: 06 Février 2023 à 18:49:42 »
En voilà, un joli récit !
Et le plaisir de retrouver un personnage que l'on a connu beaucoup, beaucoup moins vêtu autrefois !
Quant aux goulis, comme il est plaisant de retrouver leur joyeuse compagnie pépiante et sautillante !

La question importante reste posée : ai-je écrit ce texte, ou bien suis-je victime d'un ignoble plagiat ? (Très réussi  :ninja: )

J'aurai un petit reproche à faire, néanmoins ; la découverte de la grande bestiole mériterait d'être traitée de manière plus sensationnelle. Là c'est à peine évoqué, et on passe déjà à la réanimation... Cela mériterait d'encore plus sidérer le lecteur, mais bon, l'auteur est roi !

Dernière question : l'aventure est-elle autobiographique ?
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Re : BT6 - Jean-Michel a disparu. [Blind Texte Hiver 2023]
« Réponse #7 le: 13 Février 2023 à 18:52:14 »
Salut Gamer !

Détail :
Citer
je ne pensais pas que cela doive me demander beaucoup de temps,
que cela dût ? (allez, on se fait plaiz avec un imparfait du subj)

Citer
qui les avaient forcés vers les plaines.
forcées

Citer
Nous fîmes donc halte dès la prochaine cabane de pierre,
j'aurais mis "première" plutôt que "prochaine"

Citer
l me fallait me reposer, et réfléchir.
les virgules précédents les "et" sont justifiées jusqu'ici, celle-ci me semble de trop

Citer
Une sorte de majestueux escalier grossier couvert de glace et de neige épaisse y menait, flanqué de part et d'autre de deux grands escarpements lisses menant à de profonds contrebas.
menait / menant

Citer
il nous facilitait les déplacement,
s

Citer
De gros flocons larges comme des fleurs de sureau
des ombelles, ce serait pas plus joli ?



Personnellement, j'ai compris qu'ils étaient sur le dragon dès qu'ils arrivent à son antre (mais c'est normal, puisque je suis l'auteur de ce texte ^^). Très fier de mon plagiat d'ailleurs, un très beau texte que celui-ci, une écriture douce et raffinée, une attention aux détails, des belles images...
Bref, merci pour la lecture !
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Yöda

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Re : BT6 - Jean-Michel a disparu. [Blind Texte Hiver 2023]
« Réponse #8 le: 17 Février 2023 à 16:22:10 »
Salutations Blindtexteur !

comme ces fines lamelles de métal qui, se soulevant chacune son tour, sont la mélodie des boîtes à musique
J'ai eu du mal à comprendre cette phrase, j'ai du la relire deux-trois fois. Je crois que c'est le "sont" qui me perturbe, j'aurais peut-être plus vu un "font".

Man anirach cerin an le ?
Un chocolat chaud, le hannon :kei:

J'ai repéré ce qu'on pourrait appeler un petit tic d'écriture, avec des incises après "et". Je pourrais pas dire si ça m'a vraiment gênée ou si c'est juste que ça m'a interpelée, ayant moi-même cette manie que j'essaie de corriger, mais je le note au cas où^^

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.



J'ai beaucoup aimé cette excursion dans les montagnes d'un autre monde ! Je me suis vraiment sentie immergée dans cet univers et ses particularités, avec des belles vues et diverses sensations. C'était une chouette balade. Je trouve que la narration est bien construite et on s'inquiète vite pour Jean-Michel et le narrateur. Le coup de se rendre compte où il était a très bien marché pour moi, avec la surprise et de me dire que quand même, j'aurais pu remarquer avant, comme le narrateur^^

Pour ma part, le prénom Jean-Michel m'a pas choquée, mais je suis coupable de donner régulièrement des noms de ce genre dans mes récits SFFF, alors...  :mrgreen:

Peut-être bien que c'est moi qui ai plagié finalement  :\?

Merci et au plaisir !
Damn

Hors ligne Luna Psylle

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Re : BT6 - Jean-Michel a disparu. [Blind Texte Hiver 2023]
« Réponse #9 le: 17 Février 2023 à 21:24:43 »
Salut !

Après moults péripéties personnelles, j'ai enfin réussi à lire ton texte en entier sans faillir !

