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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L'hirsute (extrait du roman) [!Contenu susceptible de déranger!]

Auteur Sujet: L'hirsute (extrait du roman) [!Contenu susceptible de déranger!]  (Lu 1596 fois)

Hors ligne Safrande

  • Calliopéen
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Texte supprimé.
« Modifié: 17 Mars 2022 à 19:10:11 par Safrande »
Il regardait le verre non à sa portée d'une façon de reproche.

Hors ligne derrierelemiroir

  • Calame Supersonique
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Re : L'hirsute (extrait) [!Contenu susceptible d'être dérangeant!]
« Réponse #1 le: 30 Octobre 2020 à 14:12:08 »
Bonjour Safrande,

je me lance dans la lecture de ton extrait.

Citer
L'hirsute marchait à cet endroit où la forêt de bambous grinçante et pataude célèbre le vent par des remous
j'aime bien cette entrée en matière, par contre, une forêt pataude, ça ne m'évoque rien.

Citer
curieux de savoir si un bâton allait sortir des poches de son blouson dans lesquelles il avait mis ses mains, pour supporter le poids de ses bras davantage que pour les réchauffer
ici, il conviendrait de re-spécifier qu'il s'agit des poches etc. de son maître, parce que la manière dont tu pronominalises pourrait laisser croire qu'il s'agit des poches du chien, puisqu'il est le dernier sujet avant le pronom.

Citer
Je parlerai de gens, leurs visages seront notre réconfort et leurs voix notre raison d'être. Même si je n'ai des relations qu'en superficie : donc peut-être que des bribes de visages et des morceaux de voix seront notre réconfort ; je veux dire qu'il faudra se contenter de cela, au risque de devoir agencer bribes et morceaux pour constituer un être complet avec lequel s'oublier et se faire peur à la fois.
j'aime beaucoup cette entrée dans les pensées de l'hirsute. Ça sent le mystère, l'esprit original, la nouveauté.

Citer
Mais on ne s'oubliera pas tellement, à moitié pour ainsi dire, continuant à souffrir d'une solitude capricieuse à distraire avec les petites plaisanteries que sont les visages ou la voix de ceux-qui-m'aiment, plus encore avec leurs propos qui n'existent même pas, mort-nés dans la bouche mais plus encore à l'origine de la conscience, aussi fantomaux que la réalité fugitive à la manière d'un prisonnier, éternellement recherché pour avoir commis l'homicide involontaire, soudain, accidentel, de naître : il me faudrait de grandes plaisanteries d'histoires ou de drames ambitieux comme des cathédrales, mais ce n'est pas ça...
là par contre, j'ai de la peine à le suivre. Je suis en pleine digestion de mon repas de midi, et la digestion du paragraphe par-dessus passe mal  :mrgreen:

Citer
de la politesse, des regards fuyants, des gênes proche de la torture, des silences et, malgré tout, une prière maladive pour se revoir, pour les mêmes politesses et les mêmes gênes, les mêmes silences parsemés d'anecdotes sur ce qu'il y avait la fois d'avant entre les silences, les gênes, c'est-à-dire sur les rires nerveux, résultat de blagues tout aussi nerveuses nées de l'inconfort au silence : jamais, avec mes amis, on a su relâcher la tension.
j'aime bien, mais à la moitié, je me suis de nouveau essouflée. J'aime beaucoup ce que ça dit par contre.

Citer
(et de rester ici à subir ce qu'il faut de la vie, dans toute sa banale fade et affligeante sévérité ou délicatesse, et même dans sa propre fadeur, sans ne jamais devoir se manifester, sans même ne jamais pouvoir le faire : ou en essayant de le faire, et en constatant que jamais ça ne marche, que jamais qu'un petit bruit de couvert ou des pas dans le sable s’entendent et se retiennent de l'effort qu'on a donné par tous les moyens, avec toute la violence dont est capable l'insecte pour ne pas succomber des prises de son bourreau)
ici je me suis perdue de nouveau

Citer
Et tout se résout et s'annule ou se mélange à la fois, pour la question d'un drame qui n'en est pas un : l'indifférence de ceux-qui-m'aiment et ce que je m’évertue inconsciemment à leur devenir étranger.
j'aime beaucoup, mais j'aurais arrêté la phrase après les deux points.

