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07 novembre 2026 à 07:37:26
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » On est enceinte

Auteur Sujet: On est enceinte  (Lu 3134 fois)

Hors ligne derrierelemiroir

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On est enceinte
« le: 03 avril 2021 à 11:35:31 »
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Il n’y a pourtant rien de plus naturel, disent-ils. J’aurais dû répondre la mort, c’est pareil, mais personne ne s’en fait une joie. Je me sens bien seule avec mes pensées.

Hier, j’ai croisé Marc au supermarché. Resplendissant, il distribuait ses sourires à tout va. Il m’a accostée comme s’il venait m’annoncer une promotion :
« Ça y est, on est enceinte ! »
Mes yeux, je le sais, se sont arrondis. Perplexe. J’ai failli lui demander si je pouvais toucher son ventre.
« Ah ? » ai-je lâché.
Ça n’a pas fait l’affaire ; il a continué, persuadé que je ne l’avais pas bien entendu :
« On en est à treize semaines, un garçon, j’y crois à peine. »
Cette fois je n’ai pas résisté :
« Et ça va les nausées, tu peux travailler et tout ? »
Il n’a pas enregistré mon sarcasme, il a dit en amplifiant son sourire :
« Oh, les nausées ça ne nous a pas trop touchés. »
Bref. Après je suis partie.

Dans mon ventre, il n’y a aucun fœtus. À la place, une peur qui par moment arbore des airs rebelles. On est enceinte. Et si j’avais tort ? Est-ce une formulation que Marc, du haut de sa générosité, a offert à Sophie ? Est-ce un pacte qu’ils ont conclu à deux pour se sentir plus forts ? Je n’entends pourtant jamais maman qui, pour soutenir papa, s’exclame : « On a un cancer ». Mon sentiment de révolte se tortille, il esquisse dans mon esprit une troisième explication bien plus écœurante : voulant s’impliquer davantage, Marc a réalisé que le contrôle lui échappait. Déséquilibré, il a extirpé cette phrase nauséabonde de sa conscience pour se raccrocher à quelque chose.

On est enceinte. Mon cul. Aucune envie de compromis. Il m’est de toute façon impossible de trouver une explication qui sente bon. Marc n’est pas un original, il n’a rien inventé. Cette formulation existe au-delà de son esprit et comme un rapace, je la sens planer au-dessus de moi. Si un jour, dans mon ventre, une possibilité de vie nouvelle, comment saurais-je l’abriter du prédateur ? De celui qui voudra s’accaparer de ce que je construis, sans toutefois rien y sacrifier ? De celui qui s’autorisera à prendre des décisions sur ce qu’il se passe dans mon corps, sans mettre le sien en danger ? Des Marc, hélas, il y en a encore des tas.

Je pense à mon travail, ma passion. Au bonheur que j’éprouve à tisser ma carrière de fil en aiguille, aux risques que tant d’autres femmes avant moi ont dû prendre pour me donner ne serait-ce que le droit de participer à la compétition. À comment, jusqu’ici, j’ai toujours pu me sentir l’égale des hommes, faisant partie de la même course.

Et puis, cette idée de bébé.

Mon paysage s’est transformé. Des obstacles se sont entassés le long de ma piste ; sur celle de mes voisins, rien. Soudain, on ne partageait plus le même parcours, et pourtant, nos objectifs restaient communs.

On est enceinte. J’ai peur de ne plus avoir l’énergie de courir, encore plus peur d’en perdre l’envie. On est enceinte. Je suis terrifiée à l’idée de mon corps qui s’élargit, de mes perspectives qui rétrécissent. On est enceinte. La douleur m’angoisse. On dit qu’on l’oublie, mais pendant une fraction de ma vie, elle sera là, bien présente, déchirante, dans mes entrailles. Celles de personne d’autre. Et puis l’enfant sortira. Déjà, il ne m’appartiendra plus et le temps investi dans sa construction, mes opportunités immolées, personne ne me les rendra. Je saurai alors que j'ai été bien seule à être enceinte.

Impression de pied du mur.
Il n’y a pourtant rien de plus naturel.
Certes, la mort aussi d’ailleurs.
Petite mort que sont la grossesse, l’accouchement, l’allaitement.

Peut-être que je me trompe. Qu'il y a des instants de beauté que je ne sais encore additionner. Des bonus dont personne ne m'a parlé. Je l'espère. Peut-être que de l'autre côté du miroir, il existe de nouvelles possibilités qui miroitent mieux que les miennes. Qui valent bien mes lacérations imaginées, mon égalité à deux balles.

Sans cet espoir, le monde me paraît bien triste. Je devrais alors accueillir l'anéantissement d'une partie de mes choix à bras ouvert. M’en contenter, parce que la nature. Féliciter les hommes qui, voulant bien faire un effort, déforment leur bouche en ce « On est enceinte ». Qui, à côté de ça, acceptent les promotions que les femmes hors-jeu ne peuvent plus revendiquer. Qui, quand enfin ils ont l’opportunité de faire un vrai sacrifice, refusent le congé paternité.

Je me sens bien seule avec mes pensées.



