"Couleurs" est un titre provisoire, en attendant quelque chose de définitif.
Je vous propose ici mon inspiration de cette fin d'après-midi, et qui m'a menée dans un début de récit dont j'ignore encore moi-même l'issue. Mais j'aimerais déjà avoir vos avis, histoire de savoir s'il vaut la peine de poursuivre ce texte.
Bonne lecture !
Ps : il existe plusieurs versions, selon mes corrections faites en accord avec vos remarques. Je vous conseille donc de lire la dernière qui est sensée être la plus aboutie 
V1 ( 1er jet) :
Je me penche par-dessus la fenêtre, je regarde en bas. Qu'ils sont petits, tous ces gens, minuscules choses grises et noires qui s'agitent comme des fourmis. Ils se touchent à peine, et pourtant ils sont si proches. Est-ce que c'est ça le vivre ensemble ? On se croirait encore plus seul.
Les feuilles volent autour d'eux, certaines sont même entrainées par les va-et-vient des voitures, qui se succèdent par petits groupes, rythmés par les feux tricolores.
Orange. On décélère. Rouge. Arrêt. Le moteur marmonne un texte indiscernable, comme un vieillard dissimulant mal dans sa barbe la réplique qu'il n'aura pas su apprendre, faute de mémoire, de volonté, le menton balbutiant, la main flasque.
Puis vert. Printemps électrique pour une nouvelle marée qui démarre dans un grand soupir satisfait et rugissant. On fonce, à nouveau tête baissée, et ils s'en vont tous on ne sait où. Peu importe, tant qu'ils poursuivent leur route.
C'est aussi pour ça que je n'ai jamais voulu apprendre à conduire, tu vois.
À mon tour de soupirer. Il fait si blanc, dans le ciel. Un temps morne et maussade, un été qui se traine dans le ventre lourd des nuages. On étouffe, sous les toits. Les plaques de zinc n'en finissent pas de diffuser la chaleur lourde des jours brûlants, et me pèsent jusque dans le ventre.
Ce début d'automne est lourd comme de l'étain.
On sonne à la porte. Je me retourne lentement et, appuyé contre la rambarde de mon balcon, j'hésite à ouvrir. C'est peut-être Lucie, elle avait dit qu'elle passerait en début de soirée pour me cueillir, me sortir un peu. Pas envie.
On sonne encore. C'est sûrement Lucie. Je l'imagine bien, les cheveux serrés en queue de cheval, quelques mèches à droite à gauche, sur le front et les tempes, qu'elle replace nerveusement toutes les cinq minutes. Elle doit se dandiner devant la porte fermée, sentant bien que je suis là, quelque part derrière, et que je fais exprès de la faire attendre. Mais je n'ai vraiment pas envie d'ouvrir.
Cette fois-là, elle toque. Quatre coups secs qui résonnent contre le bois du battant.
« Aller, ouvre Matthieu ! Tu m'énerves à te faire désirer comme ça ! Bouge-toi un peu, hé ! »
Je souris. J'imagine bien la petite goutte de sueur qui lui coule dans le dos, qui lui lustre la nuque. Peut-être même que quelques perles se collent entre ses cheveux, là, sur la tempe, juste au-dessus de l'oreille. Ça doit la chatouiller, et son attente qui suit la montée des six étages qui la mènent jusqu'à chez moi ne doit qu'être exacerbée par cette petite eau malicieuse.
« Matthieu ! Tu gonfles, là ! Ouvre-moi ! » répète-t-elle, et elle tambourine encore contre ma porte.
Bon, allez. J'arrête. Je descends la petite marche du balcon, traverse le petit salon dont elle s'amuse à changer l'agencement quasiment à chaque fois qu'elle vient me voir, et je déloque la porte. Dans un grincement douloureux, elle s'ouvre, et je fais face à mon ancienne petite amie, bel et bien toute en sueur, deux sacs plastiques de part et d'autre, l'air exténuée.
« Je t'ai déjà dit combien tu es chiant ? » me salue-t-elle, et elle entre comme sur son territoire, en me poussant sans gêne.
