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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes mi-longs » Cerbère : mordre la main qui nourrit - Terminé

Auteur Sujet: Cerbère : mordre la main qui nourrit - Terminé  (Lu 11314 fois)

Hors ligne John Lucas

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Re : Cerbère : mordre la main qui nourrit - En cours
« Réponse #30 le: 19 Décembre 2020 à 12:12:59 »
Merci pour vos retours. Je les note et j'en tiendrai compte lors de la réécriture.
C'est vrai qu'il subit pas mal et que c'est très centré sur le chien et lui. Pour la main qui ne le fait pas souffrir j'ai essayé de justifier avec la morphine pour cheval^^ Je vais sûrement revoir ça.
En attendant, voici le dernier chapitre :)

Encore ?

 Luc ne savait pas depuis combien de temps il était coincé derrière le volant de sa voiture retournée. Il repensait à ces derniers jours cauchemardesques, à sa rupture, à son fils qui lui manquait. Il se demandait comment il avait pu en arriver là. Il était un homme tout à fait normal et d'un seul coup, le voilà devenu un tueur en série avec une signature bien particulière. Une lumière surgit dans l'obscurité et une silhouette se dessina dans le halo. Elle vint vers lui à toutes jambes et lui tapota l'épaule d'une main tatouée, à travers la vitre brisée. La lueur vive qui lui brûlait l'iris, si bien qu'il avait la plus grande peine à maintenir ses yeux ouverts, provenait de la voiture de l'individu qui se portait à son secours.

 — Monsieur, vous m'entendez ?

 Lorsqu'il ouvrit la bouche pour répondre, Luc ne parvint pas à émettre quelque son. Au lieu de ça, il cracha un mélange de glaire et de sang sur le tableau de bord. Il vit l'homme avoir un haut-le-coeur et l'entendit ensuite appeler les urgences. Il leur dit de se dépêcher, que ça avait l'air très grave. Sa voix tremblante trahissait sa nervosité.

 — Ne vous inquiétez pas, monsieur, le SAMU arrive, essaya-t-il de rassurer l'accidenté. Ça va aller. N'essayer surtout pas de bouger. Vous ne feriez qu'aggraver vos blessures.

 — Si seulement je pouvais, ducon, pensa Luc.

 Il lui sembla attendre une éternité avant d'entendre la sirène de l'ambulance résonner douloureusement de plus en plus fort dans sa tête. Les médecins se pressèrent autour du véhicule et commencèrent à le questionner, sans succès. Il était trop faible pour parler. Sur ces entrefaites, les pompiers arrivèrent et s’affairèrent à désincarcérer Luc de sa voiture pendant que les premiers soins lui étaient portés tant bien que mal.

 Une fois libéré de la carcasse et posé sur une civière, les docteurs purent poser une perfusion, une minerve et des attelles. Le ton de leur voix lorsqu'ils échangeait ne se voulait pas rassurant. Ils le branchèrent à des machines qui affichaient beaucoup trop de chiffres en rouge. Son rythme cardiaque et sa tension étaient descendus très bas. Une femme vint lui poser un masque pour l'aider à respirer. Les médecins discutaient également de l'absence de main. Ils s'étonnèrent de la cautérisation et de la cicatrisation qui avait déjà débuté.

 Les pompiers le transférèrent et le sanglèrent dans une coque rigide. Luc se sentait de plus en plus partir. Ils avaient dû lui faire une anesthésie. Quatre personnes le soulevèrent pour le transporter dans le camion du SAMU. À cet instant, il vit l'homme qui avait appelé les secours, accroupi près du corps d'un chien qu'il reconnut tout de suite : Cerbère. Celui-ci était dans le même état que la première fois qu'il l'avait vu : la gueule à moitié arrachée, une patte en moins et le flan enfoncé. Le tatoué enveloppa l'animal dans une couverture et le chargea dans son coffre. Un ambulancier vint à sa rencontre mais Luc n'entendit pas ce qu'ils se dirent. Pour finir, l'homme mit en route son véhicule et s'éloigna, emportant son pire cauchemar avec lui.

 — Ne fait surtout pas ça malheureux, ce chien est le diable en personne ! Jamais un animal avait si bien porté son nom essaya-t-il de dire.

 Les médecins remarquèrent juste qu'il s'agitait et n’entendirent que des gargouillis. Les machines s'emballèrent et se mirent à biper. Les sons aigus ne parvenaient plus aux oreilles de Luc.

 — Taux de saturation en baisse et plus aucune fréquence cardiaque, dit le plus âgé. On est en train de le perdre. Préparez-moi le défibrillateur et injectez-lui un milligramme d'adrénaline.

 Le chirurgien en chef de l'équipe fit tout ce qui était en son pouvoir pour le réanimer mais Luc avait sombré à jamais et sa mort fut déclarée en arrivant à l'hôpital.


