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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Malheureux qui, comme Ulysses...

Auteur Sujet: Malheureux qui, comme Ulysses...  (Lu 3476 fois)

Hors ligne Mise Entropie

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Malheureux qui, comme Ulysses...
« le: 21 février 2021 à 12:59:44 »
Bonjour,

Ceci est le début d'une nouvelle d'anticipation que j'ai commencée il y a quelques temps. C'est un texte hautement cathartique, et qui remue trop de choses douloureuses, je n'ai pas continué car cela faisait trop mal. Peut-être que vos avis me permettront de remettre le pied à l'étrier, et de le continuer, pour, j'espère, faire définitivement la paix avec mes blessures.


La femme pénètre dans la boutique Giggle par le sas, amenant sur son tailleur mono-filament à agrafes un peu de l'humidité brumeuse du dehors. Ulysses, qui se tient assis près du comptoir, la trouve de suite jolie. Grande, élancée, des cheveux blonds tombants autour d'un visage légèrement chevalin.
A la vérité, il trouve beaucoup de femmes attirantes physiquement, c'est ce qu'il y a dans leurs têtes qui l'effraie, car cela fait dix ans qu’aucune ne lui a montré de réelle beauté d'âme. Ulysses ne désespère pas. Et comme elle commence à le regarder de haut en enlevant ses gants de peau clairs, il se dit que ce ne sera pas elle qui ouvrira le bal. De par leurs rôles respectifs dans cette scène, déjà.
 Elle, une cliente, lui, un pourvoyeur de descendance. Attention, ne vous méprenez pas, nous parlons de descendance artificielle. Ulysses est un “ Sec “, un mâle stérile, dès lors considéré comme inutile par l'immense majorité de la gent féminine. Un Sec, c'est bon pour la bagatelle, des parties d'échecs amoureuses, de jolis pions qui sentent bon. Il n'y a que la nouveauté de stimulant chez lui, et rien de ce qui est nouveau ne le reste longtemps. Elle s'avance vers lui, nimbée de la toute puissance sous-jacente à son sexe. Ses yeux sont comme des fenêtres ouvertes sur la masse grise juste derrière, et cet amas gueule : “ J'ai le pouvoir de décider “. Au moment où il perçoit cela, Ulysses est traversé par une variante, comme un express rompant le silence dans la nuit : “J'ai le pouvoir de déicider “. Il a toujours aimé jouer avec les mots, surtout les morts, ceux que l'on n’emploie plus, par manque de temps, par manque d'amour aussi, probablement. Cela a aussi sûrement un rapport avec Lolas, son vieil ami. Le seul qu'il puisse appeler ainsi.
Mais la Dame s'impatiente en raison du léger flottement qui le traverse.
•   Notch ? Quel drôle de nom de famille !
Ulysses Notch commence à rougir, il le sait parce qu'il le sent. Cela se traduit invariablement par cette chaleur sourde qui envahit toute la région de son visage, et les sempiternelles minuscules gouttelettes perlant à son front, comme pour éteindre ce début d'incendie facial. Deux cas de figure en sont généralement responsables : soit une femme l'intimide par sa beauté, ou alors elle fait valoir sur lui sa prédominance naturelle de femelle. Quand ces deux facteurs opèrent de concert, même le port d'une casquette en éponge ne lui serait d'aucune utilité. Il essaie de se ressaisir, de parler sans bredouiller.
•   Bonjour Ma... Ma Dame, que puis-je pour vous ? Souhaitez-vous voir notre catalogue ? Alors qu'il prononce ses mots, Ulysses tend à se recourber imperceptiblement, il n'en a pas conscience, de cette tension qui tire sur ses nerfs pour le plier en quatre, en courbettes.
•   J'ai déjà regardé sur votre site, mais j'ai une idée très précise de ce que je souhaite, je ne veux pas d'archétype. J'ai une amie qui a choisi “ Adorable crapule “, je l'ai trouvé adorable dix minutes, jusqu'à ce qu'il commence à jouer au lightball dans le salon, et qu'il sème le chaos. Trop bruyant.
•   Vous savez, tous nos Entourages sont paramétrables, jusqu'à un certain point, bien sûr. Leurs caractéristiques sont ce qui représente leurs... âmes en quelque sorte. Les archétypes sont juste des points de...
•   J'ai compris ce que sont les archétypes, homme. Je veux quelque chose d'unique.
•   Bien compris Ma Dame, veuillez me suivre s'il vous plaît.
Ils s'installent à l'un des deux petits bureaux se trouvant dans la pièce sans fenêtres, sous le blanc acide des néons. Ulysses détache une tablette du plan de travail, il se sent fatigué, car il sait ce qui va suivre.
La femme va débiter tout un tas de caractéristiques techniques (Couleur des différents attributs, taille, sexe, comportement général), bien évidemment sans se soucier du “ caractère “ de l'Entourage, et ils allaient se retrouver avec une version très proche d'un archétype configuré.
Elle veut juste se persuader que le sien serait unique, qu'aucune de ses amies n'aurait l'infortune de se retrouver à un dîner accompagnée d’un “ clone “ de son enfant. Cette femme fuit les désagréments, elle pense qu'un enfant devrait être obéissant en toutes circonstances, un bel objet que l'on pose ça où là. Lui trouve que les archétypes “ Adorable crapule “ ou “ Rêveur Candide “ sont beaucoup plus vivants, et donc, réalistes.

