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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes mi-longs » P'tite bite ! [Contenu explicite]

Auteur Sujet: P'tite bite ! [Contenu explicite]  (Lu 8773 fois)

Hors ligne ericcontact

  • Plumelette
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P'tite bite ! [Contenu explicite]
« le: 31 Janvier 2022 à 09:37:59 »

P’tite bite !


— Tu la sens bien, hein, ma grosse bite ?

Ça, c’est sûr que pour la sentir, je la sens. Ça doit faire 10 minutes qu’il m’éventre avec son gros machin, pistonnant mon intimité comme s’il cherchait du pétrole.

— Hmm, ouais, t’aimes ça les grosses bites, toi…
Pas plus que ça en fait. Et là, c’est pas du pétrole qu’il va trouver, c’est… Ouch… ! voilà, c’est mon utérus.

— Ooh putain, tu vas m’faire jouir !

Voilà. Capote nouée, je suis rhabillée deux minutes et vingt-trois secondes plus tard. Non, je ne reste pas, je me lève tôt demain.
Oui c’était super.
Oui on s’appelle.

C’était bien parti pourtant. L’ami d’amis rencontré dans un bar, à un apéro où des copines m’avaient invitée, le genre de début de soirée que j’affectionne une ou deux fois dans la semaine. Le gars sûr de lui, plutôt beau gosse, qui fait le show à la table où nous sommes. Quelques verres, les discussions qui s’entrecroisent au gré des sujets, il raconte des blagues, un peu lourdes… mais je ne suis pas là pour écrire un roman sur la préciosité au XXIe siècle.

Je l’ai observé, intéressée, pendant la première partie de la soirée, il l’a vu, puis vu que j’avais vu qu’il avait vu, bref, voilà quoi. Rien de nouveau sous le soleil du parasol chauffant d’une terrasse aixoise.

À 46 ans, j’ai passé l’âge de m’emmerder avec un mec au quotidien, et l’avantage de vivre à 15 minutes de cette jolie petite grande ville c’est le troupeau de béliers disponibles à quelques encablures de mon chez-moi solitaire. Je ne suis plus la bombasse que j’étais il y a 20 ans, mais j’ai quelques missiles encore en rayon : taille encore visible entre mes seins et mes hanches, délimitation encore marquée entre des fesses et des cuisses, qui daignent rester chacune dans leur dénomination.
Pas trop de cheveux blancs si je respecte le calendrier de ma coloriste pour les mèches.
Je n’ai pas à me plaindre, car sans trop me remuer l’arrière-train j’arrive avec quelques rondeurs et un peu de cellulite à rester dans la course. Bon, il faut quand même aller deux fois par semaine courir dans les vignes et user un tapis de yoga pour ce résultat, et je compte aussi quelques séances de galipettes çà et là (si, si, ça compte…).

Donc j’en étais où ? Ah, oui : l’alpha-mâle de ce soir. Il gesticulait un peu trop, mais il était plaisant, souriant, surtout à mon encontre. Bien, il avait pigé. En sortant des toilettes, je l’ai croisé dans l’arrière-salle, on s’est regardé en se rapprochant et il m’a embrassée, un peu brusquement. Bon, de temps à autre, un peu de fougue macho, ça fait aussi du bien.

— Tu veux rester un peu avec le troupeau ou ça te dit d’aller chez moi ?

Eh bien ! Soit il était pressé, soit je lui plaisais beaucoup. Comme j’étais d’humeur coquine, je voulais voir à quoi j’allais avoir droit si je le suivais. Je l’avais alors attiré dans les toilettes des femmes, poussé dans la première cabine et plaqué contre le mur.

— Waouh ! t’es une gourmande, toi !
— Tais-toi, lui avais-je alors intimé.

