Tu sais, je pense encore à toi.
Je pense encore à toi le matin, les yeux encore collés et le visage vitreux.
Je pense encore à toi dans la lenteur de mes journées, où les souvenirs deviennent poreux.
Je pense encore à toi les journées pluvieuses, les journées heureuses, les après-midi rieurs, les crépuscules songeurs.
Je pense encore à toi les débuts de soirées grisants, les nuits haletantes, et les réveils humides tristement lucide tout-à-coup, je songe que tu n’es plus là.
Je pense encore à toi quand je m’enivre, quand je m’enferme, quand la débauche fait place aux longues marches sans sommeil.
Je me surprends à t’imaginer, surgir de nulle part, venu me sauver d’un énième naufrage, d’un quelconque ringard.
Je pense encore à toi le long des trottoirs, le long des chutes de rein, les longues heures passées à penser à toi, à panser de toi, ne sont pas des heures perdues.
Elles sont des heures bonnes à jeter nulle part, des heures à crier au désespoir, qu’il est temps de me revenir, qu’il est temps de te laisser partir.
Je pense encore à toi tu sais, je te vois dans leurs yeux, ta lueur dans leurs orbites, tout tourne autour de moi.
Et tout est flou au dehors, c’est quand tout danse à m’en faire perdre la tête que je tiens fermement la tienne.
La vie m’a jeté un sort, et sous l’enchantement je passe mes heures dans la fête à m’extirper de tes chaines.
Je pense à toi tous les jours mon amour. Je te vois la nuit, je te sens dans le creux de mon dos, dans leurs baiser je cherche ton odeur. Je pense à toi comme c’est fini et si je ne retrouve pas ta peau je ferai étouffer mon cœur.
Je pense à toi parce que tu n’es plu mais je te retrouve chaque nuit, chaque heure délicieuse.
Là-bas je nois mes peurs et dans un cocktail merdique, je te retrouve mon amour dans mes nuits d’alcoolique.