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07 novembre 2026 à 08:51:38
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » On est enceinte

Auteur Sujet: On est enceinte  (Lu 3139 fois)

Hors ligne Ari

  • Palimpseste Astral
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Re : On est enceinte
« Réponse #15 le: 04 avril 2021 à 18:07:39 »
Je pense que tu m'as mal comprise, DLM, je ne voulais pas te dire de parler des joies de la maternité. Je trouvais juste dommage que le texte soit réducteur car il ne reste pas de place pour la légitimité des parents en devenir. Ca m'aurait + plu et j'aurais trouvé cela + porteur si le choix de la future maman avait paru, à un moment ou un autre, libre et légitime, et non une aberration qui va l'enfermer toute sa vie. (Car finalement, c'est un peu ça le point de vue de certains employeurs, qui pensent que de toute façon, elle "n'avait qu'à pas avoir de gosses...")
Citation de: DLM
par contre j'ai peur de la faire dans une société où tout le monde te colle leurs opinions dessus,
Précisément : dans les moments où ton texte était à mes yeux trop catégorique et trop réducteur, je l'ai pris comme une opinion de + sur le dos des parents en devenir. "Pfff l'idiote elle se flingue toutes ses opportunités, et lui l'hypocrite il profite de cette société machiste". C'est un ressenti, il a peut-être été déclenché par pas grand chose, il est peut-être injustifié à tes yeux, mais c'est ça que je voulais partager en réaction à ce texte.
Citer
Peut-être que je me trompe. Qu'il y a des instants des beauté que je ne sais encore additionner. Des bonus dont personne ne m'a parlé. Je l'espère. Peut-être que de l'autre côté du miroir, il existe de nouvelles possibilités qui miroitent mieux que les miennes. Qui valent bien mes lacerements imaginés, mon égalité à deux balles.
Je trouve cette dernière phrase vraiment dommage (le "mon égalité à deux balles"), car c'est comme s'il fallait choisir entre voir la maternité comme un truc horrible et inégalitaire, ou au contraire, un truc merveilleux et du coup c'est pas grave pour les inégalités déclenchées. Troisième possibilité : on devrait pouvoir faire les choix de vie que l'on souhaite, sans que personne ne les juge, avec toutes les raisons que l'on souhaite, sans que ça déclenche de discrimination ?

J'espère avoir été un peu + compréhensible...
Dernière chose, mais j'imagine que tu en es déjà consciente : la grossesse n'est pas à mes yeux le moment d'embranchement où les inégalités pro commencent ; beaucoup d'employeurs anticipent et préfèrent embaucher un homme qu'une femme, "au cas où elle tomberait enceinte"...

Jehandepacotille : non je n'ai pas trois enfants, juste une :) . Du coup j'en profite pour répondre à d'autres parties de ton commentaire : tu sais, je pense qu'on peut être très heureux sans enfants (je connais pas mal d'exemples !), c'est pas un truc obligatoire, et c'est un choix qu'on a le droit de faire, seul ou à deux, c'est pas la question de "ça arrive forcément quand on rencontre la bonne personne"...
~ Ari ~

Hors ligne Samarcande

  • Chaton Messager
  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 915
Re : On est enceinte
« Réponse #16 le: 04 avril 2021 à 20:42:38 »
Salut DLM,

Comme  toujours tu débarques avec un texte très authentique, qui sort des tripes et qui ne laisse personne indifférent.
Ton texte m'a secouée dans le bon sens du terme. Je l'ai lu hier et il ne m'est pas sorti de la tête.
Il m'a fallu un peu de temps pour mettre de l'ordre dans mes  émotions, les regarder du dehors et les coucher sur le papier, et c'est pour ça que mon commentaire arrive si tard.

Citer
Il n’y a pourtant rien de plus naturel, disent-ils. J’aurais dû répondre la mort, c’est pareil, mais personne ne s’en fait une joie. Je me sens bien seule avec mes pensées.

Au départ, j'ai mal interprété la phrase, je l'ai comprise avec la virgule  - je me sens bien, seule avec mes pensées- (que tu n'avais pas mise justement) et je n'ai pas vu le malaise.

Citer
Peut-être que pour Sophie, partager le vocabulaire de la grossesse est une amélioration, une tentative d’extraire l’homme de la salle d’attente et de l’incorporer au processus.
J'ai l'impression que ce n'est pas une trouvaille de Sophie mais bien de Marc qui s'associe à la grossesse, qui veut en faire partie.
Pour le coup, je le vois plus comme une implication parentale.

Citer
Ça expliquerait les politiciens qui se prononcent sur ce qu’il se passe dans l’utérus. Mais si vraiment c’était le cas, magie et tout le tralala, pourquoi n’est-ce que la femme qui vomit, urine à tout va, qui sacrifie son temps, ses choix et finit par déchirer son vagin pour libérer un nouvel être humain ?
On est bien d'accord, il y a des choses qu'on ne peut pas partager... La grossesse n'a rien d'équitable.
En revanche je ne suis pas convaincue par l'argument des politiciens et de l'avortement. J'ai l'impression que ça se place sur un autre niveau que celui du couple. Un niveau de la domination, qui, justement n'a rien à voir avec le comportement de Marc.
Le politicien mâle qui légifère sur l'avortement, la contraception et la location d'utérus (rien que l'expression est à vomir dans son manque de tact), c'est un peu la vieille garde de la société machiste qui décide du haut de son statut d'être supérieur. Alors que le "on est enceinte" de Marc, je le vois comme un soutien.

