Sur le champ de bataille, ne restait plus de vivante que la mascotte du régiment. C’était un chien bien dressé, aimable, qui faisait fête avec un même entrain au plus haut gradé comme au simple troufion.
Mais à présent, il n’aboyait pas, il n’agitait pas la queue, il allait l’échine basse sans comprendre pourquoi ses maîtres étaient tous endormis, là, à même le sol, eux qui avaient pour habitude de se coucher dans des lits douillets ?
Il allait, flairant l’un, puis l’autre, léchant un visage, tirant gentiment un uniforme dans l’espoir d’une réaction, d’une rebuffade peut-être, mais qui l’eût rassuré.
Alors, lorsque vint la nuit, mais personne n’était là pour le voir, il s’éloigna hésitant. Il trouva un petit coin d’herbe à proximité d’un ruisseau, et se coucha comme ses amis, puis oublia comme eux de se relever.