•   Je veux qu'elle soit mélancolique.

•   Très bien. Tout le temps ?

•   Quand il pleut ou qu'il fait gris. Quand elle sentira l'approche de l'automne. Parce qu'elle n'aura pas d'amis. Quand elle me sentira triste.
Une “Mini-moi”, se dit Ulysses. Encore. Ce boulot devenait lassant. Sans surprises. Les séances de définition d'Entourages ne duraient en moyenne jamais plus de deux heures. Notch n'était pas payé à l'Entourage, il s'en foutait. Il était toujours étonné du manque d'imagination de ses clients. S'il devait s'en programmer un, se disait-il, cela lui prendrait probablement des jours et quelques maux de tête.
Mais pour la plupart de ses clients, ces séances étaient des pages blanches qui provoquaient rapidement chez eux le syndrome du même nom.

•   Je veux qu'elle aime les algues, c'est ce que je cuisine généralement. Je veux qu'elle aime les chats aussi, j'en ai trois.
Sûrement trois bon gros mâles castrés, pense t'il avec amusement, retenant sans force le sourire qui aurait pu étirer ses lèvres s'il avait eu plus confiance en lui.

•   Entendu. Voulez-vous qu'elle ait des passions, des talents particuliers ?

•   Et bien, j'y ai un peu réfléchi, et... J'ai moi-même toujours rêvé de jouer du violon.
Ulysses étouffe un bâillement. Il allait encore se retrouver avec un boulot sans saveur sur les bras, et elle allait se trimballer avec une belle petite coquille vide à ses côtés. Une jolie excroissance de sa vacuité plus qu'une enfant.

•   Ensuite ? Je vous écoute.

•   Et bien, c'est à peu près tout je crois. Vous avez bien noté pour sa qualité de cheveux ?

•   Tout à fait : Blonds cendre et très fins, mais avec une grande densité d'implantation, vous voulez éviter l'effet “ crane de poupée “.

•   Bien, quand pourrais-je la voir ?

•   D’ici sept jours, nous vous contacterons.

•   Merci, je dois filer maintenant, j'espère que l’atmosphère s'est asséchée.

Elle le regarde avec un petit sourire narquois, bien sûr qu'elle a deviné qu'il était un Sec à son attitude.
Revirant au cramoisi, la gorge serrée, Ulysses arrive à grand-peine à articuler un “ Bonne soirée Ma Dame “ alors qu'elle se dirige déjà vers le sas bleu s'entrouvrant à son approche.
Et, comme il le fait plusieurs fois par jour, Notch s'interroge : “ Pourquoi faut-il toujours qu'elles agissent comme ça ? Comme si leur main tenait quelque laisse invisible reliée à un collier pouvant se matérialiser à mon cou ? Un collier étrangleur même, dans mon cas. On dirait que plus je leur porte d'amour, plus cela se retourne contre moi; que ma passion pour les femmes fait croître chez elles un négatif de désintérêt, d'indifférence. J'ai tant à donner pourtant, bien plus que la plupart de mes “ consexués “. Ulysses se disait que créer un mot juste était  d'une grande jouissance.
Il repense au “ déicider “ de toute à l'heure. Il sourit. Ses mots sont sa famille. Dans sa onzième année, ses parents moururent en hospice, son père de vieillesse; peu après ce fut sa mère, de chagrin, sûrement. Il n'aurait d'ailleurs jamais du exister, notre Ulysses.

