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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le strapontin

Auteur Sujet: Le strapontin  (Lu 10111 fois)

Hors ligne arwen

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Le strapontin
« le: 14 Novembre 2010 à 12:03:42 »
Je me relance dans l'exercice de la nouvelle... Je préviens le sujet est dur et plutôt sensible...




Le strapontin


Il existe des rencontres qu’il faudrait savoir éviter.
Assis sur son strapontin au milieu de la rame du RER A, Salih en est persuadé, tandis qu’il serre ses genoux, coincé par la foule innombrable des travailleurs du matin. Coincé par cet homme en costume à sa gauche, par cette femme obèse à sa droite et celle-ci, élégante dans son tailleur, mais au parfum agressif, qui lui présente ses fesses à hauteur des yeux. Avec un peu d’imagination, il peut deviner la marque du string sous le tissu léger de sa robe.
Assis sur son strapontin, il se laisse bercer par le ronronnement de la machine qui le transporte à toute vitesse dans les boyaux du métro parisien. Ses paupières se ferment. L’obscurité succède aux lueurs violentes des stations sous leur rideau rosé.
Il s’est levé tôt, il est fatigué.
Il frissonne. Malgré la chaleur lourde et poisseuse de la rame bondée, il a froid. Il glisse ses mains, glacées, entre ses cuisses. Un geste qu’il a souvent eu ces dernières semaines. Très souvent. Notamment un soir d’automne…

Oui, il était des personnes qu’il valait mieux éviter de rencontrer. C’était certain… Il n’aurait jamais dû monter dans cette voiture, rencontrer ce Tarek.
Mais il pleuvait. Une de ces pluies étranges qui vous donne l’impression que la mer vous tombe sur la tête. Une pluie au goût salé qui n’épargne aucun centimètre carré de peau ou de vêtement.
D’ordinaire, Salih rentrait à pied, le long de la nationale. Sans trop de gêne. Juste quelques kilomètres à parcourir jusqu’au centre-ville, pour rejoindre ce squat partagé par d’autres réfugiés qui, comme lui, tentaient, le soir venu, de grimper dans ces camions, direction l’Angleterre. Pourquoi l’Angleterre ? Un cousin, un frère les y attendaient… Et puis, sans doute la vie y serait plus facile qu’ici. Et peu parlaient français ; Salih était un des rares à avoir appris, rapidement, les rudiments de la langue.
Tous les soirs donc, il s’infligeait cette longue marche, après un nouvel échec. Contrairement à certains adolescents, il se montrait prudent et prenait garde aux camions frigorifiques. Il avait entendu parler de personnes mortes dans ces chambres froides ambulantes.
Il n’était arrivé là que depuis quelques semaines, épuisé par un long voyage clandestin à travers les pays méditerranéens, puis l’Europe. Marcher dix kilomètres tous les soirs n’était rien à côté de ces épreuves. Cela lui vidait la tête. Même si sa tennis droite trouée prenait l’eau et, à chaque pas, produisait un splash, splash agaçant.
Mais cette nuit, il ne sentait plus ses orteils glacés, et marcher devenait douloureux. Il s’était résigné à faire du stop. À une heure du matin, et par ce temps, les véhicules étaient rares sur la nationale. Et les deux ou trois voitures qu’il avait croisées l’avaient dépassé sans même ralentir l’allure. Qui voudrait prendre avec soi un inconnu basané trempé jusqu’aux os, un de ces migrants sales et voleurs ?
Salih s’était arrêté sur le bas-côté de la route pour éternuer. Il grelottait. L’eau dégoulinait sur sa nuque et il ne se sentait plus la force d’avancer, juste celle d’abandonner cette lutte pour sa survie quotidienne, lorsque cette berline grise s’était arrêtée, inespérée, miraculeuse, à sa hauteur. Il n’avait pas aussitôt réagi devant ce mirage, puis avait trébuché jusqu’à la portière avant droite qu’une main bronzée ouvrait.
« Monte, mon frère ! »

Une secousse du RER plus violente que les précédentes le réveille et l’extirpe de ses souvenirs. Il s’étire sur le strapontin, dur sous ses fesses, contre la paroi de plastique dans son dos, tout aussi dure. Les sièges en cuir de la berline étaient bien plus confortables, se souvient-il ; il avait même hésité à s’y installer, trempé et sale comme il était. Tarek avait insisté.
Son estomac vide gronde. Il n’a rien mangé ce matin avant de partir. Pourtant, il aurait pu s’offrir le luxe d’un copieux petit-déjeuner, mais il n’avait pas eu d’appétit pour la première fois depuis longtemps.

