Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

04 Septembre 2026 à 21:08:22
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Auteur Sujet: Lascaux  (Lu 1817 fois)

Hors ligne DinaEgg

  • Tabellion
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Lascaux
« le: 28 Janvier 2023 à 13:08:44 »
Merci d'avance pour vos commentaires. Les post de lecteurs n'ayant pas aimé sont aussi les bienvenus. Je suis toujours intéressée par ce qu'on me dit, et même quand j'essaie de résister un temps, ça finit par rentrer.
J'ai déjà modifié la première version avec vos remarques formelles. Pour les développements évoqués il faut que je réfléchisse... ça prend plus de temps!



Lascaux


Tous les dimanches, il sonne chez elle et ils vont à la chambre. Ils n’échangent pas trois mots,  ils savent tous les deux ce qu’il veulent.
Elle lui tourne le dos et se déshabille. Dévoile à la lumière crue ses jambes grêles, ses cuisses plume d’oie, ses fesses porcelaine. En tee-shirt elle grimpe sur le couvre-lit et se retourne. Elle s’appuie sur un coussin large, contre le mur. A demi-assise ou semi-couchée selon la manière dont on la considère. Lui, toujours vêtu, prend place sur un tabouret à l’autre bout. Il se cale sur l’un de ces trépieds à l’assise ronde, réglé à bonne hauteur, les pieds à plats. Il se penche, observe, griffonne des notes, brosse un ou deux croquis. Pas de photos - le flash dénature tout. Elle, elle lit jusqu’à ce qu’une crampe lui morde le bras. Alors elle pose le livre et allume une cigarette. Elle se concentre sur sa respiration tandis qu’il compulse l’ouvrage de référence qu’il a apporté. Il lui raconte des histoires. Il prend des mesures, établit une toponymie. Ils terminent parfois la séance par un thé.

Leur histoire a commencé de la façon la plus banale. Chez elle, dans sa chambre aux murs sombres, la nuit entière pour eux.
Elle est sous lui et la couette forme d’inconfortables plis dans son dos. Elle geint sans conviction. Sans conviction, elle se cambre, les mains molles, et ses yeux balaient l’espace, s’attardent au plafond, en notent les boursouflures discrètes. Fenêtres et portes fermées, la pièce emprisonne la chaleur comme une bulle de gaz au fond de la mer. Elle transpire dans l’air confiné, saturé d’odeurs, sueur acide et marée montante. Elle accueille les caresses sur ses hanches. La large main d’homme presse son sein, une bouche humide parcourt sa chair. À 40 ans, je me sens tellement plus belle qu’à vingt, affirme l’actrice en Une du magazine ouvert dans son salon, sur la table basse. Du grand n’importe quoi. A 25 ans, elle est évidemment plus attirante, plus désirable que n’importe quelle créature de 40. Dehors, un arbre agite ses feuilles au vent, une de ses branches gratte la vitre comme un chien à la porte, exclu de la fête. Elle a oublié de tirer le rideau, les lueurs orangées du réverbère l’effleurent. De temps en temps, un faisceau de lumière se faufile au mur, dans la rue le ronflement enfle et s’éteint. Le cuir chevelu de l’homme exhale un parfum boisé. Humus et pluie, mousse et fougères. Elle est redevenue terre vierge, un explorateur foule son sol pour la première fois depuis longtemps. Elle sourit dans l’obscurité.

Il s’est arrêté plus bas. L’action se précise et elle se tend, se concentre, se prépare à l’explosion. Mais rien.

Elle laisse échapper un soupir, telle une baudruche se dégonfle. Elle suit des yeux les traits lumineux, là-haut. S’ils pouvaient lui indiquer la sortie. Elle n’avait jamais remarqué cette flaque grise dans le coin gauche du plafond. Le temps flotte et s’étire comme un chat paresseux. Que n’a-t-elle invoqué le travail, un mari, des enfants ? Elle s’est montrée faible, lui si persuasif. Et maintenant, le fiasco.  Demain, elle racontera son aventure à Cécile avec juste ce qu’il faut d’ironie. En attendant, elle souffle un vague encouragement, mi-gémissement mi-impatience. Toujours bon à distribuer. S’il pouvait s’en contenter, passer à la suite. Qu’on en finisse. Sa main descend sur l’épaule de l’homme.
Mais elle est tombée sur un forçat de l’amour, un grimpeur acharné qu’un col un peu raide n’effraie pas. Le visage entre les cuisses il la tient des deux mains. Son nez dans la chair, il la tient. Il lui ferait presque mal.
Un doux clapotis trouble le silence.