 En 45, après le constat mondial sur la chute inexorable de la fertilité chez les hommes, due en grande partie aux xéno-œstrogènes des pilules contraceptives, des mesures avaient été prises. L’instrument de l’Occident lui ayant servi à ne pas crouler sous les gosses se révéla être trop efficace et se retourna alors contre lui. En moins de 60 ans, les filtres des stations d’épuration échouant à capturer les xéno-œstrogènes stérilisateurs, 45% des hommes perdirent leur fertilité.
Les gouvernements avaient progressivement changé ainsi que les pensées. Il y avait eu un dépôt de bilan effroyable de la part des mâles. C'était eux qui étaient responsables de la situation d'extrême urgence à laquelle la société humaine se retrouvait confrontée. Cupidité, égoïsme, instincts destructeurs et trafics d'influences sont alors devenus des attributs exclusivement masculins. Les femmes ont accédé au pouvoir, de façon largement majoritaire. Elles ont instauré de nouvelles règles, de nouvelles lois. Une vision neuve.  Mais il était déjà trop tard sur la question de la fertilité des hommes. En 2050, l'OMS déclarait que seulement vingt pour cent des mâles étaient des procréateurs. Les autres se sont vus progressivement affubler d'un sobriquet aussi court qu'efficace. Secs.
Blancs. Stériles. Drills. Les Alpha sont devenus bêtas. Gênants et inutiles. Le père d'Ulysses avait alors 65 ans. Les nouvelles têtes à chignon du gouvernement d'Occident décidèrent que les hommes toujours aptes devaient participer à l'effort de maintien de la natalité. Les courbes de celle-ci formaient un entonnoir de plus en plus fin, au fond de l'entonnoir : le néant. La civilisation occidentale toute entière était menacée d'anéantissement, et au lieu de demander à son père de prendre les armes, les présidentes lui avaient demandé de prendre sa femme. La mère d'Ulysses ayant dix ans d'écart avec son mari, cela fut rendu possible. Monsieur et Madame Notch n'avaient jamais désiré de descendance, ils conchiaient ce monde, ce qu'il devenait. Cela avait été une épreuve terrible pour eux. Ils travaillaient encore pour la même entreprise. Pour Jonah Notch, la retraite était dans cinq ans. Les pressions exercées par l'état au sein de leur lieu de travail devinrent énormes, intenables. Ils cédèrent.  Jusqu'à obtenir le résultat escompté : Et naquit le maudit enfant.

Notch consulte l'écran flottant projeté par réalité augmentée, il est dix-neuf heures et cinq minutes. Sa présence au sein de Giggle n'est plus rémunérée depuis 300 secondes.
C'est à ce moment précis que, comme déclenchée par une routine, Carla l'interpelle :

•   Vous ne rentrez pas chez vous, Mr Notch ?

Carla est un Entourage pour mâles. Elle est blonde (Pour le côté rassurant lui avait-on expliqué...), de taille moyenne et des formes... eh bien des formes plus que généreuses auxquelles le sexe de notre ami n'était pas insensible. Parfois, Ulysses considérait sa poitrine opulente comprimée dans son chemisier rouge un peu trop longtemps, il le sentait qui se dressait lentement, comme pour dire : “ Moi ! Moi ! Preums ! “
C'est comme cela qu'il voyait un sexe masculin s'exprimer, de façon brute,  un peu arriviste et limitée. Bien qu'il pourrait dire, à l'instar d'un ancien chanteur, que son cerveau baise et que sa bite réfléchit. Clara donc, est somme toute un modèle d'expo , un peu comme les putes en vitrine que l'on pouvait trouver jadis au sein de ce pays que l'on appelait “ Hollande “, et d'autres. Cela devait être vrai car l'anecdote était à mettre au crédit de Lolas. Sauf que Clara est un étrange croisement, entre la pute et la comptable, et dotée d’une fâcheuse tendance à la délation, si tant est qu'une I.A. puisse être considérée comme une poucave.

•   Je vous demande cela car il faut que je sache si vous comptez faire un supplément d'heures (Les femmes avaient aussi modifié la terminologie professionnelle, et sociale).

•   Non Clara, je réfléchissais juste. J'étais perdu dans mes pensées.
A l'écoute de cette phrase, les yeux de l'Entourage se voilent imperceptiblement pendant une poignée de secondes, comme sous l'effet de quelque épuisant calcul. Ils essayaient toujours de résoudre ce qui était pour eux une abstraction. Que sont des pensées pour une entité artificielle ? Qu'est une étoile pour un bousier ? Tiens, bouffe ça !  Ulysses ne s'en lassait pas. Il était assuré d'avoir la paix après ce genre de phrase, au moins quelques minutes. Même si cela l'amusait, il s'interdisait d'en rire devant elle. Elle était capable de reconnaître la moquerie dans la modulation de son rire. Il le savait car il était à l'origine de sa programmation. Clara n'avait aucun secret pour lui. Cela le faisait rapidement débander quand son petit copain à la coupe au bol s'emballait dans son calcif.

•   Bon, j'y vais, passez une bonne soirée Clara.

•   Une bonne soirée à vous aussi, Ulysses.