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« Modifié: 08 avril 2021 à 09:51:37 par derrierelemiroir »
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Re : On est enceinte
« Réponse #1 le: 03 avril 2021 à 19:31:32 »
Merci pour le partage de ton texte. Comme je n'ai jamais accouché , je vais pas te répondre.

Ca me fait penser aussi aux règles, qui sont très chia*** et que tous les hommes échappent. Alors que c'est un inconfort qui se passe plusieurs jours dans le mois.

Pour l'homme qui dit "On est enceint". Ce n'est pas parce qu'on se revendique une qualité qu'on la possède ou qu'on la comprend.
Ton texte offre une réflexion sur le sujet.
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
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Hors ligne Claudius

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Re : On est enceinte
« Réponse #2 le: 03 avril 2021 à 19:47:26 »


 Juste une remarque, un peu hors texte. D'après ce que je lis, je trouve étrange, enfin ce n'est peut-être pas le mot, de concevoir ainsi la grossesse. Aussi loin que je me souvienne, trois fois pour moi, ce fut des périodes de joie intense. Certes, ce n'est pas toujours simple, ni agréable à tous les stades mais... bon chacune de nous le ressent à sa façon.

Pour ce qui est de cette appropriation masculine avec ce "on est enceinte" j'avoue que j'aurais réagi vertement. Je trouve cela pédant au possible ! Il aurait dit "nous allons avoir un bébé" cela aurait été plus acceptable.

Ton texte est une réflexion interne d'une femme qui n'a pas eu d'enfant (tout au moins c'est ce que j'en déduis). C'est bien écrit et on ressent fortement presque un dégoût. Autant de cette réflexion masculine que de l'idée de porter un enfant.

Un écrit bien sombre pour moi.

 ;)

Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir. Sylvain Tesson

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Hors ligne Earth son

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Re : On est enceinte
« Réponse #3 le: 03 avril 2021 à 19:49:12 »
Hé bé... je trouve ton texte très dur.
Tu aimes bien lancer des polémiques.
Je trouve la narratrice très injuste avec la réaction de ce futur papa.
La grossesse et le fait d’avoir des enfants, ça peut être mal vécu mais aussi être un moment magique où on donne la vie. Sentir le petit être bouger en soi, c’est une sensation extraordinaire.
Et le fait que le papa soit très impliqué, je trouve ça très mignon même si dire « on est enceinte » c’est un peu too much.  :)
« Modifié: 03 avril 2021 à 19:50:50 par Earth son »

Hors ligne ifsera

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Re : On est enceinte
« Réponse #4 le: 03 avril 2021 à 20:10:28 »
Bonsoir,

Je rejoins les avis qui trouvent le "on est enceinte" absurde. Après je suppose que cela vient d'un homme fleur bleue sinon concon. Parfois l'on parle sans se rendre compte de l'absurdité de nos mots.

Après ton texte est l'expression d'un ressenti, donc difficile de juger. Chacun pense en fonction de son vécu bien souvent.

Hors ligne Ari

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Re : On est enceinte
« Réponse #5 le: 03 avril 2021 à 20:38:41 »
Hello,

Bon, je vais me répéter par rapport à mon dernier commentaire de l'un de tes textes... Peut-être qu'il s'agit pour toi d'un défouloir brut, dans ce cas-là, rien à dire ! Je comprends le besoin de mettre ce genre de sentiment en mots. S'il s'agit d'argumenter en revanche, je trouve ici, plus encore que dans le précédent, que le ton catégorique et l'absence de nuances nuisent au discours. Après, encore une fois, c'est ma perception propre : il y a peut-être un tas de gens qui sont + convaincus par des propos tranchés.

En tant que maman, j'ai été surtout marquée par le regard réducteur porté sur la grossesse, ta narratrice ne percevant que les inégalités sociales engendrées par celle-ci (et, c'est peut-être mon interprétation qui est biaisée, mais ça me semblait beaucoup centré sur le monde du travail ? ou alors, les autres conséquences ne sont pas développées de façon très explicite ?). Ca m'a même renvoyé une idée de mépris vis-à-vis de cette maman en devenir... alors qu'en relisant le texte, je ne vois rien de tel formulé explicitement. Mais la maman est résumée à un être dépossédé de ses choix. (Du coup, pourquoi a-t-elle fait ce choix-là, si ce n'est par bêtise ?) Je trouve cela assez violent.

La fin du texte m'a beaucoup + plu, car la narratrice s'exprime alors explicitement en son nom propre et au sujet de la pression sociale qu'elle ressent. Peut-être que si dès le début, cet aspect était + mis en évidence (une remarque d'une autre personne, une pression ressentie à droite ou à gauche...), j'aurais beaucoup mieux adhéré à sa colère et sa révolte à l'idée même de la grossesse, dans la partie du milieu. Et dans cette situation-là (si j'avais senti d'entrée de jeu l'enjeu personnel et la colère personnelle) je n'aurais rien à redire sur le côté "poussé à l'extrême" ; c'est dans la nature même d'un sentiment de révolte.