Soudain une exclamation. L’homme relève la tête. 
- Tu t’es fait faire ça comment ? C’est incroyable !
De quoi parle-t-il ?
- Et bien, les chevaux, le mammouth. Tu es quand même au courant, non ? Tes peintures, là. Dans ton, dans ta.
Elle s’est redressée. Elle hésite entre peur et sarcasme. Après tout, elle ne connaît pas cet homme. Ils se sont rencontrés chez une amie commune, à quelques rues de chez elle, il lui a dit s’appeler Pavel, elle ne l’avait jamais vu avant. Curieux, maintenant qu’elle y pense. Il a lancé une remarque sur un tableau au mur, elle a aimé son allure nonchalante, le trait oblique de son sourire. Plus tard, il lui a proposé de la raccompagner. Elle ne se souvient plus d’avoir monté les trois étages jusqu’à son appartement, ni de leur hâte à se déshabiller, encore moins de s’être jetée sur le lit.
Elle n’a pas vu circuler de drogues dans cette soirée mais elle ne prête jamais attention à ce genre de trafic.

Lui, semble hypnotisé, les yeux fixes, les lèvres frémissantes. Comme s’il déchiffrait un ouvrage sacré, un de ces gros livres qu’on pose sur un lutrin.
Et s’il était dangereux ? Il pourrait la frapper, sortir de sa poche un couteau. Elle vit sans chien, sans compagnie et quasi sans voisins, si l’on excepte la veuve d’en face et l’étudiant d’à côté, perpétuellement absent.
Avant qu’elle n’ait pu réagir, il a saisi son jean sur le sol et fouille dans sa poche.
- J’y verrai mieux avec ça.
Il se baisse à nouveau. Elle perçoit son souffle sur sa peau, le feulement du briquet et la chaleur au bord de son intimité, presque une brûlure. Elle tressaille. La chambre s’emplit d’ombres mouvantes. Elle veut refermer les jambes mais d’une légère pression de la paume, s’il te plaît, il les retient.
Ses pensées s’égarent, image de consultation médicale (Deux chevaux et un mammouth, voilà, cela vous fera 90 euros, oui je sais ce n’est pas donné, heureusement vous avez une bonne mutuelle).
 Les doigts de l’homme écartent sa chair sans ménagement. Ouvre-toi, murmure-t-il,
Puis il prononce des mots étranges dont elle ne saisit pas le sens, pariétal, magdalénien, pochoirs rupestres.
Elle laisse échapper un rire, un claquement de langue la dégrise.
Elle renonce à comprendre, se laisse aller dans le flot de paroles à voix basses, mots d’or et bijoux qui l’emmènent au-delà d’elle-même.

Plus tard elle lui a proposé à boire, il a accepté un thé, ils sont assis sur le lit. Il paraît ébranlé et la sincérité de ses accents émeut la jeune femme. Ce ton vacillant où l’incrédulité le dispute à l’émerveillement.
- C’est incroyable tu es un specimen exceptionnel, le vaisseau de chair dont parlent les textes anciens, l’alpha et l’omega, en toi se mêlent l’origine du monde et l’enfance de l’art. Comment se fait-il que personne n’ait vu, n’ait compris, c’est une aberration, un miracle. Tu as 25 ans. Voyons, avais-tu déjà, disons, connu quelqu’un ?
Il en serait vexant.
- Je dois rentrer réfléchir à tout ça.
Se rhabillant, il consent à s’expliquer. Précise qu’il est chercheur, docteur en histoire ès préhistoire, spécialisé dans le domaine des premiers outils. Il en avait touché un mot plus tôt dans la soirée, elle s’était étonnée d’avoir plu à un universitaire. Ce qu’il a vu lui évoque une hypothèse autrefois débattue, abandonnée depuis bien longtemps, qui considère les peintures des cavernes comme des reproductions de la matrice féminine. Il a besoin d’en savoir plus.
Elle s’est réfugiée sous la couette. Sa ferveur l’impressionne, elle se sent seule. Elle voudrait le retenir. Il peut rester dormir, s’il veut. Mais lui, non merci, veut consulter ses encyclopédies, ses archives, des confrères. On se revoit bientôt.