Il n’avait pas réagi lorsque Tarek avait dépassé la sortie qui annonçait le centre-ville. Non seulement il avait froid, les doigts coincés entre ses cuisses, mais il avait faim et les objets ondulaient un peu devant ses yeux fatigués. Il n’avait pas mangé depuis deux jours… Et encore, avait-ce été une soupe bien peu consistante, glanée auprès d’une association.
Tarek s’était engagé sur l’autoroute, en direction de Paris, sans qu’il ne proteste, avant de s’arrêter sur une halte de repos. Il lui avait payé un repas chaud : des frites et un steak. Pas halal, mais il s’en fichait, non ? Du moment que cette viande remplissait son ventre, redonnait vie à ses muscles affaiblis ? Grelottant encore, il avait remercié cet étrange bienfaiteur dans un murmure enroué. Tarek avait allumé une cigarette, avait souri et, après quelques paroles badines lui avait proposé cet emploi…
Fatigué, amadoué par cette générosité tombée du ciel, il avait accepté sans trop se poser de questions.

Assis sur son strapontin, Salih est en sueur et grelotte à nouveau, comme s’il était pris d’une fièvre violente. Il garde les yeux mi-clos et dévisage ses voisins. Il en a assez des fesses rebondies de cette quadragénaire et de son parfum entêtant qui lui donne la migraine. Il se sent irritable. Il n’a rien contre ces gens, particulièrement. Non. Il se sent juste invisible, comme sur cette nationale sous le déluge. Eux au chaud dans leur voiture, lui sur le bas-côté avec sa tennis trouée qui faisait splash, splash. Eux manifestant pour leur retraite, lui luttant pour sa survie quotidienne… Eux Français, lui Irakien.
Cela fait trois mois qu’il a quitté l’Irak. Seulement trois mois. Lorsqu’il y réfléchit, il ne sait pas trop bien comment il a tenu aussi longtemps dans son pays en guerre. Comment il a tenu sous les bombes, sous les attentats, devant les check-points américains…
Oh si, il le sait.
Grâce à Nawel. Grâce à son sourire. Grâce à ses longs cheveux noirs qui lui tombaient sur la poitrine et cachaient ses seins lorsqu’ils faisaient l’amour durant l’été caniculaire de Bagdad.
Nawel qu’il a épousée alors qu’il n’avait que vingt ans, qui lui a donné deux enfants. Il sourit à l’évocation de ces noces. Il n’a jamais fait l’amour qu’à une seule femme. Ses frères et cousins s’étaient moqués de lui lorsqu’il leur avait avoué son inexpérience en la matière la veille de son mariage.
Nawel et son rire. Aujourd’hui morts.
Son sourire s’efface et son regard se fait un peu plus dur sur ses compagnons de voyage. Ces gens ont peur d’un voile musulman dans une école, mais préfèrent ignorer qu’une jeune femme est morte à cause de leur guerre.
Oh, Salih se souvient bien du discours d’un ministre français à l’ONU, il se souvient aussi que les militaires à Bagdad parlaient anglais ou américain, avec cet accent nasal insupportable, et non pas français. De ce pays, la France, il en avait une belle image, déchirée aujourd’hui… Mais peu importe. Fatigué, il n’y réfléchit plus.
Avant cette guerre, Nawel  pouvait sortir dans la rue, non voilée, sans danger. Depuis, il l’enjoignait à se montrer prudente, mais en ce premier jour d’été, elle avait encore oublié le bout de tissu. Il faisait trop beau sur Bagdad et puis, elle était si jolie les cheveux détachés.
Un oubli de trop.
Nawel n’était jamais rentrée à la maison. Son corps avait été retrouvé deux jours plus tard : violé, mutilé, poignardé. Elle portait son troisième enfant. Salih avait décidé de partir ce jour-là, devant les larmes inconsolables de son fils. Il n’avait pas pu amener Tariq avec lui dans ce long et dangereux voyage. Il avait confié le garçonnet de sept ans à sa belle-famille, avec la promesse de se revoir bientôt.

