Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L'installation

Auteur Sujet: L'installation  (Lu 2500 fois)

Hors ligne LOF

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L'installation
« le: 04 mai 2022 à 17:36:58 »
                                                                                 L’installation

Une femme assise sur un banc remplit une grille de mots fléchés, au loin tapement régulier d’une machine de chantier, au travers de la haie on voit les voitures alignées sur le parking, un homme passe, tapement de la machine, la grille se remplit, l’homme passe baskets neuves, mains dans les poches, au pied de l’immeuble le parking les voitures,

une vieille femme en blouson rose sans manche, elle se dirige vers la pelouse, regarde les fleurs et la table de ping-pong en ciment sur la pelouse, elle s’assoit auprès d’une autre femme, tapement continu de la machine, vrombissement d’une moto, le feuillage vert tendre remue doucement dans le souffle de la brise, la moto s’approche, propage son bruit dans le quartier,

un homme grisonnant salue un autre homme qui écrit sur un banc, la moustache grise de l’homme grisonnant est finement taillée, il tient par la main une fille, la femme lève la tête au-dessus de sa grille de mots fléchés, la femme en blouson rose s’assoit en face de la femme aux mots fléchés, une cloche tinte au loin,

un homme gros avec sac à dos marche lourdement, la motos semble s’arracher de l’asphalte, la cloche tinte paisiblement, sur la pelouse un chien genre Griffon renifle tout son saoul, s’approche des femmes, reprise du tapement de la machine de chantier, le Griffon s’arrête, pisse, gratte le sol avec sa patte arrière, repisse, des gens causent, leurs voix résonnent, on ne les comprend pas mais leurs voix résonnent, l’homme écrit assit sur un banc, on ne voit pas les gens qui causent dont la voix résonne,

des coques de châtaignes roulent sur le sol, un jeune garçon passe, casquette vissée, t-shirt rayé, il shoote dans les coques, le jeune garçon boîte, puis un pigeon s’aventure, il s’approche de l’homme qui écrit, il tourne autour, il raconte des histoires de pigeons, il dit que les miettes se font de plus en plus rares en temps de crise, des portières claquent sur le parking, le pigeon s’envole,

le Griffon est assis au pied des femmes, les gens continuent de bavarder sans qu’on les comprenne, la vieille femme en rose tient une laisse rétractable jaune fluo, des jeunes gens jouent au basket sur le mini-terrain, un homme passe, le ballon cogne le panier, l’homme qui passe porte des lunettes noires, à chaque fois que le ballon cogne le panier on entend le bruit métallique du panneau du portique, l’homme en lunettes noires qui passe est court de cheveux, ballon, bruit du panier, flânerie de l’homme aux cheveux courts, bruit du panier, la femme aux mots fléchés s’en va, aucun des joueurs ne marquent de points mais quand même bruit du panier quand le ballon cogne la panier,

l’homme aux cheveux courts est suivi d’un clebs, une moto vrombit dans le quartier, l’un des deux joueurs est plus vieux que l’autre, l’un des deux renoue souvent ses lacets de chaussures, le clebs renifle le cul du Griffon, la femme en rose agite sa laisse rétractable, la panier tremble sous les chocs du ballon, l’homme écrit que le panier tremble sous les chocs du ballon, le clebs se roule dans l’herbe, comment en écrivant faire comprendre que le panier tremble sous les chocs du ballon ? le plus vieux des joueurs c’est le père du plus jeune, il ne marque aucun point, l’homme aux cheveux courts s’enfiche pas mal que son clebs renifle le Griffon, finalement les joueurs quittent le mini-terrain,

il y a encore une poche d’eau sur la table de ping-pong en ciment, il a plu hier, l’homme qui écrit ne sait pas qu’il pleuvait hier, quand les joueurs s’en vont ils marchent en faisant rebondir leur ballon sur l’asphalte de l’allée, bruit du ballon, bruit de la moto, bruit de martellement au loin d’une machine de chantier, bruit des conversations qu’on ne voit pas derrière la haie,