Tu parles qu'elle va être bonne, la soirée de Clara ! Rentrer dans son box de l'arrière-salle, ingurgiter sa purée macrobiotique verte, et se mettre en veille jusqu'à demain matin six heures. Car elle était aussi la femme de ménage de la boutique. Et demain matin à huit heures tapantes, gros sourire de bienvenue à Mr Notch, premier arrivé car jamais en retard car pas de vie lui non plus. S'il se créait un Entourage, Ulysses la programmerait pour qu'elle refuse de vivre dans une boite. Mais en quittant le sas de la boutique et en respirant un grand coup l'air de l'extérieur, il se dit qu'il a encore un peu la force d'espérer. Certes, il n'a pas un physique de Don Juan et approche lentement de la quarantaine. Peu de rides, mais il n'a pas de beaux cheveux raides qui lui autoriseraient toutes les folies capillaires du moment. Son visage n'est pas androgyne, malgré des lèvres pulpeuses et des yeux allongés, il est plutôt rustique. Son corps n'aurait pas détonné dans une phalange de hoplites, mais il se trouvait dans l'enchevêtrement froid, gris, et inextricable de la ville; cette ruche ordonnée qui ne connait pas les affres de la guerre. “ Tu es une âme d'esthète dans un corps de brute “ lui avait dit Lolas. Ulysses, lui, se voit presque comme une femme d'avant, une femme comme il n'y en a plus depuis très longtemps. Une femme de l'Amour Courtois. Bref, notre homme n'est pas Aaron Ashcroft, dont il aperçoit le visage au dessus d'une publicité pour une célèbre banque du sperme. A.A. est LE donneur emblématique par excellence. Ses racines d'aristocrate Anglais, son haut niveau d'études et son physique parfait d'Adonis avaient fait de lui la référence, le procréateur ultime. A seulement 31 ans, il pouvait s'enorgueillir d'être à l'origine de 1300 naissances. Notch avait lu quelque part qu'il était uni avec la directrice d'Elecco, et qu'elle lui avait offert un mariage somptueux, un truc empreint de faste romain. Mais certaines mauvaises langues disaient qu'elle ne voulait plus qu'il « donne » à d'autres qu'elle.