Sur son strapontin, Salih a les yeux qui brillent alors qu’il songe à son aîné. Aucun des passagers ne lui prête attention. Ils ignorent tous également que la petite sœur de Tariq est morte de la rougeole, deux ans plus tôt. Ils craignent les effets secondaires d’un vaccin, lui il a vu sa fille de trois ans convulser avant de mourir… il a vu son épouse pleurer durant des jours. Et il a serré les poings, d’impuissance.
Assis sur son strapontin, Salih ne serre plus les poings, son pouce caresse un petit objet en plastique, d’un geste absent. Les stations défilent et la rame se remplit un peu plus. Une jeune femme monte à son tour. Il la regarde : elle est jolie. Blonde aux yeux bleus. Il a toujours trouvé fascinants les yeux clairs des Occidentales. Nawel avait de grands yeux noirs magnifiques, mais ces yeux bleus le transpercent. Elle est la seule à le regarder, à le voir. Elle a un petit sourire et ce geste qu’il connaît bien : la main sur le ventre. Il ne devine qu’un petit rebond, mais comprend aussitôt que cette femme est enceinte.
Personne ne se lève pour lui laisser une place assise.
Lui non plus. Il ne peut pas. Mais il lui rend son sourire.

Il a passé ces derniers jours à l’hôtel. Il n’a pas revu Tarek.
Hier soir, une autre femme aux yeux clairs l’attendait dans son lit. Mini-jupe, collants de résille noir, bustier provocant et maquillage un peu outrancier : une putain. Mais elle avait de jolis yeux, alors il ne l’avait pas chassée.
La jeune femme, au prénom aux consonances russes qu’il avait aussitôt oublié, l’avait déshabillé, s’était défaite de ses atours. Elle avait une jolie peau, très pâle, mais elle avait eu beau déployer toute son énergie pour l’exciter, elle n’était parvenue à rien.
Salih s’était dégagé et lui avait demandé d’arrêter. Il s’était excusé, penaud, avant de la mettre à la porte. À vingt-huit ans, le spectacle qui lui avait été offert, sans doute par Tarek, aurait dû lui faire au moins un peu d’effet. Mais il n’avait jamais désiré qu’une seule femme. Et alors qu’il contemplait les courbes féminines, il revoyait la dépouille mortelle de son épouse, défigurée à coups de rasoir, le sexe ensanglanté…

Assis sur son strapontin, Salih s’étire et bâille. Il n’a pas dormi de la nuit. Éveillé, il a attendu les premières lueurs du jour. Seul. Et il s’est préparé. Lentement. Avec méthode.
La jeune femme blonde et enceinte le regarde toujours. Elle est la seule à le voir, à s’apercevoir que quelque chose ne va pas chez cet individu assis au milieu de la rame de RER. Elle se tient à une barre métallique et tente certainement d’oublier la main de ce cadre fringant qui caresse sa croupe. Salih la regarde et frissonne. Il essaie de s’imaginer sa vie. Est-elle mariée ? Il n’aperçoit aucune alliance à ses mains. Est-ce son premier enfant ? Elle semble rayonner de bonheur. Sans doute est-ce le premier. Il se souvient de Nawel, fière de son début de grossesse, trois mois après leur nuit de noces. Heureuse. Malgré la guerre, malgré les bombes.
Une nouvelle station approche. Salih jette un regard anxieux au nom étranger et retient un énième frisson. Une voix féminine annonce l’arrêt tout proche. Et il s’entend murmurer à l’adresse de cette inconnue.
« Descendez. »
Elle l’entend. Elle est la seule. Tant pis pour les autres. Son regard bleu l’interroge, inquiet. Il hoche la tête, mais ne répète pas le conseil ; à elle de saisir la chance au vol, de l’écouter. Pour une fois. Les lèvres peintes d’une touche de rose délicat tremblent un peu. Il comprend. Son regard se durcit et confirme l’ordre, en silence.
La rame de métro s’arrête. Elle hésite. D’autres candidats tentent de monter et protestent : il n’y a plus de place. Elle se décide, lâche la barre métallique, se fraie un chemin au milieu de cette foule qui se transforme en obstacle mortel. Le cadre qui lui pelotait les fesses grogne son mécontentement. Sa voisine et son parfum insupportable poussent un petit cri aigu. Mais la femme blonde se faufile dehors et les portes se referment. Deux malchanceux ont décidé de grimper à la faveur de cet abandon inopiné.