Citer
à force de voir l'autre à nu dans un monde en couette, en pyjamas, en calme et en pénombre qu'impose la nuit,  pénétré l'intimité de l'un et de l'autre.
:coeur:

Citer
et une boulimie de se dire
:coeur:

Citer
dans la négligence de nos retenues
:coeur:

Citer
(petites menottes avec lesquelles on s'est attaché le corps sans atteindre la pensée folle qui ne peut donc jamais sortir : on a enfermé la pensée en menottant le corps)
parenthèse inutile selon moi, qui alourdit sans ne venir ajouter rien de très pertinent

Citer
d'angoisse magnifique
:coeur:

Citer
(du monde, de vivre le monde, de vivre – d'encore le monde, d'encore la vie, etc.)
celle-ci elle est cool :)

Citer
inombrabilité
:coeur:

Citer
(« Viens, abandonnes toi à moi je suis ton seul repère : le maître qui te remue. »)
en fait, peut-être qu'il conviendrait de trouver un autre format pour ces parenthèse, qui ne sont pas toutes inutiles, mais qui, en l'état, alourdissent toutes un texte sur lequel il faut déjà fortement se concentrer.

Citer
pour la raison que tu tiendrais à la vie sans même la comprendre
c'est un détail, mais j'aurais préféré : "Sans même le comprendre" c'est à dire, sans même comprendre qu'on a cette volonté, plutôt que sans même comprendre la vie. Car qui peut se targuer de la comprendre ?

Citer
« Je peux pointer ici bas le sol et le connaître ; enfin, j'ai le droit à savoir l'oubli total par la souffrance et mieux encore le droit d'arrêter l'effort de vivre et de me laisser vivre par un autre .»
j'aime bien

Citer
mais au final qu'on l'enfante ou non sa nature reste la même
:D

Citer
Je ne trouve pas qu'on est envie de pleurer
ait?

Citer
alors même qu'il montrait la mouche collée à l'écran.
:D

Citer
les mêmes problèmes de sexe
je trouve étrange d'utiliser même ici, alors que c'est la première fois que tu évoques les problèmes de sexe. Ou alors je n'ai pas compris.

Citer
et mon prénom mourant dans une bouche pleine et s'envolant d'une autre béante.
:coeur:

Bon, que dire. J'ai lu ce texte avec enthousiasme, comme si je découvrais quelque chose de neuf, une nouvelle manière de dire, et j'adore quand ça m'arrive. Par contre, j'ai peiné à travers ma lecture, et je ne peux pas prétendre que j'ai tout compris, ni tout lu, car certaines phrases débordaient vraiment de mon attention.

Il est difficile de suivre ce ruban emmêlé de pensées, d'autant plus qu'il ne s'agit pas de plusieurs rubans arrangés par couleur etc, mais d'un seul ruban, et on s'essouffle, et on oublie le sujet de la phrase, et on finit par laisser tomber. Mais, malgré ça, j'ai trouvé ici et là des morceaux de rubans superbes, qui m'ont vraiment réjouie, et des idées originales, ou du moins, des images très cool.

Donc en conclusion, je dirais que j'ai trouvé dans ce texte un grand potentiel de me plaire dans son entièreté, mais que, vu la complexité du pavé, je n'ai su m'y immerger complètement.

Bravo en tout cas pour ce travail et cette ambition.

EDIT : et par rapport à ton spoiler, déjà, je le mettrais à la fin, car je l'ai lu, et puis je me suis dit que j'aurais préféré le savoir à la fin. Mais aussi, je me dis que sans ton spoiler, je n'aurais pas compris cette subtilité.
"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

Hors ligne Safrande

  • Calliopéen
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Re : L'hirsute (extrait du roman) [!Contenu susceptible de déranger!]
« Réponse #2 le: 31 Octobre 2020 à 00:05:16 »
Coucou derrierelemiroir ! Je te répond au tac au tac :
(Je met la réponse en spoiler, car elle dévoile beauuucoup de mes intentions, et si vous voulez votre regard neuf sur le texte (et que je veux votre subjectivité), je vous conseille de ne pas le lire !)
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Citer
Bon, que dire. J'ai lu ce texte avec enthousiasme, comme si je découvrais quelque chose de neuf, une nouvelle manière de dire, et j'adore quand ça m'arrive. Par contre, j'ai peiné à travers ma lecture, et je ne peux pas prétendre que j'ai tout compris, ni tout lu, car certaines phrases débordaient vraiment de mon attention.

