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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L'énergie de vie

Auteur Sujet: L'énergie de vie  (Lu 1972 fois)

Hors ligne Mathieu

  • Calligraphe
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L'énergie de vie
« le: 24 Novembre 2020 à 20:58:53 »
"L'énergie de vie" est une nouvelle qui peut tout à fait se lire de façon indépendante.
Elle s'inscrit cependant dans une série de textes centrée sur trois personnages centraux : Philippe, Gilles et Sylvain.
Episode 1 :à l'amitié

Tous les commentaires sont les bienvenus sur cette série qui me tient particulièrement à coeur.
Pour information, 5 "épisodes" sont déjà écrits, le 6ème est en cours.



-   Tu aurais dû annuler, Philippe. Crois-tu vraiment que nous l’aurions mal pris ?
-   Non, Sylvain, ce n’est pas ça. Après tout nous sommes amis n’est-ce pas ?
-   Bien sûr. Evidemment, voyons !
-   A la fois ça tombe mal que notre soirée avec Gilles soit prévu ce soir, et chez moi de surcroit, mais en même temps… Cela peut me faire du bien de vous voir.
-   Dans ce cas, c’est différent. Mais surtout, n’hésite pas à nous déloger dès que l’envie t’en prendra. Nous sommes des gens civilisés –enfin, en tout cas, je me considère comme tel. Pour Gilles, c’est à voir… Nous n’en avons pour le moment aucune preuve formelle…
-   Certes. S’il l’était effectivement, il aurait la décence d’arriver à l’heure !

Philippe esquissa un quart de sourire. Houspiller Gilles était devenu avec le temps une habitude bien ancrée entre Sylvain et lui. Cela serait encore plus drôle si l’intéressé était arrivé, mais rien n’interdisait un petit échauffement. Cependant, aujourd’hui, le cœur n’y était pas et il sentait bien qu’il avait répondu plus par automatisme que par envie. Ses pensées avaient du mal à se fixer sur des futilités. Et tellement de choses lui semblaient futiles. Sylvain lui toucha doucement le coude

-   Hum ? Oh, excuse-moi. Tu m’as parlé et je n’ai pas réagi, n’est-ce pas ?
-   Ce n’est pas grave, Philippe. Je me demandais juste si tu avais prévu quelque chose à grignoter. Dans le cas contraire, je peux m’en occuper, je connais un bon traiteur qui livre rapidement.
-   Bon sang, je manque à tous mes devoirs d’hôte. Mais sincèrement, oui, je veux bien que tu nous commandes quelque chose. Je règlerai la note, bien sûr, mais là, je n’ai pas le courage de m’en occuper. Ce que je vais faire par contre, c’est aller à la cave nous chercher une bouteille de vin. Ça, c’est dans mes cordes.

La sonnette retentit alors que Philippe hésitait encore un Pouilly fumé et un Sancerre. Sylvain alla ouvrir.

-   Ah ! Sylvain ! Tu as été embauché comme groom ? Dans ce cas, il te manque l’uniforme ! Le petit calot t’irait à ravir, sais-tu ?
-   Bien le bonsoir Gilles. Qu’as-tu inventé cette fois-ci pour justifier ton retard ? Tu as percuté un sanglier ? Tu es tombé en panne d’essence ?
-   Rien de tout ça ! Figure-toi que je suis parfaitement  l’heure ! Mais où est notre hôte ?
-   A la cave, il nous choisit une bouteille. J’en profite d’ailleurs pour te dire : Philippe a été informé il y a quelques heures de la mort d’un de ses amis. Il est très touché mais n’a pas souhaité annuler.
-   Mince ! Et qui était-ce ?
-   Il ne m’a pas dit son nom mais je ne pense pas que nous le connaissions.
-   Un ami de Philippe que nous ne connaitrions pas ? Voilà qui est surprenant !
-   C’est vrai. Cela m’a étonné moi aussi. Mais je l’entends qui remonte de la cave. Entre donc Gilles, à ton âge, ce n’est pas prudent de rester dans les courants d’air.

Après avoir foudroyé Sylvain du regard, Gilles se dirigea d’un pas vif à l’encontre de Philippe et le saisit par les épaules avant même de le saluer. C’était touchant de les voir ainsi, Gilles tout en angle, en nerf et en vitalité, fixant de son regard bleu perçant un Philippe sans énergie. D’habitude jovial et heureux de son sort, il dégageait ce soir-là une profonde tristesse, un abattement, que son physique bonhomme – léger embonpoint, calvitie naissante – rendait presque pitoyable.

