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26 octobre 2020 à 11:21:19
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateurs: Chapart, Claudius) » Le café de la gare d'Aulnay-sous-Bois

Auteur Sujet: Le café de la gare d'Aulnay-sous-Bois  (Lu 713 fois)

Hors ligne Chapart

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Le café de la gare d'Aulnay-sous-Bois
« le: 06 août 2020 à 23:28:50 »


Il m'était difficile d'extraire mon portefeuille de ma poche avec une seule main.

J'irais même jusqu'à dire qu'il ne m'était pas raisonnablement possible d'extraire mon portefeuille de la poche arrière droite de mon pantalon d'une seule main sans risquer de la déchirer, pour y puiser la seule carte indispensable pour aller plus avant : mon pass(e) de transports publics.

Il était donc nécessaire que je dépose mon café près du lecteur de cartes, devant les portes aux plaques de verre coulissantes.

Je m'exécutai donc.

J'ai beau me faire et me refaire la scène en long, en large et en travers, avec plus ou moins de détails, je m'explique difficilement ce qui a pu, en ce matin du 12 octobre 2017 et alors que je m'apprête à prendre le RER en gare d'Aulnay-sous-Bois, entraîner la tragédie qui a suivi. J'avais mis mon réveil à huit heures ; ayant pris connaissance d'un SMS de mon chef au moment de sommer mon téléphone de se taire (j'avais bien compris qu'il était l'heure, inutile d'en rajouter avec le même arpège décliné avec toujours plus de décibels), qui m'indiquait qu'il ne pourrait finalement pas se rendre au travail ce jour-là en raison d'une grève, et qu'il reportait donc notre meeting à une date ultérieure, date qu'il ne manquerait pas de me communiquer une fois qu'il aurait réglé d'autres aspects plus urgents, avait-il mentionné en post-scriptum, j'avais finalement décidé de dormir quelques heures de plus, et ainsi, ce n'est qu'à dix heures trente que, réveillé, je constatai, aidé par l'abondance de lumière qui transpirait des rais du store de ma chambre, qu'il devait sans doute être grand temps de songer à aller prendre un bain, nécessaire préalable quotidien à l'acceptation de l'idée d'aller travailler. Vous l'aurez compris, c'était une période plutôt calme. Oh, je serais un menteur de prétendre que mon travail me stresse, ce n'est pas ce que je veux dire par là, mais disons simplement, soulignons peut-être modestement et sans trop de détours que cette semaine-là, tout était particulièrement calme, je ne croisais pas grand monde dans les couloirs, mon chef me disait d'ailleurs se sentir seul, trop seul, il s'ennuyait, mon chef, oui, au point que je me demandai une fraction de seconde, alors que je savonnais mon mollet droit et m'étonnais comme tous les matins de l'abondance de mousse produite, dont la densité de pilosité à cet endroit-là de la surface de ma personne était à n'en pas douter une cause probable, si mon chef n'avait pas inventé de toutes pièces ladite grève dont j'ai parlé plus haut pour s'abstenir de venir passer sa journée de boulot dans un endroit où la composante sociale se voyait trop limitée à son goût. Mais ayant rapidement constaté que l'issue qu'avait prise la situation m'était plutôt favorable (je n'avais pas besoin d'être à huit heures quarante-cinq au travail, j'aurais même pu m'abstenir de m'y rendre, mais une discipline quotidienne s'impose, tout de même, on a trop tendance à l'oublier, je trouve), je n'avais pas cherché à aller effectivement vérifier sur le site de la SNCF s'il y avait bien grève ce jour-là.