(Concernant la formulation "On est enceinte", je comprends les deux points de vue, et à mon sens ça appartient au couple de choisir ou non ces mots-là... Il y a davantage d'études de nos jours sur les conséquences de la grossesse pour les hommes et personnellement j'aime bien l'idée de les impliquer / de les accompagner au maximum ; même si avec mon chéri ça ne nous est jamais venu à l'esprit d'utiliser cette formulation-là).
« Modifié: 03 avril 2021 à 20:40:32 par Ariane »
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Re : On est enceinte
« Réponse #6 le: 03 avril 2021 à 23:26:46 »
Bonsoir,

Je vais pour une fois répondre de manière plus générale, parce que j'ai l'impression que vos commentaires se superposent beaucoup.

J'ai modifié le texte pour le rendre plus personnel pour ceux que le côté réducteur gênait. En le re-travaillant encore et encore, j'espère parvenir à lui conférer une voix qui me sera encore plus propre et qui heurtera donc moins les personnes qui ne se sentent pas concernées.

Certes, ce texte est sombre. La réalité que vivent de nombreuses femmes est sombre. Aujourd'hui encore, chez nous, chez les voisins voisines, il est question de droit ou non à l'avortement. Il arrive partout encore que les CVs des hommes soient préférés à ceux des femmes, et même à des arguments comme "elle a eu trois enfants quand même",  on répond "ah, mais lui aussi !". En vrai, même à CVs égaux, les CVs des hommes sont préférés... Si je retrouve l'étude que j'ai en tête, je la mettrai en référence.

Oui, je parle peut-être beaucoup du monde du travail. Mais le monde du travail est ultra important par ici. Je suis tout pour le revenu universel et l'idée de distribuer autrement l'importance, la valeur, tout ça tout ça. Mais pour le moment, on accorde beaucoup d'importance au travail, et donc, en attribuant moins de possibilités aux femmes au niveau professionnel (rien qu'en octrayant des congés paternité pourris de quelques jours à peine)), on leur accorde en même temps moins de valeur. Enfin, il y a vraiment tout un tas de trucs à dire là-dessus en vrai.

Et donc oui, moi ça me donne l'impression que du moment où je serai enceinte, j'oeuvrerai malgré moi à m'ôter des possibilités, simplement parce que notre société fonctionne comme ça. Et c'est pas encourageant. Je ne veux en rien nier toute la beauté, le bonheur, qui peuvent être éprouvés lors de la grossesse et après. Je ne pense simplement pas que cette beauté, cette nouvelle importance, toutes ces choses que je ne connais pas, soient suffisantes pour justifier cette inégalité.

Ou alors elles le sont, et je ne le sais pas encore ? Ça serait si bien...

Et sinon, et ben non, je n'aime pas créer des polémiques. Si ce texte est considéré comme une tentative d'en créer une, je pense que le problème est ailleurs... Je n'aime pas créer des polémiques, par contre j'aime beaucoup parler de ce qui me perturbe, me révolte, voire m'effraie. Et si j'en parle, c'est pour pouvoir mieux mesurer les échos engendrés. Pour pouvoir mieux comprendre si je suis seule ou si nous sommes multiples, si le problème est dans ma tête ou ailleurs, s'il y a quelque chose que je peux apprendre à mieux callibrer, nuancer, ré-interpréter. Les questions que je pose sont des vraies questions, ressenties, sincères et qui me hantent. Je recherche donc vraiment des réponses. C'est vrai.

Je comprends bien que si tout ça, on ne le ressent pas dans mon texte, c'est parce que je me suis mal exprimée, peut-être avec trop de force et pas assez de nuance. Et ça, je veux bien le retravailler, c'est important que je parvienne à communiquer cela sans violence, ou du moins, sans violence injustifiée. Pour ce qui est du côté sombre, je ne suis pas sûre de pouvoir le réviser par contre. Moi, l'inégalité, ça me tartine des couleurs très sombres dans le coeur.

Mais voilà, du coup, je vous remercie vraiment et beaucoup pour vos réponses. Ce sont des échos que je chéris, même si on n'est pas forcément d'accord, pour le moment du moins.
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Re : Re : On est enceinte
« Réponse #7 le: 03 avril 2021 à 23:38:10 »
Coucou,

Je passerai lire + tard la nouvelle version. Je voulais rebondir là-dessus :

Citer
Je ne veux en rien nier toute la beauté, le bonheur, qui peuvent être éprouvés lors de la grossesse et après. Je ne pense simplement pas que cette beauté, cette nouvelle importance, toutes ces choses que je ne connais pas, soient suffisantes pour justifier cette inégalité.
Je ne pense pas que ce soit la question de justifier l'inégalité ou de la valoir ou de la contre-balancer. L'inégalité est injuste, point : rien ne peut justifier ça. C'est plutôt que dans ton texte (dans ta première version du moins), j'ai eu l'impression que la femme qui souhaite être enceinte avait l'air bêtement inconsciente, aveuglément soumise à la pression sociale, ou dans un procédé d'auto-destruction. Peut-être que comprendre ses choix de vie / sa motivation / sa vision de la maternité, au lieu d'atténuer la dénonciation que tu fais des inégalités, renforcerait au contraire le fait que c'est injuste. Pour moi, c'est important de souligner qu'elle a le droit de vouloir être enceinte, qu'elle a le droit / qu'ils ont le droit de faire ces choix-là et que justement, ça ne devrait pas être suivi d'une si lourde peine du point de vue des inégalités sociales. Pour moi, élargir la vision de la maternité permettrait justement de mieux la défendre ; et non pas d'atténuer l'injustice des conséquences subies.

