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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L'embarras du choix [SF/Fantastique]

Auteur Sujet: L'embarras du choix [SF/Fantastique]  (Lu 1342 fois)

Hors ligne PierreSigma

  • Tabellion
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L'embarras du choix [SF/Fantastique]
« le: 02 mars 2021 à 12:10:48 »
L'embarras du choix
N'importe quel voyageur galactique vous dira que Moarius, planète éponyme de son système, constituait un des astres les plus luxuriants de l'extrémité de la galaxie. Son climat, idéal pour la vie organique, favorisa sa colonisation dès les premières heures de la conquête spatiale. De vastes villes apparurent alors, la population s'embourgeoisa et Moarius devint peu à peu le lieu de vie privilégié des familles aisées de la galaxie.
Les périphéries des cités n'avaient pas le côté propre, lisse et enjôleur des quartiers riches du centre. Leur seule fonction était d’accueillir de vastes zones de travail où divers larbins accomplissaient les basses besognes. Ces derniers faisaient tourner la société tandis qu'elle regardait ailleurs. Métallurgie, travail du bâtiment, artisanat divers, tous étaient regroupés en banlieues, phénomène que l'on pouvait constater dans la plupart des centres urbains de l'univers, Moarius comprise.

Ce jour là, le temps était clair sur la capitale. Le déclin du soleil plongeait sa zone industrielle dans la pénombre. Les magasins de matériaux avaient plié boutique, et à l’abri de leur rideau d'acier, les nains comptaient leurs biftons avec avidité. Dans le même esprit, les gobelins de l'abattoir avaient rangé leurs tronçonneuses, le bâtiment n'émettait plus aucun bruit macabre. Les portes de la casse des orks, elles, demeuraient closes depuis l’heure de l’apéritif.

Un vaisseau de petite taille vint briser ce silence pesant. Noir, en triangle aux bords arrondi, il déboula à toute vitesse de la très fréquentée voie nationale aérienne voisine. Sans la moindre hésitation, le pilote bifurqua dans une mince allée qui menait à un hangar. Le véhicule s'engouffra à l'intérieur de l’entrepôt ouvert, ses phares s'éteignirent alors que la porte de garage s'abaissait avec une synchronicité parfaite.

La porte du vaisseau s'ouvrit et le pilote sortit avec précipitation du cockpit. C’était un très grand humain baraqué, le crâne rasé, les traits grossiers, vêtu d'un pantalon noir et d'un haut bleu marine. Ses yeux exorbités trahissaient l'adrénaline qui inondait son cerveau, rendait ses mouvements vifs, fulgurants.

— On l'a eu ! cria-t-il triomphant à l'attention de sa sœur.

Conformément au plan, Anica attendait depuis des plombes à l'intérieur du hangar. C’est elle qui avait actionné l'interrupteur de l'entrée au moment venu. La frêle jeune femme bondit dans les bras de son frère avec une exclamation de soulagement. Ses longs cheveux bruns en bataille couvraient à moitié les courbes fines de son joli visage, une croix inversée était suspendue à son cou. Elle dégagea ses boucles pour fixer Franck avec deux yeux noisette interrogateurs :

— Et Lohan ?
— T'inquiète pas pour ton mec, il est à l'arrière, avec le farfadet !

En deux enjambées, le colosse s'approcha des portes arrière de l'astronef et les ouvrit en grand. Lohan apparut dans l'encadrement. Il sauta au sol avec un petit sourire satisfait qui déformait la cicatrice parcourant sa joue droite. Les elfes noirs n’étaient pas réputés pour leur corpulence, mais avec lui, on tutoyait les extrêmes. Son débardeur blanc ne nous épargnait ni le spectacle de ses bras tatoués de junky rachitique, ni celui de la pâleur de sa race.
Il embrassa Anica, s'affala sur un fauteuil métallique qui traînait là, et aspira une bouffée d'endorphines synthétiques. Lorsqu'il pencha la tête en arrière un nuage de vapeur orangé sortit de ses narines, accompagné d’un soupir de contentement. Aussitôt une toux irrépressible s'empara de lui. Après maints efforts, il parvint à cracher un glaviot sanguinolent qui parut le soulager.

