Keon n’a pas d’heure pour aimer
Voici enfin raconté l’édifiante histoire d’un carriériste nommé Keon,
Qui, d’Ouvrier d’essaim, est devenu Sentinelle au deuxième bataillon.
Reste que si ce dernier avait réussi l’examen d’apprenti lanternier,
Jamais il n’aurait pu devenir gardien-chef le vingt-huit mai dernier.
Entendu qu’à maintes reprises, courtois, ce dernier s’était montré,
Sa collègue préférée aimant dire son bonheur de l’avoir rencontrée.
Avant cette déconvenue, fort de son aura de patte-pelu,
Keon assura qu’à porter bure aumônière, il s’était résolu.
N’oublions surtout pas que, ce grand producteur en roulaison,
Produit, à foison, le roi de nectars mellifère en toute occasion.
Puisque, par trop envahissante était devenue sa soif d’aimer,
Keon comprit que des mots d’amour bon seraient d’essaimer.
Aussi, enchanteur fut le jour où il rencontra une jolie à voir,
Qui, d’évidence, prêt de lui, grand fut son plaisir de s asseoir.
Cela eut pour principat effet, qu’émue par toutes ses alarmes
N’écoutant que son cœur, la belle succomba sous son charme.
Disons que si cette beauté ne s’était pas montrée en petite tenue,
À lui avouer sa joie de lui parler d’amour, Keon se serait abstenu.
Peu est de dire que, lorsque vint le mâtin, à l’heure du lever,
Le galant, encore émerveillé, se demandait s’il n’avait pas rêvé.
En fin de conte, libéré des soucis qui hantaient ses nuits,
Il sourit parce que de toujours le soleil a remplacé la pluie.
Puisque, l’hyménée se fait encore et toujours sur la voûte du ciel,
Les deux osèrent montrer que leur amour n’était pas artificiel.
Toujours est-il que ce qui était prévisible et inéluctable eut lieu,
Et qu’au sein même de l’essaim les amoureux firent des envieux.
Car, pourquoi prendre tout cela pour argent comptant,
Vu que Keon est vivant et qu’il le restera très longtemps.