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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Mon Village dans le 51 (France) Acte:3..MAX

Auteur Sujet: Mon Village dans le 51 (France) Acte:3..MAX  (Lu 1967 fois)

Hors ligne Choumi

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Mon Village dans le 51 (France) Acte:3..MAX
« le: 28 mars 2022 à 13:17:39 »
Bonjour
Voici une suite des évènements qui ont marqué mon village
Je vous souhaite bonne lecture, c'est le seul but recherché
Toutes vos remarques et suggestions seront prises en compte
Amicalement
Michel




Le village où  j'ai construit mon nid se découvre sous la forme d'un fer à cheval occupé au centre par une zone humide transformée, il y a longtemps, en jardins familiaux.   
Dos à l'église, l'aile gauche est une succession de hangars et de poulaillers dont les plus anciens tombent en ruines. Quant au côté droit, grand plateau calcaire impropre aux cultures des champs, il est occupé par les maisons toutes identiques d'une cité ouvrière qui aujourd'hui ne compte que des retraités.

 Derrière l'édifice religieux, le plan d'occupation des sols a fait pousser en tirs groupés un lotissement où les gens qui travaillent dans les grandes villes voisines se ressourcent au bon air de la campagne. Le boom démographique qui s'en est suivi a permis de conserver une maternelle, l'épicerie et le bureau de poste. Mais il est temps de calmer un peu les ardeurs sous peine d'être obligé  d'ouvrir une crèche, de réorganiser les services municipaux et de revoir les conditions électorales pour les prochaines présidentielles. Ce qui fait beaucoup pour un bourg qui avait retrouvé une certaine indifférence.

 Je dis « qui avait » car dans le passé celui-ci a connu quelques soubresauts, notamment vers la fin du 19ieme avec la construction d'une manufacture à vocation lainière. L'arrivée d'un fort contingent de salariés Belge pour palier au manque de main d’œuvre locale créa un profond désarroi dans une population  essentiellement paysanne qui se nourrissait de ses propres cultures et possédait quelques vaches laitières pour améliorer l'ordinaire. Beaucoup d'entre eux n'ayant jamais vu d'aussi près des gens venus d'aussi loin se posèrent la question bien légitime de savoir s'ils étaient, comme eux, contraints aux même obligations naturelles. Ils furent rassurés en voyant fleurir au fond des jardins de belles cabanes en planches peinturlurées toutes pareilles aux leurs. Quant aux Belges ils restaient assez discrets. Leur univers tournait autour de l'entreprise de tricot et tout ici respirait la bonneterie. Les rues étaient bonneterie, les logements étaient bonneterie, le magasin d'alimentation, lui aussi, était bonneterie. Ceux qui osaient se rebiffer étaient renvoyés, illico, chez  Léopold II  Koning der Belgen, sans grand espoir de pouvoir revenir.

 Sans animosité particulière, les deux communautés s'ignorèrent mutuellement au point de créer, plusieurs années durant, leur propre carré à l'office du dimanche au grand damne du légataire des lieux.
Puis, les premières rencontres amoureuses, suivies d'épousailles quelques fois précipitées pour cacher une grossesse anticipée, contribuèrent à faire tomber les derniers préjugés. Devant ces bébés arrivés avant date, sans que l'on puisse parler de prématurés, les jeunes parents restaient discrets, les bigotes oubliant leur jeunesse étaient outrées, et Mr le curé, témoin privilégié de toutes les confessions, levait les bras au ciel en maugréant « Vade retro satanas ».
De tous temps, l'histoire le retient, une bonne literie a toujours été plus propice au rapprochement des peuples qu'un grand sermon. 

 Malheureusement cette génération connaitra l'enfer des tranchées en 14/18 et leurs enfants la mobilisation en 1940. A chacun de ces épisodes les femmes répondront, sans faillir, à l'absence des hommes en cultivant les champs et faire tourner la bonneterie. Tout près de l'ancien lavoir se dresse le monument aux morts pour la France. Puis avec le temps les blessures ont cicatrisées, un peu, et hormis quelques  frispoulets vite fatigués tous restèrent au village. Les enfants de ces braves gens, aujourd'hui disparus, sont des personnes âgées, l’usine de textile a fermée en 1975 et l'oubli s'est vite installé.
C’était au siècle dernier, qui s’en souvient?
Le village est devenu un sanatorium pour neurones déprimo-informatisées et le téléphone portable a remplacé les discussions le soir au coin du feu ou l'été sur les pas de porte.