Je ferme avec un petit sourire. Si elle savait combien elle m'amuse quand elle est à cran.
Je la rejoins dans la microscopique cuisine qu'elle a déjà investi de ces achats. Il y en a partout, surtout des fruits et des légumes. Elle essaie de me convertir à son dernier régime bio, sans trop de succès. Parfois je me demande si ce n'est pas plutôt pour elle-même qu'elle le fait, une sorte d'auto-persuasion qui passe par les autres.
De toute façon, puisque ça lui fait plaisir, je la laisse faire.
« Tu veux un verre ? » lui demande-je.
« Tu as un truc froid ? »
« Faut voir. Peut-être une bière qui traine. »
Et j'ouvre le frigo, où un grand vide m'accueille d'un air snob. Elle doit être contente de me voir aussi démuni, tiens. Encore une preuve qu'elle peut ajouter à sa liste, et qui prouve sans aucun doute combien ô combien je ne peux vivre sans elle. N'est-ce pas.
Pas de bière. Disons qu'un verre de je ne sais trop quoi avec de la glace fera l'affaire.
« Je t'attends dans le selon » lui fais-je, avant de m'y rendre, les deux verres à la main.
Elle me répond d'un marmonnement que j'interprète comme un acquiescement.
Affalé dans mon canapé, j'écoute Beethoven. Neuvième symphonie Molto vivace. Il était fort, quand même, cet animal. Même au bout de mille écoutes, il donne toujours autant de frissons. Très bon compagnon en été, y'a pas à dire.
De la salle de bains j'entends le clapotis de l'eau qui perce entre deux coups d'archet bien placés du Maître. Elle a dû décider de se rafraîchir un coup avant de m'affronter. Il y a toujours quelques unes de ses affaires qui trainent dans les tiroirs.
Dans son verre les glaçons fondent, et se mêlent au Bloody Mary.
« Tu pourrais pas changer de musique, pour une fois ? Tu tournes en rond, mon vieux. »
La voilà de retour, se séchant les cheveux. Raflant son verre au passage et balançant la serviette sur le canapé, elle va s'accouder à la rambarde du balcon, me tournant le dos. Je la rejoins en un saut.
« Pourquoi tu es toujours là, hein ? Dis, pourquoi ? » lui susurre-je dans le cou.
Une goutte de sueur qui s'est déjà reformée sous la moiteur de l'air, sous mon souffle glisse rapidement de sa nuque au creux de son dos, se cachant sous sa robe de lin. Dieu que c'est tentant d'aller la récupérer.
Elle se retourne brusquement, coupant court à toutes mes divagations et me fixe droit dans les yeux. Elle a le regard de celle qui se sait indispensable, et qui règne en maîtresse de la situation. Les derniers instants du Molto Vivace accompagnent son message visuel où elle me met, une fois encore, à genoux. J'abandonne, et reporte à nouveau mon attention sur les voitures qui n'en finissent pas, six étages en-dessous.
« Tu ne veux plus me voir ? » demande-t-elle d'un ton brusque. « Suffit de le dire, hein. Je t'en voudrais pas, bien au contraire. Je pourrais presque comprendre. »
Je ne réponds pas. Je n'ai rien à dire. En fait, je n'en sais rien moi-même, je suis loin de tout maitriser.
« Mais tu sais que ce serait une erreur, hein. » ajoute-t-elle, en insistant un peu plus sur l'empire qu'elle a sur moi.
Adagio molto e cantabile. Troisième partie de la symphonie. Le début de ce morceau-là, c'est de la chantilly sur une montagne de fraises, c'est une guimauve qui entoure un monde de praline et une mer de chocolat où les nuages de sucre font des cœurs autour d'un soleil rose bienheureux. C'est le morceau du plus merveilleux des mondes. Celui qui fait toujours croire que l'aube qui se lève sera plus lumineuse que le crépuscule blafard de la veille.