Tout à ses  considérations, il emprunte le « comprimé », une sorte de métro aérien dont les wagons voyagent sous vide. Plus de longs voyages passés à éviter les regards, à s’épuiser dans un fastidieux anonymat en contemplant des tunnels gris, défilé en boyaux de monuments. Il suffisait d’une poignée de minutes pour rejoindre son chez soi. De doux luminaires orangés s'allument sur le passage d’Ulysses, jusque dans son salon dont les contours sont percés de baies vitrées hautes d'à peine un mètre. Il aime la sensation d'intimité qu'elles procurent, et voir sans être vu. Il s'effondre dans son sofa, allume la capture holographique, et s'enfonce dans sa contemplation. Cela faisait un moment qu'il ne l'avait pas mise en route, mais ce soir il a besoin de se rappeler qu'un jour, quelqu'un l'avait aimé. Elle s'appelle Laurie-Anne, elle n'est pas bien grande, menue, un visage  enfantin qui le rassure. Ils ont tous deux vingt-cinq ans au moment de l'enregistrement, et sont gavés de cette sève vivace du suc de la jeunesse. Dans cette séquence qui dure deux minutes, il l'enveloppe de ses longs bras, elle, si petite, lui comme un roc érigé contre la souffrance. Car elle avait mal, sa vie avait été une série d'abandons, de deuils, de dépréciation personnelle. Cela se voit à sa façon de se lover contre lui, d'appuyer son visage contre son cou. Elle lui avait fait promettre un soir de ne jamais l'abandonner, et lui, l'idiot, avait promis. Encore un effet de la jeunesse, cette foi irréductible en la puissance des sentiments. Dans le présent, Ulysses se lève pour les voir de plus près, il y a ce moment qu'il ne veut pas manquer, ce moment de pure éternité. D'entièreté absolue. Voilà, c'est là, elle se décolle légèrement de son torse, et ses yeux plongent dans les siens. Ce qu'il y voit bouleverse à chaque fois le Notch présent encore plus que le Notch passé. Car le passé pensait que cela serait pour toujours, que ce moment n'était qu'une répétition de la vie à venir. Elle le regarde et joint leur deux sourires d'un baiser tout en langueur et tendresses. Mais le pire, le meilleur, Ulysses ne savait jamais vraiment, reste à venir. Séparant leurs lèvres ointes de l'autre, elle le regarde à nouveau, et du liquide lacrymal perle à ses yeux. Ce qu'il y voit le détruit. L'Amour. La Passion. L'absolu de son amour. Ulysses n'a pas besoin de jeter un œil sur sa version dans le passé, il ne se souvient que trop bien du sentiment qui le traverse et le submerge tel un raz-de-marée. En cet instant précis, au caractère éphémère, pour la première fois de sa vie, il se sent éternel. Complet. Indestructible. Il se souvient de comment toute chose autour de lui semblait abriter quelque divine lumière. Comme souvent après avoir visionné cela, il pleure.
A trente-cinq ans, Ulysses peut dire qu'il n'a pas eu de chance en amour. Il est néanmoins reconnaissant envers la vie de lui avoir fait connaître ce qu'il a éprouvé dans cette scène d'un passé qui malgré tout lui semble être si lointain, comme à un papillon sa chrysalide. Presque une autre vie. Sa malédiction ? Toujours être en amour d'une personne qui n'est pas pour lui. Toujours celles étant déjà en couple, celles voulant juste de la baise alors qu'il leur fait la cour la fleur aux dents. Celles qui n'éprouvent que de l'amitié ou de l'indifférence  pour lui. Laurie-Anne ? Cela s'est très mal terminé. Pendant presque deux ans de vie commune, les mêmes problèmes abstraits reviennent sans cesse, de plus en plus prégnants. Ulysses essaie à chaque fois de résoudre une équation à plusieurs inconnues, pense y arriver à force de dialogue, mais à chaque fois tout est à refaire. Il comprendra par la suite qu'elle ne pensait pas mériter autant d'amour, qu'il a peut-être trop donné, les soirs où il cartographiait de caresses son visage, ses doigts mémorisant chaque centimètre carré, chaque relief. C'était lui qui préparait les repas, chaque soir. Lui aussi qui la massait quand elle était lasse de sa journée. Lui qui rasait parfois ses jolies jambes, ou qui essayait de diminuer le feu de ses allergies quand elles se manifestaient, avec de la lotion ou une plume de paon, doucement, avec l'œillet. Au début ce qu'il avait en retour lui suffisait. Mais les reproches se faisaient plus insistants, plus cruels et douloureux. Arrivée au bout d'elle-même, et sûrement lassée de les faire souffrir tous deux, elle prit un jour la porte.
Il sait, maintenant, pourquoi elle s'est enfuie. Il sait la culpabilité qu'elle ressentait de ne pouvoir lui rendre tout son amour, et qu'elle ne s'estimait pas digne de tout cela. Que là se cachait la raison de son départ. Ulysses trouvait cela extrêmement douloureux, qu'elle ait tout cassé pour ces raisons. Pour parfaire son chagrin, il décide de fouiller ses tiroirs à la recherche de son “ carnet de consignation “. Le bleu  noir du soir commence à s'étirer au dehors quand il ouvre ce cahier à la reliure sombre. Durant deux ans, il y avait consigné tout ce qu'ils vivaient, le pire comme le meilleur. Tout ce qui le traversait d'émotions, de peurs, de béatitudes et d'incompréhensions. Il relit tout cela afin de se persuader que ça a bien existé. Afin d'éprouver quelque chose, aussi douloureux que soit ce sentiment. Revivre cet amour en accéléré. Arrivé à la fin du carnet, il sent son estomac gronder mais la seule chose dont il veut se nourrir est cette certitude d'avoir aimé et vice-versa. Et en plat de résistance, il allume son PC pour y chercher le récit de la plus intense de ses relations platoniques. Oui, aujourd'hui est bien une journée trou noir, dévorée par ce vide qu'il ne peut combler autrement qu'avec des squames coronaires. Des échos d'un cœur qui ne bat plus. Ulysses se laisse aller dans les eaux brumeuses du souvenir de sa Pénélope.
Veuillez patienter, nous vous trahissons.

Hors ligne txuku

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Re : Malheureux qui, comme Ulysses...
« Réponse #1 le: 21 février 2021 à 19:31:05 »
Bonsoir

C est bien ecrit et cela se lit facilement  ! :)

Ton personnage d Ulysses est attachant et l univers bien decrit.


J attends la suite avec impatience - merci a toi ! :)
Je ne crains pas d etre paranoiaque

"Le traducteur kleptomane : bijoux, candelabres et objets de valeur disparaissaient du texte qu il traduisait. " Jean Baudrillard

Hors ligne Cendres

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Re : Malheureux qui, comme Ulysses...
« Réponse #2 le: 21 février 2021 à 19:44:46 »
Je n'ai pas lut tout ton texte, mais je vais commenter ce que j'ai lut.
Tu décris un monde ou l'on peut choisir ses enfants et que la plus par des hommes sont stériles, environ 75 %.

Ton texte raconte une histoire, mais aussi une réflexion sur la vie et l'avenir, du moins celui que tu proposes.

Ton texte est bien écrit et se lit facilement. C'est juste que c'est un sujet qui ne m'accroche pas.
C'est une question de gout et non de qualité d'écriture.
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne Le renard

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Re : Malheureux qui, comme Ulysses...
« Réponse #3 le: 21 février 2021 à 22:37:45 »
Bonjour Mise Entropie

Tu as une superbe plume, que c'est bien écrit.
Ton histoire, tes descriptions, les personnages, tout y est.
Je ne suis pourtant pas fan des fictions, mais cette histoire pourrait bien ne pas en être une.

