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11 Juin 2026 à 05:57:52
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Couleurs

Auteur Sujet: Couleurs  (Lu 2585 fois)

Hors ligne Menthe

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Couleurs
« le: 12 Avril 2011 à 18:41:22 »
"Couleurs" est un titre provisoire, en attendant quelque chose de définitif.
Je vous propose ici mon inspiration de cette fin d'après-midi, et qui m'a menée dans un début de récit dont j'ignore encore moi-même l'issue. Mais j'aimerais déjà avoir vos avis, histoire de savoir s'il vaut la peine de poursuivre ce texte.
Bonne lecture !

Ps : il existe plusieurs versions, selon mes corrections faites en accord avec vos remarques. Je vous conseille donc de lire la dernière qui est sensée être la plus aboutie  ^^




V1 ( 1er jet) :

Je me penche par-dessus la fenêtre, je regarde en bas. Qu'ils sont petits, tous ces gens, minuscules choses grises et noires qui s'agitent comme des fourmis. Ils se touchent à peine, et pourtant ils sont si proches. Est-ce que c'est ça le vivre ensemble ? On se croirait encore plus seul.
Les feuilles volent autour d'eux, certaines sont même entrainées par les va-et-vient des voitures, qui se succèdent par petits groupes, rythmés par les feux tricolores.
Orange. On décélère. Rouge. Arrêt. Le moteur marmonne un texte indiscernable, comme un vieillard dissimulant mal dans sa barbe la réplique qu'il n'aura pas su apprendre, faute de mémoire, de volonté, le menton balbutiant, la main flasque.
Puis vert. Printemps électrique pour une nouvelle marée qui démarre dans un grand soupir satisfait et rugissant. On fonce, à nouveau tête baissée, et ils s'en vont tous on ne sait où. Peu importe, tant qu'ils poursuivent leur route.
C'est aussi pour ça que je n'ai jamais voulu apprendre à conduire, tu vois.

À mon tour de soupirer. Il fait si blanc, dans le ciel. Un temps morne et maussade, un été qui se traine dans le ventre lourd des nuages. On étouffe, sous les toits. Les plaques de zinc n'en finissent pas de diffuser la chaleur lourde des jours brûlants, et me pèsent jusque dans le ventre.
Ce début d'automne est lourd comme de l'étain.

On sonne à la porte. Je me retourne lentement et, appuyé contre la rambarde de mon balcon, j'hésite à ouvrir. C'est peut-être Lucie, elle avait dit qu'elle passerait en début de soirée pour me cueillir, me sortir un peu. Pas envie.
On sonne encore. C'est sûrement Lucie. Je l'imagine bien, les cheveux serrés en queue de cheval, quelques mèches à droite à gauche, sur le front et les tempes, qu'elle replace nerveusement toutes les cinq minutes. Elle doit se dandiner devant la porte fermée, sentant bien que je suis là, quelque part derrière, et que je fais exprès de la faire attendre. Mais je n'ai vraiment pas envie d'ouvrir.
Cette fois-là, elle toque. Quatre coups secs qui résonnent contre le bois du battant.
« Aller, ouvre Matthieu ! Tu m'énerves à te faire désirer comme ça ! Bouge-toi un peu, hé ! »
Je souris. J'imagine bien la petite goutte de sueur qui lui coule dans le dos, qui lui lustre la nuque. Peut-être même que quelques perles se collent entre ses cheveux, là, sur la tempe, juste au-dessus de l'oreille. Ça doit la chatouiller, et son attente qui suit la montée des six étages qui la mènent jusqu'à chez moi ne doit qu'être exacerbée par cette petite eau malicieuse.
« Matthieu ! Tu gonfles, là ! Ouvre-moi ! » répète-t-elle, et elle tambourine encore contre ma porte.
Bon, allez. J'arrête. Je descends la petite marche du balcon, traverse le petit salon dont elle s'amuse à changer l'agencement quasiment à chaque fois qu'elle vient me voir, et je déloque la porte. Dans un grincement douloureux, elle s'ouvre, et je fais face à mon ancienne petite amie, bel et bien toute en sueur, deux sacs plastiques de part et d'autre, l'air exténuée.
« Je t'ai déjà dit combien tu es chiant ? » me salue-t-elle, et elle entre comme sur son territoire, en me poussant sans gêne.
Je ferme avec un petit sourire. Si elle savait combien elle m'amuse quand elle est à cran.