Franck, lui, s'occupait d'extraire le colis, un nabot ficelé à une chaise de bureau à roulettes. Il était petit, avec un air innocent et une coiffure insupportable à la Justin Bieber, si ce dernier avait été de cette galaxie. Même les farfadets avaient droit à leur crise d’adolescence.
Poussé dans un coin, il scruta les alentours d'un regard apeuré : un vieil atelier mécanique en bordel, désaffecté, poussiéreux et mal éclairé. Des relents de vieille huile de vidange pénétrèrent ses narines, lui causant un haut-le-cœur. À quelques enjambées de lui se trouvait un touret à câble converti en table basse sur lequel trônait une boite à pizza encore intacte. Juste à côté, deux vieux sièges rouillés, l'un d'eux occupé par Lohan.

— Donne le transphone, demanda Franck à Anica, je vais appeler les parents du môme pour la rançon.
— Normalement c'est papa qui s'en occupe, c'est son plan, c'est pas à nous de faire ça.

Le colosse prit un air autoritaire :

— Le paternel n'est pas là, on sait pas où il est depuis qu'il a accomplit ce foutu rituel l'autre jour. Je veux régler cette histoire au plus vite. Pas question de l'attendre. Passe-moi le transphone.
La jeune femme s'exécuta et tendit l’appareil à Franck. Ce dernier s'en empara et s'éloigna dans un coin pour exposer ses revendications au calme.

Pendant ce temps, Anica s'approcha de Lohan qui mâchouillait une part de pizza, les yeux dans le vague.
— Qu'est-ce qui t'arrives chéri ? T'as le front en sueur.
Elle lui toucha le crâne, il avait de la fièvre. Elle observa ensuite le bandage qu'il portait au poignet et s'immobilisa, prise d'un doute : avait-elle bien vu ? La compresse de gaze grouillait-elle ? Même légèrement ?
— C'est quoi ce pansement ?
— Le farfadet, il m'a griffé, ça a pissé le sang comme jamais.

Franck les interrompit en revenant, l'air ahuri, le transphone dans les mains.

— J'ai… j'ai eu la secrétaire du père du farfadet… Elle a pas voulu me le passer, je lui ai dit que j'ai kidnappé le fils de son patron, elle m'a mis en attente. Quand elle m'a repris, elle m'a dit qu'elle avait transmis le message, mais que son patron était en réunion et ne souhaitait pas être dérangé…
— Quoi ? C'est quoi ce bordel ? fit Lohan. Personne ne réagit comme ça si son gosse se fait enlever !

D'un coup il frémit, fixant son poignet :

— Aïe ! Putain ! Ça me lance !

Anica se mit à genoux pour extraire les bandes, puis eut un net recul, le visage horrifié. Ses doigts, paralysés par la frayeur, laissèrent tomber les compresses au sol. De petits tentacules rosâtres dépassaient de la large plaie, ils s'agitaient, frétillaient. Anica et Lohan poussèrent un cri d'épouvante, Franck blêmit et déglutit.

— Il t'a fait cocu !

Un silence soudain foudroya le hangar, mettant fin à l'agitation ambiante. Tous trois se tournèrent, incrédules, vers le farfadet ligoté qui les fixait d'un petit air moqueur. C'était lui qui venait de balancer cette phrase.

— Qu'est-ce qu'il baragouine ce petit con ? demanda Anica, l'air intriguée.

La demi-portion reprit, en fixant la jeune femme :

— Elle s'appelle Lucie, tu la connais bien c'est ta voisine. Elle est blonde, grosse et pas terrible, mais il l'a quand même baisée, avant-hier, contre le frigo – expliqua le gosse avec un sourire malsain d'adulte.

Interloquée, Anica se tourna vers Lohan :

— Cette pute ?! T'as sauté cette pute espèce d'enfoiré ! Je le savais ! beugla-t-elle, pleine de rage. J’ai bien vu que la porte du frigo était gondolée ! Je t’en ai parlé ! T’avais l’air gêné !

Lohan eut du mal à trouver les mots :

— C'est bon... heu... t’inquiète je vais réparer cette foutue porte…
— J'ai bien vu que tu la matais ! Connard ! Je le savais, je l'ai senti !
— Attendez un peu, on se calme –intervint Franck– comment il sait ça le nabot ?
— Ha, et il y a cette Cyndi aussi, tu te souviens hein Lohan ? fit le farfadet.