Il est difficile de suivre ce ruban emmêlé de pensées, d'autant plus qu'il ne s'agit pas de plusieurs rubans arrangés par couleur etc, mais d'un seul ruban, et on s'essouffle, et on oublie le sujet de la phrase, et on finit par laisser tomber. Mais, malgré ça, j'ai trouvé ici et là des morceaux de rubans superbes, qui m'ont vraiment réjouie, et des idées originales, ou du moins, des images très cool.

Donc en conclusion, je dirais que j'ai trouvé dans ce texte un grand potentiel de me plaire dans son entièreté, mais que, vu la complexité du pavé, je n'ai su m'y immerger complètement.

Bravo en tout cas pour ce travail et cette ambition.
Ce qui ressort de cette conclusion me plaît, surtout quand tu parles d'une "nouvelle manière de dire", qui est l'unes de mes intentions quand j'écris. Bien sûr, tout ça n'a rien de nouveau et il ne faut pas que je m'illusionne (j’empreinte à un peu tout le monde, c'est comme ça que je fais, rien d'ici est à moi, tout est un peu de Pessoa pour l'introspection, de Simon et de Faulkner pour les parenthèses/phrases longues et alambiqués, de Biély pour les images, de Beckett pour le peu d'humour, de Proust pour l'épisode de l'amitié, enfin rien de moi, assurément !), mais je suis content que tu penses une telle chose, ça me réjouit et m'encourage à continuer !
Je suis conscient que tout ça est un peu complexe, mais c'est vrai que j'écris plus pour moi que pour le lecteur, à vrai dire ; je lui laisse une petite place, mais je lui demande un peu de boulot : est-ce que je mérite qu'on se donne autant d'effort pour moi ? Je ne pense pas. Pour autant, j'aurais de la peine à faire autrement : j'aurais l'impression de mentir, de me museler, quand j'ai envie de tout dire. Ce serait (encore) freiner mon moi. Et si c'est une chose que je n'ai plus envie de faire dans la vie réel (mais que je peine à mettre en œuvre), c'est encore moins quelque chose que j'ai envie de faire en art ! Toutefois, être plus clair encore : voilà le travail qui m'attend et qui ressort (je crois) de ta critique.

Merci beaucoup pour ce retour détaillé, et du temps et de l'effort que tu as investi pour me lire !



« Modifié: 01 Novembre 2020 à 14:06:04 par Safrande »
Il regardait le verre non à sa portée d'une façon de reproche.

Hors ligne derrierelemiroir

  • Calame Supersonique
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  • orque magnifique et ténébreuse
Re : L'hirsute (extrait) [!Contenu susceptible d'être dérangeant!]
« Réponse #3 le: 31 Octobre 2020 à 08:20:53 »
Yo Safrande,

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


au plaisir d'échanger avec toi :)
"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

Hors ligne Cendres

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Re : L'hirsute (extrait) [!Contenu susceptible d'être dérangeant!]
« Réponse #4 le: 31 Octobre 2020 à 09:05:39 »
Merci pour ton texte
Ayant du mal avec les doubles sens, je n'ai pas tout compris ce qu'il racontait.
Tu nous préviens que le personnage est homo et a crée un double pour supporter cela. Ceci dit, je ne vois pas ou est le mal d'être homo. Mais il vit peut être dans un environnement ou cela est mal vu.

J'ai compris qu'il aimait torturer son double imaginaire comme un insecte prisonnier dans une boite.

Il a aussi des envies de suicide, du a sa souffrance intérieure qu'il n'arrive pas à extérioriser et qui le ronge.

Ensuite, la, c'est plus personnel, il passe son temps avachi dans le canapé alors que sa mère fait le ménage. Déjà, s'il participait au ménage, il serait moins triste. C'est le fait de ne rien faire qui nous fait cogiter et nous fait broyer du noir.
Sa mère doit juste penser que c'est un fainéant de le voir toujours engluer dans ce canapé. Je ne pense pas qu'elle doit le voir comme une coquille vide dont elle est obligé de s'occuper car elle l'a mit au monde. Mais simplement parce qu'elle l'aime.

