Zut, midi est passé mais bon, c'est mieux que de le poster ce soir

– Aurélien !
…
– Aurélien ! Debout !
Je sors de mon rêve en catastrophe. Adieu soleil, plages de sable blanc, jolies filles, coquillages et farniente. Bonjour chambre sombre et monde étriqué.
J’ai la bouche pâteuse.
– Mmm... Quoi ?
– Tu m’avais dit de te réveiller à sept heures et demie si tu n’étais pas levé et il est sept heures et demie.
Je baille et me frotte les yeux.
– Mmm mouais. Merci maman.
Je ramène la couette sur ma tête et ferme les yeux. Ma mère l’enlève aussitôt.
– Aurélien. C’est l’heure de te lever. Je me moque que tu aies fait la bringue avec tes potes hier soir… Là, tu dois aller en cours.
– OK. J’me lève…
Ma mère s’éloigne.
– Et arrête de laisser Benji dormir dans ton lit. Il met des poils partout. Ce n’est pas très propre.
Je bouge mes pieds puis me redresse. Il se met à couiner. Ah bah oui, mon chien est là. Je n’avais même pas remarqué. Je pose ma main sur sa grosse tête. Il se lève aussitôt et entreprend de me lécher copieusement le visage.
– Non, non. Arrête Benji. Je déteste ça. C’est dégueu.
Je repousse mon chien qui émet un petit aboiement.
– Ouais, ouais, j’ai compris, j’me lève. T’es de mèche avec maman, hein ?
Je frotte mon visage baveux avec ma main.
– Beuh… A cause de toi, je suis obligé de passer par la salle de bain. T’exagères mon grand.
Nouvel aboiement.
– C’est ça. T’as raison.
Je me mets enfin sur mes pieds, tâte mon sexe en érection sous mon caleçon humide qui a encore fait les frais de mes rêves érotiques et soupire.
– Et merde…
J’attrape un boxer dans mon armoire et file sous la douche. Pas possible d’aller aux toilettes tant que le coco ne s’est pas calmé. J’abandonne Benji devant la porte de la salle de bain. Je l’entends chouiner alors que je me débarrasse de mes excès nocturnes sous un jet bien chaud qui achève de me réveiller. Petit passage de mes cheveux bouclés sous l’eau pour les discipliner cinq minutes et je suis enfin prêt à dévorer mon petit déjeuner. Avant d’éteindre, j’hésite deux secondes puis me soulage dans la douche. C’est dégueulasse mais ça me fait marrer. Si maman savait ça…
Je m’essuie grossièrement, enfile mon boxer et mes fringues posées sur le petit meuble à gauche du lavabo, m’asperge de parfum et descends dans la cuisine. Ca sent bon le pain grillé et le café. Je sais que trois tartines beurrées et un mug de café m’attendent.
Ainsi que Benji...
– Ah quand même.
Je m’assois à ma place et pose mes mains autour de mon mug. Je laisse mes doigts parcourir les dessins gravés sur ma tasse et respire à plein nez l’odeur du saint breuvage du matin alors que ma mère vient me déposer un baiser sur la joue.
– Tu sens bon. C’est pour Léa ?
Je suis sûr que je rougis un peu.
– Maman…
– Mais quoi ? Elle est charmante Léa.
– C’est pas tes oignons.
– Je sais bien.
J’attrape une des tartines à droite de mon mug et commence à manger. Maman a étalé de la confiture d’abricots dessus aujourd'hui. C’est trop bon.
Benji vient enfin poser sa tête sur ma cuisse. Il devait être en train de prendre son petit déjeuner lui aussi.
Je mange d’une main et caresse la tête de mon chien de l’autre. Tout est à sa place, ça me rassure.
La comtoise se met à sonner.
– Ton bus est dans un petit quart d’heure. Tu devrais te dépêcher.
– Oui maman.
J’avale le liquide un poil trop chaud puis attrape mon sac à dos posé sur la chaise à côté de moi. Je fais glisser les deux bretelles sur mes épaules. Benji commence à s’agiter.
– Oui oui mon grand, on y va.
Je mets mes baskets puis attrape le harnais accroché au clou à droite de la porte d’entrée. Benji s’assoit docilement et je lui enfile son outil de travail. Je vérifie que tout est en place et attrape la poignée.
– A ce soir mon lapin.
Je soupire.
– Je suis pas un lapin maman.
– Je sais.
Il y a de la gaieté et de l’amour dans sa voix. Un petit sourire fait remonter le coin de ma bouche.
– A ce soir maman.