Je la rejoins dans la microscopique cuisine qu'elle a déjà investi de ces achats. Il y en a partout, surtout des fruits et des légumes. Elle essaie de me convertir à son dernier régime bio, sans trop de succès. Parfois je me demande si ce n'est pas plutôt pour elle-même qu'elle le fait, une sorte d'auto-persuasion qui passe par les autres.
De toute façon, puisque ça lui fait plaisir, je la laisse faire.
« Tu veux un verre ? » lui demande-je.
« Tu as un truc froid ? »
« Faut voir. Peut-être une bière qui traine. »
Et j'ouvre le frigo, où un grand vide m'accueille d'un air snob. Elle doit être contente de me voir aussi démuni, tiens. Encore une preuve qu'elle peut ajouter à sa liste, et qui prouve sans aucun doute combien ô combien je ne peux vivre sans elle. N'est-ce pas.
Pas de bière. Disons qu'un verre de je ne sais trop quoi avec de la glace fera l'affaire.
« Je t'attends dans le selon » lui fais-je, avant de m'y rendre, les deux verres à la main.
Elle me répond d'un marmonnement que j'interprète comme un acquiescement.

Affalé dans mon canapé, j'écoute Beethoven. Neuvième symphonie Molto vivace. Il était fort, quand même, cet animal. Même au bout de mille écoutes, il donne toujours autant de frissons. Très bon compagnon en été, y'a pas à dire.
De la salle de bains j'entends le clapotis de l'eau qui perce entre deux coups d'archet bien placés du Maître. Elle a dû décider de se rafraîchir un coup avant de m'affronter. Il y a toujours quelques unes de ses affaires qui trainent dans les tiroirs.
Dans son verre les glaçons fondent, et se mêlent au Bloody Mary.

« Tu pourrais pas changer de musique, pour une fois ? Tu tournes en rond, mon vieux. »
La voilà de retour, se séchant les cheveux. Raflant son verre au passage et balançant la serviette sur le canapé, elle va s'accouder à la rambarde du balcon, me tournant le dos. Je la rejoins en un saut.
« Pourquoi tu es toujours là, hein ? Dis, pourquoi ? » lui susurre-je dans le cou.
Une goutte de sueur qui s'est déjà reformée sous la moiteur de l'air, sous mon souffle glisse rapidement de sa nuque au creux de son dos, se cachant sous sa robe de lin. Dieu que c'est tentant d'aller la récupérer.
Elle se retourne brusquement, coupant court à toutes mes divagations et me fixe droit dans les yeux. Elle a le regard de celle qui se sait indispensable, et qui règne en maîtresse de la situation. Les derniers instants du Molto Vivace accompagnent son message visuel où elle me met, une fois encore, à genoux. J'abandonne, et reporte à nouveau mon attention sur les voitures qui n'en finissent pas, six étages en-dessous.
« Tu ne veux plus me voir ? » demande-t-elle d'un ton brusque. « Suffit de le dire, hein. Je t'en voudrais pas, bien au contraire. Je pourrais presque comprendre. »
Je ne réponds pas. Je n'ai rien à dire. En fait, je n'en sais rien moi-même, je suis loin de tout maitriser.
« Mais tu sais que ce serait une erreur, hein. » ajoute-t-elle, en insistant un peu plus sur l'empire qu'elle a sur moi.
Adagio molto e cantabile. Troisième partie de la symphonie. Le début de ce morceau-là, c'est de la chantilly sur une montagne de fraises, c'est une guimauve qui entoure un monde de praline et une mer de chocolat où les nuages de sucre font des cœurs autour d'un soleil rose bienheureux. C'est le morceau du plus merveilleux des mondes. Celui qui fait toujours croire que l'aube qui se lève sera plus lumineuse que le crépuscule blafard de la veille.
« Oh, et puis tu m'énerves à ne jamais me répondre. Finalement, je me demande à quoi ça sert que je sois là, tiens. » lance-t-elle avant de retourner au salon.
Je la surveille du coin de l'œil. Elle regarde, pour une énième fois, ma bibliothèque. La tête penchée, elle examine chaque tranche de livre, relit chaque titre, chaque auteur d'un air absent. Elle relâche ses cheveux, qui coulent sur ses épaules dans une cascade blond roux abondante. Je serre les dents, je pince les lèvres. Je fais mieux de me taire, y'a pas à dire.

C'est comme ça. Presque chaque semaine, elle se sent obligée de venir me voir, de m'apporter quelque chose, de me tenir un peu compagnie. Au début, je me suis beaucoup interrogé. Était-ce un drôle de sentiment de culpabilité, dont elle avait le seul secret, qui la poussait à venir secouer la poussière de mon parquet et aérer les rideaux ? C'était ce que j'avais cru pendant longtemps. À présent, je mets plutôt ça sur le compte d'un reliquat de sentiment maternel, une fibre tendre qui parfois pointe son nez sur son beau visage, et qui adoucit chaque angle.
« Allez, on sort ce soir. Je t'emmène au théâtre. Il y a une pièce que je crève d'envie de voir depuis des siècles, et elle fait un tabac. » lance-t-elle en se lustrant les lèvres d'un grenat laqué qui ne fait qu'accentuer la blancheur quasi morbide de ses dents tranchantes.
Je sais déjà de quoi elle parle. Normal, son copain, qui au passage est critique d'art, a de bon contacts et sait toujours ce qu'il faut absolument voir. Pro ès bons plans. Elle adore ça. Pas étonnant qu'elle m'ait largué, moi qui suis tout le temps à la masse.
« Peu de chance qu'on trouve des places. » réponds-je, plus pour signifier mon mécontentement que de l'informer d'une réalité qu'elle est bien loin d'ignorer – et qu'elle a sûrement du prendre en compte, comme le prouve sa réplique.
« Tu oublies que je suis étudiante en journalisme, et qu'en tant que telle et j'ai des places exclusives ! »
Elle ourle son regard bleu d'une couche de mascara sur les cils, lèvres pincées, geste assuré.
Que suis-je sensé répondre à tout ça ?
Je murmure mon accord et vais me changer.
Dix minutes plus tard, nous sommes dehors.