Assis sur son strapontin, Salih soupire et ferme les yeux. Il se souvient des ordres et tente de calmer sa respiration, ses battements cardiaques. L’homme qui lui a fourni le matériel et lui en a expliqué le fonctionnement a ricané lorsqu’il lui a posé cette question, naïve :
« Ça fait quoi une bombe qui vous explose autour du ventre ? »
Son doigt caresse le détonateur en plastique dans sa poche.
Les journaux diront certainement qu’un terroriste s’est fait exploser ce matin, gare Montparnasse. Dans un attentat revendiqué par un groupe islamiste. Il ne sera pas là pour leur expliquer qu’il se fout éperdument d’Allah et des  cinq mille vierges promises aux kamikazes. Il n’a jamais voulu qu’une seule femme. Et celle-ci est morte.
Il veut juste faire sortir son fils de ce pays.
Les dix mille dollars promis y suffiront amplement.
Oui, il existe des rencontres que l’on devrait savoir éviter.
Il aurait dû éviter de croiser ce Tarek. Peut-être…
Si seulement une autre voiture s’était arrêtée… Si seulement ces personnes, autour de lui, avaient croisé son regard, comme cette femme…
Peut-être auraient-ils compris ce qu’un homme ressent lorsqu’il perd son épouse, sa fille de mort violente ou injuste…
Peut-être que son fils pourra un jour leur expliquer. Peut-être l’écouteront-ils. Peut-être y aura-t-il plus qu’une seule femme, jolie et enceinte, à l’écouter.
Il l’espère.
Son pouce appuie sur le détonateur.




« Modifié: 06 Décembre 2010 à 12:21:11 par arwen »

Hors ligne Loïc

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Re : Des rencontres à éviter
« Réponse #1 le: 14 Novembre 2010 à 12:43:55 »
Citer
à se droite

Faute de frappe ;)

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Qui voudrait prendre avec lui un inconnu

"Avec soi", peut être?

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Une secousse du RER plus violent

Violente, je suppose :)

Sinon...punaise.
Le début m'a happé, c'est peu de le dire, après quelques lignes, impossible de ne pas continuer, malgré le mal que j'ai d'habitude de lire un texte sur un ordinateur, bref, c'est un très beau texte, je trouve, j'ai donc bien aimé, je pense que ça se fait assez sentir.
"We think you're dumb and we hate you too"
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Re : Des rencontres à éviter
« Réponse #2 le: 14 Novembre 2010 à 13:22:09 »
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Salih s’était résigné à faire du stop. Mais à une heure du matin, et par ce temps, les véhicules étaient rares sur la nationale. Et les deux ou trois voitures qu’il avait croisées l’avaient dépassé sans même ralentir l’allure. Qui voudrait prendre avec lui un inconnu basané trempé jusqu’aux os, un de ces migrants sales et voleurs ?
Oui m'enfin bon, faut pas non plus être parano, rares sont les voitures qui s'arrêtent pour prendre un auto stoppeur, qu'il soit immigré, français, touriste ou je ne sais quoi... Et à une heure du matin c'est même pas sûr qu'ils le voient  :huhu:. Non mais c'est pas vraiment une critique, mais juste pour dire que tout le monde n'est pas forcément immigrophobe...

Sinon, ça m'a fait penser aux autres textes que j'ai lu de toi. C'est bien écrit, le sujet est, hélas, d'actualité, et, bah... voilà. :huhu: J'ai aimé.
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
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Re : Des rencontres à éviter
« Réponse #3 le: 14 Novembre 2010 à 13:24:31 »
merci à vous deux
Ambriel, c'est le point de vue du personnage qui s 'exprime là : épuisé, au bout du rouleau.  Même si ça te parait parano.

Hors ligne Mogdhorel

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Re : Des rencontres à éviter
« Réponse #4 le: 16 Novembre 2010 à 03:22:18 »
Je ne vais pas faire (pour l'instant en tout cas) un commentaire détaillé de ton oeuvre.

Je souhaitais juste sortir de l'anonymat de lecteur pour te dire que ton texte est prenant, bien écrit et bien maitrisé. Il véhicule des émotions assez fortes, presque dérangeantes. Un peu comme lorsqu'on regarde un documentaire à thématique violente et qu'on réalise toute l'horreur d'une scène.
Vous commencez par un mot, puis un autre, puis vous écrivez une phrase et vous vous rendez compte qu'il n'y a aucune limite, que tout est possible.

Hors ligne arwen

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Re : Des rencontres à éviter
« Réponse #5 le: 16 Novembre 2010 à 14:08:05 »
merci à toi, j'ai modifié un poil la fin... juste une phrase, mais c'est important.