Le jour suivant, elle se rend au collège privé où elle donne des cours de dessin deux fois par semaine. La plupart de ses élèves, issus de familles bourgeoises, opteront pour des études supérieures commerciales ou scientifiques. Les plus artistes deviendront architectes, peut-être même designers. Elle apprécie leur fraîcheur, ce halo d’avant la puberté. Lorsqu’elle distribue de grandes feuilles de papier, ils expriment leur enthousiasme. Sur un thème, « la nature dans l’art romantique », elle leur a demandé de laisser parler leur inspiration. Pendant qu’elle observe, au premier rang, une adolescente aux cheveux blonds massacrer un paysage de forêt, son esprit vagabonde dans des plaines lointaines, parmi des chevaux aux poils longs, fuyant, ventre à terre, les flèches des chasseurs.

Il sonne à sa porte quelques semaines plus tard. Elle l’avait relégué dans un coin de sa conscience. Elle n’a pas envie de le laisser entrer quand, déjà, il marche vers le salon en habitué. De lui émane une fraîche odeur d’eau de Cologne. Il s’assied, dos bien raide, sur le bord du sofa. Elle prend place en face, tire sa jupe sur ses genoux.

Il lui parle de Néandertal et des peintures rupestres (pour l’intérieur des cavernes, on dit pariétal), des différentes théories élaborées autour de cet art, le rôle de l’Abbé Breuil, dit « le pape de la préhistoire ». Une figure intéressante cet abbé, qui voyait ces dessins comme des tentatives magiques d’entrer en contact avec les esprits des animaux chassés. Des courants de pensées se sont développés autour de cette idée. Les hommes préhistoriques ne vivaient pas dans ces grottes, on en a la certitude. Pourquoi donc allaient-ils peindre ces magnifiques animaux si ce n’est dans un but religieux ? Certains ont estimé que ces grottes ouvragées symbolisaient la matrice féminine d’où naît la vie. D’autres, poussant plus loin, ont même imaginé que de rares femmes, des élues, étaient ainsi « marquées », tatouées de l’intérieur. On a recensé trois cas au Moyen Age, et un autre au 19eme siècle. Au début du XXème, dans les bas-fonds de Londres, la célèbre Houda Khan s’exposait ainsi, dans les foires, derrière un rideau. Mais un jour sa supercherie fut démasquée.

 Comme elle semble accueillir ses paroles avec calme, il pousse son avantage.
- Puis-je regarder ?
- Regarder quoi ?
- Eh bien. Tu sais.
Elle se lève, bras le long du corps, se tourne vers la porte d’entrée.
- Merci d’être venu.

Il s’est excusé de sa grossièreté, a insisté pour l’emmener dans un restaurant qu’il fréquente, près de chez elle. Dans ce décor convenu, ils ont parlé voyages et peinture, ils ont ri. Elle a semblé oublier la raison de sa venue. Ils ont passé une soirée délicieuse et ils sont rentrés ensemble.

Maintenant sur le lit, ils rejouent la scène originelle. Elle ne sait plus très bien pourquoi, l’alcool ne peut pas toujours servir d’excuse. Alors qu’elle contemple le plafond et qu’elle lisse, de la plante des pieds, le tissu molletonné de sa couette, la voix de l’homme lui parvient, comme surgie d’outre-tombe. Rauque, émue, retenue.
- Magnifique, éblouissant. J’en avais entendu parler, mais en être témoin, c’est bouleversant.
Son extase l’ennuie.
- Tu ne veux pas baiser, plutôt ?
- Si bien sûr.
Il la saisit par les hanches comme on tient un vase sacré. Il balade ses mains ici et là. Finit par avouer qu’il a peur de l’abîmer. On ne souille pas une cathédrale. Il y consent tout de même. A regret. Précautionneux. Quand il l’embrasse sur le front la haine la submerge.
Mais pour la première fois, quelqu’un la trouve fascinante et unique. Elle se retient de l’insulter.
Quand plus tard, une main sur son ventre, il demande à revenir, elle consent, les yeux fermés.