C'est peut-être pas une expression très heureuse, mais c'est ce que dit un papa qui change des couches, se lève la nuit pour rassurer un enfant, se tape des réunions de classe et se pose en égal de sa compagne. C'est une déclaration d'intention à mon avis.

Citer
Dans ma tête, ce phénomène naturel ne fait que séparer davantage la femme de l’homme
Oui, et c'est une limite infranchissable pour l'instant et elle ne serait finalement pas si problématique si elle n'était pas associée à une classification "gagnant/perdant" - supérieure/inférieure que tu décris très bien.
Citer
« Elle » sera associée à l’équipe des perdantes, « lui » à celle des gagnants. Pendant « qu’ils » seront enceinte, elle perdra peu à peu ses privilèges, son égalité, lui amassera la fortune que d’autres femmes avant elle ont dû déposer en chemin.
« Oui mais il est généreux, il partagera ; le mariage, c’est bien à ça que ça sert. »
Je me contrefous de sa générosité, cette hypocrisie dont seuls les privilégiés osent se vanter.

Citer
Le temps investi dans cette construction, les opportunités immolées, personne ne les lui rendra.
C'est vrai. Mais parfois c'est quand une porte se ferme que d'autres s'ouvrent. ;)

Citer
Impression de pied du mur.
C'est très joliment dit et tout à fait vrai. Y'a pas moyen de tester un peu et de changer d'avis. C'est un tout ou rien sacrément angoissant.

Citer
Je me sens bien seule avec mes pensées.
T'es pas seule du tout. Je pense que c'est un texte que toutes ou presque auraient pu écrire à un moment ou à un autre de leur vie. :calin:

« Modifié: 04 avril 2021 à 21:13:43 par Samarcande »
«Trees are full of songs and we are not shy to seeing them.» (Elif Shafak - The island of missing trees)

Hors ligne Earth son

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 859
    • Ma page perso
Re : On est enceinte
« Réponse #17 le: 04 avril 2021 à 21:27:20 »
Hello DLM,

J’ai relu ton texte.
J’ai des soucis avec plusieurs phrases

« Qui valent bien mes lacerements imaginés »
Je ne connais pas « lacerement » : lacérations ?

« Que ce qui se passait dans le ventre de la mère pouvait donc être considéré à part elle »
Que ce qu’il se passait
Et
Je ne comprends pas le « être considéré à part elle »

« Légalisé différemment »
Ils sont un peu tous seuls ces deux mots, non ?

« Elle qui pour cet enfant »
Je mettrais une virgule après « elle » ou « qui », je ne sais pas trop mais je trouve qu’il en manque une.

« accepte de se délester de mille possibilités pour l’emailloter de certitudes »
Emmailloter ?

« Qu'il y a des instants des beauté que je ne sais encore additionner »
des instants de beauté / des instants, des beautés  ?

« M’en contenter, parce que la nature »
parce que c’est la nature ?
« Modifié: 04 avril 2021 à 21:30:04 par Earth son »

Hors ligne Alan Tréard

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 830
  • Optimiste, je vais chaud devant.
    • Alan Tréard, c'est moi !
Re : On est enceinte
« Réponse #18 le: 05 avril 2021 à 12:15:00 »
Ma chère derrierelemiroir,


C'est non sans émotion que j'ai découvert ce texte d'une étonnante maturité, propre à alimenter les discussions littéraires pendant quelques siècles encore.

Tu découvres peu à peu la grande solitude, celle de l'autrice & de l'auteur non plus face à une unique page blanche, mais face à un univers lettré aux opinions toutes plus contradictoires les unes que les autres. ^^


Ô combien les milieux littéraires sont eux aussi ravagés par la misogynie, parsemés de femmes brisées par la violence des critiques masculinisés à outrance !

Partout en littérature tu trouveras des hommes fâchés qui exigeront que la question de la grossesse soit bannie des lectures, des vieux rentiers pleins d'aigreur qui demanderont à ce que les voix féminines soient encadrées selon leurs très licencieux critères. Et dans les fictions, même ! des lecteurs qui se révolteront d'un personnage féminin un peu trop bavard, d'un personnage féminin un peu trop confiant.

Tu as joué ton rôle d'autrice jusque-lors en portant une parole propre qui t'appartient pleinement et t'engage, chose qui suscite souvent l'estime, l'admiration – un peu de fascination de temps en temps – ; j'espère que tu continueras à préserver cette force d'écriture qui t'encourage à dire ce que d'autres taisent dans la plus grande honte.

