Bonjour, un nouveau texte sur Angélique, qui continue à vieillir.
Rassurez-vous, plus que deux texte à suivre.

Bonne journée.
Angélique et l'homme au poireau
Angélique déambule dans les allées du super-marché à la recherche de sa moutarde préférée. Elle a réussi à trouver tout ce qu'elle désirait acheter, il ne lui manque plus que la moutarde de bourgogne IGP.
« Et ben voilà ! Il n'y en a plus ! Il y a toutes les autres merdes, sauf celle que je veux ! Ils le font exprès ou quoi ? Il n'y a même plus l'emplacement, ils l'ont arrêté ? Pour une fois, que j'en trouve une extra qui déchire pas la gueule, il faut qu'ils l'arrêtent ! Bon ben, je vais être obligée d'en choisir une autre, une qui ai du goût sans être trop forte ».
Pendant qu'Angélique cherche désespérément une moutarde qui lui convienne, les autres clients continuent à faire leurs courses, indifférents à la tragédie qu'est en train de vivre Angélique, qui commence à s'énerver, comme d'habitude. Une fois fait son choix, Angélique décide de flâner un peu dans les allées du magasin. Maintenant, qu'elle est à la retraite depuis peu, elle a tout son temps et elle en profite au maximum. Sa pension est suffisante pour vivre correctement et elle ne se plaint pas, elle sait que ce n'est pas le cas de tout le monde. Il arrive que des fins de mois soient un peu ''short'', mais en faisant attention et grâce à un petit pécule, elle s'en sort plutôt bien.
« C'est quand tu veux, tu vires ton chariot de merde que je puisse passer. Encore une couillonne qui va acheter un parfum d’ambiance sans lire les précautions d'emploi. C'est marqué en très très petit qu'il ne faut pas le respirer et qu'il faut l'utiliser dans une pièce bien aérée. Marre de toutes ces merdes qu'ils nous vendent. Regardez-moi toutes ces pommes bien grosses et luisantes, si les gens savaient le nombre de fois qu'elles ont été aspergé de produits chimiques, ils feraient un détour pour ne pas passer à côté. Et ces légumes '' Made in Espagne '', est-ce qu'ils continueraient à en acheter, s'ils savaient comment ils sont produits ? Si on leur disait que ces producteurs utilisent des produits interdits en France, qu'ils sont en train d'assécher leurs nappes d'eaux souterraines, qu'ils emploient de la main d’œuvre étrangère qu'ils payent une misère et qu'ils hébergent dans des vieux containers ou bien, dans des baraques en tôle ? Pas sûr qu'ils arrêteraient ! Arrête de t'énerver toute seule, j'ai l'impression qu'en vieillissant, tu t'arranges pas ma vieille ! Je commence à avoir un peu froid, il est temps d'aller aux caisses ».
Angélique continue de maugréer, lorsqu'au détour d'un étal de fruits et légumes, elle le vit se tourner vers elle et se figer, un poireau dans la main gauche comme s'il tenait un flambeau et un sac en rotin dans la droite. Angélique pensa immédiatement qu'il avait l'air très con avec son poireau, mais quelque chose l’intrigua dans cet homme, comme si son visage lui disait quelque chose. Il était plutôt grand, les cheveux grisonnants, une barbe poivre et sel bien taillée et des yeux marron clair. Angélique ne faisant pas mine de bouger, l'homme s'approcha en lui souriant, puis il s'arrêta à deux mètres d'elle, peut-être afin de rester prudent.
– Bonjour, tu n'as pas de cartable à me faire porter aujourd'hui ? Demanda-t-il sur un ton affable et plein de malice.
Angélique fut prise de vertige et après avoir repris ses esprits lui répondit enfin.
– Non Jérémy, pas aujourd'hui, mais j'aurais bien aimé. Répondit-elle en lui souriant comme une enfant de six ans
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1: Voir Angélique, petit Démon ?