Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

14 Mai 2026 à 20:02:40
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Lisez!

Auteur Sujet: Lisez!  (Lu 1338 fois)

Hors ligne LesCatacombesdelaCulture

  • Buvard
  • Messages: 5
Lisez!
« le: 14 Décembre 2021 à 11:01:41 »
Lisez, mes amis, lisez. Laissez-vous emporter par la flamme de la parole, écoutez la voix des grands maîtres, laissez vous posséder par leur folle sagesse. Libérez-vous de tous les dictats, et surtout échappez à l'abrutissement contemporain, à cette inculture généralisée, à cette ignorance et cette vulgarité et cette laideur glorifiée, qui méprise tout ce qui vient du passé, car ça pue l'intelligence, c'est trop dangereux. Allez, n'ayez pas peur du risque, partez à l'aventure du royaume infini de l'esprit. Délaissez vos préjugés, vos idéologies, abandonnez les barrières mentales qui vous coupent d'une si grande partie de l'existence : rentrez enfin, à fond dans le réel.
 Embrasser la littérature, qui est si vaste et précise, intemporelle et historique, universelle et incarnée, profonde et détaillée, pour alors embrasser la vie, et être capable d'en faire quelque chose, de la comprendre, d'en jouir, et de lui donner un sens. Si vous ressentez une insatisfaction mystérieuse, un désir d'on ne sait quoi, un vide qui derrière toutes les distractions quotidiennes vous rongent, lisez les classiques, ils ont réponse à tout. C'est la chambre des désirs de Stalker, un espace hors de la société où tous vos besoins peuvent être satisfaits; mais pour y arriver, pour vous orienter dans cette forêt immense et sauvage, il est préférable d'avoir un guide.
Les professeurs étaient censés être cela, des éclaireurs, des messagers, des colombes : mais aujourd'hui ils sont bien plus souvent des putois, qui éloignent tout homme sain et vigoureux du domaine magnifique autour duquel ils ont répandu leur pisse putride. Car en disséquant la littérature ils l'assèchent, ils nous font croire qu'on ne trouve pas dans les livres des conflits palpitants et des amours flamboyants et des crimes terribles et des philosophies sublimes, mais juste quelques figures de styles. La lettre a remplacé l'esprit, et sans lui elle est devenu lettre morte, et nous voilà en effet morts, intérieurement, intellectuellement et spirituellement, et aussi socialement, vu que la langue pour discuter n'est plus, il ne reste qu'une cacophonie de bruits, de désirs informes et de colères injustifiées. Regardez-vous, bon sang, à quoi riment vos vies? Je le devine, à pas grand chose. Mais c'est logique, vous n'avez plus d'instruments ni de partitions, vous errez nus sur cette terre polaire, où nagent dans la nuit l'horreur et le blasphème, sous la froide cruauté de ce soleil de glace...
Voilà que Baudelaire parle à ma place: c'est mieux n'est-ce pas? L'humilité, voici la première conséquence et la première condition de la littérature: quand on lis l'œuvre maîtresse d'un génie accompli, lui-même fruit précieux d'une civilisation à son apogée, on s'écrase. Oui, on se tait, et on s'isole des vils divertissements et des proches pas toujours intéressants, on se pose avec l'écrivain, nain en face d'un géant. Le vertige alors nous prend, c'est une langue si riche, un monde si différent, une pensée si acérée, que beaucoup ne supportent pas, et s'enfuient ni vus ni connus, ou alors en lançant des insultes, pour légitimer leur lâcheté... Mais les êtres prédestinés, faits pour l'aristocratie invisible qui toujours constitua la grande culture, ne reculent pas, et au contraire sont grisés par cette beauté inconnue, tellement plus raffinée que la platitude de leur époque, et enthousiasmés par ces manières, tellement plus héroïques, de vivre et de penser! Ils quittent la pataugeoire contemporaine et plongent la tête la première, sans vêtement, dans la vaste mer, et progressivement, au prix d'immenses efforts, du sacrifice de leurs addictions idiotes et de leur divertissements inutiles, et d'une étrangeté soudaine et radicale avec leur société, ils apprennent à nager.
Et après de longues traversés et de folles plongées, d'où ils ont contemplé les plus distants rivages et les plus effrayantes abysses, ils reviennent parfois sur la terre ferme. Désormais, ils ont conscience de ses fondations et de ses dimensions, savent la manière de la remodeler, comment s'y comporter, et vers où marcher...
(ce texte est disponible, lu par moi avec une musique et des images correspondantes, sur ma chaîne: https://www.youtube.com/watch?v=9By5NgwXYq0)