Je te souhaite donc de persévérer sur cette voie constructive qui te permet de parler en ton nom, de signer, et de n'avoir pas à demander d'autorisation à qui que ce soit...


Enfin, si des femmes trouvent le sujet de la grossesse si essentiel, si important à discuter, libre à elles d'écrire à ce propos et de publier leurs sentiments dans cette présente section. Pourquoi pas même en faire un roman, un texte long ? ^^

Un grand merci à toi pour cette émouvante lecture. :)
« Modifié: 05 avril 2021 à 12:26:49 par Alan Tréard »

Hors ligne derrierelemiroir

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 209
  • orque magnifique et ténébreuse
Re : On est enceinte
« Réponse #19 le: 05 avril 2021 à 13:12:13 »
Bonjour à tous.

Déjà, merci pour le temps que vous avez investi à me lire et me répondre. Ce texte n'est pas un texte comme les autres, pour moi. Il renferme des peurs et des questions dont je n'ai encore pas les réponses, il n'est pas juste une plainte ou un cri, il est une recherche. C'est donc d'autant plus difficile de bien le formuler tout en gardant en tête que je parle de quelque chose qui concerne beaucoup d'autres personnes et qu'il faut donc veiller, encore plus que d'ordinaire, à ne pas les blesser, à ne pas généraliser, à ne pas m'octroyer des expériences qui ne sont pas miennes.

J'ai ré-écrit une grande partie du texte. Beaucoup d'entre vous ont suggéré que je me retourne vers un format plus personnel, intime, et ça m'a parlé. C'est donc ce que j'ai commencé à faire ici.

Pour des remarques moins générales :

@Dot

Citer
et juste se baser sur des exemples incarnés par individualisation, ça peut rester du biais ; un mari va subir la pression d'un employé sexiste et ne pas insister sur la nécessité de son arrêt, ou ne pas le vouloir pour d'autres raisons, c'pas pour autant que tous sont ainsi ni que le combat est vain
J'espère bien que le combat n'est pas vain, si je le pensais, je ne prendrais même pas la peine d'écrire un tel texte je crois. Pour ce qui est des exemples individuels, je suis d'accord avec toi, c'est dangereux, ça n'explique souvent pas grand-chose. Je crois que j'utilise le mien plus pour me permettre de formuler mes peurs et mes questions que pour m'en prendre à lui.

Citer
jsp les femmes qui t'envoient balader en te disant que t'as tes mains pour te satisfaire, puis qui disent que le solitaire plaisir est décadent, quoique s'il était aussi moralement accepté pour les femmes ce serait plus juste, mais après elles seraient coincées dans leur frustrations car c'est l'homme qui a le seul pouvoir de faire la cour pour aller chercher son orgasme... bon ; tu vois ?
je ne vois pas trop le lien, non. Tu veux dire que c'est pas facile de trouver le parfait équilibre égalitaire, parce que certaines femmes tirent d'un côté, certaines de l'autre, et pareil pour les hommes ?

Citer
n'est-ce pas typiquement maternel
Tu sais Dot, franchement, moi j'en sais rien de ce qui est typiquement maternel. D'ailleurs j'ai commencé un livre sur l'instinct maternel qui est vraiment super intéressant. Mais oui, pour te répondre, moi je ne sais pas ce qui est typiquement maternel, même les statistiques elles ne peuvent répondre à cette question, tant qu'on ne démêle pas tout ce qui est faussement déduit par les gens de tout ce qui est vrai. Et même, ce qui est vrai peut évoluer. Et puis tu parles ensuite d'éducation, de comment certaines mères se comportent avec leurs enfants. Moi, ici, je parle de quelque chose qui se passe bien avant la naissance, je parle de la peur de faire un choix qui aboutira à une inégalité.

Citer
les femmes sont seules à pouvoir être maman, et papa ne peut pas ; de là à dire qui doit faire quoi, je crois qu'on est beaucoup à être paumé dans nos pensées sur le suje
oui, c'est très bien dit ça. Il y avait un équilibre pendant longtemps, cet équilibre s'est brisé, et maintenant on doit en trouver un nouveau

Citer
donc encore un merci pour ta réflexion, un bravo pour l'impudeur, un yess pour la forme et l'ambition, pis bin pour le reste de la raison, je te laisse prendre et dénigrer ce que tu souhaites de mon discours
merci Dot  :calin:

@Jehan

Citer
J’ai trouvé ton texte très intéressant mais encore plus intéressants les échanges qui ont suivi.
merci :)

Citer
Tout d’abord, je trouve bien que ton texte accueille une certaine violence car c’est justement elle, à travers ses extrêmes et ce sujet, on le voit bien, en est un, qui déclenche ces réactions.
Oui. C'est intéressant de considérer la violence comme un atout pour la transmission d'idée, le problème, c'est qu'un mauvais dosage peut créer l'effet contraire de celui souhaité.