V2 :

Je me penche par-dessus la fenêtre, je regarde en bas. Qu'ils sont petits, tous ces gens, minuscules choses grises et noires qui s'agitent comme des fourmis. Ils se touchent à peine, et pourtant ils sont si proches. Est-ce que c'est ça le vivre ensemble ? On ne s'en croirait encore que plus seul.
Les feuilles volent autour d'eux, certaines sont même entrainées par les va-et-vient des voitures, qui se succèdent par petits groupes, rythmés par les feux tricolores.
Orange. On décélère. Rouge. Arrêt. Le moteur marmonne un texte indiscernable, comme un vieillard dissimulant mal dans sa barbe la réplique qu'il n'aura pas su apprendre, faute de mémoire, de volonté, le menton balbutiant, la main flasque.
Puis vert. Printemps électrique pour une nouvelle marée qui démarre dans un grand soupir satisfait et rugissant. On fonce, à nouveau tête baissée, et ils s'en vont tous on ne sait où. Peu importe, tant qu'ils poursuivent leur route.
C'est aussi pour ça que je n'ai jamais voulu apprendre à conduire.

À mon tour de soupirer. Il fait si blanc, dans le ciel. Un temps morne et maussade, un été qui se traine dans le ventre lourd des nuages. On étouffe, sous les toits. Les plaques de zinc n'en finissent pas de propager la chaleur lourde des jours brûlants, et me pèsent jusque dans le ventre.
Ce début d'automne est lourd comme de l'étain.

On sonne à la porte. Je me retourne lentement et, appuyé contre la rambarde de mon balcon, j'hésite à ouvrir. C'est peut-être Lucie, elle avait dit qu'elle passerait en début de soirée pour me cueillir, me sortir un peu. Pas envie.
On sonne encore. C'est sûrement Lucie. Je l'imagine bien, les cheveux serrés en queue de cheval, quelques mèches à droite à gauche, sur le front et les tempes, qu'elle replace nerveusement toutes les cinq minutes. Elle doit se dandiner devant la porte fermée, sentant bien que je suis là, quelque part derrière, et que je fais exprès de la faire attendre. Mais je n'ai vraiment pas envie d'ouvrir.
Cette fois-là, elle toque. Quatre coups secs qui résonnent contre le bois du battant.
« Aller, ouvre Matthieu ! Tu m'énerves à te faire désirer comme ça ! Bouge-toi un peu, hé ! »
Je souris. J'imagine bien la petite goutte de sueur qui lui coule dans le dos, qui lui lustre la nuque. Peut-être même que quelques perles se collent entre ses cheveux, là, sur la tempe, juste au-dessus de l'oreille. Ça doit la chatouiller, et son attente qui suit la montée des six étages qui la mènent jusqu'à chez moi ne doit qu'être exacerbée par cette petite eau malicieuse.
« Matthieu ! Tu gonfles, là ! Ouvre-moi ! » répète-t-elle, et elle tambourine encore contre ma porte.
Bon, allez. J'arrête. Je descends la marche du balcon, traverse le petit salon dont elle s'amuse à changer l'agencement quasiment à chaque fois qu'elle vient me voir, et je déloque la porte. Dans un grincement douloureux, elle s'ouvre, et je fais face à mon ancienne petite amie, bel et bien toute en sueur, deux sacs plastiques de part et d'autre, l'air exténuée.
« Je t'ai déjà dit combien tu es chiant ? » me salue-t-elle, et elle entre comme sur son territoire, en me poussant sans gêne.
Je ferme avec un petit sourire. Si elle savait combien elle m'amuse quand elle est à cran.