 C'est ici que vit Max planté dans un jardin associatif. Max est l'ami de tout le monde. Il a passé sa jeunesse à faire le pitre, posé sur les épaules d'un porteur, et de carnaval en carnaval a visité la France entière. Il a participer au jumelage du village avec la ville de Binche, en Belgique, et a fêté l’événement à sa manière en défilant avec les Gilles. Comme tous ceux qui y sont allés, il en a gardé un souvenir impérissable de gentillesse et d'hospitalité. Faut dire que chacun y a  des aïeux et cousins cousines.
L'age venu  ses jambes l'ont quitté et le tronc de Max s'est retrouvé  enseveli sous un fatras d'objets aussi vieux que lui. Récemment le nouvel occupant de la ferme l'a remis sur pieds et posté en sentinelle dans son jardin.

Je suis à peine posée qu'il m'interpelle. Il n'a pas l'air d'aller bien.

« Ah ! mon amie, te voilà. Tu as l'air étonnée de me voir sur le banc, assis comme ça. Tu viens me rendre visite comme tous les jours à la même heure, tu es ponctuelle, j’apprécie ta fidélité. De ton œil vif tu m’observes et moi je te regarde. Notre tète à tète bien que bref est pour ma part très attendu. Il m'arrive d’espérer de te voir, un jour, posée sur mon épaule et dans mes projets, les plus fous, prendre le vent avec toi.

 Mais ce matin je suis triste, triste et fatigué, presque résigné. Tu le ressens et comme une vieille amie tu t'attardes pour mieux prendre part à mon chagrin. En cet instant où je me sens bien seul, sois en remerciée.
Oh! Mes tracas, ne sont que passagers, et non rien à voir avec les désastres de ce monde, mais une mauvaise parole a suffit pour que tout vole en éclats et semble se retourner contre moi. 
 
 Vois tu quand je me suis retrouvé bourré de paille et de brindilles, j'ai cru à tort devenir un  refuge pour les passereaux, les insectes et les papillons. Avec mon chapeau de paille et ma perruque de foin j'ai pensé, alors, aux minots qui se rassembleraient autour de moi le soir après l’école et que je  ferai le clown pour les amuser. Un Auguste au jardin, l'idée me plaisait bien et je n'ai imaginé un seul instant que mon emploi du temps serait tout autre.
Très vite, j'ai commencé à me poser des questions quand les gosses sont venus me lancer des pierres et arracher mon chapeau. 
Maintenant,  je sais! Je suis là pour faire peur aux oiseaux !

 Depuis cette découverte mon cœur a mal et tu viens vers moi pour me consoler, pour me dire que tu n'y crois pas et que tu es mon amie. Mais regardes il n'y a que toi et moi, pas même un roitelet, un queue-rouge, une mésange, rien. Le jardin est bien triste sans leurs chants et c'est à cause de moi. Ma présence dérange et ma vie même n'a plus de sens.

 
Mais je parle, je parle, et tout à me plaindre sur mon sort j'en ai oublié que, toi aussi tu pouvais avoir l’âme en peine. Mais, tu sais mettre ta souffrance en sourdine pour m'aider a mieux supporter le mienne. J'ai honte ! Comment ai-je pu me laisser aller de la sorte? Et m’autoriser, comme un con, à crier que je suis le seul  à être malheureux !
Alors demain s'est promis, je te parlerai des pays où jacassent tes cousines, des grands espaces maculés aux silences troublants, les horizons couverts d'embruns où flottent les odeurs d'iode et volent les goélands.
je te chanterai Bobby Lapointe, Boris Vian, Pierre Perret et  jouerai pour toi Mozart, Vivaldi, Schubert. Je te conterai l’amour avec un grand A et t'avouerai ma soif d’apprendre. Je te dirai tout de ma vie sauf les conneries dont je ne suis pas fier. Mais dans l’instant présent, laisse moi te dire que je ne me moquerai plus de ta livrée de majordome et de ta mauvaise réputation car aujourd’hui, où j’ai besoin d'une compagnie, tu es là. Alors demain, demain c’est promis, pour notre rendez-vous, je serai debout.>

