J’avais juste envie d’écrire sur le temps. Le temps est sans doute la chose non tangible la plus convoitée dans le monde. Le temps est l’origine de tout sentiment. L’amour, la joie, la douleur, la solitude se façonnent dans le temps. Le temps nous met au monde et nous tue. Le temps s’enfuit lorsqu’il est désiré et se fait long lorsqu’il est regretté. Einstein disait que la relativité du temps ne dépendait que de nous. Passez une minute avec votre doigt sur une poêle brulante, cela vous semble durer une heure, passez une heure à discuter assis à coté d’une jolie fille et cela vous semble durer une minute.
Pouvons-nous choisir la relativité du temps ? Pouvons-nous choisir de l’allonger où de le raccourcir ? Peut-on le contrôler et le ressortir à des occasions voulues ? Est-ce que nous pouvons dompter le temps ?
Parfois je regarde le ciel et j’ai l’impressions de n’être que la proie du temps. J’ai l’impression qu’il me fuit. J’ai l’impression qu’il me tient dans le creux de sa main et que celle-ci est entrain de se renverser. Je n’ai pas honte d’affirmer que j’ai peur du temps. Peur qu’il ne me prive de mon potentiel, des choses que j’aime, de mes proches, de la vie. Je veux que celle-ci s’éternise et que les moments durent aussi longtemps que la minute où j’ai laissé mon doigt sur cette poêle brûlante.
La question est donc de savoir reproduire la poêle brûlante dans des moments inoubliables. Savoir ressentir un sentiment aussi fort que la douleur d’une brûlure. Est-ce réellement possible ? Et au faite pourquoi ? Pourquoi le bien s’écoule rapidement alors que le mal est si lent ? Qui en a décidé de la sorte ? Nous ?
Je pense également que le temps est éducatif. Le temps est un émetteur de compte-rendu sur les actions, les regrets et les remords de notre existence. Le temps nous fait prendre conscience de toutes nos erreurs. Et que celles-ci ne pourront jamais être réparées, toutefois le temps ne s’arrête pas pour autant et nous invite à grandir et à mieux agir dans ce qu’on appelle le futur.
C’est en maîtrisant le temps présent que je façonne mon futur et rend fier mon passé. Car au final qu’importe l’intemporalité du temps, je n’ai d’action que sur le temps présent, que sur les prochaines secondes. Le futur et le passé ne sont que les résultantes de mes actions durant ces prochaines secondes.
Je veux juste choisir la durée de ces secondes. Je veux les savourer et m’en délecter car elles sont et resteront mon unique lieu d’existence. Malheureusement la relativité de ce temps m’est incontrôlable et c’est bien là, la source de ma désillusion. Tous les adjectifs positifs qui décrivent le temps ne sont autres que des synonymes de sa rapide futilité. Je suis presque lassé d’apprécier les bons moments, car ceux-ci m’emmènent rapidement vers la mort.
Vous l’aurez compris, je hais le temps car celui qui passe sa vie avec un doigt sur une poêle brûlante aura vécu bien plus longtemps que celui qui passe sa vie à parler avec cette même jolie fille.
Le prix à payer pour être heureux est de voir sa vie défilée à vitesse ahurissante.
Le temps ? Où le bonheur ? Libre à vous de choisir.