Cérémo[nie]
Ceci n’est pas un sacrifice, juste un échange à la lisière des heures.
La couleur de mes yeux pour la place de la nuit,
Pour se glisser en elle comme on enfile une veste :
Une autre ment, songe de suie et de voix.
Car ici, ni grand voyage, ni sublime métamorphose.
Il ne se passe rien la nuit, jamais. Les chats restent des chats et les ombres suivent seulement
le mouvement des heures :
elles s’allongent.
Tout comme mes bras qui s’arc-boutent pour toucher le ciel et se brûlent à la lumière des
étoiles. Même les brûlures de froid laissent des marques, les miennes s’éteignent à mesure que
le vent ramène peu à peu le matin.
Etre sombre et sentir germer des rayons dans chacune de mes poches, au chaud comme à
l’abris d’un four qui s’ignore ou d’une maternité endormie.
Si je ferme les yeux, si j’abandonne le monde en étouffant l’éclosion …
Tuer l’œuf et la poule ou se faire manger par eux.
Je suis chair et sur cette chair, le monde dormira bientôt.
Mais ce n’est pas un sacrifice et à la lumière du jour, je renouvelle le pacte.