Merci.

Foxie.
Il n'y a pas d'autre raison de vivre que de regarder, de tous ses yeux et de toute son enfance, cette vie qui passe et nous ignore. Christian Bobin.

Hors ligne Mise Entropie

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Re : Malheureux qui, comme Ulysses...
« Réponse #4 le: 22 février 2021 à 12:49:49 »
@Txuku,

Merci beaucoup, ton retour positif me donne envie de m'y remettre, la suite bientôt du coup ^^

@Cendres,

Ce n'est pas exactement ça, ce ne sont pas de vrais enfants, je pense pourtant que c'est assez limpide. Ce sont des entités biomécaniques.

@Le renard,

Arigato gozaimashita Kitsune, pour tes compliments très touchants. Si tu as cette impression d'"authenticité", c'est peut-être parce que ce que j'y raconte, enrobée de fiction, ma vie sentimentale.
Enfin, sa non-existence depuis onze longues années...

Je vais m'y remettre, j'espère que ça te plaira toujours autant.

Bonne journée !
Veuillez patienter, nous vous trahissons.

Hors ligne Astor

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Re : Re : Malheureux qui, comme Ulysses...
« Réponse #5 le: 24 février 2021 à 07:54:37 »

Ce n'est pas exactement ça, ce ne sont pas de vrais enfants, je pense pourtant que c'est assez limpide. Ce sont des entités biomécaniques.


Oui, cela m'a paru assez clair.
Ce qui m'a par contre fait douter c'est ce nom Entourage. Pourquoi ai-je douté ? Entourage renvoie à plusieurs personnes et il n'y en a qu'une (du moins un substitut). Mais probablement est-ce volontaire pour souligner que l'entourage se réduit à cette présence unique ?

Un tout petit détail, probablement simplement un effet de mon passé professionnel : un carnet de consignation est un support d'échanges professionnels dans le cadre de l'intervention en sécurité sur des installations électriques. Là encore, ce n'est pas forcément un obstacle à l'emploi que vous en faîtes.

Deux toutes petites remarques car j'ai vraiment bien aimé ce texte. J'aime être conquis très rapidement par un texte, avoir dès les premières lignes envie de continuer. C'était le cas et je n'ai pas été déçu !

Bonne journée !
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Hors ligne Mise Entropie

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Re : Malheureux qui, comme Ulysses...
« Réponse #6 le: 26 février 2021 à 12:08:44 »
Bonjour Astor,

Content que ce début vous ait plu. Je m'interroge encore quant à deux-trois choses au niveau formel. Pour le fond, je pense qu'il faudrait que je parle du fait que beaucoup de femmes sont également stériles, ce qui est déjà le cas aujourd'hui, un grand nombre de femmes ont de grandes difficultés de procréation, même si elles ne sont pas stériles stricto-sensu.

Sinon, concernant les Entourages, c'est intéressant la remarque que vous soulevez, le contraste que crée le terme associé à une seule entité, et il est vrai que cela renforce l'impression de solitude des personnages. En fait, c'est un clin d'oeil en forme d'hommage à une série d'animation japonaise : Ergo Proxy. C'est une oeuvre très marquante pour moi, car elle bouscule plein de codes : Ceux des anime japonais en général, ceux de la narration, des personnages, et des épisodes, qui, pour beaucoup, sont des histoires dans l'histoire, et pas juste un fil rouge dans l'intrigue. C'est très lent, très philosophique, et très contemplatif, des qualités que l'on ne retrouve que très rarement dans ce genre.

Pour le carnet de consignation, je ne connaissais pas cet emploi professionnel, mais il me saute aux yeux maintenant. Je vais voir ce que je vais en faire. Vous étiez donc électricien ? C'était le domaine de mon père, il travaillait dans les bâtiments réacteurs des centrales nucléaires.

Merci pour vos remarques, une bonne journée !
Veuillez patienter, nous vous trahissons.

Hors ligne Astor

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Re : Malheureux qui, comme Ulysses...
« Réponse #7 le: 26 février 2021 à 20:45:23 »
Bonjour Mise Entropie

Les difficultés de procréation pour des femmes :  un sujet compatible avec ce que vous avez partagé ici me semble t il.

Je ne connaissais pas Ergo Proxy. La bande annonce donne une image positive de la série !

L'électricité faisait partie de mon domaine professionnel.  Je travaillais sur l'infrastructure ferroviaire et il était souvent utile de ne plus avoir de courant dans certaines installations, comme les caténaires (fils au-dessus des voies ferrées).

