Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

05 Mai 2026 à 12:16:48
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Je suis le Printemps.

Auteur Sujet: Je suis le Printemps.  (Lu 2090 fois)

Hors ligne Lester

  • Calligraphe
  • Messages: 105
Je suis le Printemps.
« le: 19 Décembre 2010 à 15:41:59 »

Qu’y a-t-il qu’y a-t-il L’oiseau soudain s’élève L’oiseau soudain s’élance et de sa main met une plume Une plume au loin qui couvre l’alcôve On dirait qu’il veut dessiner l’horizon C’est bête avec cette si forte chaleur Qu’y a-t-il qu’y a-t-il l’oiseau soudain s’élève on dirait qu’il met des diamants sur la carte pour figurer les villes peut-être est-ce une pie ces volatiles aux yeux brillants qui pleurent leur envie d’être bijoux mais l’été est un vieillard qui se rabroue et remet son chapeau de paille il allume sa pipe blonde et sa fumée dessine des villes Quoi qu’y a-t-il que veux tu de ton doigt tendu on dirait un rameau tes bras chargés d’olives comme une couverture de gâchis sur ton corps et du sang noir s’écoule de la bouche du printemps Parle eh bien parle que veux tu Parle parle parle parle Ah vieux fou Tu avais tant cherché à oublier les femmes Mais elles sont revenues pour se venger Elles ont marché à pied sous les fumées bleues et les singes riants Avec leur plumes d’or qui poussent dans les vallées Afin de couvrir l’oiseau qui s’élance et met dans ma bouche un petit goût de chute tandis que la colline défait son corset sous l’orage c’est qu’il fait chaud ici Les oiseaux se sont élancés Ils ne reviendront plus jamais Quelle est cette nécessité qui dicte leur vol triangulaire Pourquoi les oiseaux dessinent ils dans le ciel un sexe de femme On dirait qu’ils veulent en couvrir les rues Qu’y a-t-il qu’y a-t-il je tiens avec moi de longues rêveries qui vous prenne à la gorge et Madame Jeannine ce matin s’est levée de son fauteuil en bois elle disait ah ce n’est plus pareil tout cela n’est plus pareil les heures se sont violacées dans la bouche du printemps Bientôt elles tomberont comme des figues Voyez-vous ce n’est plus le parfum de l’année dernière et tout change Dans ce ruisseau où des jeunes gens se baignaient des doigts s’y enfonçant on absorbé toute la terre Il n’y a plus que de l’eau Tout change et la ravaudeuse s’y baignant s’est enfoncée dans un gouffre On ne la plus revue Il y a des gens qui marchent avec du vide dans le corps Vous me faites peurs avec vos yeux révulsés Vos doigts tendus Et vos dents que je tord pour coudre entre elles les saisons Il y a des gens qui marchent avec des yeux sans langage on dirait qu’ils veulent manger les murs Tout se perd ah tout se perd ici vous savez et l’oiseau entre mes mains a un léger frémissement Je passe les portes avec cet étrange médaillon D’où viens-tu d’où viens-tu raconte moi un peu le pampre qui coule à en former des lits pour y faire assoir l’ivresse raconte moi les ombres de gazelles sur les chott illusoires et des bouts de bédouins qui se découpent dans du rêve J’ai du sable plein mes songes et des yeux de pierreries J’ai du sable Et le printemps a tout emporté et rien ne sera plus pareil La ravaudeuse s’est noyée a force de rêver dans son lit Mais tout se perd tout se perd Ou s’en va-t-elle cette jeunesse Hein salope Où t’en vas-tu avec ton sexe qui ressemble à une pyramide Et j’entends bander tout un peuple de prêtres Et je sens se gonfler des langues de désir Où vas-tu où vas-tu Il est déjà l’heure d’avaler ta salive Mais je parlais de l’oiseau raconte moi oiseau ta longue trajectoire au dessus des semelles de femmes qui portaient en elle la vengeance Lourd fardeau comme un satellite de bois La bête de somme a piaffé et a gonflé ses naseaux Comme tout cela est bête comme tout cela ne tient qu’a un fil qu’on a perdu quelque part La ravaudeuse s’est noyée et j’enlève le pourpre de mon chapeau Je m’incline car il est l’heure des vieillards disent les fumées des chaumières Et j’avale ma salive entre deux frémissements Quand on poignarde les abeilles les breloques remuent et disent "regarde regarde moi je suis le Printemps".

Hors ligne libertyjoan

  • Tabellion
  • Messages: 32
    • Head over heels
Re : Je suis le Printemps.
« Réponse #1 le: 19 Décembre 2010 à 18:54:33 »
Salut,
je suis désolée mais sans ponctuation je n'arrive pas à lire ton texte.
« Si l'ordre est le plaisir de la raison, le désordre est le délice de l'imagination. » (Proust)

"Les détails, comme chacun le sait, conduisent à la vertu et au bonheur ; les généralités sont, au point de vue intellectuel, des maux inévitables." Aldous Huxley

Hors ligne Lester

  • Calligraphe
  • Messages: 105
Re : Je suis le Printemps.
« Réponse #2 le: 19 Décembre 2010 à 20:49:19 »
C'est à lire comme des vers qu'on aurait mis bout à bout. Des vers mais avec un rythme de lecture de prose. Chaque majuscule est un début de vers, donc une pause la précède. Ce qui est demandé, c'est que le lecteur insuffle au texte sa propre musique, du moins son rythme.

Hors ligne Zacharielle

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 798
    • au bord du littéral
Re : Je suis le Printemps.
« Réponse #3 le: 19 Décembre 2010 à 21:17:26 »
C'est pas l'absence de ponctuation qui me gêne, c'est vrai que ça donne un rythme... mais pas beaucoup plus différent que s'il n'y en avait pas je pense, surtout si tu poses déjà la limite avec les majuscules.
En ce qui concerne le sens, je ne l'ai pas trouvé, peut-être que je n'ai pas fait assez d'efforts... J'ai bien aimé "mais l’été est un vieillard qui se rabroue" mais une fois que tu développes l'idée je trouve que ça casse un peu la comparaison (pareil pour la plupart d'ailleurs). Il y a de belles images mais je ne suis pas très emballée par ce texte, désolée :/

Hors ligne Kathya

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 271
    • Page perso
Re : Je suis le Printemps.
« Réponse #4 le: 11 Mars 2011 à 22:12:07 »
Bien que mal placée pour suggérer quoi faire ou ne pas faire avec la ponctuation, c'est vraiment pas facile à lire sans perdre un oeil sur écran. Même avec des points j'aurais eu du mal à pas m'y perdre mais ça rend la lecture fastidieuse. J'ai aimé certains passages mais globalement ça reste trop fouillis à mon goût.
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.013 secondes avec 14 requêtes.