Je la rejoins dans la microscopique cuisine qu'elle a déjà investi de ces achats. Il y en a partout, surtout des fruits et des légumes. Elle essaie de me convertir à son dernier régime bio, sans trop de succès. Parfois je me demande si ce n'est pas plutôt pour elle-même qu'elle le fait, une sorte d'auto-persuasion qui passe par les autres.
De toute façon, puisque ça lui fait plaisir, je la laisse faire.
« Tu veux un verre ? » demandé-je.
« Tu as un truc froid ? »
« Faut voir. Peut-être une bière qui traine. »
Et j'ouvre le frigo, où un grand vide m'accueille d'un air snob. Elle doit être contente de me voir aussi démuni, tiens. Encore une preuve qu'elle peut ajouter à sa liste, et qui prouve sans aucun doute combien ô combien je ne peux vivre sans elle. N'est-ce pas.
Pas de bière. Disons qu'un verre de je ne sais trop quoi avec de la glace fera l'affaire.
« Je t'attends dans le salon » lui fais-je, avant de m'y rendre, les deux verres à la main.
Elle me répond d'un marmonnement que j'interprète comme un acquiescement.

Affalé dans mon canapé, j'écoute Beethoven. Neuvième symphonie Molto vivace. Il était fort, quand même, cet animal. Même au bout de mille écoutes, il donne toujours autant de frissons. Très bon compagnon en été, y'a pas à dire.
De la salle de bains j'entends le clapotis de l'eau qui perce entre deux coups d'archet bien placés du Maître. Elle a dû décider de se rafraîchir un coup avant de m'affronter. Il y a toujours quelques-unes de ses affaires qui trainent dans les tiroirs.
Dans son verre les glaçons fondent, et se mêlent au Bloody Mary.

« Tu pourrais pas changer de musique, pour une fois ? Tu tournes en rond, mon vieux. »
La voilà de retour, se séchant les cheveux. Raflant son verre au passage et balançant la serviette sur le canapé, elle va s'accouder à la rambarde du balcon, me tournant le dos. Je la rejoins en un saut.
« Pourquoi tu es toujours là, hein ? Dis, pourquoi ? » lui susurre-je dans le cou.
Une goutte de sueur qui s'est déjà reformée sous la moiteur de l'air, sous mon souffle glisse rapidement de sa nuque au creux de son dos, se cachant sous sa robe de lin. Dieu que c'est tentant d'aller la récupérer.
Elle se retourne brusquement, coupant court à toutes mes divagations et me fixe droit dans les yeux. Elle a le regard de celle qui se sait indispensable, et qui règne en maîtresse de la situation. Les derniers instants du Molto Vivace accompagnent son message visuel où elle me met, une fois encore, à genoux. J'abandonne, et reporte à nouveau mon attention sur les voitures qui n'en finissent pas, six étages en-dessous.
« Tu ne veux plus me voir ? » demande-t-elle d'un ton brusque. « Suffit de le dire, hein. Je t'en voudrais pas, bien au contraire. Je pourrais presque comprendre. »
Je ne réponds pas. Je n'ai rien à dire. En fait, je n'en sais rien moi-même, je suis loin de tout maitriser.
« Mais tu sais que ce serait une erreur, hein. » ajoute-t-elle, en insistant un peu plus sur l'empire qu'elle a sur moi.
Adagio molto e cantabile. Troisième partie de la symphonie. Le début de ce morceau-là, c'est de la chantilly sur une montagne de fraises, c'est une guimauve qui entoure un monde de praline. C'est la mélodie du plus merveilleux des mondes. Cele qui fait toujours croire que l'aube qui se lève sera plus lumineuse que le crépuscule blafard de la veille. Mort de rire.
« Oh, et puis tu m'énerves à ne jamais me répondre. Finalement, je me demande à quoi ça sert que je sois là, tiens. » lance-t-elle avant de retourner au salon.
Je la surveille du coin de l'œil. Elle regarde, pour une énième fois, ma bibliothèque. La tête penchée, elle examine chaque tranche de livre, relit chaque titre, chaque auteur d'un air absent. Elle relâche ses cheveux, qui coulent sur ses épaules dans une cascade blond roux abondante. Je serre les dents, je pince les lèvres. Je fais mieux de me taire, y'a pas à dire.

C'est comme ça. Presque chaque semaine, elle se sent obligée de venir me voir, de m'apporter quelque chose, de me tenir un peu compagnie. Au début, je me suis beaucoup interrogé. Était-ce un drôle de sentiment de culpabilité, dont elle avait le seul secret, qui la poussait à venir secouer la poussière de mon parquet et aérer les rideaux ? C'était ce que j'avais cru pendant longtemps. À présent, je mets plutôt ça sur le compte d'un reliquat de sentiment maternel, une fibre tendre qui parfois pointe son nez sur son beau visage, et qui adoucit chaque angle.
« Allez, on sort ce soir. Je t'emmène au théâtre. Il y a une pièce que je crève d'envie de voir. » lance-t-elle en se lustrant les lèvres d'un grenat laqué qui ne fait qu'accentuer la blancheur quasi morbide de ses dents tranchantes.
Je sais déjà de quoi elle parle. Normal, son copain, qui au passage est critique d'art, a de bon contacts et sait toujours ce qu'il faut absolument voir. Pro ès bons plans. Elle adore ça. Pas étonnant qu'elle m'ait largué, moi qui suis tout le temps à la masse.
« Peu de chance qu'on trouve des places. »
Je lui réponds plus pour signifier mon mécontentement que de l'informer d'une réalité qu'elle est bien loin d'ignorer, comme le prouve sa réplique.
« Oui mais j'ai mes petits avantages! » répond-elle en évoquant implicitement son statut d'étudiante en journalisme.
Elle ourle son regard bleu d'une couche de mascara sur les cils, lèvres pincées, geste assuré.
Que suis-je sensé répondre à tout ça ?
Je murmure mon accord et vais me changer.
Dix minutes plus tard, nous sommes dehors.
« Modifié: 16 Avril 2011 à 13:00:58 par Menthe »
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