L’elfe se leva d'un bond en vue de décocher une torgnole sur la mignonne petite joue toute rose de l’avorton, mais il ne put faire un pas. Une fois debout il s'écroula sur la table la tête la première, pris de convulsions.
Franck et Anica se levèrent à leur tour pour se pencher vers lui et le retourner. Ils eurent un net mouvement de recul lorsqu’ils virent sa gorge qui avait triplé de volume. Lohan se redressa tant bien que mal. Son visage maigrelet avait viré au rouge, avec des yeux si grand ouverts qu'on aurait dit qu'ils allaient sortir de leurs orbites.
Il resta planté là une seconde ou deux, puis, avec un bruit dégoutant de chairs qui se déchirent, un tentacule, énorme cette fois, surgit de sa bouche, accompagné d'une gerbe de sang.
Lohan tomba au sol, raide mort.
Anica s'effondra en pleurs devant le corps inerte de son petit ami, tiraillée entre l'amertume d'avoir été trompée et la sensation de perdre un être cher.

— Ne le touche pas ! hurla Franck.

La jeune femme se redressa pour se diriger vers le farfadet, le saisit par ses vêtements et le secoua dans tous les sens :

— Qu'est-ce que tu lui as fait petit enfoiré ? Qu'est-ce que tu lui as fait ?!!! cria-t-elle, hystérique.

Le nabot restait impassible.

— Laisse-le tranquille, dit Franck dans son dos, avec une voix calme et décidée, on a besoin de lui, le plan de papa est encore valable.
— Mais qu'est-ce que tu dis, toi ? répondit sa sœur avec fureur. Mon mec est mort ! Je suis sûr que c'est à cause du petit, tout part de cette blessure au poignet.
— Et alors ?! On y changera rien maintenant !
— Vous devriez vous calmer tous les deux, expliqua tranquillement le farfadet de sa voix fluette, sinon vous serez pas au top pour l'épreuve finale.
— Putain je vais l'écorcher celui-là ! reprit Anica, tout en sortant son poignard.
— Comme tu as fait avec Toby quand vous étiez petits ? répondit l'enfant.
Il se pencha sur le côté afin d’avoir Franck dans son champ de vision. Il lui dit :
— Tu te souviens de Toby, le chien de la maison ? Un jour il a disparu, tu étais très triste et tu n'as jamais su ce qu'il était devenu… Et bien demande à ta sœur. Elle sait, elle.

La jeune femme saisit le farfadet par le col et brandit son arme, avec la ferme intention de le planter. De larges coulées de larmes répandaient de l'eye liner sur ses joues. Franck saisit son avant-bras pour bloquer le geste.

— Assez maintenant –déclara-t-il d'une voix qu’il espérait apaisante, mais qui trahissait plutôt un gros coup de flip– je sais pas comment il fait, mais on doit pas le laisser nous retourner le cerveau. On suit le plan de papa.
Anica baissa les épaules, elle lâcha le poignard qui tinta en heurtant le sol crasseux.
— T'as raison, mais on va quand même bâillonner ce petit fumier, dit-elle.
— C'est clair !

Franck se dirigea vers un bout de bâche qui traînait au sol, et commença à en déchirer une bande. Il fut interrompu par un cri strident d'Anica. Il se tourna, et malgré la connaissance qu'il avait de ce type de magie, il ne put réfréner un spasme de terreur : Lohan s'était relevé.
Il était tout ce qu'il y a de plus mort, mais il s'était bel et bien relevé. Sa peau prenait un aspect verdâtre, ses yeux livides teintés de rouge semblaient perdus dans le vide. Et surtout son énorme tentacule, celui qui sortait de sa bouche, frétillait en direction de ses anciens acolytes.

L’avorton, lui, pleurait de rire.

Le cadavre animé sauta en direction de Franck pour l'attaquer à l’aide de son appendice abject. Tant bien que mal le jeune homme esquiva, contre-attaqua d'un uppercut, puis tenta encore de frapper le monstre. Mais celui-ci bloqua le coup et s'empara du bras à l'aide de son nouveau membre qui semblait posséder une force terrifiante. Un craquement se fit entendre lorsque le bras en question se plia dans le mauvais sens.

— Arrrrgghhhh !