Le bain passé, j'avais avalé un premier café fraîchement et musicalement régurgité de ma nouvelle cafetière Bialetti en acier inox, puis m'étais rendu à pieds à la gare RER d'Aulnay-sous-Bois (la plus proche de mon domicile) et, constatant que j'avais huit minutes à attendre avant le prochain train, m'étais octroyé après hésitation un second café au Prêt-à-Manger qui venait d'ouvrir à l'entrée du passage souterrain de la gare, côté Sud. Somme toute, rien de bien particulier, j'ai l'habitude de m'acheter un café en route, la raison de mon hésitation ce matin-là reposait intégralement sur le fait qu'il était (déjà) onze heures quinze et que je commençais à culpabiliser de me rendre au travail aussi tard, tant et si bien que si l'achat dudit café avait probablement, ou seulement potentiellement, compromis le fait que je pusse prendre le prochain RER, je m'en serais abstenu, mais s'il n'avait été que huit heures trente, j'en aurais pris un de toute manière, quitte à prendre le train suivant (la cadence est soutenue, à huit heures trente, alors qu'à onze heures passées, il est fréquent de devoir attendre le prochain RER jusqu'à vingt minutes, ce pourquoi il convient à mon sens d'élaborer une stratégie optimale, confère la discipline quotidienne dont je parlais plus haut). J'avais échangé quelques mots avec le vendeur, très serviable, il fait beau, ce matin, vous ne trouvez pas, pour un matin d'octobre, c'est vraiment un beau temps ça, oui, plutôt froid, mais il fait beau, c'est vrai, bon, apparemment ça ne va pas durer, ah bon, c'est vrai ? je ne regarde pas vraiment la météo, surtout en semaine, oui oui, ils annoncent de la grisaille pour jeudi, ma foi, on ne peut pas tout avoir, qu'est-ce que vous voulez, voici votre café, monsieur, le sucre est sur le côté, merci, merci à vous, bonne journée, bonne journée. Certes, malgré ma propension naturelle à aller vers l'autre, je n'échange de coutume pas aussi facilement avec les vendeurs, surtout à Paris, sauf lorsque je vais au marché (c'est différent, le marché, les gens se parlent) ; toutefois, je ne crois pas me tromper en supposant que cette conjonction d'éléments sortant de l'habituel (l'ouverture d'un nouveau Prêt-à-manger en gare RER d'Aulnay-sous-Bois, et le fait que celui-ci emploie un vendeur dont le sourire et la propension à la courtoisie ne sont pas celles que l'on trouve de coutume, en moyenne et quelle que soit la saison, l'heure de la journée ou la météo, dans une gare de région parisienne) ne constitue pas une raison suffisante pour expliquer ce qui, ce matin-là et peu après onze heures, allait se produire contre toute attente. 

Revenons-en aux faits.

J'avais donc déposé mon café sur le rebord des tourniquets version moderne, vous savez, cette paire de vitres qui s'écartent silencieusement comme dans un film de science fiction, laissant un espace à disposition pour se rendre dans la zone où le titre de transport est obligatoire (et où l'on peut prendre son train), que l'on s'empresse de traverser avec cette légère crainte du bug informatique qui verrait lesdites vitres se refermer au moment précis où l'on se trouve entre elles, nous sectionnant littéralement en deux morceaux, sorte de version moderne de la guillotine offrant toutefois un spectre de lignes de coupure possibles plus large que le modèle cher à la Place de la Bastille, auquel les nostalgiques ne seraient toutefois pas forcés de renoncer (il suffirait de traverser ladite zone tête baissée, et croyez-moi, beaucoup le font, même si cela présente le risque de l'autre bug informatique où les vitres ne s'écartent pas). Ainsi, je disposais de mes deux mains pour extraire mon portefeuille de ma poche arrière (droite), ce qui n'était pas du luxe : en général, la manoeuvre qui s'avère la plus efficace consiste à (dans un premier temps) ouvrir le portefeuille à l'intérieur même de la poche, de façon à diminuer son épaisseur en répartissant celle-ci sur deux niveaux, lorsque la taille de la poche le permet bien sûr, ce qui était le cas ce jour-là (même s'il convient de préciser que cette première étape nécessite en elle-même, suivant le modèle de pantalon que je porte, un effort à fournir parfois tout bonnement irréaliste, auquel cas une extraction délicate du portefeuille ventru s'impose, millimètre par millimètre, jusqu'au point de tension maximale de la couture de la poche où l'on prie pour pas entendre le petit "crac" qui, certes, faciliterait la suite du mouvement, mais mettrait fin à la vie dudit pantalon ou tout du moins sa poche arrière droite, nécessitant alors une chirurgie de celle-ci où les compétences de ma grand-mère se verraient nécessaires, sauf que, celle-ci résidant dans les Cévennes et, le problème étant que mes visites dans ses régions-là sont largement plus espacées dans le temps que mes traversées de guillotine, tous les pantalons à dispositions verraient leurs coutures lâcher bien avant une visite future à ma chère grand-mère dont il serait bien, d'ailleurs, que je prenne des nouvelles, un jour, à l'occasion, soit dit en passant).