Citer
Moi, l'inégalité, ça me tartine des couleurs très sombres dans le coeur.
:calin: :calin: :calin:
« Modifié: 03 avril 2021 à 23:59:23 par Ariane »
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Re : On est enceinte
« Réponse #8 le: 04 avril 2021 à 02:36:55 »
Bonjour!
À te lire, et après avoir lu le texte d'une autre personne récemment, je me demande si MdE ne devrait pas avoir une nouvelle section, qui s'appellerait peut-être "Commentaire social", "Essais", quelque chose comme cela.
Mais, parlons de ton texte plutôt.
Ma première réaction c'est Merci car j'ai toujours senti l'hypocrisie, chez les hommes qui parlaient de cette façon. Le premier homme que j'ai entendu dire "on est enceinte", dans la vraie vie, était un de ces hommes qui crient haut et fort leur féminisme, et qui consacrent beaucoup de temps à faire la leçon au reste des hommes sur les réseaux sociaux - mais dont on sent bien qu'ils le font pour plaire aux femmes plutôt que par réelle conviction. Et cet homme-là en particulier avait conduit son ex-copine (une amie à moi) au bord de la dépression à force de lui mettre de la pression pour qu'elle accepte les expériences d'échangisme et autre, dont lui rêvait. Bref, féministe dans ses déclamations, pas du tout dans ses actions.
OK, OK. Le texte.  :)
Je te trouve percutante, rentre-dedans, intègre. Je ne suis pas vraiment d'accord avec ta vision, à part notre malaise partagé quand certains hommes se disent enceintes, mais ce n'est pas important. J'apprécie que tu ne cherches pas de consensus mou. Ton approche m'a fait penser à cette autrice Française dont j'ai oublié le nom et qui a écrit ce livre dans lequel elle affiche sans détour sa misandrie, même si c'est une position impopulaire chez les femmes tout comme chez les hommes. Je ne dis pas que tu l'es aussi, mais j'ai reconnu cette même honnêteté dans ton texte.
Merci pour la stimulation intellectuelle!


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Re : On est enceinte
« Réponse #9 le: 04 avril 2021 à 09:07:42 »
Bonjour DLM,

Je n’aurais peut-être pas dû commenter ton texte finalement. Je n’avais pas l’intention de te blesser.
Ce que je voulais juste dire c’est qu’on peut ressentir ce que ressent la narratrice mais le côté général ne me plaisait pas (apparemment tu l’as changé, je n’ai pas relu).
Personnellement, je n’ai jamais ressenti le fait d’être enceinte comme un frein professionnel, une obligation ou un générateur d’inégalité. Peut être que je gravite dans des sphères moins impactées par ça ou alors je suis juste très naïve. C’est possible, je n’en sais rien.

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Re : Re : On est enceinte
« Réponse #10 le: 04 avril 2021 à 10:00:09 »
Bonsoir,
Je vais pour une fois répondre de manière plus générale, parce que j'ai l'impression que vos commentaires se superposent beaucoup.
(...)
Mais voilà, du coup, je vous remercie vraiment et beaucoup pour vos réponses. Ce sont des échos que je chéris, même si on n'est pas forcément d'accord, pour le moment du moins.

Etre enceinte peut être une horreur, et aussi la peur de le devenir. Ce n'est pas un moment de bonheur si cela n'est pas volontaire.
Si on accouche d'un enfant désiré, ca doit être certainement un moment génial.  Autrement c'est un cauchemar je pense.

Je partage ton avis que ce n'est pas forcement un choix, ca peut être aussi une contrainte, ou même une malédiction.
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Albert Camus

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Re : On est enceinte
« Réponse #11 le: 04 avril 2021 à 10:04:24 »
@Ariane

Citer
C'est plutôt que dans ton texte (dans ta première version du moins), j'ai eu l'impression que la femme qui souhaite être enceinte avait l'air bêtement inconsciente, aveuglément soumise à la pression sociale, ou dans un procédé d'auto-destruction. Peut-être que comprendre ses choix de vie / sa motivation / sa vision de la maternité, au lieu d'atténuer la dénonciation que tu fais des inégalités, renforcerait au contraire le fait que c'est injuste. Pour moi, c'est important de souligner qu'elle a le droit de vouloir être enceinte, qu'elle a le droit / qu'ils ont le droit de faire ces choix-là et que justement, ça ne devrait pas être suivi d'une si lourde peine du point de vue des inégalités sociales. Pour moi, élargir la vision de la maternité permettrait justement de mieux la défendre ; et non pas d'atténuer l'injustice des conséquences subies.
Je crois que là, on se heurte à un autre problème. Moi, les joies de la maternité, de mon point de vue, je ne les connais pas. J'ai de la peine à distinguer entre les vraies joies, celles qui sont complètement indépendantes de la société et qui je sais existent, et les joies en plastique que de nombreuses personnes se plaisent à raconter, cette idée que la maternité est un miracle, un épanouissement, tout ça tout ça. Chacun son vécu, et moi, ce vécu, je ne l'ai justement pas encore eu. De mon point de vue, ces inégalités prennent donc beaucoup de place. Je n'ai pas peur d'être enceinte et de mettre au monde un enfant à l'abri dans un coin, par contre j'ai peur de la faire dans une société où tout le monde te colle leurs opinions dessus, et où, dès le moment où j'investis du temps à construire un être humain, on m'enlève des opportunités. De mon point de vue, c'est cela que je ressens pour le moment. Et comme je n'ai jamais entendu personne d'autre se prononcer là-dessus, je me sens bien seule et me demande si c'est vraiment le cas, ou si les autres se taisent. Si quelqu'un a envie de raconter les joies de la maternité, et tout ce qui est lié au choix de faire ou non un enfant, ça m'intéresserait beaucoup de lire ce qu'elles ont a dire. Mais je ne peux pas le faire, je n'y connais rien. Je ne connais que mon propre ressenti qui est pourtant, il me semble, tout aussi légitime qu'un autre.