-   Toutes mes condoléances, Philippe.
-   Merci Gilles. C’est gentil. Cependant, je n’ai pas envie que ce décès plombe la soirée. Parlons d’autres choses si vous le voulez bien.
-   Comme tu voudras.
-   Oui, ce sera le mieux. L’émotion risque de m’emporter. c’est trop frais pour le moment…

Les yeux de Philippe devinrent subitement flous. Il soupira discrètement, avec un mouvement d’épaule avant de se secouer :

-   En parlant de frais, vous préférez le Sancerre ou le Pouilly fumé, je n’ai même pas réussi à me décider…
-   Je vote pour le Sancerre ! Gilles, j’en suis sûr,  s’occupera du côté « fumé » avec ses horribles petits cigares !
-   Attaque vil et gratuite, cher Sylvain, d’une bassesse qui ne te grandit pas. Mais soit, allons-y pour le Sancerre et je vais effectivement m’allumer un cigare. Na !

Les trois amis s’installèrent sur le canapé d’angle. Alors que Gilles déroulait son cérémonial de fumeur – tâter sa poche intérieur droite, puis la gauche, extirper la boîte métallique, se relever, chercher un briquet du bout des doigts dans la poche de son pantalon, se rassoir, se relever aussitôt, aller chercher un cendrier au fond de la pièce, sortir un cigare de la boîte, le remettre, en prendre un autre, … - Philippe ouvrait la bouteille et en servait trois verres généreux qu’il déposa sur la table basse. Sentant que personne ne poserait la question rituelle, il le fit lui-même, du ton le plus léger qu’il réussit à prendre :

-   Alors ? A quoi allons-nous trinquer ?
-   Ma foi… Dans ces conditions, c’est assez difficile… Sylvain ? Une idée ?
-   J’ai bien une idée, et même un semblant d’histoire qui va avec, mais je me demande si elle est bien appropriée.
-   Il y a-t-il des trépas dans ton histoire ? Si c’est le cas, tu pourrais t’abstenir …
-   Il y a en a un Gilles, en effet, mais au final, il s’agit plutôt d’une ode à la vie, ou plutôt une ode à l’« énergie de vie ».
-   Tu fais aussi dans le concept fumeux ? Je pensais que c’était la spécialité de Philippe !
-   Ne te laisse pas impressionner par ce vieil hibou, Sylvain et raconte nous donc ton histoire. En tant qu’hôte, j’ai le pouvoir de décision ! Nous allons donc trinquer à l’« énergie de vie », c’est tout à fait ce qu’il me faut !

Sur ce, le traiteur sonna à la porte, Philippe s’en chargea pendant que Gilles fumait, confortablement installé sur le canapé en cuir. Sylvain se leva souplement et vint se placer devant la baie vitrée où il contempla sans y penser le jardin soigneusement entretenu. Comme à l’accoutumée, flegme et élégance se dégageait de sa silhouette élancée, mais aujourd’hui, une inhabituelle ride de concentration lui barrait le front. Sylvain était le cadet du trio. Il était aussi celui qui parlait le moins, réservant généralement sa parole tantôt à des remarques pince sans rire dont il avait le secret, tantôt à des analyses pertinentes qui faisait monter d’un cran la hauteur des débats. S’il avait pris sur lui ce soir de raconter son histoire, c’est uniquement parce qu’il sentait qu’elle pourrait aider Philippe à surmonter sa peine.

« Vous allez certainement être déçu : mon histoire est simple, presque ordinaire et je crains de plus que mon talent de conteur ne soit pas à la hauteur. Mais qu’importe, je ne vous prendrai pas beaucoup de temps. Je veux avant tout préciser qu’il ne s’agit pas de quelque chose que j’ai vécu personnellement, mais qu’on m’a rapporté.
Il s’agit de l’histoire de Vincent, trentenaire vivant une vie solitaire et globalement déprimante. Son plus gros problème est son inaptitude à créer des liens avec ses congénères. Vincent n’a ni femme, ni ami, ni enfant et est en froid avec la famille qui lui reste. Il est seul, le sait, le vit mal, mais n’entrevoit pas de solution. »