Citer
il est injuste, qu’on soit une femme ou qu’on ait un prénom aux consonnances étrangères. Et tout comme un DRH d’origine arabe aura le réflexe de préférer le CV d’un Jean Pierre à celui d’un Tarik, juste parce qu’il pense que c’est son boulot, un autre DRH qui pourtant adore ses enfants aura tendance à choisir un CV masculin à un CV féminin, particulièrement si la femme en question n’a pas encore d’enfant et si elle est en âge de procréer. Le monde professionnel est injuste de base, voire parfois dégueulasse, il n’y a aucune raison qu’il soit plus juste dans ces situations. Mais ce ne sont heureusement que des généralités, il y a plein d’exceptions partout et ces exceptions deviennent de plus en plus nombreuses.
oui, tout à fait. Il y a la sélection avant les bébés aussi, c'est vrai que je n'en parle pas du tout ici. Ici je parle de temps perdu lors d'une grossesse et après, un temps qui dans un milieu compétitif ne pourra jamais être rattrapé si les trous dans les CVs des femmes ne sont considérés que comme un manque.

Citer
Les progrès, même les plus évidents, prennent du temps et c’est à chaque génération d’apporter sa propre pierre à l’édifice. Et encore, comme le disait je ne sais plus qui, nous ne sommes pas à plaindre, certains pays situés non loin de chez nous sombrent de nos jours dans l’imbécilité la plus totale en interdisant l’avortement.
Oui. Mais tu sais, cette question de l'avortement, elle n'est pas si loin qu'on le pense. Elle revient, elle est toujours là, sur le seuil des consciences, et dès qu'elle a une opportunité, elle se représente sous un nouveau jour. Il n'y a vraiment pas longtemps, en Suisse (le pays où j'ai grandi), il y avait une nouvelle initiative pour que les assurances maladie ne remboursent plus le prix des avortements. Et moi j'ai l'impression que tant qu'il est admis pour n'importe quelle personne qui n'est pas la femme enceinte, d'émettre un avis sur ce qu'il se passe dans le ventre de cette femme, on ne s'éloignera jamais toute cette puanteur.

Citer
autant vous le dire à tous, toute la grossesse, avec ce qui s’est passé derrière, sur toute ces années, est totalement oublié. On se souvient vaguement qu’on était bien, qu’on a peut-être été un peu malade, qu’on n’a pas eu envie de fraises, bref quasiment rien. L’important est surtout ce qui se passe après la naissance et pas avant et l’écart est tellement abyssal que la pauvre grossesse finit par disparaitre.
Là aussi, je te crois, je l'ai déjà entendu d'ailleurs, ça ne me choque nullement. Mais ça n'annule pas mes peurs, ça n'annule pas l'inégalité.

Citer
Et en fait, la vraie question, et la seule d’ailleurs, demeure : avec ou sans enfant ?
Je ne suis pas d'accord. Si on se contente de cette question, l'inégalité demeurera pour toujours. Si on ne s'en contente pas, si au contraire, on estime que la femme, avant et après la grossesse, devrait pouvoir garder les mêmes opportunités que les hommes, là on peut s'avancer vers des questions bien plus égalitaires. Parce que "avec ou sans enfant", ça ne signifie pour le moment absolument pas la même chose pour un homme et pour une femme. Et je veux bien que pour le moment, les femmes sont les seules à pouvoir générer la vie, ça n'empêche qu'il y a encore énormément de place pour des progrès au niveau de la société (bonjour congé parental, je me sens d'ailleurs beaucoup plus en paix avec l'idée d'avoir des enfants en Allemagne qu'en Suisse par exemple).

Citer
DLM, tu n’es pas obligée de me faire confiance mais je te garantie que seule une infime partie des parents regrette d’avoir eu des enfants. Et lorsque je dis infime, c’est encore trop grand. Toujours hier, on a fait une « mêlée », mes trois enfants et moi-même nous nous faisions un gros câlin à 4 et je tiens à dire que j’étais le plus petit. Mais cet amour qui a été partagé et qui l’est encore aujourd’hui, cet amour sans réserve d’un bébé pour ses parents, qu’on essaie ensuite de conserver le plus pur possible le plus longtemps possible, rien ne saurait lui être comparé.
De nouveau, je te crois, mais ça ne répond pas à mes questions, ça n'annule pas le besoin de progrès.

Citer
Et de l’autre côté, les quelques amies que j’ai qui ont fait le choix ou qui ont subi les circonstances de la vie ont un ai bien triste dans leur regard.
ici, par contre, je ne suis pas forcément d'accord. Je pense qu'il y a de nombreuses personnes qui vivent et meurent sans enfants, et qui ne sont pas forcément moins heureuses que celles avec.

Citer
Alors, DLM, si tu dois me faire confiance une seule fois dans ta vie, n’hésite plus, il y a en effet des beautés qui ne saurait être comparées à aucun désagrément, de quelque nature qu’il soit.
J'apprécie beaucoup ta bienveillance et j'ai bien envie de te faire confiance. Seulement, tu vois, mon problème ne réside pas dans la question de "avec ou sans", mais plutôt dans la question: "Avec, mais comment ? Je veux des enfants, mais comment accepter alors de vivre dans cette société déséquilibrée, comment ravaler ma fierté, comment considérer tout ceci comme normal?"