 :calin: (merci pour ton retour)

@Helbert

Citer
À te lire, et après avoir lu le texte d'une autre personne récemment, je me demande si MdE ne devrait pas avoir une nouvelle section, qui s'appellerait peut-être "Commentaire social", "Essais", quelque chose comme cela.
Effectivement, l'idée me plaît, mais connaissant le forum, elle a déjà dû être discutée ailleurs  :D

Citer
Ma première réaction c'est Merci
:)

Citer
Bref, féministe dans ses déclamations, pas du tout dans ses actions.
Oui, c'est ça. Je ne pense pas que c'est forcément intentionnel, ces choses-là le sont rarement. Il y a des sujets dont on parle moins et il est donc moins évident pour certaines personnes de se forger une opinion dessus. Suivre le mouvement, c'est souvent facile, faire des vrais sacrifices, ça l'est moins.

Citer
Je te trouve percutante, rentre-dedans, intègre. Je ne suis pas vraiment d'accord avec ta vision, à part notre malaise partagé quand certains hommes se disent enceintes, mais ce n'est pas important. J'apprécie que tu ne cherches pas de consensus mou. Ton approche m'a fait penser à cette autrice Française dont j'ai oublié le nom et qui a écrit ce livre dans lequel elle affiche sans détour sa misandrie, même si c'est une position impopulaire chez les femmes tout comme chez les hommes. Je ne dis pas que tu l'es aussi, mais j'ai reconnu cette même honnêteté dans ton texte.
Merci pour la stimulation intellectuelle!
merci beaucoup à toi pour cette réponse. Je ne cherche rien d'autre, au fond, que d'ouvrir la discussion. Alors que tu dises que ça t'a stimulé intellectuellement, ça me fait super plaisir. Et j'apprécie aussi la distinction que tu fais plus haut. Je ne cherche pas à répandre des idées misandres, je pense qu'on est tous en quelque sorte un fruit de la société. C'est juste que pour certains, la société prépare des très belles cases, et pour d'autres, des cages ombragées. Et puis merci aussi d'avoir su trouver une valeur à ce texte malgré nos divergences d'opinions.

@Earth son

Citer
Je n’aurais peut-être pas dû commenter ton texte finalement. Je n’avais pas l’intention de te blesser.
Je trouverais dommage que tu te retiennes de me commenter pour ça. Ce n'est en tout cas pas ce que je souhaite. Tu ne m'as d'ailleurs absolument pas blessée et je ne crois pas que je l'ai laissé entendre.

Citer
(apparemment tu l’as changé, je n’ai pas relu).
je ne l'ai pas entièrement enlevé, le côté général, car ça reste un fait que les femmes qui ont des enfants perdent des opportunités professionnelles. Ou alors qu'on me démontre le contraire.

Citer
Personnellement, je n’ai jamais ressenti le fait d’être enceinte comme un frein professionnel, une obligation ou un générateur d’inégalité. Peut être que je gravite dans des sphères moins impactées par ça ou alors je suis juste très naïve. C’est possible, je n’en sais rien.
Personnellement, je ne l'ai jamais ressenti non plus, ça n'empêche que c'est une réalité que de nombreuses femmes vivent. Probablement plus dans certains milieux que d'autres, et je sais aussi qu'il y a des améliorations (je les aperçois dans mon milieu), mais elles ne sont pour le moment pas suffisantes.

@Cendres

Citer
Etre enceinte peut être une horreur, et aussi la peur de le devenir. Ce n'est pas un moment de bonheur si cela n'est pas volontaire.
Si on accouche d'un enfant désiré, ca doit être certainement un moment génial.  Autrement c'est un cauchemar je pense.

