Je savais qu'on allait me griller : légende arthurienne + voyage entre les mondes + inceste... c'était signé. Néanmoins, je ne déteste pas trop ce texte, même s'il est assez nul, soyons honnêtes. Oh, et c'est l'adaptation romancée de l'un de mes rêves, aussi.So far from homeArt était un petit garçon anglais d’une douzaine d’années. Son véritable prénom était Arthur, mais depuis la plus tendre enfance, on lui donnait ce surnom qui avait le mérite d’être artistique. C’était son oncle Constans, lui-même victime de moqueries toute sa jeunesse à cause de son prénom de fille, qui le lui avait trouvé.
Il avait l’habitude de cacher ses yeux aussi bleus que des billes derrière des mèches blondes éparses. Cerclées de rouge, ses lunettes lui tombaient tout le temps sur le nez. Il possédait un petit nez en trompette, constellé de taches de rousseur, et des reflets roux dans sa chevelure. Il était grand pour son âge et promettait de devenir un véritable colosse.
Cet enfant aimait s’aventurer dans des terrains vagues avec sa bande de copains. Au fond, ce qu’il aurait aimé, ce serait de voyager entre les dimensions. Mais il savait bien que c’était impossible et que cette idée ne se réalisait que dans les films, les séries ou les mangas qu’il dévorait à longueur de journée. Mais sait-on jamais…
Un soir, son rêve finit par devenir réalité.
Il s’était risqué à parcourir la colline des Enchanteurs, seul, cette fois. La légende racontait que le lieu était hanté, mais Art n’avait pas peur. Soudain, un vieillard encapuchonné se dressa devant lui, comme surgit du néant. Le petit garçon s’étonna, mais ne s’enfuit pas.
Bien lui en prit. Lorsqu’il le vit à son tour, le vieil homme s’avança, tomba à genoux et s’adressa à lui en ces termes :
« Ô roi Arthur, je vous trouve enfin ! »
Le gamin en resta interdit. Roi Arthur ? Celui des légendes ? Que voulait dire ce personnage ?
« Je suis si loin de chez moi, mais je vous trouve enfin. Acceptez ce présent. » Il passa autour de son cou un médaillon frappé d’une voiture stylisée. « Il vous permettra de revenir dans votre monde, continua-t-il. Je vous donne aussi ceci. » C’était un autre collier, orné d’un dragon d’or. « C’est la clef de l’univers d’où je viens.
-Je ne comprends pas, hasarda Art. Comment se servir de ces objets ? Je ne suis pas magicien, vous savez. »
L’homme sourit.
« Il vous suffit de pendre le pendentif à une poignée de porte, expliqua-t-il, et celle-ci s’ouvrira sur le monde auquel le bijou correspond. Adieu, maintenant, sire. Heureux de vous avoir revu. »
Puis, avant même que le jeune roi ne puisse l’interroger, il disparut.
*
Les années passèrent. Arthur s’était abondamment servi des deux présents de celui qu’il appelait désormais dans sa tête « Merlin », et avait conquis nombre de clefs pour voyager entre les dimensions en compagnie de ses amis les plus proches. Avec Lance, Percy, Gwen et Ana, il avait combattu des scolopendres géantes, vaincu des dragons, fait escale dans des villes de glace, visité des cavernes sombres, plongé vers des cités sous-marines…
Depuis quelque temps déjà, il sortait avec la jolie Gwen aux tresses blondes. Il s’étonnait tout de même qu’elle ne tombe pas enceinte, alors qu’ils oubliaient fréquemment de se servir d’un préservatif et qu’elle lui avait ne plus prendre la pilule, parce que cette dernière la faisait grossir.
Peut-être qu’elle était stérile ? Il ne le souhaitait pas, car il aimait assez Gwendoline pour vouloir se marier avec elle plus tard, mais c’était une possibilité.
D’un autre côté, ce n’était pas la seule à l’attirer. Ana, la sombre Ana au féroce regard vert, aux ongles pointus et aux cheveux aile de corbeau, lui plaisait aussi. Pourtant, elle n’avait de cesse de le repousser, sans qu’il comprenne pourquoi.
Un jour, enfin, il réussit à se retrouver seul avec elle, dans l’un des châteaux qu’il avait conquis, alors que les autres se trouvaient ailleurs – sa petite amis incluse.
Il s’avança pour lui voler un baiser, mais elle l’arrêta de la main. Il sentit la tiédeur de ses doigts posés sur ses lèvres, et il se mit à sourire bêtement.
« Non, Arthur. » Ce dernier en fut étonné. Personne ne l’appelait jamais pas son nom entier, sauf sa mère, parfois, pour le disputer.
« Que se passe-t-il, Ana ? » Contrairement à elle, il avait continué à se servir de son surnom, car le nom total de la jeune fille était Morgana. Soudain, il se souvint des vieilles légendes, qu’il avait oubliées pendant tant d’années, et l’éclair de la compréhension se fraya un chemin jusqu’à lui.
« Ne me dis pas que…
-Si, soupira-t-elle. Je suis ta demi-sœur.
-Pourtant, la légende dit que… tenta-t-il d’argumenter.
-Que me sont les légendes ? explosa-t-elle. As-tu Excalibur ? As-tu épousé Gwen ? Non ! Alors ne viens pas me dire ce que nous sommes censés faire ou non ! »
Elle s’enfuit, rageuse, tandis qu’Art restait seul dans la pièce, bouche bée.
Il ne savait pas comment leur propre mythe s’achèverait. Une chose restait sûre : cette fois, il n’y aurait pas de Mordred.