 Quelques jours plus tard, une autopsie était demandée par la police. L'absence de sa main gauche faisait de Luc une potentielle quatrième victime du tueur-collectionneur. La réglementation imposait une enquête. Le légiste procéda à un diagnostic complet et s'attarda sur la morsure pas très jolie sur la main droite de son patient. Elle datait selon lui de plusieurs semaines au vu de la reconstruction de la peau autour, mais elle présentait une cicatrisation partielle et suppurait encore à certains endroits. Il préleva un morceau d'épiderme ainsi que du liquide qui suintait de la plaie refermée et du sang. Il analysa le tout au microscope et à sa grande surprise, il observa des traces d'un virus très proche de la rage humaine mais présentant plus de similarité avec celle de l'animal, ce qui est en théorie impossible chez l'homme.

 Il organisa une rencontre avec quelques-uns de ses confrères pour en débattre et l'un d'entre eux leur raconta qu'il avait déjà observé un cas similaire au sein d'un peuple aborigène d'Amérique du Sud. Le contaminé avait été pris d'une folie meurtrière et avait assassiné une dizaine de personnes à qui il avait coupé les oreilles. Les autorités avaient alors étouffé l'affaire. L'indigène s'était ensuite suicidé en se jetant du haut d'une falaise et présentait une horrible morsure. L'autopsie avait conclu à un cas de rage.

 Le légiste remit son rapport à la police qui se rendit alors au domicile de Luc où ils découvrirent le couteau de boucher et la main dans une flaque de sang sur la table. Ils trouvèrent ensuite les autres membres dans le jardin grâce au flair de leurs chiens – belle ironie du sort — et purent éclaircir l'affaire sur les meurtres récents.


 L'enquête bouclée, le corps de Luc put enfin être inhumé en la seule présence des employés des pompes funèbres. Personne n'avait fait le déplacement pour assister aux funérailles. Pas de femme. Pas d'enfant. Pas d'ami. Pas de collègue. Personne. L'enterrement était à l'image des derniers jours de sa vie : triste et solitaire.

 Lorsque les croque-morts eurent fini leur travail et qu'ils quittèrent les lieux, un visiteur un peu particulier s'approcha. Il s'assit devant la stèle comme pour se recueillir et déposa un présent sur le sol. Il se releva et s'éloigna à petits pas. Il s'arrêta et jeta un dernier regard à la main tatouée qu'il venait de laissée sur la tombe de son maître et la tête levée vers le ciel, il émit un cri de tristesse.
« Modifié: 19 Décembre 2020 à 14:11:28 par John Lucas »

Hors ligne Earth son

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Re : Cerbère : mordre la main qui nourrit - Terminé
« Réponse #31 le: 19 Décembre 2020 à 12:35:53 »
Chouette fin.
J’aime beaucoup.
Sinon, juste un truc en passant : on dit des « croque-morts »
Merci pour cette histoire

Hors ligne Cendres

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Re : Cerbère : mordre la main qui nourrit - Terminé
« Réponse #32 le: 19 Décembre 2020 à 17:10:19 »
Tu nous révèles le secret de cette histoire.

Le chien existait vraiment, mais l'histoire ne dit pas pourquoi lui aussi avait la passion pour collectionner les mains ;)
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne John Lucas

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Re : Cerbère : mordre la main qui nourrit - Terminé
« Réponse #33 le: 19 Décembre 2020 à 20:32:19 »
Merci pour les retours :)

Le chien existe oui et non, c'est une entité fantastique on va dire^^
Pour la collection de main, je n'ai pas vraiment trouver d'explication du coup j'ai laissé place à l'imagination  ;D
Je pallierai surement à ce manque pendant la réécriture.
« Modifié: 24 Décembre 2020 à 11:44:59 par John Lucas »

Hors ligne Code 44

  • Tabellion
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Re : Cerbère : mordre la main qui nourrit - Terminé
« Réponse #34 le: 20 Décembre 2020 à 23:24:10 »
Ah le moment où je rentre dedans c'était la fin en fait.  :D Je suis du coup un peu dubitatif, je trouve cette chute brusque et peu claire (mais je retombe là dans mes réserves habituelles sur le fantastique).

Deux remarques en passant :

Citer
N'essayer surtout pas de bouger.

C'est "n'essayez", pas l'infinitif.

Et aussi :

Citer
Ne fait surtout pas ça malheureux, ce chien est le diable en personne ! Jamais un animal avait si bien porté son nom

Je trouve ça assez ampoulé comme choix de vocabulaire, surtout pour un personnage qui vient de vivre une mutilation et un accident de voiture

Hors ligne John Lucas

  • Scribe
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Re : Cerbère : mordre la main qui nourrit - Terminé
« Réponse #35 le: 24 Décembre 2020 à 11:45:31 »
Merci, je prend en note tes remarques.

 


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