J'espère que mon avis n'est pas trop dur, et que ce n'est pas toi le personnage, car je pense que je suis vexante. Mais je voulais être honnête et dire ce que je pensais de ton texte, enfin du moins ce que j'ai compris car il est trop littéraire pour mon petit esprit
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne Safrande

  • Calliopéen
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Re : L'hirsute (extrait) [!Contenu susceptible d'être dérangeant!]
« Réponse #5 le: 01 Novembre 2020 à 14:49:09 »
Coucou derrierelemirroir, merci pour ta réponse qui éclaire un peu plus ton commentaire précédent, que j'avais dû lire un peu de traviole, pour te répondre des banalités comme ceci  :D Merci pour ta bienveillance !
Pour la solution du format du dialogue, merci, tu me donnes une piste. Je pense retenir le truc comme l'italique, mais ce qui me chiffonne, c'est que j'utilise déjà l'italique quand je narre l'histoire d'un point de vue extérieur, et j'ai peur que ça prête à confusion. Mais, étant donné que c'est entre parenthèse, je pense que ça marche bien tout de même.

Citer
c'est plutôt que c'est eux qui t'ont appris à écrire
Oui, c'est exactement ça ! Plus que n'a pu le faire ma prof de français  ;D

Salut Cendres, merci d'avoir pris le temps de me lire ! Pour tout te dire, il n'y a pas vraiment de double sens dans mes propos, moi même je ne suis pas très à l'aise avec ça.
En fait, le roman, en quelque sorte, montre jusqu’où on peut aller lorsqu'on assume pas ou qu'on rejette quelque chose de nous même, et à quel point cela peut être néfaste pour notre santé mentale (enfin, de mon point de vue, bien entendu). Bien sûr tout est romancé et bien exagéré avec pas mal de fantaisie de ma part. Mais c'est l'idée.

Et tout le long du roman l'hirsute et Pictor sont deux personnages à part entière (l'hirsute n'étant que l'invention de Pictor honteux de son homosexualité), qui sont ami assez proche, mais l'hirsute rejette un peu Pictor qui, lui, l'admire, voir plus. Il se passera des choses entre les deux, et on croira à un début d'histoire d'amour. On ne comprendra pas pourquoi Pictor, au fur et à mesure de ce supposé amour, s’épanouit, alors que l'hirsute sombre dans une dépression et une sorte de folie et d'angoisse. Jusqu'à ce que les deux partie se réconcilient, ne forment plus qu'un, sans toutefois que Pictor n’oublie complètement l'hirsute. Si tout ça peut t'éclairer... (Je te le raconte car je me fiche bien de l'histoire, ce n'est qu'un support pour l'écriture elle même, qui est l'intérêt de mon roman.)

L'hirsute n'a pas vraiment des envies de suicide, plus tard il dira même : "je ne suis pas née pour vivre, je le constate, mais je ne suis pas née pour vouloir mourir non plus..." Il est simplement presque plus proche de la mort que de la vie, ou plutôt il est proche d'une espèce de limbe, et c'est pour ça qu'il a tant de facilité à parler de son enterrement.

Citer
Ensuite, la, c'est plus personnel, il passe son temps avachi dans le canapé alors que sa mère fait le ménage. Déjà, s'il participait au ménage, il serait moins triste. C'est le fait de ne rien faire qui nous fait cogiter et nous fait broyer du noir.
Sa mère doit juste penser que c'est un fainéant de le voir toujours engluer dans ce canapé. Je ne pense pas qu'elle doit le voir comme une coquille vide dont elle est obligé de s'occuper car elle l'a mit au monde. Mais simplement parce qu'elle l'aime.
Ah oui, tu as tout à fait raison, c'est une vraie larve cet hirsute ! mais justement le propos était tourné à la fois de façon désespérante et drolatique, c'était le but de ce passage. Rien de vexant dans ce que tu dis, tu ne fais que t'en prendre au personnage et ça prouve qu'il suscite des réactions  ;D

J'ai remarqué que tu as tendance à te rabaisser à chacun de tes commentaires, et c'est une fâcheuse habitude : tu es plus douée de compréhension que tu ne le penses !

Merci de m'avoir lu !
« Modifié: 03 Novembre 2020 à 12:31:50 par Safrande »
Il regardait le verre non à sa portée d'une façon de reproche.