Hors ligne ernya

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Re : Des rencontres à éviter
« Réponse #6 le: 16 Novembre 2010 à 14:53:35 »

J'aime pas le titre, je le trouve trop journalistique :mrgreen:

 
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Coincé par cet homme en costume à sa gauche, par cette femme obèse à sa droite et celle-ci, élégante dans son tailleur, mais au parfum agressif, qui lui présente ses fesses à hauteur des yeux.
je trouve le "et celle-ci" un peu maladroit pour faire intervenir la 3e personne, enfin un petit peur lourd



Citer
Une pluie au goût salé qui n’épargne aucun centimètre carré de peau ou de vêtement.
il faut que tu m'expliques cette idée du goût salé

Citer
Peut-être que son fils pourra un jour leur expliquer.
difficile quand même...

C'est... flippant, XD.
Je peux pas dire que j'ai aimé, le sujet est trop dérangeant. C'est pas mal écrit, c'est sûr.
Peut-être que t'aurais pu nous donner plus de justifications, les menaces qui devaient peser sur lui... pour nous montrer un homme empêtré jusqu'au bout. Parce que finalement, je trouve pas que ce sacrifice valait le coup. Donc je trouve ça juste affreux.
Maintenant tu peux aussi vouloir vraiment resserrer la narration sur cet homme et pas trop faire de remarques extérieures, sauf que je sens quand même vachement arwen (et non le personnage) sous certaines remarques, et ça me gêne un peu parce que je déteste les textes "engagés", mais là pour le coup, tu l'évites quand même, ce sont justes des petites remarques par-ci par-là.
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne arwen

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Re : Des rencontres à éviter
« Réponse #7 le: 16 Novembre 2010 à 16:16:50 »
Merci ernya,

pour la pluie au gout salé, faut habiter sur la côte bretonne, je crois, pour comprendre !  :mrgreen:

C'est marrant, j'ai eu une critique à l'inverse de la tienne, trop de justifications...
Mais si, c'est un texte engagé, y'a pas de souci, j'assume et je comprends aussi tout à fait que ça puisse déranger...

Encore merci de ta lecture !

Hors ligne Zephyr

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Des rencontres à éviter
« Réponse #8 le: 17 Novembre 2010 à 15:20:41 »
Je n'ai pas de remarque à faire précisément sur le texte, c'est plus dans l'ensemble.

C'est pas mauvais, dans le sens où c'est quand même relativement bien écrit.
Mais j'ai pas trop accroché à l'histoire et au personnage. Je trouve que c'est très brutal comme fin, dans le sens où, comme ernya, je trouve que c'est pas assez justifié. Le thème ne me pose aucun problème (même si personnellement j'aurai vu ça autrement, mais là, ça ne fait rien avancer), mais il manque quelque chose. Je sens que tu veux qu'on ai un peu d'empathie pour le personnage, mais moi je l'ai pas eu. Désolé.

Mais, je le répète, au niveau du style, ça me va plutôt bien.
Si j'écris quelque fois, je n'écris point d'ardeur,
J'écris naïvement tout ce qu'au cœur me touche,
Soit de bien, soit de mal, comme il vient à la bouche,
En un style aussi lent que lente est ma froideur.

Joachim du Bellay, Les Regrets, « 21 »

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Re : Des rencontres à éviter
« Réponse #9 le: 17 Novembre 2010 à 18:19:31 »
Hum, franchement  à part une bombe nucléaire, j'vois pas ce que je peux faire de plus concernant le personnage et l'empathie qu'il peut susciter... Ce gars a tout perdu et c'est pas assez justifié ? hum...  :o
Je crois plutot que, globalement - je ne parle pas de toi en particulier Zéphyr - le sujet dérange... enfin pas que le sujet, toute la réflexion autour.
Ce que je comprends.
Merci.
« Modifié: 17 Novembre 2010 à 19:19:24 par arwen »

Hors ligne Mogdhorel

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Re : Des rencontres à éviter
« Réponse #10 le: 17 Novembre 2010 à 19:20:31 »
En passant, qu'est-ce qui peut justifier de tuer un nombre important d'innocents qui ne font que vaquer à leurs occupations ?
 J'ai beau chercher, je vois pas...  :huhu:
Vous commencez par un mot, puis un autre, puis vous écrivez une phrase et vous vous rendez compte qu'il n'y a aucune limite, que tout est possible.

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Re : Des rencontres à éviter
« Réponse #11 le: 17 Novembre 2010 à 19:24:51 »
Pas que vaquer, qui ignorent les horreurs autour d'eux et s'en font quelque part complices en disant "je ne savais pas", pour simplifier à outrance...
d'où le fait que la seule qui le voit, soit la seule à s'en sortir...