Anica, elle, tentait désespérément de garder son sang-froid, sans grand succès. Elle parcourut tout de même la pièce du regard, à la recherche d'une arme quelconque. Ses yeux se posèrent sur un cric assez volumineux qu'elle attrapa des deux mains. À pas de loup, elle put se glisser dans le dos de Lohan tandis que celui-ci fouettait son frère au sol à grands coups de tentacules. Elle eut du mal mais parvint à brandir la lourde arme improvisée bien haut au-dessus de sa tête, pour l'abattre sans pitié.

Touché au crâne, Lohan tomba, mais continuait de se tortiller dans tous les sens. Franck mit un genou à terre, et d’une main saisit le cric que lui tendait sa sœur. Il frappa, re frappa, puis re frappa encore au niveau de la tête, la transformant en bouillie. Chaque mouvement lui faisait un mal de chien, et un rictus de douleur déformait son visage. Le corps du junky s'immobilisa enfin.
Le petit, toujours ligoté dans son coin, prenait un grand plaisir à admirer la scène. Entre deux ricanements, il prit à nouveau la parole tout en désignant l'extérieur de son regard de fouine :

— Ha ! Voici enfin le clou du spectacle !

Le frère et la sœur s'immobilisèrent et se tournèrent vers la fenêtre, sans dissimuler leur appréhension : des gyrophares signalaient la présence de deux aerogliss de flic juste devant le hangar. Déjà la poignée de la porte s'inclinait de haut en bas. Heureusement, elle était verrouillée.

Une voix leur parvint depuis l'extérieur :

— On sait que vous êtes là ! Ouvrez ou on défonce la porte !

Le bras ballant, Franck courut vers le passage et s'adossa juste à côté. Il tenait toujours le cric dans la main de son bras valide. Anica, elle, ramassa son couteau et se posta derrière le farfadet.

Deux grands coups ébranlèrent la porte. Elle céda au troisième. Un flic en uniforme et armure légère fit son entrée, arme tendue, un flingue à poudre. Il se prit un terrible coup de cric sur le front. Son casque léger se fendit et il tomba, tirant un coup de feu en l'air sous le choc. Une flaque de sang commença à se répandre autour de son corps inanimé.

Une deuxième détonation se fit entendre et Franck tomba à genou, touché au flanc. Anica comprit que son frère se trouvait dans l'angle de tir des policiers au-dehors. Les trois flics restants bondirent à l'intérieur de l'entrepôt, tenant la jeune femme en joue.
Anica effleura la gorge de l'otage à l'aide de la lame de son poignard.

— Sortez d'ici ou je saigne le petit !

Franck, toujours à genoux, profita de cette diversion pour balancer un ultime coup de cric dans l'estomac de son opposant le plus proche. Ses deux collègues firent feu, et achevèrent le colosse qui tomba au sol, son corps dans un piteux état. Le policier blessé s'accroupit pour reprendre son souffle, constatant avec bonheur que son armure avait absorbé la majeure partie de cette ultime attaque.
Anica, elle, était terrorisée. Putain de farfadet, pensa-t-elle, tout est foutu et je suis sûre que c'est de ta faute. Elle serra le couteau de toutes ses forces, et trancha net la gorge de l’otage avec un hurlement dément. La petite tête s'affaissa en avant, sa chemise se souilla d'hémoglobine.

Les policiers firent feu. Une balle puis deux, puis trois, transpercèrent le torse de la jeune femme qui s'écroula en arrière. En fixant le plafond elle put enfin se relâcher complètement, oublier toute cette panique, cette anxiété, se laisser glisser vers une paisible inconscience. Ça y est, c'est la fin, eut-elle le temps de penser avant que sa vue ne se trouble.

Mais, comme si un éclair s'était abattu sur elle, une vigueur nouvelle la parcourut d'un coup. Elle ouvrit grand les yeux et inspira avec une puissance qu’elle n’avait jamais perçue auparavant. Elle put se redresser facilement, devant les exclamations de surprise des trois gars plantés devant. Ils ouvrirent à nouveau le feu, à de nombreuses reprises, sans effet.
Anica regarda ses mains : de larges griffes avaient poussé d'un coup et surmontaient désormais des doigts écailleux. En touchant sa tête elle sentit des cornes dépasser de sa chevelure en bataille. Ses dents, elles, semblaient avoir doublé de volume. La transformation avait pris une seconde à peine.
Interloquée, elle se rendit compte que le farfadet, éveillé lui aussi, lui souriait :

— Bien joué ma fille !