Hors ligne Choumi

  • Prophète
  • Messages: 774
Re : Lisez!
« Réponse #1 le: 14 Décembre 2021 à 12:52:14 »
Les professeurs étaient censés être cela, des éclaireurs, des messagers, des colombes : mais aujourd'hui ils sont bien plus souvent des putois, qui éloignent tout homme sain et vigoureux du domaine magnifique autour duquel ils ont répandu leur pisse putride.
Bonjour
J’ai pas aimé, mais peut-être je n’ai pas compris et je m’en excuse.
J’avoue que mon plaisir d’écrire ne s’est jamais heurté à tant de réflexions
Par contre j’ai été au bout, signe que cela se lit facilement
Amicalement
Michel

Hors ligne Alan Tréard

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 766
  • Optimiste, je vais chaud devant.
    • Alan Tréard, c'est moi !
Re : Lisez!
« Réponse #2 le: 14 Décembre 2021 à 12:52:40 »
Bonjour LesCatacombesdelaCulture,


Tu as dû te tromper de lieu, ici tu ne trouveras pas d'espace dédié à la rhétorique qui vise à convaincre un auditoire, mais plutôt un espace dédié à la littérature qui se tourne plus naturellement vers l'esthétique.

L'esthétique c'est quoi ? Ce n'est pas dire des choses intelligentes, mais les dire de façon élégante, raffinée, intrigante, distinguée.

C'est la raison pour laquelle nous parlons de grammaire, de style, de formulations, d'impressions, de perception, de sensibilité.


Nous n'avons pas vocation à persuader qui que ce soit de quoi que ce soit, et il faudra te tourner vers d'autres domaines comme la politique ou les tribunaux judiciaires si tu souhaites t'exercer à la rhétorique. Nous ne pourrons malheureusement pas t'apprendre à devenir un bon avocat qui défend sa cause ni un bon politicien qui défend ses concitoyens.


Voici pour une indication sur nos activités... Si jamais tu as envie de parler de grammaire, de vocabulaire, de style, n'hésite pas à voyager sur le forum, sinon je te souhaite bonne route vers tes futures pérégrinations. :)

Au revoir.

J.

  • Invité
Re : Lisez!
« Réponse #3 le: 14 Décembre 2021 à 13:32:26 »
Bonjour et merci Alan pour avoir traduit, en termes châtiés et politiquement corrects, ma pensée profonde qui s'est dégagée à la lecture de ce texte. Juste un commentaire (Claudius va me gronder !) entre un mec qui se compare à Rimbaud et un autre à Baudelaire, qu'allons-nous devenir, nous pauvres écrivains de base ?
« Modifié: 14 Décembre 2021 à 18:18:02 par jonathan »

Hors ligne Luna Psylle

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  • Messages: 4 342
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    • Ma page perso du Monde de l'Ecriture
Re : Lisez!
« Réponse #4 le: 14 Décembre 2021 à 14:27:37 »
Salut !

Je repasse (au matin du 15/12) pour ménager, ou plutôt expliciter mes propos, car je me rends compte que, sans que les mots n'aient dépassés ma pensée, je l'exprimais mal.

Pour la forme :

Citer
, et surtout échappez à l'abrutissement contemporain, à cette inculture généralisée, à cette ignorance et cette vulgarité et cette laideur glorifiée
L'accumulation marche mal. D'abord un et, puis des virgules, ensuite une suite de et.

Citer
Embrasser la littérature, qui est si vaste et précise, intemporelle et historique, universelle et incarnée, profonde et détaillée, pour alors embrasser la vie, et être capable d'en faire quelque chose, de la comprendre, d'en jouir, et de lui donner un sens.
Là encore, même si je sais la figure de style utilisée, je trouve ces accumulations maladroites.
Ca m'a rappelé un dialogue de Lara Croft : Tomb Raider, le berceau de la vie : "[...]le bien et le mal, l'homme et la femme. Que serait le plaisir sans la souffrance ?".
Sauf qu'ici, ça ne marche pas. Dans le film, pour reprendre mon exemple, au troisième, elle redynamise le concept. Et elle n'en met pas autant.
Ici, ça en devient étouffant.

Et je constate en reprenant ma lecture que ça continue dans ce sens... je suis désolée, je décroche.
Je décroche à toutes ces phrases longues, avec des accumulations imposantes.

Citer
Si vous ressentez une insatisfaction mystérieuse, un désir d'on ne sait quoi, un vide qui derrière toutes les distractions quotidiennes vous rongent, lisez les classiques, ils ont réponse à tout.
Qu'est-ce qu'un classique ? A qui fais-tu référence ? J'ai lu des "classiques", ils n'ont répondu à rien, d'où ma question.
Si je ressens une insatisfaction mystérieuse, un désir d'on ne sait quoi, un vide qui derrière toutes les distractions quotidiennes me ronge, je ne lis pas, je m'écoute. J'écoute mon insatisfaction, je tente de comprendre mon désir, mon vide. Et dès lors que j'ai mis le doigt dessus, je le comble non pas en lisant, mais en répondant à ses attentes. Mais je digresse, c'est plus une philosophie qu'une critique.

