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13 Juin 2026 à 17:40:15
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La pute russe et la pianiste.

Auteur Sujet: La pute russe et la pianiste.  (Lu 2755 fois)

Hors ligne Ollin

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La pute russe et la pianiste.
« le: 30 Avril 2011 à 05:06:41 »
Ernya : "Lance-toi ! Raconte-nous une histoire, crée une ambiance, parle-nous d’un personnage et arrête de te poser des questions."
B'allez, comme on dit, alors.
Bonne lecture, j'espère.





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    Elle venait d'ouvrir ses paupières gonflées. Les reflets du matin la frappaient, on voyait sur son visage l'agitation de ses nuits, de son petit manège social où l'alcool coule presque autant que les fluides corporels. Elle se leva et jeta un œil au couvre lit, se demandant si elle avait bien fait de prendre de la hauteur, et de subir la gueule de bois qui la bouffait. Cette chambre où le rose dominait aurait pu être celle d'une fillette, mais ce lit à motif floral aurait pu témoigner du contraire : les psychotropes rendent parfois les orifices bien permissifs, dans un sens comme dans l'autre.

   Elle enfila son accoutrement de pute russe, et alla se jeter sur une chaise, les coudes sur la table, pour se réveiller par étape. Elle dormait mal quand elle ne rentrait pas bourrée, donc les réveils étaient durs, qu'elle boive ou non. Mais elle avait un truc pour occuper ses longues insomnies, pour s'empêcher de penser dans le silence de la nuit : elle jouait aux échecs sur internet. Une occupation étrange pour une fille qui avait tiré une croix sur la pensée, qui se voulait assez superficielle pour supporter un quotidien vidé de sens. Et elle pouvait jouer des heures durant, elle adorait ça. Par contre, elle ne cherchait pas à partager sa passion, elle préférait les contacts de surface et garder pour elle ses excentricités. Elle en était pourtant fière, et le sentiment grisant de plénitude quand elle gagnait une partie était presque devenu une addiction. Le jour, elle était une plante d'intérieur, un buvard à sentiments futiles, la nuit, elle se transformait en tacticienne subtile. Un contraste qu'elle-même se refusait à interroger, qu'elle préférait vivre sans profondeur.

   Physiquement, elle était mince, grasse comme la plupart des citadines, mais mince. Blonde aux yeux bleus, elle avait en commun avec les canons de beauté la même fadeur, la même symétrie lassante. Au fond, elle enviait ces filles qui ne ressemblaient à personne. Et c'était la même chose avec son odeur, elle n'en avait plus, sinon celle de son foie en cavale. Alors, elle se couvrait de crèmes, de parfums, de déodorants, pour ne plus sentir que le propre, pour cacher l'état morbide d'un corps qu'elle prenait plaisir à détruire, avec un machiavélisme qui jurait avec son imbécilité affichée. Bref, banale à en crever, un corps désincarné surplombé d'un esprit en fuite. Une superficialité exagérée et un cœur torturé, pour être sûre qu'il battait encore. C'était ça, sa vie, une existence qui menait un combat contre elle-même, pour avoir la certitude de sa souffrance.

   Aujourd'hui, cependant, elle avait autre chose à faire. Ni shopping, ni boite, ni baise. Famille oblige. Sa petite sœur donnait une représentation au conservatoire de la ville. Une petite pianiste en herbe. Ça la faisait carrément chier par contre. La musique ne lui faisait plus rien, ça ne l'intéressait pas, ça lui servait  juste de prétexte pour boire et copuler. Encore heureux, elle était dans sa phase maniaque, alors peut-être saura-t-elle être gagnée par l'enthousiasme, mais elle en doutait. Elle enfila ses talons et alla frapper le sol des rues. Il faut dire que ça remontait un peu son cul, et lui donnait un semblant de fermeté. Et ça, elle en était fière aussi.