L’avorton se leva –ses liens tombèrent comme s'ils n'avaient jamais été vraiment attachés– et son corps s'altéra, changea de forme. Il grandit, ses cheveux blanchirent, son torse se fit plus robuste, déchirant les vêtements de petite taille qu'il portait. Anica reconnut l'homme qui apparut devant ses yeux :

— P… papa ? articula-t-elle, incrédule.
— Félicitation, Anica. Je sais que c'est un peu perturbant pour toi, qui pensais n'être qu'une simple humaine, mais voilà, tu es bien plus que ça.

Il adressa un regard méprisant en direction du cadavre de son fils et reprit :

— Seul l'un d'entre vous deux pouvait me succéder, j'avais l'embarras du choix, mais ne pouvais me décider. Voilà pourquoi je vous ai imposé cette épreuve. Si j’avais eu le choix je m’en serais abstenu, connaissant les risques. Je devais vous titiller, stimuler vos nerfs pour déclencher la mutation, voir lequel de vous deux la mettrait à jour et pourrait la supporter.
Il ferma les yeux comme pour chasser de son esprit l'image du corps sans vie de son fils indigne, puis les rouvrit et se redressa, revigoré par la vue de sa fille transformée :

— Ton frère n'a pas eu la force mentale suffisante pour sublimer sa condition. Tu as remporté l'épreuve, et ta récompense, c'est cette métamorphose, conclut-il avec émotion en toisant sa fille de haut en bas. Il admirait sa nouvelle apparence. Ne t'inquiète pas, avec un peu de pratique, tu pourras reprendre forme humaine à loisir.

Anica inspecta son corps couvert d'écailles rougeâtres. Il semblait robuste, parcouru d'une énergie quasi infinie. Au plus profond d'elle-même, elle sentit une soif, ou une faim, elle ne savait pas trop. Pas un manque d'hydratation, non, mais plutôt un besoin, celui de combler un manque.

Elle avait besoin d'engloutir des âmes.

Elle les sentait, les trois âmes à côté d'elle, dans la même pièce. Elle tourna la tête : les flics se tenaient toujours là, pétrifiés par la terreur et l'incompréhension d'un phénomène qu'ils n'auraient jamais le temps d'appréhender.

Le père fit un pas de côté pour dégager le chemin, arborant un sourire malicieux et tendant la main vers les trois mortels insignifiants :

— Bon appétit ma fille.
« Modifié: 06 mars 2021 à 15:56:35 par PierreSigma »

Hors ligne Elk

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 2 655
Re : L'embarras du choix
« Réponse #1 le: 05 mars 2021 à 16:59:49 »
Salut PierreSigma ! J’ai vu que tu n’étais pas passé sur le forum depuis un moment, rebienvenue !

Comme tu n'as pas précisé quels types de retours tu attendais, je pars sur des classiques commentaires au fil de la lecture (je relève les petits détails, surtout au début, c'est normal ^^) :
Je fais pas mal de suggestions pour alléger des phrases ou des tournures, pour enlever des morceaux qui me paraissent superflus, mais bien sûr c'est toi qui vois.

Citer
N'importe quel voyageur galactique vous dira que Moarius, planète éponyme du système dont elle est issue, constituait un des astres des plus luxuriants de l'extrémité de la galaxie.
> l'un des astres les plus luxuriants
J'aime bien l'entrée en matière à base de "n'importe qui vous dira", par contre je trouve la phrase un poil lourde, c'est surtout la tournure "planète éponyme du système dont elle est issue" qui me parait un peu trop alambiquée

La planète change de nom entre le début et la fin du paragraphe :mrgreen:

Citer
La périphérie des cités par contre se trouvait dépourvues du côté propre, lisse et enjôleur des quartiers riches du centre.
> par contre à mettre entre virgules
Il y a un "s" en trop à dépourvues et, là aussi, je trouve que "se trouvait dépourvue" pourrait être simplifié

Citer
Elles n’avaient pour fonction que d’accueillir de vastes zones de travail où divers larbins accomplissaient les basses besognes.
Tu parles au-dessus de "la périphérie" donc "elle" au singulier

Citer
Ils faisaient tourner la société tandis que celle-ci regardait ailleurs.
Ils > ces derniers ? (le sujet change par rapport à la phrase précédente)

Citer
tous regroupé en banlieue
Je n'ai pas compris ça

Citer
phénomène que l'on pouvait constater dans la plupart des centres urbains de l'univers, Moarius comprise
Tu fais bien de le préciser parce que j'étais en train de me dire "tiens c'est un peu cliché, cette histoire de centres bourgeois et de banlieues pauvres" (mais c'est pas forcément un problème, on est d'accord, beaucoup de villes fonctionnent comme ça)

Je pense qu'il faudrait une transition avant le paragraphe suivant, parce que tu passes d'une description générale de la planète à quelque chose de focalisé sur un lieu & moment précis et le lecteur ne s'y attend pas forcément.