A plus !
La seule raison d'être d'un être, c'est d'être (Henri Laborit)

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Re : Malheureux qui, comme Ulysses...
« Réponse #8 le: 27 février 2021 à 11:58:10 »
Bonjour, j'ai trouvé ton texte agréable et intéressant.
Je me suis retrouvé dans cette situation où l'écriture remue trop de choses pour continuer,
au point de me dire que j'allais abandonner ce récit. Mais le cerveau n'abandonnait pas, lui.
Il continuait d'écrire tout seul, surtout le soir, ainsi qu'au réveil.
Alors j'ai repris le récit, pour arrêter cette écriture cérébrale, et faire passer mes pensées à d'autres choses.
J'ai retraversé larmes et colères, avec l’avantage d'avoir un bon sac de frappe dans mon salon...
jusqu'à enfin réussir à finir ce petit roman. Toutes les tensions se sont alors relâchées :
j'ai craqué et pleuré pendant bien dix minutes, puis je me suis applaudi, satisfait et soulagé.
J'ai célébré le tout avec une bonne bouteille de blanc.
C'est une expérience personnelle, je ne sais pas du coup si t’encourager à persévérer
te donnera le même résultat. Vas savoir...
Je me permets juste une petite remarque,
mais je crois que l'on écrit "Eh bien", et non "Et bien".
Je te laisse vérifier.
Bonne continuation.
 
« Modifié: 27 février 2021 à 12:07:28 par Stevius A »
Tranches de vie et carnets de voyages peu classiques sur fond d'écriture non policée...

Mon blog avec toutes les histoires : https://www.stevius.fr/

Hors ligne Mise Entropie

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Re : Malheureux qui, comme Ulysses...
« Réponse #9 le: 28 février 2021 à 01:32:04 »
Bonjour Stevius,

Oui, oui et encore oui en ce qui concerne la finalité. C'est ce résultat qui emporte tout au final, cette catharsis qui permet de trouver un peu de paix. C'est quelque chose que j'éprouve avec la prose,
mais le roman apporte des réponses parfois beaucoup plus claires et définitives. J'ai ressenti cela après avoir terminé mon seul et unique bouquin, qui est une autopsie funky de la gloire, du succès à outrance. Cela m'a permis de mettre en sourdine cette soif de reconnaissance.
Ce que tu dis est très vrai, j'ai longtemps cru que j'étais juste un gros fainéant, mais le processus d'écriture se fait souvent en "tache de fond", et il n'en reste que l'essentiel, par effet d'accumulation il me semble.
Je m'excuse, mais le "Et bien" dont tu parles m'échappe, c'est où ?
Merci de ton intérêt, ça fait toujours plaisir de voir que ça en suscite, ça participe un peu à l'envie de s'y remettre.
Veuillez patienter, nous vous trahissons.

Hors ligne Stevius A

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Re : Malheureux qui, comme Ulysses...
« Réponse #10 le: 28 février 2021 à 02:24:34 »
"Et bien, j'y ai un peu réfléchi"
"Et bien, c'est à peu ... je crois".
 ;)
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Re : Malheureux qui, comme Ulysses...
« Réponse #11 le: 28 février 2021 à 10:58:49 »
Bonjour Mise
J'ai lu et relu, j'aime beaucoup ce texte par ce qu'il exprime d'émotion et de sentiments. On ne sent pas la froideur que l'on devrait percevoir pour de IA. Les mots choisis, les expressions imagées, les métaphores m'ont séduite à cent pour cent. Je suis entrée dans ton imaginaire (qui est très attaché au réel) avec intérêt dès le début. L'écriture est joliment structurée (malgré quelques phrases un peu longues par-ci par-là).

Ceci dit, le pinaillage après relecture et m'être imprégnée du récit :


 
Citer
Grande, élancée, des cheveux blonds tombants autour d'un visage légèrement chevalin.
tombant

Citer
A la vérité,
À

Citer
Au moment où il perçoit cela, Ulysses est traversé par une variante, comme un express rompant le silence dans la nuit : “J'ai le pouvoir de déicider “.
:coeur:

Citer
•   Et bien, c'est à peu près tout je crois. Vous avez bien noté pour sa qualité de cheveux ?
Eh bien

Citer
•   Tout à fait : Blonds cendre et très fins, mais avec une grande densité d'implantation, vous voulez éviter l'effet “ crane de poupée “.
Blond cendré ou blonds cendrés ?