Hors ligne tag

  • Tabellion
  • Messages: 27
    • les petits boulevards
Re : Couleurs
« Réponse #1 le: 12 Avril 2011 à 20:39:34 »
J'aime bien la phrase du début.
"Qu'ils sont petits, tous ces gens, minuscules choses grises et noires qui s'agitent comme des fourmis. Ils se touchent à peine, et pourtant  sont si proches."
La deuxième me laisse un peu sur ma faim. Elle manque d'impulsion, de force, elle ne crie pas le sentiment de solitude...
"Est-ce que c'est ça le vivre ensemble ? On se croirait encore plus seul."

"C'est aussi pour ça que je n'ai jamais voulu apprendre à conduire, tu vois."
Tu vois ??? Qui ??? On ne s'attend pas à ce que tu interpelles le lecteur, donc destabilisant.


"« Tu veux un verre ? » lui demande-je."
" Je t'attends dans le selon » lui fais-je,"
J'ai relevé plusieurs phrases de ce type et je t'avoue que ça, c'est vraiment le genre de truc qui pour moi, plombe un récit. Tu pourrais peut être tourner ta phrase pour ne pas avoir à rajouter ce ....-je ?

"Elle a dû décider de se rafraîchir un coup avant de "
La phrase d'avant était bonne et là on tombe un peu sous le "coup"  :-\


"Le début de ce morceau-là, c'est de la chantilly sur une montagne de fraises, c'est une guimauve qui entoure un monde de praline et une mer de chocolat où les nuages de sucre font des cœurs autour d'un soleil rose bienheureux. C'est le morceau du plus merveilleux des mondes. Celui qui fait toujours croire que l'aube qui se lève sera plus lumineuse que le crépuscule blafard de la veille."
Un peu longue...

" Était-ce un drôle de sentiment de culpabilité, dont elle avait le seul secret, qui la poussait à venir secouer la poussière de mon parquet et aérer les rideaux ?"
Drôle ??? Cette phrase me semble mal formulée et du coup manque un peu son impact.

"Elle ourle son regard bleu d'une couche de mascara sur les cils, lèvres pincées, geste assuré."
Je crois que le verbe n'est pas bon. Je n'ai pas tout compris dans cette phrase...

Sinon, le texte se lit facilement, et tout texte vaut la peine de se poursuivre... Si tu en as envie biensûr  :)



Hors ligne Menthe

  • Prophète
  • Messages: 896
Re : Couleurs
« Réponse #2 le: 12 Avril 2011 à 22:26:01 »
Oh ! Merci beaucoup pour ta réponse rapide !

Pour la deuxième phrase, je suis d'accord qu'elle manque un peu de force. Je la reformulerai probablement quand j'en serai au stade relecture/réécriture (qui jusqu'alors n'est presque jamais arrivé dans mes textes - mais faut bien un début à tout lol).

Ensuite pour le "tu vois", je garde. En fait, le narrateur est presque orateur. Je m'explique : je veux, non pas seulement qu'il soit le sujet d'un point de vue interne dans un récit, mais qu'il raconte son histoire et sa vie comme dans un dialogue, ou dans un ton qui est proche. Mais je comprends que ce soit déstabilisant. Pas grave, on s'habituera ! =D

pour les "-je", je suis on ne peut plus d'accord avec toi là-dessus. Je déteste. Mais une fois que j'avais fait un texte comme ça au présent, j'avais mis des "je demande" à la place de "demande-je" par ex, et on m'avait plusieurs fois fait la remarque que c'était incorrect. Et comme ça semblait fâcher plein de monde, j'ai changé cette habitude, même si elle me satisfait très très peu. Au pire, je reprends mes vices, et tant pis, ça rendra moins pire.

le "se rafraîchir un coup" c'était encore une fois un renvoi au langage semi parlé semi narratif.

Pour le baratin sur les fraises-guimauve-chantilly, c'est vrai que c'est long et probablement barbant. Mais imagine (justement) une fraise-guimauve-chantilly, la sensation que tu aurais à manger ça, et je pense que la longueur et la pesanteur de la phrase correspondrait pas trop mal à ce que tu ressentirais à cet instant.