   Elle arriva devant le conservatoire. Le public n'avait pas d'âge. Des élèves, des familles, des professeurs, tout ce beau monde se côtoyait naturellement. De fait, elle ne se sentit pas mal à l'aise et attendait que les portes s'ouvrent pour aller essuyer la sueur de son entrejambe sur une chaise. C'est qu'il faisait chaud cet été-là, et le sport, c'était pas son truc. Leurs parents auraient pu être là, mais refilées très tôt à des familles d'accueil, elles avaient grandi dans une famille où les parents de substitution frôlaient la retraite. L'un était déjà mort, et l'autre était trop grabataire pour sortir de son mouroir. Malgré ça, elle ne voyait sa sœur que rarement, et c'est pas les trois années de différence d'âge qui lui servaient d'excuse. Non, elles n'avaient juste rien d'autre à se dire que des banalités déconcertantes. La petite sœur essaya pourtant de garder contact, mais eut vite l'impression de s'imposer. Aujourd'hui, c'était spécial, cela faisait des mois qu'elles ne s'étaient pas vues, et la petite profitait de l'occasion pour s'offrir en spectacle à sa sœur et lui montrer ce qu'elle était devenue. C'était peut-être aussi une manière de lui dire qu'elle était assez grande pour pouvoir s'occuper d'elle.

   Petites, les pôles de la relation étaient inversés, la grande assumait son rôle et protégeait une petite sœur faiblarde et influençable. Elle était son idole, et un amour qui a eu beaucoup de peine à se détériorer en était né. Pour la petite, elles étaient seules au monde, elles ne pouvaient compter que l'une sur l'autre, trahies comme elles l'avaient été. Et sa grande sœur l'avait bien compris, elle la choyait ; et un petit rituel anodin comme lui faire des tresses devenait un soulagement pour le cœur. Elle se sentait digne d'exister entre les mains de sa grande sœur. Rien que la légère odeur musquée de son corps la détendait, et lui imposait ce besoin compulsif de se blottir et de la respirer jusqu'à l'ivresse. Il n'y avait donc entre elles aucune rivalité comme dans les familles classiques, l'histoire de leur vie les avait soudées. Elles s'aimaient tellement qu'elles se touchaient, se caressaient, et s'embrassaient dès qu'elles le pouvaient. Il y avait presque un semblant d'inceste dans cette peur panique de ne plus pouvoir se quitter. Le bonheur n'existait que dans le corps de l'autre.

   Comment ont-elles pu en arriver là ? La grande, plus précoce par définition, chercha de l'air, pressée par l'amour compulsif de sa petite sœur. Elle chercha à partager ses sentiments dans une sphère plus étendue : trouver un petit copain, se faire des amis proches... La petite, en réaction, ne fit pas de scandale, mais se renferma sur elle-même, de plus en plus, autant que sa grande sœur gagnait de l'indépendance. Pour se faire, la grande avait dû vivre une situation paradoxale un certain temps, où le sentiment de culpabilité s'opposait à celui de découverte. Elle apprit pour la première fois à nier ses sentiments. Elle passa une grande partie de son adolescence la tête vide pour ne pas se sentir accablée, pour que sa petite sœur perde son exclusivité. Sa culpabilité se transforma en accusation. Au fond, elles firent toutes deux la même chose, refouler, encore refouler, mais dans deux directions différentes. Et aujourd'hui, sa petite sœur allait se produire devant elle, le prototype même d'une jeune fille désabusée dont la futilité sauvait un peu le quotidien. Dont l'alcool détruisait le peu de questions qui la traversaient et, la culpabilité qu'elle avait envers elle-même quand les souvenirs lui revenaient.

   Les portes s'ouvrirent, et la petite foule commença à rentrer et à s'installer. Elle eut un moment d'hésitation, comme une mise en garde inconsciente, mais son esprit fatigué ne prit pas la peine d'y réagir. Elle posa son cul sur une chaise du fond et prit soin de croiser les jambes pour ne pas offrir en spectacle un string transparent, recouvrant le sexe imberbe d'une fille qui n'avait jamais su grandir. La salle n'était pas très grande, une centaine de chaises, une petite estrade en parquet, des rideaux rouges en tissu épais sur les bords, et un piano reluisant sous la lumière au centre. Les gens, bruyants, parlaient entre eux, et elle, écoutait ce brouhaha en silence.