D'où votre malaise, je crois... dans qui vous reconnaissez vous ? les gens qui détournent le regard ou celle qui affronte la réalité et la voit ?

C'est sans doute brutal, dit comme ça... mais beaucoup moins que ce que vivent des millions de gens vivant  à quelques heures d'avion de chez nous.
Je ne dis pas que le terrorisme est une solution défendable, surement pas. Salih lui même le dit : il n'aurait pas dû croiser cet individu...
Je dis que vues les horreurs que l'on fait vivre à des peuples entiers, faut pas s'étonner que ça nous retombe dessus...

Et pour finir, juste une question : qu'est ce qui peut justifier que des gamins meurent faute de vaccins dans le monde ? que des enfants meurent parce qu'on a décidé de renvoyer un pays  50 ans en arrière en lui faisant la guerre ?

« Modifié: 17 Novembre 2010 à 19:36:56 par arwen »

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Re : Des rencontres à éviter
« Réponse #12 le: 17 Novembre 2010 à 19:37:33 »
Tiens, intéressant, je sens que ce texte va susciter un vif débat.  :) (n'était-ce pas le but ?)

Le problème pour moi, c'est que tuer des "innocents" (qui n'en sont pas vraiment selon toi), c'est se mettre au niveau des gens qui font et défont des guerres pour des histoires de fric. La solution est-elle là ? Tuer pour venger ?

Bien sûr, tout ceci n'enlève rien aux horreurs que vivent des millions de gens à travers le monde, j'en suis conscient. Mais la violence ne résout rien (bien qu'utilisée à outrance, cette phrase reste juste amha).

EDIT : Néanmoins, si j'avais vécu de telles atrocités, je crois que j'oublierais fort rapidement tous mes principes pour ne penser qu'à me venger, c'est là tout le paradoxe qui m'habite.
« Modifié: 17 Novembre 2010 à 19:41:27 par Mogdhorel »
Vous commencez par un mot, puis un autre, puis vous écrivez une phrase et vous vous rendez compte qu'il n'y a aucune limite, que tout est possible.

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Re : Des rencontres à éviter
« Réponse #13 le: 17 Novembre 2010 à 19:42:29 »
Relis le texte : il n'est dit nulle part que c'est la solution ! Au contraire.

Et t'as vraiment pas compris  : il ne fait pas ça pour se venger ! C'est absolument dit nulle part... S'il était animé par la vengeance, il ne permettrait pas à la femme enceinte de s'en tirer ! Il la condamnerait aussi : vivez l'horreur que j'ai vécu ! Ce serait le summum de la vengeance ! Mais au contraire, il la sauve !
Quant à ses réflexions sur ses voisins, c'est juste l'expression de deux mondes qui ne se rencontrent pas, ne se parlent pas... Avec deux moteurs différents dans la vie...

C'est juste le désespoir qui le mène à cette issue... aucune autre raison. Ni politique, ni religieuse, ni de vengeance...
Il est suicidaire, mais il a un fils et y'a que cette voiture à s'arrêter sur le bas-coté. voilà...

Et là, si  y'a des gens qui ne savent pas à quoi peut mener le désespoir d'un être humain, j'y peux rien...
« Modifié: 17 Novembre 2010 à 19:49:31 par arwen »

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Re : Des rencontres à éviter
« Réponse #14 le: 17 Novembre 2010 à 19:58:42 »
Selon moi, il la sauve parce-qu'elle a su le regarder, voir sa détresse (par analogie, la détresse des gens qui souffrent des guerres de part le monde), et il condamne les autres pour leur ignorance.

Il fait un CHOIX, il décide de qui va vivre et de qui va mourir. Il punit les ignorants et sauve ceux (celle) qui ouvrent leurs yeux.

Citer
Pas que vaquer, qui ignorent les horreurs autour d'eux et s'en font quelque part complices en disant "je ne savais pas", pour simplifier à outrance...
d'où le fait que la seule qui le voit, soit la seule à s'en sortir...
Il tue les complices des atrocités, et sauve les vrais innocents...De là, il ne tient plus qu'à un fil de parler de vengeance...

M'enfin c'est mon point de vue, qui,  à ce propos, ne se veut pas agressif du tout. C'est juste une interprétation parmi d'autres...


Vous commencez par un mot, puis un autre, puis vous écrivez une phrase et vous vous rendez compte qu'il n'y a aucune limite, que tout est possible.

 


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