-   Sylvain, je t’en prie, arrête ! Crois-tu vraiment remonter le moral de Philippe avec une histoire aussi pathétique ? Moi-même qui ne suis pas déprimé, commence à ressentir de tristes symptômes…
-   Des symptômes de type « gorge sèche », je me trompe ?
-   Pas tout à fait, non… Je dirais plutôt « gorge nouée », pour être précis.
-   Et un seul remède à cela, n’est-ce pas ?
-   Un seul reconnu comme vraiment efficace, oui…
-   Philippe, veux-tu bien servir à boire à ce vieil ours assoiffé s’il te plaît ?
-   Bon sang ! Il a beau nous faire le coup à chaque fois, je me suis encore laissé prendre !!! Mais tu profites de la situation Gilles : je tomberai ce soir dans les chausse-pieds les plus grossiers ! Reprends donc, Sylvain, je m’occupe du service.

Bon, vous l’aurez compris, Vincent est déprimé. Un jour cependant, il fait une rencontre inespérée qui incurve la ligne de sa destinée. Agnès débarque dans sa vie, avec son exubérance, son enthousiasme à toute épreuve, sa fantaisie. Un tourbillon emporte notre Vincent qui se métamorphose en quelques semaines à peine. Il était discret ? Il devient volubile ! Il était taiseux ? Il devient bavard ! Il était fade et sans relief ? Il devient charismatique. Bref, le papillon sort enfin de sa chrysalide et profite pleinement de chaque seconde de sa nouvelle vie. Cela ne dure cependant que très peu de temps. 54 jours pour être précis. Un soir, en sortant d’une séance de cinéma, Agnès se plaint d’un tremblement de paupière. Elle meurt dans les bras de Vincent quelques heures plus tard, d’une rupture d’anévrisme.
C’est à partir de cet instant que je trouve que cette histoire prend du sens. Car Vincent, si la logique avait été respectée, aurait dû complètement s’écrouler psychologiquement. Subir un tel accident de vie, quand on possède déjà un terrain propice à la déprime et de longues années de solitude derrière soi, le condamnait à coup sûr. D’autant plus qu’il s’est retrouvé seul, du jour au lendemain. Sa relation avec Agnès avait certes été intense, mais elle était si récente que les proches de la jeune femme, tout à leur peine, l’oublièrent. Après tout, il n’avait partagé que quelques semaines avec la défunte. Pire que cela : les parents d’Agnès prirent soin de contacter l’ancien compagnon de leur fille et laissèrent Vincent sur le carreau. A leur décharge, ils n’avaient pas eu le temps d’être présentés, ni même mis au courant. Non, vraiment, je le répète, Vincent aurait dû s’enfoncer dans une noire dépression.
Mais ce ne fut pas le cas, pas du tout. Au contraire, même. Vincent s’accorda trois jours de deuil absolu, et reprit sa « marche en avant sur le monde » comme il l’appela lui-même. Il ne le fit d’ailleurs pas « en mémoire d’Agnès » ou « parce qu’elle aurait souhaité qu’il se comporte ainsi », non. Ces formules, il ne les comprenait pas et elles lui faisaient même un peu peur. Il le fit simplement pour lui, pour se sauver lui-même, pour en sortir par le haut. Et il réussit de manière admirable ! Quelque chose au fond de lui s’était éveillé, qui le poussait, ou le tirait je ne sais pas, mais qui l’emportait, vers les autres, vers la vie. Il prit des cours de guitare, proposa ses services à un foyer pour handicapés, se mit au volley-ball, s’engagea ainsi dans une multitude d’activités. Quelques mois plus tard, il démissionna de son boulot d’assistant commercial et monta sa propre boîte de paysagiste indépendant. Bref, il débordait d’énergie. Cette fameuse énergie de vie à laquelle nous avons trinqué et qui ne l’a d’ailleurs … Mais… je crois que je vais en rester là. Philippe, je suis désolé. Je pensais que …

Philippe s’était écroulé. Des larmes roulaient sur ses joues, trempaient son menton. La tête entre les mains, il hoquetait entre deux sanglots. Il se leva pourtant et prit prestement le chemin de la salle d’eau.