Pour la forme :

Citer
Sans nouvelles de Jean-Michel depuis trois semaines,
On m'a toujours dit que sans était suivi d'un singulier. S'il n'y en a aucune, c'est qu'il n'y en a même pas une, c'était la réflexion de base.

Citer
l'excursion serait longue, mais le chemin était serpentueux, pittoresque et, après tout, les petits goulis sauteurs ne me quittaient pas, et sans que je comprenne jamais ce qu'ils faisaient, leurs sautillements,
Je trouve la suite de et maladroite. Mais en même temps, je la comprends et ne saurais pas la rendre plus élégante, donc à ta convenance.

Citer
La pluie commença ensuite à tomber sans presque discontinuer
J'ai trouvé le parallèle entre commença et ensuite maladroit.

Citer
Une incantation, et mon bâton avait vite fait de nous sécher et nous pouvions repartir ragaillardis et joyeux.
Là encore, une suite de trois et en quelques mots, ça sonne bizarre.

Citer
Ce fut une stridulation inhabituelle qui me tira du sommeil sans songes qui m'avait finalement terrassé.
Sans songes : pareil que plus haut.
Et une suite de qui qui s'entrechoquent un peu (qui tire du sommeil / qui a terrassé)

Citer
sorte de majestueux escalier grossier
Etonnant parallèle entre majestueux et grossier

Citer
Les dragons sont animaux qui apprécient le confort.
Je vois l'expression "ne sont pas [...] à se laisser abattre" (je crois que c'était ça), mais je sais pas, ici ça colle pas (si c'est vraiment voulu ainsi, sinon manque un des)

Sur le fond :

J'ai dû le lire en plusieurs fois. Les différentes coupures ne m'ont pas perdue, mais ont peut-être joué sur mon appréciation. J'ai apprécié le voyage, mais je sens que si j'avais pu faire une vraie lecture tranquille d'une traite, j'aurais vraiment aimé. Ici, j'ai juste apprécié. Et j'aime bien la plume. Edit : j'ai adoré les deux dernières lignes ;)

Une bonne soirée !
If the day comes that we are reborn once again,
It'd be nice to play with you, so I'll wait for you 'til then.

Hors ligne Opercule

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Re : BT6 - Jean-Michel a disparu. [Blind Texte Hiver 2023]
« Réponse #10 le: 05 Mars 2023 à 12:48:44 »
Tchèquerie du titre : ⭒⭒⭒⭒⭒ (Occident décadent)
Enneigement de l’histoire : ❄❄❄❄❄ (Blizzard)

Merci pour ton texte, Gamemaster !

Je pense aussi reconnaître certains petits animaux familiers et espiègles d’un autre blind-texte. Si ce n’est toi, c’est un fameux coup-monté !
Une prose merveilleuse, comme d’habitude.
Je trouve particulièrement comique ce décalage entre la narration recherchée et imagée et les répliques un peu prosaïques genre "eh bein mon vieux te voilà bien amoché"  :mrgreen:
J’ai du mal à croire au fait que le dragon était juste là depuis le début et qu’on lui a marché dessus pendant deux semaines avant que les goulis se rendent compte qu’il est là…
Et puis Jean-Michel le dragon ! Ça n’inspire pas trop la peur du noble saurien !

On se retrouve pour le MasterMind :mrgreen:

Hors ligne gage

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Re : BT6 - Jean-Michel a disparu. [Blind Texte Hiver 2023]
« Réponse #11 le: 05 Mars 2023 à 19:08:38 »
Me voilà démasqué pour de bon ! Merci à tous ceux qui ont essayé d"élucider l'énigme, et bravo à ceux qui y sont parvenus !
Certaines tournures vous ont gêné, elles se veulent un peu démodées et littéraires, pour coller à l'atmosphère, veuillez m'en excuser.

Beglous, merci !
La danse des goulis leur permet à la fois de se débarrasser de la neige qui se colle à eux, et de se retrouver à chaque fois au-dessus du manteau neigeux qui finirait sans cela par les engloutir, parce qu'ils ne sont pas très grands.
Quand au nom du dragon, sans parler de pied-de-nez, c'est effectivement pour sortir des conventions. Il aurait pu s'appeler Zorko, ou Bargawl, mais Jean-Michel est un ami, issu d'un élevage, porteur d'un talisman, il est apprivoisé. C'est son vrai prénom, je n'ai rien inventé.