Citer
On vit chacun la grossesse de manière différente. Par contre, d’un point de vue purement technique, c’est un rôle dévolu à la femme et je peux vous promettre qu’en tant que père, c’est parfois frustrant. Pour ma part, j’aurai été prêt à prendre la moitié de toutes les règles de mon ex-femme pour pourvoir accoucher d’un seul enfant. J’aurai tant voulu ressentir un coup de pied à l’intérieur de mon ventre. Mais c’est moi.
oui, ça je trouve intéressant. D'ailleurs, en toute sincérité, je me suis demandée à part moi si, si j'avais le choix, est-ce que je me débarasserais de cette possibilité, et la réponse n'est vraiment pas évidente.

Citer
Et c’est justement la fin à laquelle je voulais arriver pour répondre à ton questionnement : je ne crois pas que tu aies vraiment à choisir de faire un enfant ou pas : si un jour tu croises le père, le bon, l’enfant suivra naturellement…
Je pense que même avec le bon, la question n'est pas si facile, surtout qu'il existe, comme dit plus haut, de nombreuses personnes qui ne veulent pas d'enfants, même si elles ont trouvé le/la partenaire idéal.

Merci en tout cas, Jehan, pour ton commentaire rempli de gentillesse et d'intérêt. Même si je ne suis pas d'accord avec tout, ça m'a apaisée de te lire.

@cyamme

Ton commentaire, associé à celui de quelques autres personnes, m'a fait réalisé que mes exemples, mes formulations devaient être changés si je voulais mieux réussir à dire ce que je ressens. Merci pour ça. Pour ce qui est des longues phrases descriptives, c'est un défaut que j'ai quand je ne sais pas encore très bien démêler ce que je veux vraiment dire.

Citer
Du coup il faudrait pas mettre "Petite mort" au pluriel ? Je sais jamais quoi faire avec ce genre de tournure de phrase. Marrant le "Petite mort".
Je le laisse au singulier, parce que pour moi il s'agit de la même et unique petite mort.

Citer
Mmmh, je reste sur ma fin, je suis persuadée qu'il y a moyen de faire une chute plus percutante. "On se sent bien seul avec mes pensées" ? Ou "On se sent bien seule avec ces pensées" ?
Ça je laisse, simplement parce que c'est vrai (ou ça l'était en tout cas au moment où j'ai écrit ce texte).

Citer
Je suis mitigée, pour moi ça pourrait être un texte plus fort. Y a un parti pris très fort et tranché, du coup c'est presque trop argumenté, je crois. J'aime beaucoup le tout début plus d'autres trucs que j'ai relevés. Je repasserai voir avec plaisir si tu le retravailles.
oui, je crois que c'est bien décrit  :mrgreen:

Merci encore pour ton passage cyamme !


@Ariane

Citer
Je pense que tu m'as mal comprise, DLM, je ne voulais pas te dire de parler des joies de la maternité. Je trouvais juste dommage que le texte soit réducteur car il ne reste pas de place pour la légitimité des parents en devenir. Ca m'aurait + plu et j'aurais trouvé cela + porteur si le choix de la future maman avait paru, à un moment ou un autre, libre et légitime, et non une aberration qui va l'enfermer toute sa vie. (Car finalement, c'est un peu ça le point de vue de certains employeurs, qui pensent que de toute façon, elle "n'avait qu'à pas avoir de gosses...")
Citer
Précisément : dans les moments où ton texte était à mes yeux trop catégorique et trop réducteur, je l'ai pris comme une opinion de + sur le dos des parents en devenir. "Pfff l'idiote elle se flingue toutes ses opportunités, et lui l'hypocrite il profite de cette société machiste". C'est un ressenti, il a peut-être été déclenché par pas grand chose, il est peut-être injustifié à tes yeux, mais c'est ça que je voulais partager en réaction à ce texte.
En modifiant le texte, en le rendant plus personnel, j'espèce que ça aide à dissiper ce genre de ressenti. Ce n'est pas du tout ce que je voulais dire.

Citer
Je trouve cette dernière phrase vraiment dommage (le "mon égalité à deux balles"), car c'est comme s'il fallait choisir entre voir la maternité comme un truc horrible et inégalitaire, ou au contraire, un truc merveilleux et du coup c'est pas grave pour les inégalités déclenchées. Troisième possibilité : on devrait pouvoir faire les choix de vie que l'on souhaite, sans que personne ne les juge, avec toutes les raisons que l'on souhaite, sans que ça déclenche de discrimination ?
Oui, évidemment qu'on devrait pouvoir faire les choix de vie que l'on souhaite. Mais le fait qu'ils mènent à des conséquences inégalitaire ou non, ça va justement impacter sur ce genre de choix. Ou alors, ça ne va pas impacter sur le choix lui-même, mais ça va impacter sur comment tu le vis.