-   Mince ! Moi qui pensais lui remonter le moral, c’est gagné !
-   Je ne comprends pas bien sa réaction. En plus, elle arrive au moment où ton histoire devenait optimiste… C’est très étrange.
-   J’aurais mieux fait de me taire, bon sang ! Je m’en veux !
-   Ce n’est pas grave, Sylvain, tu ne pouvais pas savoir…

Philippe se rassit dans le canapé, les yeux rougis, mais calme.

-   Qu’est-ce que je ne pouvais pas savoir ? Je ne comprends pas.
-   Je t’ai vu tout à l’heure, tu contemplais le jardin, n’est-ce pas ?
-   Heuu… Oui.
-   Il est beau n’est-ce pas ?
-   Bien sûr, mais ….
-   Bien plus beau qu’il ne l’était auparavant ?
-   C’est possible, je n’ai pas fait très attention à vrai dire.
-   Moi, je te l’assure. Le jardin est magnifique en ce moment. Et ce grâce aux bons soins d’un jardinier que j’ai embauché il y a quelques mois. Un jardinier doué et surtout un homme fort sympathique avec qui je commençais à me lier.
-   C’est donc lui qui …
-   .. est mort aujourd’hui, dans un stupide accident de la route, oui. Nous n’avons pas eu le temps de vraiment nous connaître, mais c’était quelqu’un de très attachant. De très dynamique aussi, même si j’ai compris au fil de nos discussions qu’il n’en n’avait pas toujours été ainsi.
-   Non ! Tu ne veux pas dire que …
-   Si Sylvain, il n’y a aucun doute : Vincent débordait effectivement d’ « énergie de vie ». Au final, cela m’a fait un bien fou de t’entendre lui rendre hommage. J’étais loin de connaître toute son histoire.

Le silence s’installa quelques instants. De cette incroyable coïncidence, il y avait peut-être une leçon à tirer, un enseignement, un signe. Gilles alluma un autre cigare. Sylvain, qui n’était plus très sûr de se sentir mal à l’aise, buvait pensivement son vin blanc. Quant à Philippe, il s’était franchement adossé contre le canapé et fixait le plafond sans y penser, un pâle sourire aux lèvres. « Je vais avoir besoin de vos muscles, mes chers amis » susurra-t-il au bout d’un long moment. « Je viens de décider de planter un arbre dans mon jardin en souvenir de Vincent ».
Dans l’esprit de Sylvain, la réponse fusa : « Me concernant, c’est entendu, mais ne demande pas ça à Gilles, malheureux ! Tu risquerais d’avoir sa mort sur la conscience ! »

Mais pour une fois, peut-être pour la toute première fois, il s’abstint.

« Modifié: 27 Novembre 2020 à 14:56:23 par Mathieu »

Hors ligne Mahaut

  • Tabellion
  • Messages: 27
Re : L'énergie de vie
« Réponse #1 le: 25 Novembre 2020 à 16:35:14 »
Bonjour Mathieu,

J'ai apprécié ton texte, et particulièrement ce procédé d'histoire dans l'histoire. Ça donne un côté "conte" à ton texte qui reste très contemporain.

Si je peux me permettre une remarque, j'ai un peu de mal à imaginer que "l'énergie de vie" nouvelle (et la rencontre avec Agnès) puisse renverser la personnalité de Vincent à ce point :
"Il était discret ? Il devient volubile ! Il était taiseux ? Il devient bavard ! Il était fade et sans relief ? Il devient charismatique. Bref, le papillon sort enfin de sa chrysalide et profite pleinement de chaque seconde de sa nouvelle vie."

J'ai l'impression en te lisant que son côté discret et taiseux est un défaut, en tout cas le signe de sa dépression, et le fait qu'il s'en débarrasse le symbole de sa guérison. Mais c'est vraiment un point de vue à mon sens. Est-ce que l'énergie de vie ne devrait pas simplement à l'aider à s'accepter tel qu'il est, sans pour autant passer de fade à charismatique ? Bien sûr je comprend que ton personnage s'ouvre peu à peu au monde grâce aux évènements positifs, mais la transformation me semble juste un brin radicale.  ;D

En tout cas, bravo à toi pour ce texte dont je suivrais avec plaisir les autres volets.


Hors ligne Cendres

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 028
Re : L'énergie de vie
« Réponse #2 le: 25 Novembre 2020 à 19:03:18 »
Merci pour ton texte
Ce n'est pas le premier que je lis de toi. Souvent, ceux sont des discutions entre trois ou quatre hommes amis, qui discutent d'un sujet, plus ou moins proche de l'amitié.
Souvent, d'ailleurs dans tes textes , tu parles d'alcool et le plaisir de partager une bouteille entre amis.