Il sonne tous les dimanches et ils vont dans la chambre. Ils ne se parlent pas, ils savent tous les deux ce qu’il veut. Il a trop à penser.
Elle se déshabille. Garde le haut car elle est frileuse. Lui s’installe sur un tabouret, réglé à la bonne hauteur. Il observe, il prend des notes, des croquis. Des photos surtout pas ! Le flash dénature tout. Elle, elle lit allongée. Elle fume une cigarette. Elle rêve. Elle s’écoute respirer. Lui consulte un ouvrage de référence qu’il a apporté, une encyclopédie universitaire des hauts-lieux de la Préhistoire. Il lui raconte des contes et légendes des temps anciens. Elle écoute à moitié. Il prend des mesures, établit une toponymie. De temps en temps, il lui propose un thé. Elle attend sur le lit pendant qu’il le prépare. Il revient avec le plateau. Ils boivent en silence.

Quand il s’en va, elle reste à demi nue, flâne dans son appartement. Devant la psyché de sa salle de bain, elle s’est assise en tailleur. Elle a basculé en arrière et elle a scruté –quoi ? Malgré ses contorsions elle n’a rien vu de plus que le mille-feuille de son sexe. Elle s’y attendait mais tout de même. Lorsqu’elle le lui a dit il a compati, tu n’as pas le bon angle. Elle a essayé de faire ricocher le reflet avec un miroir de poche. Sans succès.

L’autre jour, elle avait rendez-vous chez sa gynécologue. Les pieds dans les étriers, elle l’a défiée.
- Je me sens bizarre en ce moment, vous voyez quelque chose ?
-Tout a l’air d’aller, lui a répondu l’autre en enfonçant le speculum.
Une pensée l’a traversée – pourvu qu’elle n’abîme pas mes fresques. Impossible d’expliquer son fou rire.
Elle s’est résolue à le croire sur parole.

D’ailleurs, il a raison puisqu’elle le sent, puisqu’elle l’a toujours su qu’elle était exceptionnelle. Elle n’a jamais eu besoin d’en rajouter, elle s’est même plu à jouer les invisibles, les modestes jusque-là. Elle savait qu’un jour elle brillerait. Maintenant que son heure est venue, elle se redresse, elle marche dans la rue, déliée. Dans les vitrines elle se trouve plus grande, plus belle. Evidemment puisqu’elle porte en elle ce trésor. En haut des cuisses son mystère irradie. Même les élèves ont changé d’attitude envers elle. Leurs regards l’enveloppent, déférents, attentifs. Ils l’entourent en disciples, en apôtres. Elle est Vénus surgie du passé, mère de l’Humanité aux hanches pleines. Les seins épanouis, elle est porteuse d’un message directement transmis par les Dieux. Fleur éclatante, son corps suinte un parfum envoûtant, les mâles ne s’y trompent pas, ils se retournent sur elle dans la rue. Elle arpente son royaume en majesté.

Des exigences nouvelles lui viennent. Elle aimerait que le monde sache, que la foule puisse connaître son cas, s’interroger aussi. Sur l’humanité. Ce qui la fonde. Ce qui la mène. Et où. Elle est prête à donner de sa personne afin que d’autres profitent de la révélation. N’a-t-elle pas une mission ?
Elle est destinée à s’offrir, elle se sent assez forte. Il faut que les hommes prennent conscience de leur origine et de leur fin, qu’ils se penchent sur cette énigme surgie du fond des âges.
Elle veut convoquer les médias.
Lorsqu’elle aborde le sujet avec lui, il élude. Elle n’insiste pas.
Elle revient à la charge. Il lui dit qu’il est d’accord, il songeait justement à proposer un article à une revue scientifique. Il s’absorbe dans la contemplation de son corps. La fois suivante, il se décommande au dernier moment. Il ne donne plus signe de vie. Lorsqu’il sonne à la porte des semaines plus tard, elle est si soulagée de le revoir qu’elle ne pense à rien d’autre.