Citer
la grossesse n'est pas à mes yeux le moment d'embranchement où les inégalités pro commencent ; beaucoup d'employeurs anticipent et préfèrent embaucher un homme qu'une femme, "au cas où elle tomberait enceinte"...
oui, c'est un point qui a aussi été soulevé par Jehan, et c'est vrai, je ne l'aborde pas du tout. Du coup, encore une raison pour que je rende le texte encore plus personnel.

Merci encore pour tes retours Ariane !

@Sam

Citer
Comme  toujours tu débarques avec un texte très authentique, qui sort des tripes et qui ne laisse personne indifférent.
Ton texte m'a secouée dans le bon sens du terme. Je l'ai lu hier et il ne m'est pas sorti de la tête.
Il m'a fallu un peu de temps pour mettre de l'ordre dans mes  émotions, les regarder du dehors et les coucher sur le papier, et c'est pour ça que mon commentaire arrive si tard.
Ça me fait tellement plaisir, t'imagines pas.

Citer
J'ai l'impression que ce n'est pas une trouvaille de Sophie mais bien de Marc qui s'associe à la grossesse, qui veut en faire partie.
Pour le coup, je le vois plus comme une implication parentale.
Oui. Enfin, c'est difficile à dire. Comme le dit Ariane, ça peut très bien être un choix commun. J'ai modifié un peu ce passage, mais bon, ça n'empêche que je déteste toujours autant cette formulation  :mrgreen:

Citer
On est bien d'accord, il y a des choses qu'on ne peut pas partager... La grossesse n'a rien d'équitable.
En revanche je ne suis pas convaincue par l'argument des politiciens et de l'avortement. J'ai l'impression que ça se place sur un autre niveau que celui du couple. Un niveau de la domination, qui, justement n'a rien à voir avec le comportement de Marc.
Le politicien mâle qui légifère sur l'avortement, la contraception et la location d'utérus (rien que l'expression est à vomir dans son manque de tact), c'est un peu la vieille garde de la société machiste qui décide du haut de son statut d'être supérieur. Alors que le "on est enceinte" de Marc, je le vois comme un soutien.
C'est quelque chose que je me demande justement. J'en sais rien. Mais si Marc pense qu'il existe des raisons valables pour son "on est enceinte", pour cette prétention au partage de la grossesse et tout ce qu'elle implique, je me demande si certaines de ces raisons ne sont pas les mêmes que celles des politiciens qui s'octroient le droit de légiférer sur ce qu'il se passe dans le corps de la femme.

Citer
C'est peut-être pas une expression très heureuse, mais c'est ce que dit un papa qui change des couches, se lève la nuit pour rassurer un enfant, se tape des réunions de classe et se pose en égal de sa compagne. C'est une déclaration d'intention à mon avis.
Oui, souvent, je pense que ce n'est que ça. Une maladresse. Mais je ne m'en contente quand même pas. Ça me laisse quand même penser qu'il est alors complètement ignorant de ce qu'une grossesse peut signifier pour une femme.

Citer
Oui, et c'est une limite infranchissable pour l'instant et elle ne serait finalement pas si problématique si elle n'était pas associée à une classification "gagnant/perdant" - supérieure/inférieure que tu décris très bien.
oui. Bon, j'ai quand même enlevé ce passage pour le moment. Pas que je ne l'aimais pas, mais en ré-écrivant le texte je n'ai plus ressenti le besoin de le placer. Pour le moment.

Citer
C'est vrai. Mais parfois c'est quand une porte se ferme que d'autres s'ouvrent. ;)
haha, oui, c'est d'un côté un espoir, et de l'autre côté, quelque chose qui me fait tout aussi peur. Parce que vu d'ici, moi, je veux avoir la possibilité de garder ouvertes les portes de mon choix. Et j'ai peur de ne plus vouloir ce que je veux maintenant. Ça peut sembler ridicule, osef au final, si ce sont justement des choses dont je ne voudrai plus. Mais j'arrive pas à me dire ça. Ma carrière, vu d'ici, elle est précieuse. J'ai pas envie de ne plus en avoir envie (je me donne l'impression d'être un enfant capricieux, pourtant, je suis sérieuse).

Citer
C'est très joliment dit et tout à fait vrai. Y'a pas moyen de tester un peu et de changer d'avis. C'est un tout ou rien sacrément angoissant.
merci Sam

Citer
T'es pas seule du tout. Je pense que c'est un texte que toutes ou presque auraient pu écrire à un moment ou à un autre de leur vie. :calin:
Et merci encore plus pour cette dernière phrase  :calin:

@Keanu

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"[...] disent-ils" : Je me demande qui désigne ce "ils". Comme le montre explicitement la dernière phrase, la narratrice semble s'opposer à une entité massive et diaphane qu'elle ne définit pas.
Ce qu'il m'aurait paru intéressant de suggérer ou de développer, ici, c'est cette valorisation sélective et plus généralement cette mise en valeur de la "nature" (concept occidental créé de toutes pièces et qui sert les systèmes humains de domination, comme l'a montré par exemple Philippe Descola) au sens littéral : faire de la "nature" une valeur permet de moraliser un fait intrinsèquement neutre ("Everything is neutral ; you qualify good and bad" comme disait l'autre) et de masquer/légitimer dans le même temps le système de valeurs social qu'on avait déjà instauré par-dessus. La moralisation, en tant que système de règles normatives, est un fait social certainement nécessaire pour les sociétés, sinon la violence aurait libre cours puisqu'effectivement la "nature" transporte son lot de violences. Mais prêter des valeurs à la "nature" même, qu'elles soient négatives ou positives, est bien un contresens puisque par définition c'est nous-mêmes qui lui en attribuons par nécessité sociale. En fait, la mise en valeur et la valorisation de la nature cachent souvent une naturalisation de faits sociaux qui permettrait de les légitimer. Attribuer des valeurs positives à un fait naturel permet en vérité de masquer le fait social qui est, lui, pour le coup, un système de valeurs. La grossesse, en tant que telle, n'est ni bonne ni mauvaise : elle constitue un mécanisme biologique qui n'est ni positif ni négatif mais qui existe simplement. En revanche, la grossesse est aussi et surtout un fait social qui, associé à la condition des femmes, transporte évidemment son lot d'oppressions. La naturalisation des pratiques socio-culturelles ou la transformation d'un système de valeurs en système de faits (que l'on valorise) est un grand classique.
je trouve tout cela intéressant, mais ce n'est vraiment pas l'objective de mon texte, je préfère donc ne pas m'y aventurer.

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Les miens aussi :o Jamais entendu quelqu'un dire ça. En tout cas, c'est ridicule ! Et évidemment ça sonne d'ores et déjà à mes oreilles comme une manière masculine de se déculpabiliser en s'appropriant la part de travail du corps féminin, sous la chape de la solidarité du couple au sein de cette belle aventure. Quelque part, c'est un vol de souffrance à vocation méritoire. Ce ne sera pas la première fois ni la dernière qu'une parole masculine tente de s'accaparer le vécu douloureux du corps féminin.
oui, c'est un peu ça que je ressens (j'avoue que j'ai surtout entendu cette tournure en anglais, je ne sais pas à quel fréquence elle est utilisée en français)

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Je comprends l'intention, mais personnellement j'aurais tout de même inséré des virgules pour entourer "je le sais".
c'est fait !

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Je trouve ce passage à la fois trop discursif et trop amer.
J'aurais aimé que la narratrice fouille davantage son sentiment intime (tout en le tressant avec son point de vue politique) qui mène à cette amertume et à l'éventualité d'avoir tort, l'impression de se sentir seule, etc.
je l'ai changé

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Je trouve que tout ce passage manque de clarté (ou de justesse, d'exactitude).
Ce phénomène naturel sépare la femme de l'homme "davantage" que quoi ? Je ne comprends pas ce "davantage".
C'est quoi "l'opposé" de "On est enceinte" ? Là non plus, je ne comprends pas bien d'un point de vue logique.
Ta narratrice semble vouloir dire, je crois, que la grossesse au sein d'un couple aboutit à la désunion du couple à travers l'inégalité et la hiérarchie entre les sexes/genres. Premièrement, il me semble que la problématique de l'union au sein du couple (problématique conjoncturelle) n'est pas homologable à la problématique de l'égalité des sexes/genres (problématique structurelle), ce sont deux choses qui n'ont pas grand-chose à voir et qu'il ne faudrait pas emmêler (l'union/la désunion et l'égalité/l'inégalité sont deux couples de concepts très différents, de la même manière d'ailleurs qu'il ne faut pas opposer unité et diversité, confondre unité et uniformité). Ensuite et surtout, je crois que l'inégalité entre les sexes/genres au sein du couple hétérosexuel n'attend pas la grossesse pour advenir. J'ai donc du mal à comprendre l'idée développée dans ce paragraphe et s'il s'agit de dire que le couple est à la fois uni et égalitaire avant la grossesse, je ne suis pas d'accord. De toute façon, surtout, ça me paraît dérangeant de généraliser à ce point. (Il est clair bien entendu que la grossesse entraîne/renforce irrémédiablement des inégalités au sein du couple hétérosexuel)
pareil ici !

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Encore une fois, je ne comprends pas bien cette idée d'une égalité pré-grossesse entre l'homme et la femme que la grossesse viendrait briser dans la mesure où les inégalités existent déjà dans la société et dans les couples hétérosexuels même si les femmes ne sont pas enceintes. Que certaines inégalités au sein du couple soient renforcées et d'autres dans la société fondées sur la grossesse, ça oui, bien sûr !
en centrant le texte plus sur moi-même, cela prend du sens. Il se peut que l'inégalité, je ne l'ai jamais ressentie avant. Ça n'empêche que je sais que la grossesse me fera perdre du temps et donc des opportunités de carrière.

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D'un point de vue littéraire, j'ai du mal à être touché par la colère et l'amertume de la narratrice parce qu'elles me semblent exprimées de manière un peu bateau et expéditive. J'aurais aimé, vraiment, que la narratrice rende plus personnel et intime, moins discursif et général son discours.
Je ne comprends pas trop ce qu'il y a de bateau là-dedans, par contre je vois le problème d'un texte trop discursif et général.