Citer
Les portes de la casse des orks, elles, demeuraient closes depuis l’heure de l’apéritif.
:D
Les orks ont tout compris

Citer
De couleur noire, en forme de triangle aux bords arrondi,
Encore un endroit où je pense que tu pourrais alléger, "de couleur", "en forme de" ça me parait un peu superflu

Citer
il déboula à toute vitesse en provenance de la très fréquentée voie nationale aérienne voisine
Là tu peux te passer de "en provenance", on déboule de quelque part (ou depuis, à la limite ?)

Citer
Sans la moindre hésitation, le pilote bifurqua dans une mince allée qui menait à un hangar que l'on percevait à peine depuis la rue.
La double proposition "qui menait" + "que l'on percevait" alourdit la phrase

Citer
La porte du vaisseau s'ouvrit et Franck sortit avec précipitation du cockpit.
Jusque-là tu adoptais un point de vue assez externe, en expliquant le contexte etc., du coup je trouve surprenant/déstabilisant cette arrivée de "Franck" sans plus d'explications. A voir si ça dérange d'autres lecteurs, mais je me serais plutôt attendue à quelque chose du type "le pilote sortit avec précipitation (...)", et qu'on comprenne par la suite (dans le dialogue probablement) qu'il s'appelle Franck. Ou alors, moins subtilement (et pas hyper joli je trouve), "le pilote, un dénommé Franck, (...)" ^^



Je repasse plus tard pour lire la suite !
« Modifié: 06 mars 2021 à 07:12:21 par Elk »

Hors ligne PierreSigma

  • Tabellion
  • Messages: 36
Re : L'embarras du choix
« Réponse #2 le: 05 mars 2021 à 19:38:10 »
salut Elk !

Mince c'est vrai j'ai pas précisé quels retours j'attend :D mais tout ce qu'on peut en dire m'intéresse, je vais pas faire la fine bouche, c'est déjà énorme qu'on lise mon texte et qu'on me donne une opinion.

Tes retours sont particulièrement intéressants parce que j'essaye vraiment d'améliorer mon style et je vois qu'il faut l'alléger lol.

Edit : d'ailleurs en modifiant, je fais que me dire "putain mais c'est vrai, pourquoi j'ai pas vu ca avant" :lol:

Merci beaucoup  :)
« Modifié: 05 mars 2021 à 19:55:06 par PierreSigma »

Hors ligne Elk

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 2 655
Re : L'embarras du choix [SF/Fantastique]
« Réponse #3 le: 06 mars 2021 à 08:22:02 »
Me revoilà ! J'avais mal pris en compte le facteur couvre-feu quand j'ai commencé à lire ton texte.
Cool si mes retours te sont utiles.

Voilà pour la suite :

Citer
vêtu d'un pantalon noir et un haut bleu marine
et d'un

Citer
Lohan, apparut dans l'encadrement.
Pas besoin de la virgule

Citer
En penchant la tête en arrière un nuage de vapeur sorti de ses narines,
Plutôt "lorsqu'il pencha (...)" ; et sorti avec un t ^^

Citer
Après maints efforts, il parvint à cracher un glaviot sanguinolent qui parut le soulager.
Sympa :mrgreen:

Citer
Franck, lui, s'occupait d'extraire le coli de l'arrière du petit vaisseau, un nabot ficelé à une chaise de bureau à roulettes.
coliS
J'aime bien l'image de la chaise à roulettes ^^
Par contre, "un nabot ficelé (...)" devrait aller juste après "colis", sinon la phrase veut dire que c'est le vaisseau qui est un nabot ficelé à une chaise (et du coup il faudra préciser qui est "il" au début de la phrase suivante)