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 257
  • Homme incertain.
Re : L'hirsute (extrait du roman) [!Contenu susceptible de déranger!]
« Réponse #6 le: 03 Novembre 2020 à 17:07:08 »
Salut Safrande !

Je me lance dans le commentaire de ce texte si dense.
Permets-moi de te corriger d'abord les menues escarbilles qui restent ici et là.

Citer
je suis très en éveille
"très en éveil"
Citer
petit bruit de couvert
Là je mettrais couverts au pluriel
Citer
Dans ces moments règne à la fois une tendre timidité et une boulimie
"règnent à la fois"
Citer
l'euphorie nous avons que survolé
"que nous n'avons que survolée"
Citer
Viens, abandonnes toi à moi
"abandonne"
Citer
goûtes cette folie
"goûte"
Citer
et puis dès fois elle me regarde pas vraiment
"des fois... elle ne me regarde"
Citer
Pleins de personnes voudraient
"plein de personnes"
Citer
que je ne pourrais plus éluder
"pourrai"
Citer
Heureusement que je n'y assisterais pas.
"assisterai"
Citer
Et moi je n'est pas besoin
"n'ai"
Citer
Je ne trouve pas qu'on est envie de pleurer
"qu'on ait"
Citer
on ne peux pas dire, ni ne pourra dire jamais
"on ne peut"

Rien de bien grave, en fait.

Pour le fond, eh bien je dois avouer que j'ai lu le texte quatre fois pour bien le tenir. Pour être familier au rythme, au style, et mieux comprendre. Ton texte est très dense, dans le sens riche en informations. On a le sentiment que chaque mot a sa raison d'être placé là, et donc qu'il faut l'intégrer.
Comme il s'agit d'un extrait, il y a évidemment la frustration de ne pas savoir où l'on nous mène, et à quoi tend précisément le récit.
On peut quand même commencer à se familiariser avec le narrateur, tout en introspection, doutes péremptoires (oxymore volontaire), analyse et quête.

Peut-être que c'est une conséquence qu'il s'agisse d'un extrait, mais j'ai trouvé qu'on quittait bien vite Pictor dans son bocal, sans avoir encore compris le rôle qu'il joue ou jouera. Il disparaît bien vite, je trouve, pour faire place à tout le passage sur les funérailles futures...

Là j'ai une soudaine envie de relire "les chants de Maldoror", parce que ton texte m'y a fait penser, notamment au moment où tu transperces Pictor avec ce fil, et j'aimerais savoir pourquoi. Je l'ai lu il y a plusieurs dizaines d'années.

J'ai cru comprendre que tu recherches l'essoufflement du lecteur, alors peut-être ne dois-je pas te dire qu'il faudrait un peu de respiration. (En séparant le texte par paragraphes mieux marqués...? )

Au plaisir en tout cas de lire d'autres extraits qui nous rapprocheront du narrateur et de son cheminement intérieur.




« Modifié: 03 Novembre 2020 à 23:37:50 par gage »
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

Hors ligne Safrande

  • Calliopéen
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Re : L'hirsute (extrait du roman) [!Contenu susceptible de déranger!]
« Réponse #7 le: 04 Novembre 2020 à 18:33:36 »
Merci beaucoup pour ces corrections Gage et surtout - surtout - merci d'avoir pris le temps de me lire quatre fois pour tout me comprendre  :o Moi qui pensais être clair, avoir simplifié au max, ben ça... :D J'espère au moins que cette difficulté est due à la complexité plus qu'à la maladresse ? Ou bien cette complexité est-elle une maladresse ? Car j'ai quand même l'impression de faire propre  :D

Tu dis que mon texte est dense, et je le prend comme un compliment - étant donné que je cherche cette densité, je la désir, j'aime la retrouver quand je lis un auteur, etc. -, mais, comme tu le dis, ça n'a pas l'air d'être une qualité, mais plus une complication ?
Je suis content que tu es senti une sorte de familiarité se faire avec l'hirsute, c'est aussi le but de le rendre un peu attachant malgré son mauvais fond (ou pas) en allant dans ses pensées.