   C'est alors qu'elle vit les lumières s'éteindre. De petits pas sur le parquet percèrent le silence, et un projecteur s'alluma sur une jeune fille pas très grande, à la démarche hésitante. Elle trainait de minuscules pieds, nus, comme si son corps essayait de marcher sans eux. On distinguait du fond de la salle des orteils recroquevillés sur le parquet, et des chevilles toutes frêles, qui voulaient se rompre à chaque instant. Le bas de sa robe noire, aéré et légèrement froissé, couvrait la naissance de ses tibias. Sa taille était serrée, étroite, et la grande se disait qu'elle pouvait sûrement joindre ses mains autour. Sa poitrine peinait à se faire remarquer, innocemment discrète, pas bien plus large de cage que de taille. La dentelle blanche qui parsemait sa petite robe, se retrouvait sur les épaulettes, sur le col et l'extrémité des manches aussi. Mais, le détail qui la secoua le plus fut ses mains tremblantes, longues et fines, dont l'usure et la corne de la pulpe fissuraient le champ de vision. Elle la regardait jouer avec ses doigts en avançant fébrilement vers le piano. Et son visage sortit de la pénombre. Il était blême et ses joues saillantes entouraient un nez en trompette, parsemé de tâches de rousseur. Les lèvres mordillées, elle prit une longue respiration, coiffa sa longue chevelure noire, détendit son expression anxieuse, et se présenta en portant son regard d'ébène à l'horizon.

   Elle s'installa au piano en prenant soin de ranger le bas de sa robe. Et la main portée vers l'avant, une ombre levée sur sa poitrine, un coin de lèvre inférieure pincée, l'index de sa main dominante se leva légèrement : ce geste était le silence. Et la danse commença. Les hanches agitées, ses cheveux se balançaient, découvraient et recouvraient sa nuque blafarde. Ses épaules balayaient l'horizon de notes quand une mèche vint se poser sur son oreille, un court instant. Son corps ne semblait que danser, les yeux écarquillés avec force. Et, sans savoir pourquoi, la grande buvait chaque coup de pinceau de cet étrange tableau : la douceur de son toucher, la violence faite à ce petit corps pour en tirer grâce et beauté, la rixe maniaque de ses paupières chaque fois que son bras cherchait la feuille, le changement d'appui sur ses fesses et ses pieds nus. Il y avait trop à voir pour qu'elle tende l'oreille. Elle assistait à la célébration de sa présence, en silence. Elle buttait contre la vision obsédante de ce corps. Alors, cette danse la prit de court, cette détermination douce et puissante lui coupa le souffle. Soudainement, son regard devint opaque, un souvenir venait de resurgir : elle avait l'image de sa petite sœur imprimée devant ses yeux, qui lui avouait discrètement, presque en chuchotant, entre deux conversations à peine écoutées, que son audition chutait. Elle avait cru mal entendre... Et elle serra ses mains l'une dans l'autre en abaissant la tête. Combien d'années s'étaient écoulées sans qu'elle ne pleure ?


   « Ah... si je pouvais me blottir contre ce petit corps fragile, nue, et caresser sa nuque chaude encore une fois... Si je pouvais rêver au rythme du parfum discret de sa sueur. Si elle pouvait me faire des tresses pour une fois. Si je pouvais me pardonner... je pourrai peut-être, enfin, dire adieu à mes insomnies.»
   
« Modifié: 03 Juillet 2011 à 18:44:41 par Ollin »
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Re : La pute russe et la pianiste.
« Réponse #1 le: 30 Avril 2011 à 16:25:22 »
Citer
on voyait sur tout son visage l'agitation de ses nuits,
le « tout » alourdit vachement la phrase, pour pas grand-chose, je trouve

Citer
son petit manège social où l'alcool coule presque autant que les fluides.
Pas compris la comparaison entre l’alcool et les fluides

Citer
Elle se leva et jeta un œil au couvre lit en se demandant sans réfléchir si elle avait bien fait de prendre de la hauteur,
Hm faut que tu m’expliques comme tu peux te demander quelque chose sans réfléchir…

Je pige pas ce que tu veux dire par « subir éveillée un mal de crâne ». A priori, si on a mal à la tête, ça nous empêche de dormir mais bon…

Citer
Cette chambre où le rose dominait aurait pu être celle d'une fillette, mais heureusement que ce lit à motif floral ne pouvait dire le contraire.
Tu passes du cop à l’âne, il faut que tu fasses attention à la transition de tes phrases^^
Sinon rien pigé encore une fois à ce que tu veux dire : le lit indique quoi ?