Citer
une coiffure insupportable à la Justin Bieber
Justin Bieber a traversé les siècles jusque sur leur planète ? :mrgreen:

Citer
Des relents de vieille huile de vidange pénétrèrent ses narines lui causant un haut-le-cœur.
virgule avant "lui"

Citer
La jeune femme s'exécuta, et tendit l’appareil à Franck.
Ici par contre pas besoin de la virgule

Citer
Quand elle m'a repris, elle m'a dit qu'elle avait transmis le message, mais que son patron était en réunion et ne souhaitait pas être dérangé…
haha, sympa comme retournement de situation

Citer
Anica se mit à genoux pour extraire les bandes, puis eu un net recul
eut

Citer
Elle est blonde, grosse et pas terrible, mais il l'a quand même baisé, avant-hier, contre le frigo –expliqua le gosse avec un sourire malsain d'adulte.
baisée, et il manque une espace après le tiret (il faut toujours une espace avant et après)

Citer
J’ai bien vu que la porte du frigo était gondolée
mélol

Citer
— C'est bon... heu... t’inquiètes je vais réparer cette foutue porte…
T'inquiète sans s

Citer
fit le Farfadet.
Tu n'as pas mis de majuscules jusque-là aux noms de races/espèces, il faudrait que ce soit pareil partout

Citer
Il se redressa tant bien que mal
il faudrait préciser le "il"

Citer
Anica s'effondra en pleurs devant le corps inerte de son petit ami.
ça me parait un peu rapide qu'elle passe d'un coup du dégout/peur à pleurer sur son cadavre, surtout s'il y a des tentacules qui en sortent, est-ce qu'elle ne devrait pas plus probablement être triste mais toujours dégoutée en même temps ?

Citer
Elle se redressa pour se diriger vers le farfadet
Il faudrait repréciser "Anica" au lieu de "Elle"

Citer
— Laisse-le tranquille –dit Franck dans son dos, avec une voix calme et décidée– on a besoin de lui, le plan de papa est encore valable.
Je ne suis pas sûre que ce soit correct de mettre l'incise entre tirets plutôt qu'entre virgules, mais j'ai toujours des doutes sur ce qui fonctionne ou pas dans les dialogues

Citer
Anica baissa les épaules, songeuse, elle lâcha le poignard qui tinta en heurtant le sol crasseux.
Songeuse ? je ne comprends pas trop pourquoi

Citer
Il se tourna, et ne put refréner un spasme de terreur
réfréner

Citer
Il se prit un terrible coup de cric sur le front, par surprise.
Pas utile de préciser "par surprise" je pense ^^

Citer
Son casque léger se fendit, et il tomba,
Pas besoin de la première virgule

Citer
Ça y est, c'est la fin, eut elle le temps de penser avant que sa vue ne se trouble.
Il faudrait mettre ses pensées en italique puisque tu l'as fait dans le paragraphe d'avant
eut elle > eut-elle

Citer
Anica regarda ses mains, de larges griffes
Ici plutôt deux points qu'une virgule

Citer
ses liens tombèrent comme s'ils n'avaient jamais été vraiment attaché
attachés (ou alors tout au singulier, ça marche aussi)

Citer
déchirant les vêtements petite taille qu'il portait
manque un "de"

Citer
conclu-t-il avec émotion
conclut-il

Citer
d'un phénomène qu'ils n'auront jamais le temps d'appréhender.
n'auraient

Au global surtout des petites choses à revoir dans le style, les tournures de phrase, pour que ce soit plus fluide, et quelques erreurs de ponctuation et autres à corriger, mais sinon j'ai trouvé que l'histoire coulait bien, ça s'enchaine sans problème de compréhension et c'est très visuel ^^. J'ai trouvé que la transition de la "simple prise d'otage" à "les choses commencent à déraper" fonctionnait bien, on sent qu'il y a des enjeux qu'on ne saisit pas bien (et les personnages non plus). Concernant la chute,
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


A bientôt !

Hors ligne PierreSigma

  • Tabellion
  • Messages: 36
Re : L'embarras du choix [SF/Fantastique]
« Réponse #4 le: 06 mars 2021 à 15:58:24 »
ok !

 J'ai corrigé et pour la fin j'ai rajouté des indices dans le texte :

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


J'espère que ca suffira, en tout cas je suis vraiment content de la tournure que prend mon texte. Merci encore  ^^

 


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