« Oh, et puis tu m'énerves à ne jamais me répondre. Finalement, je me demande à quoi ça sert que je sois là, tiens. » lance-t-elle avant de retourner au salon.
Je la surveille du coin de l'œil. Elle regarde, pour une énième fois, ma bibliothèque. La tête penchée, elle examine chaque tranche de livre, relit chaque titre, chaque auteur d'un air absent. Elle relâche ses cheveux, qui coulent sur ses épaules dans une cascade blond roux abondante. Je serre les dents, je pince les lèvres. Je fais mieux de me taire, y'a pas à dire.
C'est comme ça. Presque chaque semaine, elle se sent obligée de venir me voir, de m'apporter quelque chose, de me tenir un peu compagnie. Au début, je me suis beaucoup interrogé. Était-ce un drôle de sentiment de culpabilité, dont elle avait le seul secret, qui la poussait à venir secouer la poussière de mon parquet et aérer les rideaux ? C'était ce que j'avais cru pendant longtemps. À présent, je mets plutôt ça sur le compte d'un reliquat de sentiment maternel, une fibre tendre qui parfois pointe son nez sur son beau visage, et qui adoucit chaque angle.
« Allez, on sort ce soir. Je t'emmène au théâtre. Il y a une pièce que je crève d'envie de voir depuis des siècles, et elle fait un tabac. » lance-t-elle en se lustrant les lèvres d'un grenat laqué qui ne fait qu'accentuer la blancheur quasi morbide de ses dents tranchantes.
Je sais déjà de quoi elle parle. Normal, son copain, qui au passage est critique d'art, a de bon contacts et sait toujours ce qu'il faut absolument voir. Pro ès bons plans. Elle adore ça. Pas étonnant qu'elle m'ait largué, moi qui suis tout le temps à la masse.
« Peu de chance qu'on trouve des places. » réponds-je, plus pour signifier mon mécontentement que de l'informer d'une réalité qu'elle est bien loin d'ignorer – et qu'elle a sûrement du prendre en compte, comme le prouve sa réplique.
« Tu oublies que je suis étudiante en journalisme, et qu'en tant que telle et j'ai des places exclusives ! »
Elle ourle son regard bleu d'une couche de mascara sur les cils, lèvres pincées, geste assuré.
Que suis-je sensé répondre à tout ça ?
Je murmure mon accord et vais me changer.
Dix minutes plus tard, nous sommes dehors.
V2 :
Je me penche par-dessus la fenêtre, je regarde en bas. Qu'ils sont petits, tous ces gens, minuscules choses grises et noires qui s'agitent comme des fourmis. Ils se touchent à peine, et pourtant ils sont si proches. Est-ce que c'est ça le vivre ensemble ? On ne s'en croirait encore que plus seul.
Les feuilles volent autour d'eux, certaines sont même entrainées par les va-et-vient des voitures, qui se succèdent par petits groupes, rythmés par les feux tricolores.
Orange. On décélère. Rouge. Arrêt. Le moteur marmonne un texte indiscernable, comme un vieillard dissimulant mal dans sa barbe la réplique qu'il n'aura pas su apprendre, faute de mémoire, de volonté, le menton balbutiant, la main flasque.
Puis vert. Printemps électrique pour une nouvelle marée qui démarre dans un grand soupir satisfait et rugissant. On fonce, à nouveau tête baissée, et ils s'en vont tous on ne sait où. Peu importe, tant qu'ils poursuivent leur route.
C'est aussi pour ça que je n'ai jamais voulu apprendre à conduire.
À mon tour de soupirer. Il fait si blanc, dans le ciel. Un temps morne et maussade, un été qui se traine dans le ventre lourd des nuages. On étouffe, sous les toits. Les plaques de zinc n'en finissent pas de propager la chaleur lourde des jours brûlants, et me pèsent jusque dans le ventre.
Ce début d'automne est lourd comme de l'étain.
On sonne à la porte. Je me retourne lentement et, appuyé contre la rambarde de mon balcon, j'hésite à ouvrir. C'est peut-être Lucie, elle avait dit qu'elle passerait en début de soirée pour me cueillir, me sortir un peu. Pas envie.