Pourtant l’envie renaît, de s’exposer, d’éclater comme une bombe à la face du monde. Elle lui en reparle la fois d’après, et celle d’après encore. Devant elle il semble intéressé, mais une fois parti, son portable ne répond plus. Elle le soupçonne de vouloir gagner du temps. Elle remet le sujet sur la table, il se dérobe. Elle demande des comptes, il cherche ses mots.
Ce n’est pas qu’il lui refuse son destin. Ni qu’il doute d’elle. Ni qu’il la balade depuis le début. Pas du tout. Ses réticences ont une cause bien plus simple.
Il a peur pour elle.
Il craint la froideur déstructurante de la science et, tout autant, la curiosité malsaine du commun. Les mains qui palpent et questionnent, les machines et les instruments qui sondent, perforent, les écrans qui dénaturent. Les esprits forts, l’ironie, l’humour facile, tout cela le rebute. Il voudrait lui éviter les mises à l’épreuve, le doute, les examens. Il souhaite la préserver des intrusions, la garder intacte, elle, son innocence et son mystère. 
-Ils vont t’ouvrir, t’abîmer, c’est une offense, je ne veux pas.

Elle éclate de rire. Cette crainte est ridicule. Et puis, à quoi tout cela rimerait, ces mois passés, s’il n’y avait, au bout, une noble visée, un dessein historique, la validation de tests, l’onction de la science ?
Il se tait.

Elle a attrapé sa veste, ses livres, ses cahiers, ses crayons ses croquis, le tabouret à vis, et son thé. Elle a jeté le tout sur le palier et lui a crié de ne jamais revenir. Elle a voulu claquer la porte - le battant blindé est si lourd, son épaule en est meurtrie. Il a ramassé ses affaires et s’est éclipsé.
Plus tard elle regrette. Elle tente de le joindre. Sur le répondeur elle ne reconnaît pas la voix. Elle lui laisse plusieurs messages, embarrassés, désolés, pressants. Elle rappelle encore, dépose chaque jour son souffle sur la boîte vocale.

Pendant quelques semaines elle continue sa vie d’avant, les courses deux fois par semaine, les cours au lycée. Elle a repris rendez-vous chez le gynéco mais la femme l’a regardée d’un drôle d’air quand elle a essayé d’aborder la question du trésor entre ses cuisses. Elle n’a pas osé se montrer plus précise. Dans la rue elle est prise de vertiges. Un jour elle manque le travail et ne donne plus signe de vie. Au bout d’un mois sans nouvelles l’établissement la remplace. Quand les policiers sonnent chez elle, personne ne répond. Ils laissent un mot.
...
Bien plus tard ses voisins, alertés par l’odeur, ont appelé les pompiers, qui ont forcé la porte. Lorsqu’ils tirent les rideaux et laissent pénétrer la lumière dans la pièce, le plus jeune laisse échapper un sifflement. Autour du corps sans vie, la chambre s’anime d’une vie sauvage. Aux murs hennissent de gigantesques chevaux, crinières ocre et feu au pinceau, des mammouths bruns brandissent leurs défenses, un rhinocéros noir se prépare à charger au plafond. Les sauveteurs interloqués sortent leur portable pour prendre l’ensemble en photo. L’ensemble des peintures est d’une précision rare, d’une sensibilité exquise, d’un réalisme saisissant.





« Modifié: 09 Février 2023 à 16:22:00 par DinaEgg »

Hors ligne Mic Ester

  • Troubadour
  • Messages: 377
Re : Lascaux
« Réponse #1 le: 28 Janvier 2023 à 18:17:45 »
Hello Dina
En commençant la lecture, je me posais des questions, comment revenir à la préhistoire dans une pareille situation ?
Et puis tu amènes la grotte d’une belle façon, complétement inattendue, originale et là on n’a  vraiment envie de connaître la suite et la fin bien sûr.
Je suis pas fan des textes longs, parce que justement parfois c’est long, mais là ton texte déroule tout seul, on ne s’ennuie pas une seconde, les personnages sont bien décrits, on se demande quel est le plus allumé des deux, tu as un peu écourté la fin, bon …
A+ pour d’autres aventures rupestres !