Les mains en l’air comme si je le braquais, il s’était laissé faire pendant que je déboutonnais son pantalon. Et il s’était tu. Bon garçon.
J’avais extirpé une belle surprise derrière la braguette et, à mon tour « bonne fille », je m’étais accroupie pour en goûter la raideur et en apprécier le calibre dans ma main et dans ma bouche… assez impressionnant, je dois le dire.
Décidément joueuse, j’avais arrêté au bout de cinq ou six soupirs de sa part, le laissant un poil tendu et carrément excité.

— Emmène-moi chez toi, lui avais-je dit alors simplement.

Et on en revient au début de mon histoire, vous en connaissez la suite. Là, je rentre dans ma maison à 1 h du mat’, affamée à cause des deux assiettes de tapas faméliques et frustrée par un bourrin dont je me faisais pourtant une joie.
C’est comme réserver un voyage dans un club qui a l’air parfait et arriver finalement sur place pour se rendre compte que l’endroit est fréquenté par des gens complètement à l’opposé de mes envies. Tant pis. La prochaine fois sera meilleure.

Un morceau de fromage et un verre de vin pour faire passer la fin de soirée mitigée, c’est toujours efficace. Mon ordi sur mes jambes, je me glisse enfin sous ma couette. Netflix ? Pornhub ? Je me suis endormie après la quatrième vidéo amateur où une chanceuse se faisait joliment culbuter par son mari et un ami à eux. Une main sur le trackpad, l’autre entre mes cuisses. Efficace, rapide et satisfaisant. Comme quoi, c’est pas si compliqué, quand même !


***


— Je crois que t’as tapé dans l’œil du serveur, ma vieille…

La morue qui m’appelle ma vieille, c’est Audrey, une amie de longue date qui n’est pas la dernière pour s’amuser. On est attablées en cette fin de semaine dans un joli bar restaurant du centre d’Aix, avec deux autres copines. Le filet mignon était parfaitement cuisiné et le très joli bourgogne absolument en accord.
Et là, sans dessert a priori, on refait le monde en fin de repas.

— Il est mignon, Audrey, mais complètement gay par contre, lui dis-je en guise de réponse.
— Hein ?

Elle se retourne en se déboîtant le cou, mode discrétion à 2 % seulement.

— Naaaannn mais t’as trop raison, pfffff… quel gâchis.
— C’est pas comme si ça manquait non plus les hétéros mignons, pas vrai ? lui dis-je, badine.
— Je ne vois pas de quoi tu parles, répond-elle l’air faussement innocent.
— Je parle des deux gars entre lesquels tu hésitais lundi dernier avant de disparaître au milieu de la soirée.
— Oui bon, que veux-tu, ils étaient tous les deux croustillants, que veux-tu que je te dise ?
— Je sais pas, des détails sympas à ta copine qui, elle, n’a pas eu autant de chance… T’as choisi lequel ?
— Eh beh… j’ai pas choisi du tout. On est allé chez l’un des deux.
— Wow… et ? Et ?
— Miam… un délice, l’un comme l’autre ! répond-elle en fermant les yeux.

On éclate de rire.

— T’es vraiment une vorace, toi, dis-je presque jalouse.
— Hmm, c’est vrai que j’avais un petit creux ce soir-là.
— Et alors ? Raconte, pétasse !
— Mmmhh… ils m’ont littéralement désossée… C’était très hard et j’ai adoré.
— Allez un p’tit détail croustillant au moins…
— Hum, alors… j’avais jamais pris deux mecs en même temps dans… enfin dans ma chatte et mon cul, et bien tu sais quoi ? Ahnnnn… C’est troooop bon !
— T’es une folle, j’t’adore…
— J’ai gardé leurs numéros si jamais tu as envie d’essayer…
— On verra, mais t’es dingue.
— Ah tiens, lui par contre il n’est pas gay et j’aime bien !

Là, c’est à mon tour de me déboulonner le cou en me retournant, mais plus discrètement qu’Audrey juste avant.

Argh, perdu : C’est l’alpha-mâle de la semaine dernière.

— Mince ! Fais comme s’il n’était pas là, dis-je à mon amie en me retournant pour ne pas qu’il me voie.