On sonne encore. C'est sûrement Lucie. Je l'imagine bien, les cheveux serrés en queue de cheval, quelques mèches à droite à gauche, sur le front et les tempes, qu'elle replace nerveusement toutes les cinq minutes. Elle doit se dandiner devant la porte fermée, sentant bien que je suis là, quelque part derrière, et que je fais exprès de la faire attendre. Mais je n'ai vraiment pas envie d'ouvrir.
Cette fois-là, elle toque. Quatre coups secs qui résonnent contre le bois du battant.
« Aller, ouvre Matthieu ! Tu m'énerves à te faire désirer comme ça ! Bouge-toi un peu, hé ! »
Je souris. J'imagine bien la petite goutte de sueur qui lui coule dans le dos, qui lui lustre la nuque. Peut-être même que quelques perles se collent entre ses cheveux, là, sur la tempe, juste au-dessus de l'oreille. Ça doit la chatouiller, et son attente qui suit la montée des six étages qui la mènent jusqu'à chez moi ne doit qu'être exacerbée par cette petite eau malicieuse.
« Matthieu ! Tu gonfles, là ! Ouvre-moi ! » répète-t-elle, et elle tambourine encore contre ma porte.
Bon, allez. J'arrête. Je descends la marche du balcon, traverse le petit salon dont elle s'amuse à changer l'agencement quasiment à chaque fois qu'elle vient me voir, et je déloque la porte. Dans un grincement douloureux, elle s'ouvre, et je fais face à mon ancienne petite amie, bel et bien toute en sueur, deux sacs plastiques de part et d'autre, l'air exténuée.
« Je t'ai déjà dit combien tu es chiant ? » me salue-t-elle, et elle entre comme sur son territoire, en me poussant sans gêne.
Je ferme avec un petit sourire. Si elle savait combien elle m'amuse quand elle est à cran.
Je la rejoins dans la microscopique cuisine qu'elle a déjà investi de ces achats. Il y en a partout, surtout des fruits et des légumes. Elle essaie de me convertir à son dernier régime bio, sans trop de succès. Parfois je me demande si ce n'est pas plutôt pour elle-même qu'elle le fait, une sorte d'auto-persuasion qui passe par les autres.
De toute façon, puisque ça lui fait plaisir, je la laisse faire.
« Tu veux un verre ? » demandé-je.
« Tu as un truc froid ? »
« Faut voir. Peut-être une bière qui traine. »
Et j'ouvre le frigo, où un grand vide m'accueille d'un air snob. Elle doit être contente de me voir aussi démuni, tiens. Encore une preuve qu'elle peut ajouter à sa liste, et qui prouve sans aucun doute combien ô combien je ne peux vivre sans elle. N'est-ce pas.
Pas de bière. Disons qu'un verre de je ne sais trop quoi avec de la glace fera l'affaire.
« Je t'attends dans le salon » lui fais-je, avant de m'y rendre, les deux verres à la main.
Elle me répond d'un marmonnement que j'interprète comme un acquiescement.
Affalé dans mon canapé, j'écoute Beethoven. Neuvième symphonie Molto vivace. Il était fort, quand même, cet animal. Même au bout de mille écoutes, il donne toujours autant de frissons. Très bon compagnon en été, y'a pas à dire.
De la salle de bains j'entends le clapotis de l'eau qui perce entre deux coups d'archet bien placés du Maître. Elle a dû décider de se rafraîchir un coup avant de m'affronter. Il y a toujours quelques-unes de ses affaires qui trainent dans les tiroirs.
Dans son verre les glaçons fondent, et se mêlent au Bloody Mary.
« Tu pourrais pas changer de musique, pour une fois ? Tu tournes en rond, mon vieux. »
La voilà de retour, se séchant les cheveux. Raflant son verre au passage et balançant la serviette sur le canapé, elle va s'accouder à la rambarde du balcon, me tournant le dos. Je la rejoins en un saut.