Et le dernier "elle ourle son regard bleu", je comprends que tu ne le saisisses pas entièrement. En fait, de nature je suis plutôt portée sur les textes poétiques, et c'est une formulation qui en est typique. Disons que ça fait partie de mon registre habituel, et qui n'est pas toujours commun pour des formats type nouvelle/petit roman.


Tout est-il que ça me fait bien plaisir que tu aies apprécié ce début et que tu l'aies trouvé facile d'accès ! Je pense le poursuivre, et lui donner plus de corps et de sens, j'ai bien été emportée par toute cette atmosphère un peu sucrée/amère.
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

Hors ligne ernya

  • Vortex Intertextuel
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  • Ex-dragonne
    • Page perso
Re : Couleurs
« Réponse #3 le: 13 Avril 2011 à 17:57:34 »
Citer
Ça doit la chatouiller, et son attente qui suit la montée des six étages qui la mènent jusqu'à chez moi ne doit qu'être exacerbée par cette petite eau malicieuse.
Je pense que ça serait bien de supprimer le double « qui », genre le second

Citer
« Tu veux un verre ? » lui demande-je.
C’est assez contradictoire de faire un texte « oral » et de respecter l’inversion du sujet et du verbe
Et sinon c’est « demandé-je » il me semble
mais en fait, je crois avoir plus bloqué sur le "tu vois"

Citer
Il y a toujours quelques unes de ses affaires qui trainent dans les tiroirs.
Quelques-unes

Citer
et qu'elle a sûrement du prendre en compte, comme le prouve sa réplique.
Dû ou due (je sais plus le COD)

Huhu, leurs rapports sont intrigants, XD. Là, comme ça, j’aime bien les perso et ta façon de ra contre, donc je ne peux que t’inciter à continuer.
D’ailleurs, c’est quand que tu nous finis ton nano, mademoiselle, hum ?
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Menthe

  • Prophète
  • Messages: 896
Re : Couleurs
« Réponse #4 le: 13 Avril 2011 à 19:16:28 »
 :-¬? Le NaNo... j'y pense, j'y pense. Et d'ailleurs faudrait que je le remodèle avant de le poursuivre/finir. Mais je suis tellement overfull que j'arrive plus à penser. Probablement après le 6 juin (fin officielle de mon année). Et puis hier, pouf, une idée, et je me suis dit qu'il fallait pas louper ça.

Sinon, bien contente que ça t'ait plu. ça me rassure =D

Et pour le "demande-je', je pense que tu as bien raison : demandé-je ça fait bien mieux.
pour le "dû", j'avais juste oublié l'accent, sorry !

Et puisque le "tu vois" colle pas... je pense le supprimer. C'est pas comme si c'était super important.

Merci, tous ! :)
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

Hors ligne Zacharielle

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 798
    • au bord du littéral
Re : Couleurs
« Réponse #5 le: 15 Avril 2011 à 08:26:21 »
Citer
Les feuilles volent autour d'eux, certaines sont même entrainées par les va-et-vient des voitures, qui se succèdent par petits groupes, rythmés par les feux tricolores.
Orange. On décélère. Rouge. Arrêt. Le moteur marmonne un texte indiscernable, comme un vieillard dissimulant mal dans sa barbe la réplique qu'il n'aura pas su apprendre, faute de mémoire, de volonté, le menton balbutiant, la main flasque.
pourquoi tu sépares les paragraphes ?
"marmonner un texte indiscernable" : je n'aime pas trop ni texte ni discernable lol, et l'ensemble me paraît un peu lourd. Par contre j'aime bien le rythme de fin de phrase.

Citer
un été qui se traine dans le ventre lourd des nuages.
  love it

Citer
de diffuser la chaleur lourde des jours brûlants,
"diffuser" me semble trop léger pour l'idée. Tu n'aurais pas dans le sac un synonyme plus... puissant ?

Citer
« Matthieu ! Tu gonfles, là ! Ouvre-moi ! » répète-t-elle, et elle tambourine encore contre ma porte.
ça, c'est les potes de mon voisin

Citer
Dans un grincement douloureux, elle s'ouvre,
je trouve pas très naturel de placer "elle s'ouvre" après

Citer
« Je t'attends dans le selon » lui fais-je, avant de m'y rendre, les deux verres à la main.
utile ??

Citer
où les nuages de sucre font des cœurs autour d'un soleil rose bienheureux.
oui mais stop

Citer
et elle fait un tabac.
naturel, dans une conversation ?

Citer
« Tu oublies que je suis étudiante en journalisme, et qu'en tant que telle
idem

(demandé-je est plus que mieux, c'est correct^^ ; le "tu vois" pour moi ça va... faut dire que j'aime bien les mélanges des points de vue/adresses)


J'aime bien l'ambiance, la relation entre les deux persos, j'aimerais en savoir plus sur l'un et l'autre. Ca se lit bien en tout cas et je lirais volontiers la suite si tu l'écris :)

Hors ligne Menthe

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Re : Couleurs
« Réponse #6 le: 16 Avril 2011 à 12:24:50 »
Merci les copains !