Citer
On dirait que plus je leur porte d'amour, plus cela se retourne contre moi;
espace avant le ;

Citer
Il repense au “ déicider “ de toute à l'heure.
Tout à l'heure

Citer
Il sourit. Ses mots sont sa famille. Dans sa onzième année, ses parents moururent en hospice, son père de vieillesse; peu après ce fut sa mère, de chagrin, sûrement.
espace avant le  ;

Citer
Mais il était déjà trop tard sur la question de la fertilité des hommes. En 2050, l'OMS déclarait que seulement vingt pour cent des mâles étaient des procréateurs. Les autres se sont vus progressivement affubler d'un sobriquet aussi court qu'efficace. Secs.
affublés

Citer
A l'écoute de cette phrase, les yeux de l'Entourage se voilent imperceptiblement pendant une poignée de secondes, comme sous l'effet de quelque épuisant calcul.
À

Citer
A seulement 31 ans, il pouvait s'enorgueillir d'être à l'origine de 1300 naissances.
À

Citer
Cela faisait un moment qu'il ne l'avait pas mise en route, mais ce soir il a besoin de se rappeler qu'un jour, quelqu'un l'avait aimé.
Cela fait un moment qu'il ne l'a pas mise en route (je n'aurais pas mis au passé)

Citer
Car le passé pensait que cela serait pour toujours, que ce moment n'était qu'une répétition de la vie à venir. Elle le regarde et joint leur deux sourires d'un baiser tout en langueur et tendresses.
tendresse

Citer
Celles qui n'éprouvent que de l'amitié ou de l'indifférence  pour lui.
un espace en trop après indifférence.

Citer
Durant deux ans, il y avait consigné tout ce qu'ils vivaient, le pire comme le meilleur. Tout ce qui le traversait d'émotions, de peurs, de béatitudes et d'incompréhensions.
j'aurais mis l'énumération au singulier, sauf peurs peut-être.

Citer
Il relit tout cela afin de se persuader que ça a bien existé.
Cela et ça...

Citer
Revivre cet amour en accéléré. Arrivé à la fin du carnet, il sent son estomac gronder mais la seule chose dont il veut se nourrir est cette certitude d'avoir aimé et vice-versa.
se nourrir est de cette certitude

Bien après ces quelques broutilles, deux ou trois remarques générales.
- Cela revient très souvent, certains pourraient être évités
- l'accent sur le A majuscule (je n'ai pas tout relevé)
- des tirets cadratins (—) à la place des points dans les dialogues
- il manque les espaces avant les points-virgules (je n'ai pas tout relevé non plus)
- une virgule placée avant le Et de liaison, c'est soit l'un soit l'autre mais rarement les deux (sauf quand les idées sont différentes. J'ai vu aussi des Et en début de phrase, je ne suis pas très fan de ça, je mettrais le Et et pas de point, ou un point sans le Et.

Sinon, j'ai passé un excellent moment à te lire et je viendrai pour la suite. Ne te décourage pas, ton écriture est très belle, imagée et j'aime beaucoup, vraiment !

À bientôt pour la suite.

 ;) ;) ;)



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Re : Malheureux qui, comme Ulysses...
« Réponse #12 le: 28 février 2021 à 13:05:22 »
@Stevius,

Ah oui en effet ! Merci. Et ton roman c'est quoi ? Son thème principal ? Je suis curieux.

@Claudius,

Bonjour et merci beaucoup pour cette correction assidue (Certainement pas du pinaillage) et ces avis. Vraiment, ça me touche beaucoup.
J'ai commencé ce texte sur un logiciel dont le nom ne me revient plus mais qui n'était pas très ergonomique, d'où les points à la place des tirets dans les dialogues. ^^
Pour les redondances, c'est quelque chose que je traque et essaie d'éviter au maximum, mais celles-ci m'auront échappé. Je me pencherai là-dessus le moment venu.
J'ai écrit la tête dans le guidon, et je vais continuer parce que j'ai peur que les idées s'évaporent, la manucure attendra un peu. ^^

Une belle journée !

Veuillez patienter, nous vous trahissons.

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Re : Re : Malheureux qui, comme Ulysses...
« Réponse #13 le: 07 mars 2021 à 12:11:17 »
@Stevius,

Ah oui en effet ! Merci. Et ton roman c'est quoi ? Son thème principal ? Je suis curieux.

« Modifié: 07 mars 2021 à 12:14:51 par Stevius A »
Tranches de vie et carnets de voyages peu classiques sur fond d'écriture non policée...

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Re : Re : Re : Malheureux qui, comme Ulysses...
« Réponse #14 le: 07 mars 2021 à 12:12:07 »
Eh bien c'est une sale histoire que j'ai transformée en fiction afin de réussir à l'écrire ; un peu comme toi.
J'ai choisi le polar, par contre. Un polar dans lequel je massacre plusieurs conards, ça m'a fait du bien,
et au cœur duquel je dévoile ce qui s'est réellement passé.
J'ai envoyé le manuscrit à une dizaine d'éditeurs, qui me le renvoient poliment un par un.
"Ma chanson leur a pas plus, n'en parlons plus"  ;)
[/quote]
« Modifié: 07 mars 2021 à 12:15:04 par Stevius A »
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