« Pourquoi tu es toujours là, hein ? Dis, pourquoi ? » lui susurre-je dans le cou.
Une goutte de sueur qui s'est déjà reformée sous la moiteur de l'air, sous mon souffle glisse rapidement de sa nuque au creux de son dos, se cachant sous sa robe de lin. Dieu que c'est tentant d'aller la récupérer.
Elle se retourne brusquement, coupant court à toutes mes divagations et me fixe droit dans les yeux. Elle a le regard de celle qui se sait indispensable, et qui règne en maîtresse de la situation. Les derniers instants du Molto Vivace accompagnent son message visuel où elle me met, une fois encore, à genoux. J'abandonne, et reporte à nouveau mon attention sur les voitures qui n'en finissent pas, six étages en-dessous.
« Tu ne veux plus me voir ? » demande-t-elle d'un ton brusque. « Suffit de le dire, hein. Je t'en voudrais pas, bien au contraire. Je pourrais presque comprendre. »
Je ne réponds pas. Je n'ai rien à dire. En fait, je n'en sais rien moi-même, je suis loin de tout maitriser.
« Mais tu sais que ce serait une erreur, hein. » ajoute-t-elle, en insistant un peu plus sur l'empire qu'elle a sur moi.
Adagio molto e cantabile. Troisième partie de la symphonie. Le début de ce morceau-là, c'est de la chantilly sur une montagne de fraises, c'est une guimauve qui entoure un monde de praline. C'est la mélodie du plus merveilleux des mondes. Cele qui fait toujours croire que l'aube qui se lève sera plus lumineuse que le crépuscule blafard de la veille. Mort de rire.
« Oh, et puis tu m'énerves à ne jamais me répondre. Finalement, je me demande à quoi ça sert que je sois là, tiens. » lance-t-elle avant de retourner au salon.
Je la surveille du coin de l'œil. Elle regarde, pour une énième fois, ma bibliothèque. La tête penchée, elle examine chaque tranche de livre, relit chaque titre, chaque auteur d'un air absent. Elle relâche ses cheveux, qui coulent sur ses épaules dans une cascade blond roux abondante. Je serre les dents, je pince les lèvres. Je fais mieux de me taire, y'a pas à dire.
C'est comme ça. Presque chaque semaine, elle se sent obligée de venir me voir, de m'apporter quelque chose, de me tenir un peu compagnie. Au début, je me suis beaucoup interrogé. Était-ce un drôle de sentiment de culpabilité, dont elle avait le seul secret, qui la poussait à venir secouer la poussière de mon parquet et aérer les rideaux ? C'était ce que j'avais cru pendant longtemps. À présent, je mets plutôt ça sur le compte d'un reliquat de sentiment maternel, une fibre tendre qui parfois pointe son nez sur son beau visage, et qui adoucit chaque angle.
« Allez, on sort ce soir. Je t'emmène au théâtre. Il y a une pièce que je crève d'envie de voir. » lance-t-elle en se lustrant les lèvres d'un grenat laqué qui ne fait qu'accentuer la blancheur quasi morbide de ses dents tranchantes.
Je sais déjà de quoi elle parle. Normal, son copain, qui au passage est critique d'art, a de bon contacts et sait toujours ce qu'il faut absolument voir. Pro ès bons plans. Elle adore ça. Pas étonnant qu'elle m'ait largué, moi qui suis tout le temps à la masse.
« Peu de chance qu'on trouve des places. »
Je lui réponds plus pour signifier mon mécontentement que de l'informer d'une réalité qu'elle est bien loin d'ignorer, comme le prouve sa réplique.
« Oui mais j'ai mes petits avantages! » répond-elle en évoquant implicitement son statut d'étudiante en journalisme.
Elle ourle son regard bleu d'une couche de mascara sur les cils, lèvres pincées, geste assuré.
Que suis-je sensé répondre à tout ça ?
Je murmure mon accord et vais me changer.
Dix minutes plus tard, nous sommes dehors.