Citer
Les psychotropes rendent parfois les orifices bien permissifs, dans un sens comme dans l'autre.
Ah mais tout à fait, et l’oxymore entretient des liens de parentés antithétiques avec l’antiphrase ironique :huhu:

  
Citer
un haut noir uni à décolleté plongeant
si c’est que noir, oui c’est uni, donc supprime le « uni »

Citer
Enfin, il y avait assez à boire pour combattre sa future remise en question. Et oui, elle fait partie de cette catégorie qui a abandonné l'idée de penser,
Pourquoi on passe à du présent ?

Citer
très jeune, sous l'influence de l'univers dans lequel elle évoluait.
Bof, ce discours me convainc pas. Les putes sont pas forcément des filles qui ont deux neurones…

Citer
. Une étudiante en échec de plus dont les loisirs se résumaient au shopping, à la baise et à la défonce.
Là encore, c’est assez caricatural comme façon de voir. Surtout quand on voit la réalité : des étudiantes qui se prostituent pour payer leurs études, un peu triste quand même…

Citer
. Encore heureux, elle était dans sa phase maniaque, alors peut-être saura-t-elle être gagné par l'enthousiasme, mais elle en doutait.
Pas compris ce que tu entends par « phase maniaque »

Citer
De fait, elle ne se sentit pas mal à l'aise et attendait que les portes s'ouvrent pour aller essuyer la sueur de son entrejambe sur une chaise.
Tu peux pas apposer deux verbes de temps différent comme ça

Citer
la grande n'ouvrait que rarement sa bouche, sinon pour sucer ou boire.
Encore une fois bof

Citer
Elle appris pour la première fois à nier ses sentiments.
Apprit

Citer
Une ombre s'était levé sur sa poitrine, qui jouait avec l'éclat de sa peau.
Levée

Euh, le texte se finit comme ça ? C’est un peu dommage de s’arrêter là, tu aurais pu aller plus loin.

Bon, ça, c’est un vrai texte. Que tu peux améliorer. Comme je te l’ai déjà dit, la situation du début est caricaturale, on peut pas y croire. C’est trop simpliste comme façon de dire les choses, une vieille grand-mère, pleine de bonne morale, aurait fait le même discours. Toi, tu écris, t’es pas une vieille grand-mère pleine de bonne morale. Faut pas que tu tombes dans la caricature facile et bien-pensante, c’est trop dommage.
Pour ton texte, tu as besoin de montrer une évolution du personnage, évolution intéressante en soi d’ailleurs, mais rien ne sert de forcer le trait avec des phrases aussi attendues et vraiment faciles. Dans le reste du texte, tu montres bien qu’elle est pas si insignifiante que ça, qu’elle a une vie qui fait qu’elle est devenue comme ça, alors balance pas dès le début des généralités qui ne rendent pas du tout compte de ton personnage, la pauvre, elle mérite bien mieux que ces jugements hâtifs et conventionnels. Bref, je te conseille de reprendre vraiment le début en reliant un peu plus tes phrases et surtout en déclichant un peu ton personnage. Laisse-nous comprendre qu’elle est en pleine dérive, ne nous cache pas son état de prostituée, mais montre-le avec plus de classe quand même.

Le début est assez laborieux parce que soit tu dis des choses simples sur un mode tellement complexe qu’on comprend plus ce que tu dis, soit tu vires dans le cliché. Après, c’est beaucoup mieux, c’est moins cliché, plus maîtrisé au niveau de la narration, plus nuancé, donc retravaille un peu le début et ça donnera un texte bien.^^

Voilà, continue en tout cas !
« Modifié: 30 Avril 2011 à 16:29:19 par ernya »
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Re : La pute russe et la pianiste.
« Réponse #2 le: 30 Avril 2011 à 16:52:10 »
Alors, j'ai clarifié deux trois phrases qui étaient un peu lourdes ou dures à comprendre.
L'image de la pute russe n'est pas à prendre au premier degré... je pensais que c'était une image relativement répandue.
La pute russe, c'est un peu la nana sur la pochette du J'accuse de Saez, une blondasse dans un caddie, victime de la consommation, superficielle,
dont les pensées se résument à des constats simples et bêtes, souvent pris à droite à gauche et reformulés dans ses mots de quiche. Normalement riche, même les nanas des couches moyennes essaient de s'habiller ou alors bavent devant ce que les putes russes aiment s'acheter. C'est pour ça que j'ai parlé de pute russe du pauvre, c'était pas pour dire que c'était une prostituée pas chère. :p
C'est une pouf, une fille satisfaite de sa vie citadine qui a peur de la nature, des insectes et des animaux, qui ne supporte pas de marcher si c'est pas pour faire du shopping.
J'ai repris volontairement une image clichée, car, il y a aujourd'hui énormément de filles comme ça, dont les seules occupations sont les sorties en boite, la défonce, le sexe, et le shopping, et qui ne voient pas plus loin que ça.
Dans ce texte, j'ai juste cherché à montrer que derrière cette manière de vivre, il y avait autre chose, et que finalement, si elles se satisfont du prêt-à-penser, c'est pas pour rien. Là, je l'ai stigmatisé dans une histoire individuelle, où j'ai préféré laisser beaucoup de non-dits, mais en lisant entre les lignes normalement, on peut comprendre pourquoi elle est devenue comme ça.