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Ce paragraphe pourrait être intéressant mais en l'état je le trouve trop nébuleux, trop imprécis dans sa métaphysique de désunion.
pour le moment, je l'ai supprimé, je vois bien ce que tu veux dire.

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Idem pour "lacerements imaginés". Sinon, il me semble que le terme n'existe pas (mais tu as le droit de l'inventer). Peut-être que tu voulais dire "lacérations" ?
haha, oui, tout à fait  :mrgreen:

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J'ai du mal aussi à être touché parce que je trouve que le ton amer est un peu outré (alors que les émotions sont bien réelles) avec ces irruptions d'un lexique plus familier (mon cul, je me contrefous, à deux balles...) : je trouve que quelque chose sonne faux dans ce langage (je ne parle, bien sûr, que de forme), comme si l'émotion de la narratrice n'était pas bien digérée, soupesée, transcrite.
mmh, pour moi, les irruptions du lexique familier sont comme un signe de rébellion, de "je ne veux plus jouer à votre jeu pourri", comme un enfant qui crie des insultes quand il ne trouve plus d'autre solution.

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Je suis de nouveau assez gêné par cette formule ; j'ai l'impression que la narratrice estime être isolée avec ses questionnements politiques et métaphysiques dans sa tour d'ivoire lorsqu'elle regarde les autres êtres humains, hommes et femmes, évoluer naïvement au milieu des conventions. Alors que, de toute évidence, beaucoup de personnes et de femmes au premier chef pourraient se retrouver dans ses questionnements, tandis que celles qui ne s'y retrouvent pas ont peut-être leurs raisons...
des fois, tu partages des questionnements avec tout un tas de personnes, mais tu ne le sais pas, et donc, tu te sens seule.

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J'ai moins aimé la manière littéraire dont tu l'as traité, qui me semble mal installée à cheval entre une tonalité discursive et une tonalité intime.
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Ici, ce que j'aurais aimé, c'est que la narratrice décortique son amertume, sa douleur, sa colère à elle, qui affleure tout au long du texte sous des formes qui me semblent un peu maladroites parce que justement trop généralisantes et pas assez incarnées. En ne décortiquant pas précisément l'intimité ou le concret de son amertume, la narratrice me semble isolée dans une logique discursive aux allures de jugement de valeur à l'endroit des individus qui risquerait notamment de subsumer la diversité et l'intelligence des représentations et des pratiques féminines vis-à-vis de la gestation.
merci, c'est des très bonnes pistes que tu suggères ici

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C'est mon point de vue et comme d'habitude il vaut ce qu'il vaut ! Je précise que ma critique concerne uniquement le langage, l'esthétique du texte, et non son contenu qui ne me concerne pas, a fortiori parce que je suis un homme.

Merci beaucoup derrierelemiroir et à bientôt !
merci à toi pour ton passage et le temps que tu as investi à me répondre !

@Earth son

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« Qui valent bien mes lacerements imaginés »
Je ne connais pas « lacerement » : lacérations ?
tout à fait, merci

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« Que ce qui se passait dans le ventre de la mère pouvait donc être considéré à part elle »
Que ce qu’il se passait
Et
Je ne comprends pas le « être considéré à part elle »
j'ai supprimé cette phrase :)

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« Légalisé différemment »
Ils sont un peu tous seuls ces deux mots, non ?

« Elle qui pour cet enfant »
Je mettrais une virgule après « elle » ou « qui », je ne sais pas trop mais je trouve qu’il en manque une.

« accepte de se délester de mille possibilités pour l’emailloter de certitudes »
Emmailloter ?
pareil ici

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« Qu'il y a des instants des beauté que je ne sais encore additionner »
des instants de beauté / des instants, des beautés  ?
ah oui, merci :)

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« M’en contenter, parce que la nature »
parce que c’est la nature ?
ouais, ça c'est une tournure un peu à moi, je sais que je triche et que peut-être un jour, je devrai m'en débarrasser  :mrgreen:

Merci encore pour tes retours Earth son !

@Alan

Merci, vraiment, tu me touches. Je ne sais pas trop quoi dire d'autre. Quelqu'un a suggéré que je publie ce genre de texte pour susciter des polémiques, mais c'est faux. Avant de les publier, j'ai toujours un peu peur. De dire des choses fausses, de mal m'exprimer, de heurter par maladresse, tout ça tout ça. Mais je refuse de ne pas poster ces textes simplement parce que j'ai peur, simplement parce que certains commentaires pourraient me heurter en retour. Si je ne suis pas capable d'écrire sur les sujets difficiles, alors je ne saurais jamais qui je suis en tant qu'auteure. Je crois. Et donc, ton commentaire, il me fait beaucoup de bien, parce que tu as l'air de voir ça, malgré les défauts du texte et tout. Ça m'encourage énormément.

 :calin:



"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

 


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