Je partage ton avis que ce n'est pas forcement un choix, ca peut être aussi une contrainte, ou même une malédiction.
En fait, je pense que ça peut aussi être un mauvais moment quand l'enfant est désiré. Enfin, je le sais, je l'ai vu, j'en ai parlé. Et je pense que c'est difficile de le dire, de l'assumer, quand tout autour tu entends des personnes glorifier la grossesse et tout ce qui est lié à la maternité. Chacun son vécu, chacun sa légitimité.
« Modifié: 04 avril 2021 à 11:27:01 par derrierelemiroir »
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Re : On est enceinte
« Réponse #12 le: 04 avril 2021 à 10:36:26 »
je sens que mon envie de briser la solitude de pensée peut amener de la douleur, donc @dlm, je vais déjà commencer par te dire que j'ai préféré attendre ta réaction avant la mienne car je me sens très perplexe, tant convaincu par ton côté de la sexuation que par le mien

je vais aborder une réflexion, mais en tant qu'elle est orbitale à cette notion de maternité que tu empoignes avec beaucoup de mauvaise foi je trouve, mais fort heureusement je crois, avec encore pluss de bonne foi, je vais d'abord reprendre ta fin pour un problème donc, qui n'est pas tout à fait le tien mais qui je pense pourrais soulever des solutions

jy go : en reprenant ta conclusion, je me suis dit que, quelle que soit la lutte sociale et ici le débat important de la conscientisation des phénomènes de sexuation, pour l'exemple il y aura toujours des mecs pour aller revendiquer un congé paternité tout comme y'en aura pour rester dans leurs camps, et juste se baser sur des exemples incarnés par individualisation, ça peut rester du biais ; un mari va subir la pression d'un employé sexiste et ne pas insister sur la nécessité de son arrêt, ou ne pas le vouloir pour d'autres raisons, c'pas pour autant que tous sont ainsi ni que le combat est vain ; en autre exemple de l'autre côté, jsp les femmes qui t'envoient balader en te disant que t'as tes mains pour te satisfaire, puis qui disent que le solitaire plaisir est décadent, quoique s'il était aussi moralement accepté pour les femmes ce serait plus juste, mais après elles seraient coincées dans leur frustrations car c'est l'homme qui a le seul pouvoir de faire la cour pour aller chercher son orgasme... bon ; tu vois ? commme si les individus actuellement étaient devenus impuissant sur le doing gender, ce léviathan qui un coup nous fait soutenir une direction, puis l'autre coup la direction opposée ? d'ailleurs je te l'ai déjà lu quelque part, et tu n'es pas la seule à penser que le problème et la solution se trouvent dans l'éducation, et en ce si je crois que certains ont des lacunes socio-convenues genre le consensus d'échange partagé de la sexualité humaine, d'autres sont plus à devoir aller chercher ce que de droit plutôt que d'en abuser, et là la loi n'y peut ptetr que partiellement grand chose, puisqu'elle revendique des droits : le droit au congé paternité, c'est un droit parce qu'il peut se refuser, c'est encore une histoire de oui non de pourquoi, et moi ma solution c'est pas d'invoquer le droit par la coercition des interdits qui révèlent les failles de ce qu'on a le droit de faire, mais bien, à ce stade douloureux que je te lis, une histoire de devoir, d'obligation, de morale universellement reconnue et à appliquer... mais notre système politique ne permet pas ça, on est à l'opposé avec notre désir de liberté

voilà, pis bin après à propos de la maternité, je me demande des trucs un peu hard, mais je préfère les témoigner auprès de ton ouverture d'esprit plutôt que là où j'ai déjà tenté vainement... :

n'est-ce pas typiquement maternel de se fixer les idéaux de formatage de son enfant aussi rigides qu'ils furent pertinemment indispensables toute une époque où l'éducation faisait partie du détail institué, mais qui aujourd'hui sont quand même différement voulus par, ne serait-ce que les concernés, ces enfants étouffés par leurs parents mais moins par leur père absent qmm... ces enfants qui suivent leurs géniteurs dans une certaine mesure, tant que ceux-ci ne sont pas trop publiquement fiers de s'être clonés dans ce qu'ils voulaient se reproduire ? moi toutes les filles que j'entends discourir sur comment elle veulent formater leur progéniture, je me demande pas plus loin d'où nous vient cette peur d'être conditionnés... mais je dis pas que le laxisme soi-disant paternel soit mieux que la tyrannie des maman poule...

(j'aime les mamans poules hein, c'pas parce que la locution est plaintive comme 99% des locutions, que je me plains, non, moi j'essaye de transvaluer les opérateurs fonctionnels pour éviter leur obsolescence qui a mon avis sert le nihilisme de nos mots pensés... ici donc, je critique les mamans poule et use du terme un peu facile, mais y'a aucune forme dénigrante à la distinction, c'est juste que y'a pas, le même terme mais en valorisateur, non en humaiinerie on sait que se plaindre, et donc on a des mots qu'on aime faire sonner d'insulte... moi c'pas mon cas mais vous entendez même mes mots, avec vos oreilles, donc au bout d'un moment je sais plus quoi dire sans passer par et pour votre filtre pessimiste... je dis ça à ma pathologie, le vous c'est le moi étiqueté sur les réactions qu'on me fait, je me remets en question...)

heu voilà, tout ça pour dire également que oui, y'a qmm un phénomène indéniable : les femmes sont seules à pouvoir être maman, et papa ne peut pas ; de là à dire qui doit faire quoi, je crois qu'on est beaucoup à être paumé dans nos pensées sur le sujet, donc encore un merci pour ta réflexion, un bravo pour l'impudeur, un yess pour la forme et l'ambition, pis bin pour le reste de la raison, je te laisse prendre et dénigrer ce que tu souhaites de mon discours

honorablement
.