Citer
Les professeurs étaient censés être cela, des éclaireurs, des messagers, des colombes : mais aujourd'hui ils sont bien plus souvent des putois, qui éloignent tout homme sain et vigoureux du domaine magnifique autour duquel ils ont répandu leur pisse putride. Car en disséquant la littérature ils l'assèchent, ils nous font croire qu'on ne trouve pas dans les livres des conflits palpitants et des amours flamboyants et des crimes terribles et des philosophies sublimes, mais juste quelques figures de styles.
Je ne peux pas ne pas revenir sur cette partie de ton texte.
Des putois ? Cela ressemble à une attaque presque gratuite, et ça me dérange.
Tu expliques derrière qu'en disséquant la littérature, ils l'assèchent. Peut-être, je n'adhère pas, mais pourquoi pas. Par contre, aucun professeur que j'ai connu, en tant qu'élève, en tant qu'amie ou simple connaissance, n'a jamais nié les conflits palpitants, etc...
Pour moi, les professeurs sont des êtres humains à qui l'on ordonne d'apporter à leurs élèves. Apporter quoi ? Certains diront le savoir, je pense plutôt à des bases afin que je puisse déterminer qui je suis.
Alors, tu m'excuses, mais je vais reprendre un peu ta phrase :
Un professeur est un soleil : il éclaire les fondations de mon futur moi. Il peut être doux comme un soleil du matin, agressif comme un soleil caniculaire, ou auréolé de mille couleurs chatoyantes, tel un soleil de fin de journée. Son but n'est pas de dessécher les œuvres qu'il me propose à découvrir (parce qu'il n'y a pas que la lecture de livres, mais bien tout un panorama culturel). Il n'est là que pour me proposer des clés à ma propre réflexion. Car, au final, il n'y a que moi pour tirer des auteurs que je lis.
Et encore, tout ce que je dis là reste maladroit.

Sur le fond :

Ca me fait penser à une propagande. Je n'aime pas les propagandes.
Citer
Lisez, mes amis, lisez.
D'emblée (et dès le titre), tu ordonnes. Ca peut paraître idiot, mais ça ne me donne pas l'envie de lire.

Beaucoup d'accumulations, des phrases longues, à mon sens faussement complexes, qui viennent noyer ma lecture et ma réflexion sur le sujet.
D'où le terme de propagande.

Tu ne sembles pas chercher à améliorer ta grammaire, ni à approfondir ta plume avec l'aide de personnes (quand je suis arrivée sur ce forum, j'avais cette démarche, et en lisant les diverses chartes, j'ai pu constater que c'était là l'idée même de sa création). Ca, tu me diras, ce n'est pas si dérangeant.
Mon problème est ailleurs, dans la notion "propagande" que je disais plus haut : je pense que tu sais où tu vas, tu sais ce que tu veux, et que tu as une intention envers tes lecteurs, celle qu'ils adhèrent à tes mots. Il n'y a pas dans ce que je lis de possibilité de réflexion pour le lecteur et vraiment ça me gêne. Lorsque tu as posté ce texte, tu as explicité que tu en avais déjà fait une version audio/vidéo postée sur une autre plateforme. Donc, c'est que tu penses ton texte pleinement abouti et que donc, toute remarque ne sera pas prise en compte. Alors, dis-moi tout de suite si je me trompe et si ton intention est autre ?

Du coup, ça me gêne de laisser un commentaire pour envenimer le tout au vu des réponses précédentes. Mais il me semble important de souligner ce qu'à dit Alan plus haut :
Citer
ici tu ne trouveras pas d'espace dédié à la rhétorique qui vise à convaincre un auditoire, mais plutôt un espace dédié à la littérature qui se tourne plus naturellement vers l'esthétique.

En te souhaitant une bonne journée !
« Modifié: 15 Décembre 2021 à 08:15:46 par Luna Psylle »
If the day comes that we are reborn once again,
It'd be nice to play with you, so I'll wait for you 'til then.

Hors ligne Cendres

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 024
Re : Lisez!
« Réponse #5 le: 14 Décembre 2021 à 18:40:44 »
Un texte qui défend la lecture.

Lorsque je lis un livre, je m'intéresse a l'histoire et ce qu'il raconte et non a ses tournures de phrase, de style.. .que je suis de toute façon incapable de définir.

En général, il est préférable de lire un texte que de voir son adaptation en film. Il n'y a qu'une fois ou le film était mieux que le livre.
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne Delnatja

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 443
  • Ailleurs et au-delà
Re : Lisez!
« Réponse #6 le: 14 Décembre 2021 à 19:49:29 »
Bonsoir LesCatacombesdelaCulture, moi j'ai bien aimé ce texte qui est une ode à la lecture.
La lecture permet de s'ouvrir à d'autres façon de voir les choses et permet aussi de s'enrichir de connaissances.
Étant nulle en commentaire je n'en dirais pas plus.
Bonne soirée. 
Michèle

 


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