Audrey et les deux autres curieuses se penchent comme les trois petits cochons vers moi.

— Qu’est-ce qu’il y a, Inès, tu le connais ?

J’acquiesce.

— Tu l’as bourriqué ! Je me trompe ? me demande Audrey.

Je ré-acquiesce.

— Ouh la vilaine, elle le ghoste, le pauvre. C’est quoi son problème ? Il pue du bec ?
— Nan, mauvais coup.
— Ahhhnnnn !!! vilaaaaaaine !! répondent en chœur les trois Grâces en éclatant de rire.

Je les rejoins dans leur éclat de rire… même si j’ai un peu honte. Une main se pose sur mon épaule. Je viens de rater mon examen de Ninja, première étoile.

— Salut Inès ! Bonjour mesdemoiselles !

Quatre femmes à une table, plus de 180 ans à nous toutes mais il essaye le mesdemoiselles. Perdu, blaireau.
Sauf que les 2 autres gourdes rentrent dans la combine, j’ai rien à leur reprocher les pauvres, je me suis fait avoir il y a une semaine.

— T’es mignoooon ! dit l’une d’elles. T’es un ami d’Inès ?

Et la grande foire du tumavutum’auras commence. Audrey rigole en regardant ma mine blasée. Elle au moins elle a compris. Je me lève, mon verre est vide, et là il y a urgence-chardonnay.

— Une autre tournée, les filles ? demandé-je, juste pour la forme
— Ouiiiiiiiiiii !

Mr Lourdingue est dangereusement penché au-dessus de Pouf-1 et Pouf-2. Mes deux copines sont définitivement perdues pour ce soir. Ça nous fera un sujet de conversation la semaine prochaine…

Entre les clients debout et ceux qui mangent au bar, l’accès en est compliqué. Je me faufile quand même, j’aurai peut-être mon 1er flocon Ninja finalement ce soir. Deux mojitos pour les greluches, un Chablis pour Audrey et pour moi… Hmmm… « Barman, faites-moi la surprise. » Il rit, et j’attends accoudée en le regardant servir les verres.

— Il est très créatif quand on lui lâche la bride, soyez prudente, dit une voix à ma droite.

Un quadra élégant me sourit, il dîne visiblement seul au comptoir. Filet de bœuf aux morilles, j’ai failli prendre ça à la commande. Chemise blanche et jean, mince et petite barbe taillée, il ferait un très joli dessert.

— Au point où j’en suis ce soir il pourrait me servir un cercueil que je le boirais, lui réponds-je en faisant une mine exagérément au bout de ma vie. À peine.
— Un cercueil ?
— Tu prends, euh, pardon vous prenez…
— Le « tu » c’est très bien. Éric, enchanté.
— Inès. Donc, tu prends tous les alcools de bar et tu les mets dans un verre. C’est juste horrible. Mais très efficace.

Il rit et enfourne élégamment une bouchée. Et avec ces lèvres-là, le mot bouchée est très joli à voir.

— La soirée entre amies est si mal engagée ? demande-t-il
— Comment vous… tu sais ?
— Quand on dîne seul au bar, on a le temps d’observer, et j’avoue que c’est un de mes passe-temps préférés.
— Eh bien, monsieur l’observateur, sache que la soirée se passait parfaitement jusqu’à l’intervention d’un élément légèrement lourdingue il y a 3 minutes…

Il sourit l’air généreusement navré pour nous, et se contorsionne en direction de notre table pour voir ledit Lourdingue.

— C’est le machin tout grand et baraqué penché au-dessus des deux femmes qui gloussent dont tu parles ?
— C’est ça. Elles gloussent beaucoup encore ?
— J’en ai bien peur.
— Zut, ça va le faire rester.
— Un ex à toi ? Désolé si c’est indiscret.

Il est mignon et prévenant. Deux bons points en cinq minutes. Le barman pose ce que je reconnais être un cosmo devant moi. Ouf, pas de cercueil.