c’est envahissant sur la pelouse, mais pourtant ça ne fait pas de bruit, c’est une installation sans doute, avec des passerelles, des plates-formes, des escaliers, des tours, des murs, des ouvertures, des passages, et un gouvernail comme pour piloter le vaisseau, ce n’est pas un vaisseau, c’est au milieu de la pelouse, entouré de barrières avec un petit portail qui s’ouvre, l’homme aux cheveux courts est entré pour partir à l’assaut d’une muraille,

la vieille au blouson sans manche enlève son blouson, le gros qui portait un sac à dos dépose son sac et s’assoit sur une bascule, les basketteurs prennent place sur la passerelle, une femme qui passe par là s’arrête, elle est en jean serré et bottines à talon, le gros fait signe à la femme, le basketteur demande à son père comment on tient le gouvernail, le clebs a rejoint l’homme aux cheveux courts ensemble ils crapahutent un mur d’escalade, la femme en jean serré un pied sur la bascule balance le gros bonhomme, la femme aux mots fléchés revient, la figure toute joufflue une sucette à la bouche elle se laisse glisser dans le tunnel, la femme en jean change de pied parce que le bonhomme est gros et qu’il ne cesse de réclamer qu’on le balance, un gars a garé sa moto devant les barrières, ouvre le petit portail et se dirige vers la femme en jean, l’homme grisonnant à la moustache finement taillée est tout ébouriffé essayant de traverser un pont indien, la vieille en rose a lâché sa laisse fluo préférant la corde à nœuds du grand portique, le gars à la moto dégage le gros sur la bascule et prend sa place, la femme en jean change de pied,

un enfant marche sur l’allée d’asphalte et regarde l’installation qui affiche complet, il s’assoit sur le banc, l’homme qui écrit est parti, oubliant son stylo bille, l’enfant s’assoit sur le banc, balance ses jambes avec ennui, des pigeons volent haut dans le ciel, au loin le tapement régulier d’une machine de chantier
« Modifié: 04 mai 2022 à 17:44:55 par LOF »
Lof

J.

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Re : L'installation
« Réponse #1 le: 05 mai 2022 à 13:31:59 »
Bonjour. Texte très curieux. Je l'ai relu en cherchant désespéramment où tu voulais en venir et surtout où tu souhaitais emmener le lecteur. J'ai pas trouvé. Sinon, c'est bien écrit, comme d'hab'

Hors ligne LOF

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Re : L'installation
« Réponse #2 le: 06 mai 2022 à 09:18:59 »
 Merci Jonathan pour ta lecture attentive.

 L'installation c'est une aire de jeux, avec un complexe ludique pour enfants.
 Et la deuxième partie de mon texte montre que les personnages adultes du début
 ont envahi l'aire de jeux et qu'ils jouent comme des enfants avec l'équipement-installation.
 Le véritable enfant arrive à la fin et attend tristement sur son banc que les adultes libèrent l'aire de jeux... 
 Toutefois cela ne semble pas très clair dans mon histoire. J'ai voulu suggérer au lieu de souligner à gros traits.
 Mais apparemment mon intention n'est pas assez lisible.
Lof

J.

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Re : L'installation
« Réponse #3 le: 06 mai 2022 à 10:02:54 »
Bonjour. Ton intention d'emmener le lecteur dans les méandres d'une aire de jeu était louable, à défaut, effectivement, d'être lisible. Ça c'est mon avis. Ensuite, attends celui d'autres lecteurs.
« Modifié: 06 mai 2022 à 10:04:48 par jonathan »

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Re : L'installation
« Réponse #4 le: 08 mai 2022 à 16:44:09 »

"Ça c'est mon avis. Ensuite, attends celui d'autres lecteurs."