Hors ligne Jehandepacotille

  • Tabellion
  • Messages: 58
Re : On est enceinte
« Réponse #13 le: 04 avril 2021 à 16:03:58 »
Bonjour DLM

J’ai trouvé ton texte très intéressant mais encore plus intéressants les échanges qui ont suivi.

Tout d’abord, je trouve bien que ton texte accueille une certaine violence car c’est justement elle, à travers ses extrêmes et ce sujet, on le voit bien, en est un, qui déclenche ces réactions. On voit que ce sujet touche car chacun y va, non pas de sa pensée ou du moins pas seulement de sa pensée mais aussi de son expérience. Il y a les hommes, les femmes et surtout ceux ou celles qui ont eut des enfants et ceux, celles qui n’en ont pas encore et qui, donc, légitiment, s’interrogent.
Une petite chose au passage à propos du Monde professionnel : il est injuste, qu’on soit une femme ou qu’on ait un prénom aux consonnances étrangères. Et tout comme un DRH d’origine arabe aura le réflexe de préférer le CV d’un Jean Pierre à celui d’un Tarik, juste parce qu’il pense que c’est son boulot, un autre DRH qui pourtant adore ses enfants aura tendance à choisir un CV masculin à un CV féminin, particulièrement si la femme en question n’a pas encore d’enfant et si elle est en âge de procréer. Le monde professionnel est injuste de base, voire parfois dégueulasse, il n’y a aucune raison qu’il soit plus juste dans ces situations. Mais ce ne sont heureusement que des généralités, il y a plein d’exceptions partout et ces exceptions deviennent de plus en plus nombreuses.
Par contre, je ne sais plus qui parlait de droit mais il faut quand même regarder d’où on vient. Pour la génération qui m’a précédé, donc deux avant la vôtre, la norme était que la femme reste à la maison et l’homme allait travailler et nourrissait la famille. Je me souviens qu’à mon mariage, un passage du carnet de mariage indiquait, je vous jure que c’est vrai que, je cite : « la femme a le droit de dépenser son propre argent ». J’espère que cette phrase horrible a disparu depuis, je ne sais pas, je ne me suis pas remarié depuis mon divorce. Dans ma génération, les femmes ont eu un accès plus large au monde du travail et c’est une très bonne chose. Les progrès, même les plus évidents, prennent du temps et c’est à chaque génération d’apporter sa propre pierre à l’édifice. Et encore, comme le disait je ne sais plus qui, nous ne sommes pas à plaindre, certains pays situés non loin de chez nous sombrent de nos jours dans l’imbécilité la plus totale en interdisant l’avortement.

Mais bon, passons, au vrai sujet, la grossesse et l’accouchement. Je crois que c’est Ariane (bonjour…) qui a trois enfants. J’en ai tout autant, les miens sont juste un peu plus vieux, tous majeurs. Je vais donc partager un peu de mon expérience car j’ai autour de moi des gens qui ont eu des enfants et aussi certains et certaines qui n’en n’ont pas eu.
Alors tout d’abord, je vais dire quelque chose qui va choquer tout le monde : hier, j’emmenais un de mes enfants chez mon ex-femme et on a parlé, le destin, de ce sujet je ne sais plus pourquoi : autant vous le dire à tous, toute la grossesse, avec ce qui s’est passé derrière, sur toute ces années, est totalement oublié. On se souvient vaguement qu’on était bien, qu’on a peut-être été un peu malade, qu’on n’a pas eu envie de fraises, bref quasiment rien. L’important est surtout ce qui se passe après la naissance et pas avant et l’écart est tellement abyssal que la pauvre grossesse finit par disparaitre.
Et en fait, la vraie question, et la seule d’ailleurs, demeure : avec ou sans enfant ? DLM, tu n’es pas obligée de me faire confiance mais je te garantie que seule une infime partie des parents regrette d’avoir eu des enfants. Et lorsque je dis infime, c’est encore trop grand. Toujours hier, on a fait une « mêlée », mes trois enfants et moi-même nous nous faisions un gros câlin à 4 et je tiens à dire que j’étais le plus petit. Mais cet amour qui a été partagé et qui l’est encore aujourd’hui, cet amour sans réserve d’un bébé pour ses parents, qu’on essaie ensuite de conserver le plus pur possible le plus longtemps possible, rien ne saurait lui être comparé. Et de l’autre côté, les quelques amies que j’ai qui ont fait le choix ou qui ont subi les circonstances de la vie ont un ai bien triste dans leur regard.

Le choix de faire ou non est un choix vicieux car le résultat ne se fait pas seulement dans l’instant, ni même dans les dix ans qui suivent, le résultat est là, devant vous, jusqu’à la fin de vos jours. Alors, DLM, si tu dois me faire confiance une seule fois dans ta vie, n’hésite plus, il y a en effet des beautés qui ne saurait être comparées à aucun désagrément, de quelque nature qu’il soit.