Hors ligne DinaEgg

  • Tabellion
  • Messages: 39
Re : Lascaux
« Réponse #2 le: 29 Janvier 2023 à 11:42:16 »
Salut Mic,
merci de ton retour sympa. C'est vrai que la fin de l'histoire est peut-être un peu précipitée. J'ai tendance à ne pas assez développer mais avoir un avis me permet de croire un peu plus à ma nouvelle. Ça me motive pour la retravailler.
A une prochaine.

En ligne Basic

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 340
Re : Lascaux
« Réponse #3 le: 07 Février 2023 à 18:58:08 »
Bonjour Dina

les bienfaits de la réciprocité.

J'ai découvert ton texte. Dire que j'ai trouvé ça bon ne suffirait pas, j'ai eu un sourire greffé sur la tronche quasi toute ma lecture ( tantôt un peu coincé, tantôt un peu ébahi...)
Peut-être la seconde partie, celui où elle bascule dans une sorte d'auto vénération qui m'a un peu moins touché, parce que peut être trop sage. Il nous manquerait presque, soit une bascule vers le grotesque soit vers la starisation immaculée des martyrs.
Quelques remarques au fil de la lecture

B

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

Page perso ( sommaire des textes sur le forum) : https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=42205.0

Hors ligne BeeHa

  • Prophète
  • Messages: 932
Re : Lascaux
« Réponse #4 le: 08 Février 2023 à 09:44:52 »
Bonjour DinaEgg,

Quelques petits trucs au fil de ma lecture.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


D'un point de vue général, j'ai trouvé l'histoire bien menée, avec une idée originale. (Et je ne m'attendais pas vraiment à ça avec le titre Haha)
La personnalité des personnages est clairement posée, avec un peu la "froideur" scientifique de l'homme et de l'autre côté l'évolution de celle de la femme au fil des paragraphes.
La fin est peut-être un poil abrupte.

Et tu parlais de développement, peut-être qu'aller plus loin au moment du changement où elle se sent plus "grande" etc, montrer d'autres situations où elle aurait été un peu regardé de travers ? A son boulot par exemple, en amenant un sujet étrange ? (Sans l'être trop non plus devant des collégiens, bien sûr) Ou en rencontrant son amie Cécile à qui elle pourrait parler de tout ça ? (Si elle lui parle de ses aventures, pourquoi pas de ses peintures rupestres après tout. :))

A bientôt ~
“A faint clap of thunder;
Clouded skies;
Perhaps rain comes – if so, will you stay here with me?”

“A faint clap of thunder;
Even if rain comes not;
I’ll stay here, together with you…”

Hors ligne DinaEgg

  • Tabellion
  • Messages: 39
Re : Lascaux
« Réponse #5 le: 08 Février 2023 à 10:00:09 »
Hello Basic et BeeHa,
merci infiniment d'avoir pris le temps de lire et d'annoter ce texte. En effet ce n'est pas le genre de nouvelle que je peux montrer à tout le monde ;D, alors c'est génial d'avoir vos avis, et détaillés en plus.
Basic, ta remarque sur le manque de fantaisie dans la deuxième partie tombe juste, c'est un problème que j'ai avec d'autres nouvelles mêlant le très familier et le légèrement fantastique. Cette remarque rejoint celle de Mic Ester et BeeHa sur la fin un peu rapide. Ces faiblesses sans doute dû en partie au fait que je ne suis pas sûre de croire à mes textes (bon c'est un peu n'importe quoi faut dire) et que j'ai besoin de les balancer, pour qu'on me dise "mais si, vas-y" et que je trouve le courage de développer -après je ne sais pas si j'arriverais à améliorer mais je vais essayer. Merci pour les pistes BeeHa.
Pour les remarques de forme, merci aussi, je vais corriger rapidement.
Pour Houda Khan, c'est de la pure foutaise, la théorie des femmes tatouées de l'intérieur pareil. Le point de départ c'est plus une association d'idées...
A une prochaine.
« Modifié: 08 Février 2023 à 15:19:10 par DinaEgg »

 


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