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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Le Père Lachaise…

Auteur Sujet: Le Père Lachaise…  (Lu 851 fois)

Hors ligne Guy Lafosse

  • Aède
  • Messages: 216
Le Père Lachaise…
« le: 04 Juillet 2021 à 14:55:01 »
  Cède au plus offrant regrets et mauvais souvenirs…
                         
                       
- Monsieur, même si je n’avais pas parlé avec mon héritier,
Vous voyant, j’aurais deviné quel homme vous étiez.

Si vous aviez respecté la quiétude de ce prestigieux endroit,
Je n’aurai nul besoin de  faire usage de mes droits

Sachant, qu’en ces allées reposent bras-en-croix et célébrités,
Veiller ce lieu réputé et sacré a toujours été ma priorité.

- Monsieur, si coupable je suis d’avoir fait ce qui ne se fait pas,
Dites un seul mot et c’est à genoux que je ferai mon mea culpa.

Si, l’Émile Régnier repentant n’ignore pas l’importance de ce lieu,
Il sait aussi que l’endroit est dédié au déchirement et à l’adieu.

- Le Paul Andrieux serait heureux de vous rencontrer,
Si, honnêteté et aloi bon pour pouviez lui montrer ?

- Monsieur Andrieux, j’admire et salue votre bienveillance,
Car, avec vous, ce prestige jalousé n’est pas sans surveillance.

Seulement, cher veilleur, est-ce difficile d’agir avec élégance,
Avant de suppoter et de dénoncer une improbable manigance.
 
J’admets que, même embrouillardée, ma place n’est pas ici,
Mon déni n’est-il pas preuve que ma vie à besoin d’éclaircie ?

Monsieur Andrieux, à deux heures passées de minuit,
Me pensez-vous assez sot pour ne pas savoir où je suis ?

Pour la seconde fois admettant que je ne devrais pas être-là
Ne dis ni pourquoi ni à quel titre vous me demander cela.

- Monsieur Régnier, actant ce que vous vous apprêtiez à faire,
Apprenez que j’œuvre en vertu de pouvoir que je me confère.

Entendu que votre façon d’agir ne saurait être admise,
Dites-vous bien que ce lieu n’est pas une terre promise.

Comprenez-vous, qu’absolument inhumain,
Est de remuer la terre à l’aide de ses mains ?

Sachez encore que je me garderais de parler de mauvais aloi,
Si mon désir d’honorer cet endroit ne faisait pas force de loi.

Si se mal conduire est déjà une chose qui ne se fait pas,
Que dire de celui qui piétine le tombeau de mon papa ?

Je ne suis pas celui qui regarde ailleurs et tire le rideau,
Pour ne pas voir un sacrilège qui fait froid dans le dos.

Si votre intrusion était le cadet de mes soucis,
Je ne me demanderais pas ce que vous faites ici

Aussi, si vous estimez que ce que je fais est nul et non avenu,
Il faut que vous sachiez qu’à vous pardonner je ne suis pas tenu.

Car, quand bien même, seriez-vous en peine,
Je ne sais toujours pas ce qui vous amène.

Cela étant dit, actant ce que je vous ai vu faire,
J’agis, en vertu des pouvoirs que je me confère.

D’ailleurs, êtes-vous bien sûr de savoir ou vous êtes ?

-  Monsieur, je  sais que je suis au Panthéon des poètes.

- Qui me dit que vous n’êtes pas un pilleur de tombes ?

- Pourquoi est-ce sur moi que votre suspicion retombe ?

Disons que si, dans ce bel asile, belles paroles, je distille,
C’est pour surveiller le plus illustre reposoir de la ville.

À Paris, le prince des cimeterres ferait-il des envieux,
Si le Père-Lachaise n’était pas le plus aimé des dieux.

Vus qu’à mes yeux, ces fielleux n’ont aucun avenir,
J’ai décidé d’enfouir les plus incivils de mes  souvenirs.

Monsieur, si se battre n’est pas un vain mot,
Faillir serait honoré le plus vil de mes maux.

Avant de m’en aller, je dois encore détruire mes remords,
En espérant l’oubli de ceux qui ne m’aimeront que mort.

Décidant d’ensevelir mes délires en ces terres symboliques et sacrées,
Fasse que toutes expirent et que cela soit fait sous le sceau du secret

- J’imagine votre tristesse au moment de l’adieu…

- Oui ! Mais, éloigné d’eux, je me sentirais mieux…

D’autant que, si ma vue baisse, j’ai toujours bonne écoute.
J’évoque, au cas où, en vous, subsisteraient quelques doutes.

D’ailleurs, qu’en ferais-je le jour, dut partir pour l’au-delà.

- Monsieur Régnier, je ne vous demande pas d’en arriver là !

Retenez que, cela fait bientôt dix-huit pleines années,
Qu’à chaque tombée de nuit, je laisse mon âme planée.

Admettez que louable est de chasser ses pensées souterraines,
Quand  dans les abysses homériques celles-ci nous entraînent.

« Modifié: 11 Juillet 2021 à 14:44:00 par Guy Lafosse »
Traverser  le temps en oubliant ses futiles besoins,
C’est vivre beaucoup mieux avec beaucoup moins.

 


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