Ton texte se lit facilement. Il nous parle du lien entre les personnages et le décès de cette personne.

Dans tes textes, tu as l'air fort attaché a l'amitié.
Je ne vais pas te conseiller pour la grammaire ou l'orthographe vu mon niveau.

Comme a dit "Mahaut" je ne crois pas qu'une personne change aussi radicalement en aussi peu de temps.
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne Feather

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 038
Re : L'énergie de vie
« Réponse #3 le: 26 Novembre 2020 à 10:23:02 »
Conversation entre amis bien traitée.
Les dialogues sont limpides et décrivent une certaine authenticité.
J'ai relevé une préposition "à" qui ne me semble pas indispensable à la mi- hauteur du texte.
Les larmes sans pleurs sont une lanterne.

Hors ligne GeGinger

  • Troubadour
  • Messages: 284
Re : L'énergie de vie
« Réponse #4 le: 26 Novembre 2020 à 11:37:36 »
Bonjour Mathieu,

Bien joué ce procédé d'histoire dans l'histoire qui est bien amené et dont la chute est très bien vue malgré une petite incohérence car ils me semble qu'il est dit au début du récit que Sylvain ne connaissait pas le défunt
Citer
Il ne m’a pas dit son nom mais je ne pense pas que nous le connaissions.
Est-ce que Sylvain a compris que Philippe connaissait Vincent en regardant le jardin ?
Sinon, je suis d'accord avec Cendres et Mahaut, je trouve la transformation de Vincent un peu trop rapide, autant lors de sa rencontre avec Agnès, qu'après son décès (surtt qu'il est qd mm décrit comme plus ou moins dépressif...)

J'ai relevé une petite coquille :
Citer
la baie vitrée où Il
une majuscule en trop à "il"

Au plaisir.
J'ai besoin de vos avis !       
 Une souris aux épices

Hors ligne Laura CRD

  • Aède
  • Messages: 158
Re : L'énergie de vie
« Réponse #5 le: 26 Novembre 2020 à 14:01:23 »
Très contente d'avoir la suite des aventures de Sylvain et compagnie ! J'ai lu avec beaucoup de plaisir. La question du deuil est abordée avec beaucoup de délicatesse et d'émotions.
Par rapport aux autres commentaires : la métamorphose de Vincent ne m'a pas dérangé à la lecture. Est-ce que j'ai lu trop vite et que je suis passée à côté d'une incohérence ? J'avais imaginé une évolution dans le temps mais en relisant, c'est vrai que tu précises "en quelques semaines". C'est peut-être en effet très rapide, trop, je ne sais pas...
Par contre, ce qui m'a posé une question de vraisemblance, c'est ce hasard (la base du récit d'ailleurs) qui fait que Sylvain raconte précisément l'histoire de Vincent au moment où son ami pleure sa disparition. Malgré tout, j'ai envie d'y croire car c'est une très jolie histoire. Il y a parfois des hasards assez miraculeux dans la vie alors ne nous en privons pas dans la littérature.
Le rythme avec les dialogues fonctionne très bien. J'ai aussi beaucoup aimé les deux dernières phrases. La blague est bonne mais pas le timing. Alors, le lecteur sera le seul à avoir droit à cette petite plaisanterie. J'ai eu l'impression d'avoir un moment privilégié avec Sylvain, d'avoir partagé un peu de complicité.
Comme pour "A l'amitié" (mais je ne crois pas t'en avoir fait la remarque), je me suis parfois un peu perdue avec les prénoms... C'est le seul point un peu négatif. Pour le reste, c'est un beau moment de lecture. 


Hors ligne Mathieu

  • Calligraphe
  • Messages: 103
    • Liste de mes textes sur MDE
Re : L'énergie de vie
« Réponse #6 le: 27 Novembre 2020 à 19:02:56 »
Mahaut, Cendres, Feather, GeGinger et Laura CRD : merci pour vos lectures.