J'ai déjà pris en compte vos remarques sur mon word. J'ai allégé/élagué/repris/reformulé, et je pense que c'est moins pire comme ça  ::)


J'ai plus qu'à continuer...  ;D
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

Hors ligne Menthe

  • Prophète
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Re : Couleurs
« Réponse #7 le: 16 Avril 2011 à 13:12:22 »
Voici ma dernière proposition. J'ai mis un peu de mouvement, ou du moins je l'ai amorcé. Je n'ai (bien sûr) strictement aucune idée d'où je me dirige. Mais qui vivra verra. Hein  ???
Dites-moi ce que vous en pensez... Je suis pas persuadée d'avoir pris la bonne direction  ><



« Ah, il caille sérieux ici ! » gémit-elle en croisant les bras sur sa poitrine en frissonant.
Le vent s'est en effet levé brusquement, et quelques nuage éparses sèment les premiers froids sur Paris. La Seine à côté de nous bouillonne tranquillement dans ses remous calmes, et sous sa peau mutante les flots me font l'effet d'un monstre en éveil.
Lucie se colle à moi, et glisse ses deux mains froides sous mon tee-shirt, petits glaçons sur mon dos nu. Je serre les dents en pinçant les lèvres. Contracté, j'essaie d'oublier les millions d'images qui affluent d'un coup et me tétanisent jusqu'à m'en couper le souffle. Pour elle, tout est déjà si loin, alors qu'à peine une année s'est écoulée.
« Mon Dieu que t'es tendu mon vieux ! Faudrait penser à prendre des vacances ! »
Elle appuie doucement sur les noeuds de tension, masse mes muscles contractés. Je n'ose pas esquisser le moindre mouvement. Elle ignore tout de mon trouble, visiblement. Ou alors elle s'en contrefout, ce qui est encore plus probable.
Est-ce que j'ai envie qu'elle continue ? Bon sang, évidemment. Et pourtant, une corde étrangle mon cou, me tire en arrière, me réprouve, me dit non.
Je m'ébroue et me lève brusquement, m'éloigne de quelques pas, lui arrachant une exclamation de surprise.
Des vacances, a-t-elle dit. Partir ailleurs. Loin, de préférence. Une sorte d'exil. Je lève les yeux vers Notre Dame, qui scintille discrètement de sa lumière jaune ; Des silhouettes parsèment les quais, tantôt assises en groupes, tantôt errant en couple, côte à côte. Les façades blafardes des immeubles des deux îles veillent d'un regard assoupi sur tout ce petit monde gesticulant qui finit toujours par se dissoudre dans la nuit.
Elle me rejoint. Ses talons choquent les pavés de leur claquement sec, et leur rythme unique me la rend reconnaissable entre mille. Elle tangue toujours un peu, lorsqu'elle marche, et cette façon de se mouvoir, à la limite de la stabilité, m'a toujours fait penser à une danse antique inscrite dans les hanches des femmes. Les mains comme deux ailes rétablissent l'équilibre et elle avance. J'inspire profondément. La voilà.
« Tu dois avoir raison. »
Mon aveu me surprend. Pourtant, une fois ces mots énoncés, ils se présentent à moi comme la plus claire des évidences. Je n'ai plus rien à faire ici, ce n'est pas nouveau. Ma vie larvaire ne m'apporte plus d'inspiration, et j'existe à peine, enseveli sous mes souvenirs.
Un grand silence suit cette énonciation. Peut-être qu'elle hésite, ou bien qu'elle regrette. Je n'ai pas envie de vérifier. Le regard rivé sur le crépuscule et la lumière tombante, j'essaie de m'imaginer d'autres éveils, d'autres voix, d'autres sourires où elle n'a plus sa place. Et cette éventualité qui nait sans elle doit l'angoisser un peu, elle, aussi brillante qu'un centre du monde.
« Modifié: 22 Avril 2011 à 00:24:06 par Menthe »
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Hors ligne Kathya

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Re : Couleurs
« Réponse #8 le: 27 Juin 2011 à 13:31:31 »
Citer
On ne s'en croirait encore que plus seul.
J'ai un peu buté sur cette phrase, j'aurais mis encore à la fin.

Citer
la réplique qu'il n'aura pas su apprendre
"apprendre" me paraît bizarre, même dans le contexte métaphorique.


Citer
la microscopique cuisine qu'elle a déjà investi de ces achats.
ses

La suite est dans la continuité du reste, mais je trouve qu'il se passe pas grand-chose et qu'on apprend finalement peu de choses. Certes leur relation est ambiguë mais ça on le comprend dès le départ. C'est bien écrit et assez fluide à la lecture, j'aurais juste aimé qu'on creuse davantage.
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

Hors ligne Menthe

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Re : Couleurs
« Réponse #9 le: 28 Juin 2011 à 00:18:46 »
Merci Kathya pour ta lecture. Je partage tout à fait ton point de vue : on n'avance pas des masses, et c'est précisément ce qui me bloque. Je cherche depuis des semaines une issue qui me convienne et j'avoue que je ne trouve  toujours pas.
Pourtant j'aime particulièrement le potentiel de ce récit, j'aurais bien aimé  le continuer...
Qui vivra verra comme on dit !
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Hors ligne Ambriel

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Re : Couleurs
« Réponse #10 le: 28 Juin 2011 à 21:22:06 »
Hey !