— Je ne sais pas si le terme d’ex peut lui être attribué, dis-je en réfléchissant à voix haute et me penchant sur ma paille.
— Quels sont les points à valider pour entrer dans la catégorie ? Durée de la relation ? Nombre d’orgasmes ?

Je glousse à mon tour. Ça m’apprendra à me moquer de mes copines.

— Euh… quels que soient les points nécessaires, il ne les a pas atteints, dis-je dans un sourire faussement forcé.

Il rit.

— Ah, il ne doit pas être au courant alors, continue-t-il.
— Pourquoi ?
— Parce qu’il vient dans notre direction, contact dans 4, 3, 2…
— Inès alors !? dit la voix de Lourdingue.
— … Un, zéro, glisse Eric en retournant à son repas.
— Alors quoi ? demandé-je à Lourdingue.
— Eh bien, je pensais que tu allais me rappeler… dit-il, hésitant un peu au vu de mon visage assez expressif de mon humeur envers lui.
— Finalement, j’ai pas eu envie, ne m’en veux pas.
— Okaaaay, j’ai pigé ! Mais sinon t’es libre ce soir ?

Donc apparemment il n’a rien pigé. Ou ne veut pas, ce qui est pire.

— Écoute, je crois que tu…

Lourdingue coule alors littéralement sur moi.

— Alleeeeeez, c’était bien la dernière fois non ?
— Non, alors lâche-moi, OK ?
— Mais tu…

Je vois alors Éric se retourner vers nous :

— Eh, mon vieux, tu as entendu la dame, elle veut que tu la lâches.
— Mais de quoi tu te mêles, P’tite bite ?
— Laisse-nous maintenant, dis-je très clairement.
— Quoi, nous ? Oh ! Ah ouais, d’accord ! Donc tu préfères traîner avec Ptite bite plutôt qu’avec moi ?

Je reste sans réponse face à tant de connerie. Pas Éric.

— Oui mon gars, car tu vois Inès dirige l’association d’aide aux micropénis d’Aix, et on avait rendez-vous pour parler ce soir.

Je manque de peu de m’étouffer de rire sur ma paille.

— Hein ? L’association de micro quoi ? Oh merde… t’es sérieux ?
— Bin oui, qu’est-ce que tu veux, dit un Éric excellent acteur.
— Oh ! euh… putain mon gars, désolé, je savais pas… je… euh, je te plains…
— C’est la vie. Bonne soirée à toi quand même, OK ?
— Ouais, euh… ça marche. Inès, on s’appelle, OK ? dit Lourdingue en partant presque en marche arrière et en ayant l’air franchement con.

Je regarde Éric qui sourit.

— Si j’avais su qu’un jour je dégagerais un crétin en parlant de moi… dit-il en finissant son assiette.
— Merci en tout cas.
— Avec plaisir. Désolé au nom du genre masculin, on essaye de s’auto-trier, mais y’a quelques irréductibles.
— Il ne fallait pas non plus t’embêter à monter tout un bobard pour…

Et à sa tête, je comprends. C’était pas du tout un bobard. Là, c’est moi qui a l’air d’une conne. Surtout qu’il a vu que j’avais vu que… bref tout le monde a compris.

— Ne t’inquiète pas, moi ça ne me gêne pas d’en parler, dit-il simplement. Mais à un comptoir d’un bar, c’est la première fois !

On rit ensemble. Mais j’ai toujours l’air con. À y être, je sors mes gros sabots :

— Mais qu’est-ce que tu appelles un micropénis ?

Il pose sa main sur la table comme s’il faisait du stop, pouce en l’air.

— Disons que la dernière fois que j’ai fait le casting pour prendre la relève de Rocco Siffredi, ils ne m’ont pas rappelé.

Je ris au milieu de ma gêne, mais en fait lui n’a pas l’air gêné du tout. Il me sourit même.