@ Mahaut : Je note que la transformation de Vincent te semble un peu trop radicale. Tu n’es d’ailleurs pas le/la seul-e (Cendres et GegGinger partagent ton avis). Il faut que je regarde à nouveau ce point-là, mais pour moi, cette transformation rapide a son rôle à jouer dans le texte pour illustrer l’intensité de la relation qu’il nous avec Agnès et les conséquences rapides de cette rencontre sur son état d’esprit / comportement. 
Bien sûr, on peut être taiseux sans être forcément déprimé, mais ce n’est pas au fond la nature profonde de Vincent. Pour moi, Vincent est un volubile frustré (parce qu’il n’ose pas aller vers les gens). Sa rencontre avec Agnès lui permet de faire sauter ce verrou. Définitivement. 
Sinon, pour le principe d’histoire dans l’histoire, je reprends ce même principe sur les autres épisodes de cette série. Je suis donc content qu’il te plaise !
 
@ Cendres : merci
Merci de ton passage sur ce texte. Dans cette série, je me suis attaché  à garder un cadre commun à chacun des épisodes : les mêmes personnages (Philippe, Gilles et Sylvain) et une histoire racontée au cours d'un repas chez l’un ou l’autre. Gilles est effectivement un peu porté sur la bouteille, mais, dans mon esprit, c’est plus un jeu qu’une réalité.
J’ai noté que tu trouvais la transformation de Vincent trop rapide. Tu peux lire ce que je réponds à Mahaut sur le sujet. Je n’ai pour le moment pas envie d’atténuer cette transformation, mais peut-être faut-il que je l’explique mieux.
 
@ Feather
Heureux de lire ta remarque sur les dialogues. Ce n’est pas très facile de gérer des dialogues quand il y a plus de 2 personnages. J’ai eu des problèmes avec ça, j’en ai encore sur un texte en cours de rédaction. 
 
@ GeGinger
Merci de ta lecture. En lisant ton commentaire, je me rends compte que mon texte n’est peut-être pas aussi limpide que dans mon esprit ;-)
 
Il n’y pas d’incohérence pour moi. Sylvain ne connaît effectivement pas le nom du jardinier. On lui a raconté cette histoire et il pense que c’est une bonne histoire à raconter à quelqu’un qui vient de perdre un être cher. En effet, Vincent ressort grandi du deuil d’Agnès et c’est le message qu’il veut faire passer.
 
Mais le hasard fait que le Vincent de l’histoire de Sylvain, c’est le Vincent qui vient de casser sa pipe, c’est l’ami jardinier de Philippe ! Sylvain ne l’avait pas deviné du tout, il n’était pas non plus au courant de la mort de cet homme.
 
Mais tout cela n’est peut-être pas si clair dans le texte…
 
Merci pour la coquille et je note que, comme les autres, tu trouves la transformation de Vincent un peu rapide. 
 
A te lire.
 
 
@ Laura CRD
Merci de ton commentaire !
 
Pour ce qui est de la blague de Sylvain, je me souviens avoir beaucoup hésité à lui faire prononcer vraiment. Ça me frustrait un peu d’avoir eu cette idée et de ne pas l’exploiter, mais en même temps, ce n’était pas concevable que Sylvain reparle de mort dans ces circonstances. J’ai donc gardé la blague à l’intérieur de la tête de Sylvain et, de mon point de vue, ça fait une chouette fin.
Pour ce qui est des prénoms, oui, je conçois que ça peut-être un problème. Comme je le disais à Feather, j’ai des difficultés à gérer un dialogue à plus de deux personnages. Pas simple de faire comprendre qui parle et à qui, sans alourdir trop le texte. Par exemple, la phrase « -   Ce n’est pas grave, Sylvain, tu ne pouvais pas savoir… » est dite par Philippe, mais je ne suis pas certain que cela soit très clair.
 
Au plaisir





Hors ligne GeGinger

  • Troubadour
  • Messages: 284
Re : L'énergie de vie
« Réponse #7 le: 27 Novembre 2020 à 19:35:09 »
Bonsoir Mathieu,

Citer
Sylvain ne l’avait pas deviné du tout, il n’était pas non plus au courant de la mort de cet homme.
J'ai relu et ça me parait plus clair maintenant. As tu changé qqchose ou est moi qui ai mieux intégré l'histoire ? Peut être que j'ai lu trop rapidement la première fois, la lecture sur écran n'est pas toujours facile.

A bientôt.
J'ai besoin de vos avis !       
 Une souris aux épices

 


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