Et donc, elle n'est pas prostituée, le sexe est un passe-temps, un divertissement pour une reine du "tout-va-bien-faut-pas-penser". Un voile si tu préfères qui lui masque son propre esprit mais qui n'en fait pas forcément un bon coup, puisque comme son esprit, son corps est un fardeau pour elle, il ne sert qu'à sa lente auto-destruction.

Bref, j'voulais faire un raccourci avec cette image de pute russe, que chacun se la fasse sienne et arrive à sa vision de la fille modèle dressée par le système de consommation. Et donc justement, j'ai voulu faire dériver cette image.

Après, j'aurais pu plus développer sa psychologie, mais j'étais fatigué. :p
Pour la fin, j'ai voulu qu'il n'y ait pas d'explication, en général, ça échappe à la logique ce genre de choses, j'ai préféré poser le contexte et donner la résolution.

Je dis pas que ça mérite pas d'amélioration, mais j'ai l'impression que tu t'es focalisée sur le cliché, qui n'est là que pour être dépassé. Je trouve ce cliché plutôt fort parce que justement, il représente bien un nombre plus que conséquent de la gente féminine.

J'attendais des critiques surtout sur le dépassement de ce cliché. Ca n'est pas super bien maitrisé, ça, je pense. Mais, il aurait fallu un texte énorme je pense, et je sais pas si j'en suis capable.

Sinon, merci de l'avoir lu, ça fait toujours plaisir d'avoir des retours.

PS : je me rends compte que j'ai pas répondu à certaines interrogations.  :p
Alors, pour le lit, j'ai changé le verbe pour que ce soit plus compréhensible. C'est juste pour poser le paradoxe entre la naïveté rose de cette chambre et les événements qui se sont écoulés à l'intérieur. Je prends le lit comme témoin qui s'il savait parler, pourrait témoigner de la décadence de cette jeune fille.

Pour la phase maniaque, c'était juste une référence rapide pour dire qu'elle était bipolaire. Une façon d'accentuer un peu sa modernité et les ravages de la société et de son enfance, sans tomber dans le pathos. Une manière de dire qu'à force de jouer avec ses sentiments, que ce soit elle qui le fasse ou les autres, elle est devenue comme ça, mais ça témoigne d'une certaine fragilité aussi.

Je me rends compte finalement, que mon écriture n'est pas simple à comprendre, quand on ne partage pas les mêmes références. Je sais pas encore par contre si je veux vraiment qu'on me lise sans effort de compréhension et sans qu'il n'y ait des doubles sens. Je le fais de manière sûrement encore très maladroite, mais j'ai toujours aimé les quelques mots qui peuvent en dire cents.

Merci en tout cas de m'avoir fait rendre de compte de cela. Faut que j'apprenne à jouer de cette opacité, la rendre claire par moment, et la rendre plus compliquée à saisir à d'autres moments. Faut que j'arrive à m'en servir plutôt qu'à le faire naturellement.
« Modifié: 30 Avril 2011 à 17:10:14 par Ollin »
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Re : La pute russe et la pianiste.
« Réponse #3 le: 30 Avril 2011 à 17:13:09 »
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L'image de la pute russe n'est pas à prendre au premier degré... je pensais que c'était une image relativement répandue.
Oui c’est répandu ! Mais refaire de façon cliché ce qui est déjà en soit un cliché, je vois pas trop l’intérêt…
C’est pour ça que je trouvais ça caricatural, parce que finalement tu redis ce que tout le monde sait déjà et tu le fais sur la moitié de ton texte, donc bon, un peu beaucoup pour un profil déjà vu et revu, tu penses pas ?  Enfin, la suite du texte montre bien qu’en effet, t’essayes d’aller derrière ce voile mais le début fait trop discours bien-pensant je trouve. Je sais pas si je suis très claire.