« Modifié: 22 janvier 2025 à 06:55:14 par Choumi »

Hors ligne Delnatja

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Re : Mon village dans le 51 (France): Acte 3........MAX
« Réponse #1 le: 28 mars 2022 à 13:39:33 »
Bonjour Choumi, encore un joli texte.
Je ne suis pas sûr de savoir à qui par ton héro.
Citer
j'ai pensais, à tord,
j'ai pensé, à tord. D'après moi.
Je suis toujours aussi nulle en commentaire donc, je me contenterais de dire que j'ai bien aimé ce texte.
Bonne journée.
Michèle

Hors ligne Choumi

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Re : Mon Village dans le 51 (France) Acte:3..MAX
« Réponse #2 le: 04 avril 2022 à 07:50:23 »
Bonjour
Merci pour l’intérêt porté à mon texte
J’ai corrigé
Amicalement
Michel

Hors ligne Stevius A

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Re : Mon Village dans le 51 (France) Acte:3..MAX
« Réponse #3 le: 04 avril 2022 à 11:30:02 »
Bonjour Choumi,
J’ai bien aimé cette façon de présenter Max et de lui donner vie.

J’ai l’impression que tu utilises trop de virgules. C’est sans doute un choix, mais cela saccade tellement le fil de lecture que j’ai dû en faire abstraction.
Ex :
« le plan d’occupation des sols a fait pousser, en tirs groupés »
« Le boom démographique, qui s’en est suivi »
« Beaucoup d’entre eux n’avaient jamais vu, d’aussi près, des gens » … « la question bien légitime, de savoir s’ils étaient »
« ,et, »

J’ai relevé quelques coquilles :
« d’aussi prés » près.
« Tout prés de l’ancien lavoir » près. (Le village est-il entouré de prés ?)
« Mes tracas, ne sont que passagers et, non rien » n’ont. Je pense aussi qu’il y a deux virgules de trop.
« Vois tu » Vois-tu.
« de la sorte? » de la sorte ? Cette phrase et celle qui suit ne pourraient-elle pas faire qu’une seule question ?
« Alors, demain s’est promis » c’est.
« des pays ou jacassent » où.
« les odeurs diode » d’iode.
« je te chanterai » Je.
« demain s’est promis » c’est.
« rendez vous » rendez-vous.

Voilà.  ;)
« Modifié: 04 avril 2022 à 12:09:20 par Stevius A »
Tranches de vie et carnets de voyages peu classiques sur fond d'écriture non policée...

Mon blog avec toutes les histoires : https://www.stevius.fr/

Hors ligne Choumi

  • Prophète
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Re : Mon Village dans le 51 (France) Acte:3..MAX
« Réponse #4 le: 05 avril 2022 à 10:33:12 »
Bonjour à toutes et tous
Merci pour vos appréciations
Pour ce qui est des fautes d'orthographe , je me suis empressé de les corriger.
Pour ce qui est de la ponctuation , j'ai modifié aussi, mais un peu au petit bonheur la chance, n'ayant pas beaucoup de savoir faire en la matière.
C'est une raison pour laquelle je me suis inscrit sur ce forum, c'est donc avec grand plaisir que j'essaie de m'améliorer.
Sur la composition du texte:
Oui c'est une Pie qui raconte l'historique du village et devient l'amie d'un épouvantail
C'est un peu mon monde que de faire parler les choses et les animaux
Amicalement
Michel




Hors ligne Robert-Henri D

  • Comète Versifiante
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Re : Mon Village dans le 51 (France) Acte:3..MAX
« Réponse #5 le: 12 mai 2022 à 15:50:49 »
Non d'une pipe! J' habite un petit village Ardennais qui se prétend "ravitaillé par les corbeaux"... et celui-là se trouve accolé à la frontière Belge. C'est dire que ce texte superbe pourrait quasiment s'appliquer à son endroit!
“La vanité et le mensonge prospèrent comme jamais, aujourd’hui, en politique et dans la société”, [Olivier de Kersauson]

 


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