— Détends-toi Inès, j’ai fait mon deuil de ma carrière dans le porno il y a longtemps, ajoute-t-il avec un clin d’œil.
— C’est chiant avec les femmes ?
— Pas toujours. C’est comme tout, ça dépend. Visiblement, on a tous les deux des bons et mauvais rencards. T’as eu Lourdingue et moi en une semaine…

J’aime bien son approche directe.

— Parce que non seulement tu crois qu’on a un rencard mais tu présumes déjà qu’il est bien parti ? dis-je un brin taquine.
— Bah, pour moi un bon rencard c’est quand la fille est encore là à la fin du repas !
— On n’a pas les mêmes valeurs, moi c’est quand je suis encore dans le lit du gars le lendemain matin.

On rit ensemble, je reprends, intriguée encore :

— Tu en parles à chaque rencard ?
— Eh bien j’ai trouvé que pour trier tes collègues du genre féminin c’est quand même pas mal. Surtout au milieu du repas. Ça m’a souvent économisé le dessert.

Je ris et continue sur le même ton badin :

— C’est sûr que dans le style direct ça doit bien dégager les écoutilles. Mais moi je n’ai pas eu de dessert ce soir…

Il se tourne vers le barman.

— T’as quoi au rayon sucré Chef ? La dame n’a pas eu son dessert.
— Tatin, Fondant noir et blanc et pannacotta fruits rouges.

J’hésite. On dirait qu’Éric me lit, littéralement. Troublant et parfaitement frissonnant.

— Ça te dit de partager une Tatin ? lui proposé-je.

On se retrouve à converser, les yeux dans les pommes caramélisées, une cuillère chacun au-dessus du dessert fumant.

— Je sens qu’il y a un truc qui t’intrigue, continue-t-il après qu’on se soit brièvement résumé nos vies professionnelles.
— En fait, je… c’est de la curiosité. Mais je ne veux pas paraître lourde à ce sujet.
— En général, ce sont les mecs qui sont obnubilés par la taille, esquive-t-il en riant presque.
— Non, c’est une légende urbaine. On en parle autant que vous, mais pas devant vous, réponds-je sur le même ton.

Il marque une pause, on a fini l’assiette en cinq minutes chrono.

— Eh bien, continue-t-il faussement pompeux, je te propose si tu l’acceptes de réaliser une expérience dans un but purement anatomique et physiologique.

Son côté direct teinté d’humour est franchement agréable à ce moment. Je rentre à mon tour dans le sketch, accent russo-scientique de la méchante de James Bond inclus :

— J’agzèpte prrrofessor ! Science pas addendrrre !

Il rigole, avec ou de moi, je crois que je viens de rater l’Oscar. Je ris avec lui. On reste comme ça un moment, nos regards branchés entre eux.

Sans en dire plus, il demande la note pendant que je me lève et vais chercher mon manteau à la table de mes trois copines. Audrey-Radar m’interpelle au vol :

— Hep toi, dis donc, tu crois que tu vas filer avec ce joli petit morceau sans nous en dire plus ?
— T’auras un compte rendu détaillé demain.
— Vendu, connasse, ajoute-t-elle.

Éric me rejoint dans la porte-tambour et on sort en se tenant la main.
Un Uber, des avenues encore bondées de monde, puis des petites rues.
Je ne vois rien de tout ça, ma bouche collée à la sienne sur la banquette arrière. Monsieur Uber a les yeux rivés sur son rétro tandis qu’on se pelote joyeusement.

Ses mains, les miennes, progressent à vitesse grand E : comme Envie, un désir gourmand qui nous fait perdre un certain sens de la pudeur. Il caresse mon ventre, son pouce entre mes seins, la mienne explore aussi… je suis curieuse, mais j’assume et empoigne doucement le paquet dur qui tend son jean. Très dur.