Cendres, merci !
Je suis content que tu aies apprécié cette histoire, et que tu ne l'aies pas trouvée simple.

Aphone, merci !
J'ai bien créé ce récit pour le blind texte, même si le protagoniste principal et ses compagnons apparaissaient déjà dans mon texte « Nacre ».  Ton commentaire me flatte. Le dragon s'appelle Jean-Michel, tu le blesses en l'appelant Jean-Pierre. Je ne voulais pas guider sur une mauvaise piste, mais s'il avait dû porter un nom plus draconien, ça aurait dénoté avec sa relation au narrateur et aux autres personnages.

Samarcande
, merci !
Je ne saurais te reprocher de chipoter, c'est ce qui m'apprend le plus.
J'ai commencé à expliquer précédemment que ce dragon est un animal qui porte ce prénom parce que c'est un ami, et qu'il n'a rien à voir avec ces caricatures de dragons que l'on trouve dans la fantasy ^^. C'est un personnage à part entière, qui a sa propre personnalité, même si on n'a pas pu trop s'en rendre compte ici.
-Je dis « cependant » parce que c'est très grand honneur alors que la tâche semble au narrateur vraiment si facile qu'il y aurait peu de raison de se sentir honoré.
-Les queues de lapin, c'est une expression d'ici, en Haute-Marne.
-La plupart des tournures qui te font tiquer se veulent un peu archaïques ou littéraires, en vérité.
-Je ne trouve pas que je dévoile qu'il va le trouver, quand je parle du temps employé à le retrouver... j'aurais peut-être dû écrire « chercher » ?
-Quant à l'escalier majestueux, et grossier, tu n'es pas la seule que ça fait tiquer, alors ça doit être maladroit... Je voulais dire majestueux par sa forme, et grossier dans sa finition.
Merci encore, charmé que ça t'ait plu.

Aponiwa, merci !
Fantasy détendue, c'est ça !:D
Je crois capter peut-être ce qui t'a manqué, mais à vrai dire, le format ne permettait pas de compliquer l'intrigue. Même comme ça il m'a fallu élaguer, pour tout te dire. Si tu as trouvé le truc sympa, je n'en demande pas plus !

Rémi, merci ! Et doublement, pour avoir organisé ce blind texte qui me fait explorer des contrées que je ne connaissais pas.
J'ai tenu compte de tes remarques, et j'ai même adopté les ombelles, parce que ça le fait bien !
Merci aussi d'avoir aidé à semer le doute sur le plagiat, même si je doute que qui que ce soit ait été dupe. Merci pour tes compliments !

Yöda
, merci !
Je suis ravi que ça t'ait plu, et qu'on soit sur la même longueur d'onde, notamment au sujet de ce fameux prénom qui en a troublé plus d'un !
Tu penses que les incises sont fautives ? Ou bien, c'est juste leur répétition qui te gêne ?
Merci encore pour ton passage !

Luna Psylle, merci !
Non, « sans » n'est pas toujours suivi du singulier, en fait. Un exemple simple : une homme sans chaussures, parce que s'il en avait, il en aurait deux. Un arbre sans feuilles, un homme sans mains. C'est vraiment une question de contexte. C'est subtil parce qu'on dit aussi bien un sans-papier, qu'un sans-papiers.
Je ne comprends pas ce que tu appelles les « coupures » qui t'ont perturbée.ni du coup ce que tu appelles une lecture d'une traite.

Opercule, merci !
Pourquoi voudrais-tu avoir nécessairement peur de ce saurien ? Jean-Michel ne ferait pas de mal à une mouche, en vrai. C'est sans doute un gardien, une vigie, mais il est issu d'un élevage, il est apprivoisé et très affectueux. Quant aux goulis, je conviens que sur ce coup-là ils n'ont pas été vraiment efficaces. Mais heureusement, sinon mon histoire aurait été bien courte. Merci pour les compliments chaleureux !
« Modifié: 05 Mars 2023 à 19:20:43 par gage »
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

 


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