 OK Jonathan.
 J'attends.
Lof

Hors ligne Delphine

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Re : L'installation
« Réponse #5 le: 08 mai 2022 à 17:05:21 »

 OK Jonathan.
 J'attends.

J'arrive, mais je ne suis peut-être pas celle attendue, car je manque trop souvent d'objectivité...! Mais je suis là, alors, allons-y!
Ce que j'ai beaucoup aimé, c'est le style prise de note de ton texte. Il dit ce qu'il y a à dire, il dit ce qu'il y a à voir, et tout cela sans émotion, un fait.
Ce que j'ai moins aimé, c'est qu'en te concentrant sur ce que tu voyais, tu as oublié de raconter l'histoire...
Mais rien n'est perdu, au contraire : tu as les matériaux, à toi de construire, maintenant!

Hors ligne LOF

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Re : L'installation
« Réponse #6 le: 09 mai 2022 à 16:26:08 »

Merci pour ta réponse Delphine.
Prise de notes, oui retravaillée.
Je n'ai pas oublié de vouloir raconter une histoire, mais cette question m'est problématique.
 Comment faire ? Il y a trop de personnages. Inventer ? Tout est possible, justement il y a trop de possibilités.
 Finalement j'aime peut-être assez bien cette latence, cette suspension, une vacance de l'histoire,
 laisser au lecteur ce qu'il veut imaginer...
 Par contre là où j'ai construit c'est lorsque l'aire de jeux (l'installation) est envahie par les adultes, comme s'il n'y avait
 plus de frontière entre l'enfance et l'âge adulte, et le véritable enfant à la fin attend que son espace de jeu (sa liberté) lui
 soit restitué. Il me semble ici que cette idée pouvait être intéressante, et combler l'absence d'histoire réelle.
 Mais bon !...
Lof

Hors ligne Delphine

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Re : Re : L'installation
« Réponse #7 le: 09 mai 2022 à 17:05:20 »
Merci pour ta réponse Delphine.
Prise de notes, oui retravaillée.

Oui , et c'est ce que j'aime bien; je m'imagine d'ailleurs bien la personne tapant sur la machine à écrire des années 50, avec le petit bruit rappelant qu'on repart à la ligne... J'aime le style avec lequel tu décris la scène.
Néanmoins, il me manque un fil conducteur à ce que tu veux nous raconter.
Si l'installation de l'aire de jeu est le thème, je pense qu'il faudrait y faire une allusion discrète dès le départ puis, sans trop te dévoiler avancer doucement jusqu'à ce qu'on comprenne pourquoi tu nous a emmenés là . Qu'en penses-tu?
Parfois, le lecteur est un peu paresseux, et il faut le prendre par la main...! ;)


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Re : L'installation
« Réponse #8 le: 11 mai 2022 à 11:42:42 »

Ton idée est intéressante. Evoquer allusivement l'aire de jeux au début, pour y revenir dans la dernière partie
d'une façon plus signifiante. Je vais essayer.
 Merci encore Delphine.
Lof

Hors ligne LOF

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Re : L'installation
« Réponse #9 le: 12 mai 2022 à 09:50:35 »
 Merci Champdefaye pour ton commentaire.
 C'est vrai que souvent le clan des "avec histoire" ou "sans histoire" se confrontent.
 Cela dépend peut-être de l'endroit où on place notre curseur de rationalisme.
 Pour moi je suis de moins en moins un fan "d'histoire".
 Le style, la forme, déjà contiennent en creux une histoire. (ou des problèmes)
 Pour les mots "clebs et cul" je les ai choisis justement en différence, en décalage par rapport au semblant de neutralité.
 Le clebs du gars opposé au Griffon des dames...
 J'aime bien parfois semer des grains de sable pour enrayer la machine trop huilée.
 Toutes ces différences de lecture et d'interprétation sont l'intérêt de ce site
 et toujours précieux pour celui qui écrit solitairement.
« Modifié: 12 mai 2022 à 09:52:56 par LOF »
Lof

 


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