Sa bouche est un délice, un léger goût de pommes se mélange à la douceur de ses lèvres.
Hmm… ça fait longtemps qu’on ne m’a pas embrassée aussi bien. Ça me fait fondre, si le reste de ses compétences est du même acabit que ses baisers…
Je m’ouvre à lui, tandis que sa main glisse en écho à la mienne entre mes cuisses. Le chauffeur ne doit pas en perdre une miette, grand bien lui fasse. Éric est aussi curieux que moi on dirait, et il passe paume et doigts sous ma ceinture, s’enfonçant sous le tissu souple. Oui, continue, explore-moi. Je vais pour l’imiter, mais le Uber n’a pas osé faire de détour pour profiter de la scène, il s’arrête devant un immeuble.
Deux gamins pris en flagrant délit ne se rajusteraient pas aussi bien. On rit en silence tandis qu’Éric paye la course et m’emporte hors du taxi par la main.
La chaleur de la soirée estivale contraste avec la climatisation du taxi. On s’engouffre dans une porte, puis une autre, quelques marches et d’autres encore, que je ne vois pas tant il est difficile d’avancer et de s’embrasser en même temps à chaque recoin des couloirs. Puis sa main me lâche. Et mes yeux s’ajustent à la vue superbe.

Un toit-terrasse sur les hauteurs, la ville éclairée, un salon de jardin et même un genre de cuisine d’été.

— Waouh, c’est… surprenant comme endroit, dis-je les yeux encore ébahis.
— J’ai de la chance d’avoir trouvé cet appart. La terrasse n’existait pas à la base, j’ai convaincu le proprio et j’ai créé l’accès puis aménagé l’endroit.
— Tu as… tout fait toi-même ?
— Oui Madame.
— T’es doué de tes mains dis donc…

Il sort une bouteille de champagne d’un petit frigo, sert deux flûtes, et s’allume une cigarette. Je m’approche de la rambarde en acier forgé et m’appuie dessus, les yeux au-dessus de la ville en buvant mon verre petit à petit. Je sens son regard sur moi. Puis sa main sur ma taille. J’attrape l’autre et tire une bouffée sur sa cigarette.

Sa main descend de ma taille vers ma ceinture et…

— On en était où ? murmure-t-il juste derrière moi.
— Par là.

Sa main agile s’enfonce sous la ceinture, loin. Face à la ville, ses doigts trouvent très vite le but de leur curiosité.
Comme si de rien n’était, il fume de l’autre main, je l’imite et porte la flûte à mes lèvres, cherchant à mon tour sa braguette derrière moi, un bouton puis deux…, « Et oui, je suis aussi agile que toi, petit malin ». 4e bouton, je m’invite à l’intérieur. Enfin, j’essaye.
Nos deux regards au-dessus des toits, la rambarde ajourée comme seul rempart à qui lèverait les yeux depuis la rue là en bas et croirait voir un couple profiter de la vue.
Il faudrait un œil de lynx pour voir notre caresse mutuelle, sa main lascivement enfoncée entre mes cuisses, la mienne continuant aussi sa progression.
Je ne tiens plus… et pose ma flûte sur la rambarde en me retournant vers lui, je l’embrasse à pleine bouche, puis ouvre son pantalon et enfonce ma main dans son boxer.
Il est dur, et je l’empoigne entièrement dans ma main. Une tige rigide dans mon poing, je le branle, doucement, puis dos à la balustrade je glisse jusqu’à m’accroupir en tirant pantalon et caleçon avec moi.

Sa jolie queue est juste devant mon visage, je lève les yeux vers lui et l’engloutis dans ma bouche.
Délicieuse, délicate, un petit concentré de désir que je fais aller et venir doucement entre mes lèvres. Rigide et droite, le gland comme une grosse cerise bute au fond de ma bouche en même temps que mes lèvres en touchent la base. Il est entièrement en moi, à ma merci, et je le déguste en aspirant encore plus, salivant en tournant ma langue autour. Une fellation comme jamais je n’ai pu en donner, plus proche d’un dessert gastronomique que d’un acte sexuel.