Pour Pictor on le quitte bien vite, mais évidemment j'en parle beaucoup avant cet extrait, je rentre dans sa tête aussi, moins que l'hirsute, mais quand même. Avant de lire tout ça, on lira leur relation, des dialogues entre eux, une mâtiné de Pictor qui essaye de se réveiller dans son lit, ce que pense un peu Pictor de l'hirsute. Et il est important pour moi de ne pas parler que de ça évidemment. L'extrait qu'il y a là est un extrait d'une des trois parties de la balade de l'hirsute dans son village d'enfance, parties elles mêmes séparées - pas trop longtemps - par des chapitres continuant de dérouler le "présent" du roman ou la pensée de Pictor. Et c'est vrai que ces trois parties, cette balade, sont peut-être le plus gros pilier du roman : il donne à voir exhaustivement ce qu'est l'hirsute de tous les côtés. En faite, plus généralement, c'est le village, le cœur du roman, lui même abritant le secret, la raison d'être du roman : l'histoire d'amour entre deux petits garçons - du coup Pictor et un autre -, qui finira mal, laissera place au dégout, la honte, puis la création de l'hirsute par Pictor comme quelque chose qui protège, sauve les apparences, mais ronge de l'intérieur, etc, etc. On ne parle pas du village dans cet extrait mais juste ensuite oui  ;D

Tu as sûrement raison pour les paragraphes, mais je ne pensais pas que mettre des espaces changerait quoi que ce soit (du coup tu penses, partout où je reviens à ligne, mettre carrément un petit vide, pour faire des paragraphes, des morceaux de pensée ?).

Connais pas les "chants de Malodor", donc je ne suis pas le premier, vraisemblablement, à avoir pensé à de tels idioties ? :D
Ici, à vrai dire, il n'y a pas vraiment de raison, mais c'est comme pour montrer à quel point l'hirsute a de prise sur Pictor (je sais pas si ça se dit mais j'aime bien), à quel point il le prend pour une poussière parasite si futile qu'on peut jouer avec et en rigoler, alors même que c'est l'hirsute le parasite, et que c'est la confiance et la liberté grandissante de Pictor qui le fera sombrer de plus en plus - simplement qui effacera l'hirsute... sans toutefois l'effacer complètement -, qui le rend déjà ici dans un état un peu dépressif. Enfin bref je m'emporte et on s'éloigne du sujet, mais c'est vrai que ça me fait du bien de parler enfin de ce fichu roman quand j'en parle à personne alors que je suis tous les jours dessus. Puis ça me rend le scénario plus clair d'en parler - moi qui disais que je me fichais de l'histoire, ben elle est sacrément tordue...

Merci beaucoup d'avoir lu cet extrait, en espérant avoir pu t'apporter quelques éclaircissements  ;D
« Modifié: 04 Novembre 2020 à 18:57:58 par Safrande »
Il regardait le verre non à sa portée d'une façon de reproche.

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
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  • Homme incertain.
Re : L'hirsute (extrait du roman) [!Contenu susceptible de déranger!]
« Réponse #8 le: 04 Novembre 2020 à 18:56:46 »
Ne t'inquiète pas de ma quadruple lecture, je fonctionne comme ça, tu sais bien. Même les romans je les lis moult fois ! :D
C'est histoire d'imprégnation, en fait, de musique, d'apprivoisement. C'est effectivement dû à la densité et à la complexité qui ne sont pas du tout des défaut, sinon on peut se mettre à relire "Oui-Oui et les trois lutins", si on veut du simple. Tu fais propre, pas de souci.  :D

Je comprends très bien aussi ce que l'on perd à ne lire qu'un extrait. La position, la relation de Pictor et de l'Hirsute, tout cela nous échappe forcément. On ne peut même pas deviner lequel des deux est la créature de l'autre. Mais ce n'est pas grave. Du coup en en vient à juger presque plus la forme que le fond. Cela dit la démarche introspective est bien là, et  cette analyse méticuleuse aussi. On sent bien que le roman nous mènera, touche par touche, à mettre le doigt sur une vérité, une révélation. On l'attend.

Pour les paragraphes, je ne pense pas que tu doives en découper beaucoup. Juste peut-être quand tu changes d'angle, de propos. Pour la respiration. Comme une petite pause entre les danses d'une suite baroque.

Content si les commentaires te servent à quelque chose ; j'attends patiemment la suite.



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Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

 


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