Si tu veux, ce qui me gêne surtout c’est pas tellement que la fille soit stéréotypée, c’est que ta façon de la juger le soit et corresponde à la morale bien-pensante bourgeoise. C’est ça que je trouve dommage. C’est pas le personnage qui me dérange, mais ta façon de le présenter. Ce discours-là, on le connaît déjà et il aisément résumable^^. T'aurais pu mettre en trois-phrases un portait de cette fille et ça aurait été presque mieux.

Je pense que tu peux très bien nous montrer une fille stéréotypée sans toi-même faire un texte qui le soit.

Voilà, je sais pas si j’ai mieux explicité ma pensée ou pas.

Bien sûr que le dépassement du cliché est le plus important dans ton texte et c'est la raison pour laquelle, je le trouve bien en substance. Mais le début ne correspond pas trop à ce que tu montres après, je trouve que y'a vraiment une grande différence entre ton début qui m'a écoeuré et la suite. Du coup, si le début n'est finalement pas important, ben autant le raccourcir  ?
Je pense que c'est une histoire de ton en fait, au début, on dirait vraiment un ton de bourgeois bien-pensant et après c'est plus le même, on rentre dans l'intériorité de la fille, c'est plus nuancé. Peut-être que si le début était rapporté sur un ton comique ou alors en poussant le côté "vieille grand-mère qui trouve que toutes les filles d'aujourd'hui sont des putes", ça passerait mieux ?

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Pour la phase maniaque, c'était juste une référence rapide pour dire qu'elle était bipolaire. Une façon d'accentuer un peu sa modernité et les ravages de la société et de son enfance, sans tomber dans le pathos. Une manière de dire qu'à force de jouer avec ses sentiments, que ce soit elle qui le fasse ou les autres, elle est devenue comme ça, mais ça témoigne d'une certaine fragilité aussi.
ok, mais être bipolaire et être maniaque, c'est quand même pas la même chose donc c'est pour ça que je trouve le terme trop ambigu et peut-être pas le meilleur dans ton contexte.

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Je me rends compte finalement, que mon écriture n'est pas simple à comprendre, quand on ne partage pas les mêmes références.
n'oublie pas que je ne fais qu'exprimer mon avis ;)
Et là, c'est pas tellement une histoire de références qui joue, c'est plutôt une question de goût je pense. Ca me hérisse les grands discours bien-pensants, mais c'est peut-être aussi moi qui me hérisse pour des choses qui ne  gêneront pas les autres. T'aurais fait le début sur un autre ton mais en disant la même chose, ça m'aurait pas gêné^^

Bref, attends d'autres lecteurs pour avoir une meilleure idée ;)

« Modifié: 30 Avril 2011 à 17:23:10 par ernya »
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Re : La pute russe et la pianiste.
« Réponse #4 le: 30 Avril 2011 à 17:22:20 »
Mmmm, je comprends mieux tes remarques. Effectivement, j'aurais pu raccourcir le début. En fait, le texte n'a pas subi de remaniement, il a été écrit, deux trois conneries ont été changées, et voilà. J'aurais dû en effet rallonger d'autres parties, tronquer ailleurs, etc. Et effectivement, le ton petit-bourgeois était là pour contraster avec le reste. Mais je soutiens que cette superficialité est détestable, même si il y a quelque chose derrière, ça n'empêche pas. Je voulais un début plat, banal, cliché, mais ça m'a désservi on dirait.

Pour les grands discours, sans chercher à vouloir imposer ce que je pense, loin de moi cette idée, je pense que ce n'est pas réellement un discours bobo-gauche que je soutiens. Je fais plutôt le constat d'une génération à travers un stéréotype, la plupart n'aime pas penser de nos jours, c'est fatiguant et ça sert à rien. J'essaie juste de présenter cette forme de vie comme un gâchis. C'est peut-être pas assez explicite, faut dire quand on écrit, on se comprend mieux que les autres nous comprennent, et c'est là tout le problème.

Tu dis que je parle un peu de moi dans ce texte, et justement ce personnage principal, il fait un peu partie de nous tous. C'est notre conscience commune, ce qui émane de la société, et à laquelle on ne saurait échapper. On a tous en nous une petite part de pute russe.