Je l’entends soupirer, haleter tandis que je l’avale littéralement. Adossée au garde-corps, une de mes mains ne résiste plus et quitte l’arrière de ses cuisses pour glisser entre mes cuisses. Je suis trempée, et le suce encore quand mes doigts s’enfoncent enfin entre mes lèvres.
Il se dégage de ma bouche doucement, j’empoigne à nouveau son sexe en le regardant dans les yeux, puis ses jolies boules avec également. Toute sa virilité dans ma paume et mes doigts, la sensation est enivrante et excite encore plus ma main entre mes jambes…
Toujours rivés à son regard, j’enfourne alors le tout dans ma bouche, tige, couilles, gobant voracement l’entièreté de sa masculinité. Je m’étouffe presque sur lui mais l’avoir, là dans ma gueule grande ouverte, est à la fois si pervers et si délicieux…
Quand il me redresse en me soulevant par les bras délicatement, je le libère alors… nos bouches se rejoignent, puis il m’emporte vers l’intérieur de l’appartement.


***


— Alors c’était comment ? me demande Audrey, le menton appuyé sur ses mains enlacées.

Je dois avoir des étincelles dans les yeux car on dirait qu’elle attend le dernier épisode d’une série palpitante.

— À nul autre pareil ?
— Oh ?

Sa bouche est restée bloquée en forme de « O ».

— Quoi ? C’est si étonnant ? lui demandé-je.
— Bin, en général j’ai droit à un « Hi Hi, pas mal » ou bien à un « ouhhhh sympa » et même de temps en temps à un « Hmm trop bon ! ». Mais là c’est différent. Tu es différente. Il t’a fait quoi ? Des trucs de fous ? Raconte, alleeeeez !

Mais je ne peux pas lui dire. J’ai pas les mots en fait.
Je ne peux pas lui dire que je n’avais jamais joui comme ça. Ni aussi fort ni autant de fois.
Je ne peux pas lui dire à quel point sa bouche est divine, sa langue diablement perverse et ses mains honteusement curieuses.
Je n’ai pas envie de lui dire qu’il m’a fait jouir avec sa queue, même petite, que j’ai écarté les cuisses de longues heures pour le laisser me prendre encore et encore, insatiable qu’il est, reprenant une vigueur si rapidement dans ma bouche ou mes mains que je ne comptais plus les rounds…
Je ne peux pas lui dire non plus que je lui ai offert mon petit trou pour la première fois, et que plusieurs fois dans la nuit j’ai joui aussi de le laisser me sodomiser…
Non, je ne peux pas lui dire qu’on a parlé aussi, puis baisé encore, et parlé à nouveau.
Et qu’à midi quand je me suis réveillée dans ses bras, je savais que j’avais trouvé le bon.

Non, je ne peux pas lui dire…

Ou alors si, tiens, juste pour la faire chier un peu.

Hors ligne Cruiiik_Cruiiik

  • Aède
  • Messages: 158
Re : P'tite bite ! [Contenu explicite]
« Réponse #1 le: 31 Janvier 2022 à 11:48:25 »
Bon texte. Mon critère principal est d'être amené "ligne après ligne" jusqu'à la fin, ce que vous savez bien faire. Bon très bon point. Je suis sensible à ce genre de littérature, en écrivant moi-même et je dois dire que vous envie.

S'il fallait un légère remarque, le côté "micro-pénis" qui laisse attendre un développement plus fort ou plus cocasse (dans ce texte bourré d'humour déjà) déçoit un peu puisqu'il est peu développé justement. Mais bon, ça n'enlève rien à l'intérêt de votre texte. Bravo.

Cruiiik_Cruiiik.
La vie est dure. Et puis on meurt.

Hors ligne Earth son

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 860
    • Ma page perso
Re : P'tite bite ! [Contenu explicite]
« Réponse #2 le: 31 Janvier 2022 à 11:53:43 »
Bonjour ericcontact,

Pas grand chose à dire sauf que j'ai vraiment apprécié ton texte. C'est cru, bien écrit et sensible à la fois. Donc merci pour cette lecture réjouissante  :)
« Modifié: 31 Janvier 2022 à 12:13:25 par Earth son »

 


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