On vit chacun la grossesse de manière différente. Par contre, d’un point de vue purement technique, c’est un rôle dévolu à la femme et je peux vous promettre qu’en tant que père, c’est parfois frustrant. Pour ma part, j’aurai été prêt à prendre la moitié de toutes les règles de mon ex-femme pour pourvoir accoucher d’un seul enfant. J’aurai tant voulu ressentir un coup de pied à l’intérieur de mon ventre. Mais c’est moi. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui m’a dit « on est enceinte », j’aurais été choqué et une remarque aurait en effet fusé. Il y a bien des manière de s’exprimer et celle-là est limite. Par contre, tout n’est pas rose, j’ai croisé un certain nombre d’abrutis qui ne se sentait pas concerné par la grossesse. Ce sont souvent les mêmes qui ne se sentent pas concernés par les bébés lorsqu’il sont tout petits, avant qu’il ne puissent commencer à marcher ou à s’exprimer.

Et c’est justement la fin à laquelle je voulais arriver pour répondre à ton questionnement : je ne crois pas que tu aies vraiment à choisir de faire un enfant ou pas : si un jour tu croises le père, le bon, l’enfant suivra naturellement…

Amicalement
Jehan

Hors ligne cyamme

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Re : On est enceinte
« Réponse #14 le: 04 avril 2021 à 16:40:33 »
Hello Dlm,

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Il se peut qu’au moment de la fécondation, une magie occulte transforme le corps de la femme et l’étend à celui de l’homme.
l'étende (t'es toujours au subjonctif, logiquement)


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  Ça expliquerait les politiciens qui se prononcent sur ce qu’il se passe dans l’utérus. Mais si vraiment c’était le cas, magie et tout le tralala, pourquoi n’est-ce que la femme qui vomit, urine à tout va, qui sacrifie son temps, ses choix et finit par déchirer son vagin pour libérer un nouvel être humain ?
Hmmm. J'aime moins. Je trouve que c'était déjà sous entendu et ça me sort du récit parce que je passe du texte "littéraire" à un discours qui pourrait presque être un tract féministe. Je suis sûre qu'il y a moyen de garder le fond mais en faisant un peu plus "subtil" sur la forme.
Je crois que je viens de mettre le doigt sur ce qui me chagrine : pour moi ça marchait beaucoup mieux quand c'était du second drgré très caustique. Du coup ici j'aurais bien vu un truc du style : "Ça expliquerait les avis si arrêtés de tous ces politiciens sur ce qu'il se passe dans l'utérus. Dur de les imaginer  vomir, uriner à tout va, sacrifier leur temps et finir par déchirer leur vagin en libérant un nouvel être humain. Ils doivent être passés maître de cette magie pour si bien cacher tout ça." (je crois  :mrgreen:)

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Pendant « qu’ils » seront enceinte, elle perdra peu à peu ses privilèges, son égalité, lui amassera la fortune que d’autres femmes avant elle ont dû déposer en chemin.
Plutôt un point-virgule après "égalité" ?

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« Oui mais il est généreux, il partagera ; le mariage, c’est bien à ça que ça sert. »
Je me contrefous de sa générosité, cette hypocrisie dont seuls les privilégiés osent se vanter.

Taisez-vous, échos de ma tête, vous me faites mal.
Là j'aime bien, c'est percurtant et précis.
En revanche le paragraphe suivant c'est à nouveau de longues phrases descriptives, ça me touche pas.

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Que ce qui se passait dans le ventre de la mère pouvait donc être considéré à part elle.
Je suis absolument pas sûre de moi, il faudrait pas plutôt dire "à part d'elle" ? J'arrive pas à trouver cette tournure naturelle, zut. Je sais pas bien du coup, tu peux ignorer ce bout de commentaire  ::).
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Légalisé différemment.
Pareil, je trouve ça alambiqué le "légalisé". Je suppose que c'est une allusion à la criminalisation des femmes enceinte qui ont mis le foetus/embryon en danger ?
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Elle qui pour cet enfant – l’ignorant ou non – accepte de se délester de mille possibilités pour l’emailloter de certitudes.
emailloter --> emmailloter (sinon on dirait qu'on veut l'émailler  :mrgreen:). J'aime pas trop l'incise, ça alourdit et ça apporte pas assez pour moi.


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Petite mort que sont la grossesse, l’accouchement, l’allaitement.
Du coup il faudrait pas mettre "Petite mort" au pluriel ? Je sais jamais quoi faire avec ce genre de tournure de phrase. Marrant le "Petite mort".


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Je me sens bien seule avec mes pensées.

Mmmh, je reste sur ma fin, je suis persuadée qu'il y a moyen de faire une chute plus percutante. "On se sent bien seul avec mes pensées" ? Ou "On se sent bien seule avec ces pensées" ?


Je suis mitigée, pour moi ça pourrait être un texte plus fort. Y a un parti pris très fort et tranché, du coup c'est presque trop argumenté, je crois. J'aime beaucoup le tout début plus d'autres trucs que j'ai relevés. Je repasserai voir avec plaisir si tu le retravailles.

PS : j'ai pas encore lu les autres commentaires parce que je voulais pas être influencée, désolée s'il y a des redites.
 


 


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