Bref, j'arrête de défendre bec et ongle mon texte. J'en suis sacrément fier vu le temps que j'ai passé sans écrire, c'est pour ça que je me sens comme obligé de le justifier.
Normalement le texte devrait s'auto-justifier lui-même, c'est juste que j'ai encore du chemin à faire.
S'cuse si j'ai pu insister un peu trop.
« Modifié: 30 Avril 2011 à 17:41:44 par Ollin »
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Re : Re : La pute russe et la pianiste.
« Réponse #5 le: 30 Avril 2011 à 17:35:19 »
Citer
Je fais plutôt le constat d'une génération à travers un stéréotype, la plupart n'aime pas penser de nos jours, c'est fatiguant et ça sert à rien. J'essaie juste de présenter cette forme de vie comme un gâchis. C'est peut-être pas assez explicite, faut dire quand on écrit, on se comprend mieux que les autres nous comprennent, et c'est là tout le problème.
ouip peut-être pas assez explicite. Peut-être qu'en rajoutant des remarques au début sur cette idée de gâchis, le fait que ce soit dommage, ça permettrait de mieux développer ton idée, oui. Ca permettrait de nuancer en tout cas. Et on verrait mieux le point de vue que tu défends dès le départ.

Ou alors, si tu veux vraiment que le début fasse/ soit morale de petit bourgeois et ben force le trait ou alors précise-le. ;)

A toi de voir, mais manifester un peu mieux ta position (soit tu fais le petit bourgeois bien pensant, soit tu montres que cette fille est une caricature ambulante et que c'est dommage qu'elle agisse ainsi), ça éclairerait le texte, pour sûr !


Citer
Tu dis que je parle un peu de moi dans ce texte, et justement ce personnage principal, il fait un peu partie de nous tous. C'est notre conscience commune, ce qui émane de la société, et à laquelle on se saurait échapper. On a tous en nous une petite part de pute russe.
je suis d'acc, c'est pour ça que c'est dommage de caricaturer dès le début, on s'y reconnaît moins alors qu'au fond je suis totalement d'acc on est aussi cette petite pute russe^^

Sinon, tu as raison de défendre ton texte, et puis tu es ouvert à mes remarques, donc y'a aucun problème ! ;)
« Modifié: 30 Avril 2011 à 17:41:43 par ernya »
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Re : La pute russe et la pianiste.
« Réponse #6 le: 30 Avril 2011 à 19:55:08 »
Petit up. Modification de la première partie pour donner au personnage un peu de profondeur.

Edit : encore une modif du texte, plus en profondeur et même la partie finale. Je pense rallonger le dernier paragraphe et lui donner plus d'impact. A voir.
« Modifié: 01 Mai 2011 à 04:10:40 par Ollin »
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Re : La pute russe et la pianiste.
« Réponse #7 le: 01 Mai 2011 à 21:03:20 »
En fait l'impression que tu m'as laissée à la fin de la lecture, c'est que tu as écris ça un peu au fur et à mesure, sans trop savoir où aller. C'est comme si on voyait la façon dont tu construisais ton personnage, au fur et à mesure que tu rajoutais des couches de détails et d'explications sur sa vie passée. Du coup, si le début était un peu tâtonnant, la fin résonne plus, et donne plus de panache à l'ensemble qui, autrement, aurait été un peu pâlot.

Sinon, j'ai quand même bien aimé, mis à part certains passages déjà-vu/clichés/banaux/moches. Je trouve que la dimension que tu as essayé d'insuffler est malgré tout bien passée, et je pense que c'est une bonne reprise pour tes essais pour réécrire.
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

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Re : La pute russe et la pianiste.
« Réponse #8 le: 02 Mai 2011 à 14:33:13 »
J'ai beaucoup aimé la fin. On l'attendait un peu cet éveil amoureux à voir sa petite soeur jouer, mais c'est bon et tu l'as bien écrit.
Je l'ai lu facilement et de façon agréable.  ;)

Hors ligne Kathya

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Re : La pute russe et la pianiste.
« Réponse #9 le: 04 Août 2011 à 16:13:26 »
J'ai bien aimé, mais il reste encore des maladresses dans le début, et j'ai eu beaucoup de mal à me faire aux changements de temps intempestifs qui détonnent dans la narration. La fin est plus prenante, mais presque trop rapide ! x')
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

 


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