J'ai lu la v2 de la première partie, et puis la deuxième. J'aime bien ! Comme dit plus haut leurs relations sont intéressantes et mériteraient d'être encore creusées. J'aimerais également en apprendre plus sur le personnage principal  :-¬?... Moi je trouve que ça avance, personnellement.  Pas vite, pour sûr, mais justement, ce rythme lent donne aussi son charme au texte. Après soit tu décides de continuer en gardant ce rythme soit tu accélères... Mais en tout cas il faut que tu continues  :mrgreen:

Citer
Le moteur marmonne un texte indiscernable, comme un vieillard dissimulant mal dans sa barbe la réplique qu'il n'aura pas su apprendre, faute de mémoire, de volonté, le menton balbutiant, la main flasque.
Chouette !

Citer
Et j'ouvre le frigo, où un grand vide m'accueille d'un air snob.
Très joli !


Voilà !  :mafio:
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

- Renaud, les charognards -

Hors ligne Menthe

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Re : Couleurs
« Réponse #11 le: 28 Juin 2011 à 22:11:40 »
 :mrgreen: Super, merci pour le com' !
 :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: et ça me fait encore plus enrager de pas réussir à continuer
Faut vraiment que j'me botte l'arrière train...
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Hors ligne Milora

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Re : Couleurs
« Réponse #12 le: 19 Juillet 2012 à 15:25:14 »
Aha, je brave vaillamment l'écriteau "Attention, il n'y a pas eu de réponse à ce sujet depuis au moins 120 jours", muahaha !

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Le moteur marmonne un texte indiscernable, comme un vieillard dissimulant mal dans sa barbe la réplique qu'il n'aura pas su apprendre, faute de mémoire, de volonté, le menton balbutiant, la main flasque.
je trouve la phrase un peu laborieuse, et d'ailleurs le moteur qui récite un texte, je trouve pas l'image super bien choisir... =/

Citer
Printemps électrique pour une nouvelle marée qui démarre dans un grand soupir satisfait et rugissant.
joli !

Citer
Il fait si blanc, dans le ciel.
j'aime bien :)

Citer
Ce début d'automne est lourd comme de l'étain.
j'aime aussi, très évocateur :)

Citer
et son attente qui suit la montée des six étages qui la mènent jusqu'à chez moi ne doit qu'être exacerbée par cette petite eau malicieuse.
ça fait beaucoup de "qu"

Citer
Et j'ouvre le frigo, où un grand vide m'accueille d'un air snob.
:D

Citer
« Je t'attends dans le salon » lui fais-je,
lui fais-je, ça fait vraiment bizarre  ;D

Citer
Cele qui fait toujours croire que l'aube
l en fuite

Citer
Je lui réponds plus pour signifier mon mécontentement que de l'informer
que pour

Citer
Que suis-je sensé répondre à tout ça ?
censé

Deuxième extrait :
Citer
quelques nuage éparses
épars

Citer
et sous sa peau mutante les flots me font l'effet d'un monstre en éveil.
joli !

Ah mais en fait c'est juste un début ! Je pensais que c'était un texte inachevé, mais je pensais pas que c'était juste un démarrage, du coup me voilà frustrée  :mrgreen: C'est malin.

Donc, oui, bien écrit, c'est prenant, les deux personnages sont bien campés (même si je sais pas pourquoi, Lucie m'énerve), mais j'ai trouvé que ça devenait un peu longuet sur la "fin" (disons le dernier paragraphe du premier extrait et le deuxième extrait), parce qu'il se passait pas grand chose et qu'on ne sait toujours pas pourquoi le narrateur est déprimé, ni quel tour va prendre l'histoire. ça manque un peu de tension.
Mais reste que c'est bien mené et bien écrit, et que certaines images sont particulièrement bien trouvées :)

Un an après, tu nous fais la suite ?  ::)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Menthe

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Re : Couleurs
« Réponse #13 le: 27 Juillet 2012 à 12:20:18 »
Salut Milora, merci beaucoup pour tes commentaires  :-*
Oui, c'est pas un texte achevé, mais il n'est pas abandonné pour autant : je l'ai toujours quelque part dans un coin de ma tête. Le problème c'est que je suis dans une impasse, je n'arrive pas à développer le fil. Tout le récit ressemble encore trop à une pelote de laine emmêlée, je ne sais pas par où commencer... Mais j'y pense, j'y pense.
Au plaisir !
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

 


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