Bref. La difficulté, donc, avec la stratégie que j'avais identifiée comme optimale, et qui consistait donc à ouvrir le portefeuille comme on déplie une table de camping à l'intérieur même de la poche, tenait plus à un risque de voir ma main subitement bloquée dans la poche par les forces en jeu, suivie de ma circulation sanguine, obligeant à un moment donné la marche arrière, ce pourquoi il fallait procéder sans risque de se coincer la main sous un portefeuille en train d'allègrement s'allonger comme un baigneur sur une chaise-longue. Je serais un menteur de prétendre que l'opération se montra facile ce jour-là, car par la force des choses, l'une des vésicules de mon portefeuille était remplie de petite monnaie plus que de coutume, vous savez, de cette petite grenaille de cuivre vile, calorifique et méprisable, sans véritable raison d'ailleurs, simplement un hasard, c'est étonnant, parfois. Toutefois, et pour éviter les complications évoquées plus haut, c'est là que l'usage des deux mains présente un avantage (à mon avis) incontestable, et je crois néanmoins pouvoir affirmer que l'opération se déroula avec succès moyennant quelques habiles et méticuleux mouvements dont j'épargne au lecteur le détail, ce qui n'est pas rien, car comme je l'ai expliqué plus haut, c'est de loin l'étape la plus délicate de cette sorte de petit rituel auquel, sous des yeux souvent perplexes, je m'adonne presque tous les matins en gare RER d'Aulnay-sous-Bois. Il ne me restait donc plus qu'à extraire mon pass(e) de transports publics, après l'avoir identifié dans un empilement de cartes qui menaçait lui aussi certaines coutures du portefeuille. La marche à suivre ici est en général la suivante : sauf si le pass(e) se trouve au-dessus de la pile, rendant ainsi sa face visible (et le rendant donc lui-même aisément identifiable et facile d'accès), je relève légèrement mes cartes, l'une après l'autre, comme on le ferait avec une pile de dossiers pour les compter, à ceci près que l'abondance de cartes et la pression exercée sur celles-ci par la poche de cuir me force en général à relever chacune d'entre elles avec plus de vigueur que ce qui s'avérerait nécessaire si j'avais là affaire à une pile de dossiers. Une fois le pass(e) localisé dans la petite dizaine (d'accord, douzaine peut-être) de rectangles de plastique, j'exerce un mouvement violent du doigt dans ma direction pour l'extraire du paquet, en faisant bien évidemment attention à l'orientation de la poche à ce moment-là, car il m'est arrivé à plusieurs reprises que, la tension entre les cartes s'étant relâchée en raison de l'absence subite de l'une d'entre elles, elles se retrouvassent toutes au sol si jamais la poche venait à présenter la mauvaise orientation.

Or, ce matin-là, il se trouve que mon pass(e) de transports publics avait pour voisine directe ma carte American Express, avec, comme sur toute carte de crédit, mon nom écrit en relief et en couleur argentée, et j'exerçais donc, en raison de mon identité qui, ainsi mise en exergue, augmentait la pression sur la carte à retirer, une force supplémentaire sur celle-ci, rendant la démarche encore plus hasardeuse. Mon nom, somme toute, appuyant donc avec vigueur sur le corps du pass(e) Navigo, risquant même de griffer ce dernier, voire de le lacérer, tant la pression entre les diverses consoeurs était déjà, sans ce détail supplémentaire auquel je n'ai généralement pas à faire face, à la limite de ce que pouvait légitimement supporter le mauvais cuir du portefeuille. Je tentai ainsi sans succès, du bout de mes doigts à la peau fragilisée par le froid (octobre, toujours octobre), d'exercer une pression aussi soutenue que possible en ma propre direction, espérant arriver à mes fins, mais je remarquai rapidement que la seule chose que je risquais de produire par ce moyen trop rustique était un saignement du bout de mes doigts, les soumettant, eux dont j'avais déjà rongé les ongles plus que de raison, à un exercice dont penser qu'ils s'en sortiraient indemnes relevait de l'inconscience (oui, Victor, tu es inconscient, crois-je d'ailleurs me rappeler m'être dit).

Je me décidai donc à tenter le tout pour le tout. 

Supposément en proie à une certaine nervosité découlant de l'échec de ma tentative décrite plus haut, et accentuée, sans nul doute, par une pression sociale liée au fait que je me trouvais devant la guillotine et que, derrière moi, plusieurs personnes venaient d'arriver, dont je ralentissais le mouvement (toutes guillerettes qu'elles semblaient à l'idée de se faire potentiellement sectionner), sans toutefois oser me mettre sur le côté, tant je me sentais idiot de trouver une difficulté à retirer une carte de mon portefeuille (elle allait bien finir par sortir, cette carte, sans blague), je finis, contrairement à ma poche, par céder, décidant d'utiliser les grands moyens et d'entreprendre d'écarter les deux cartes en usant d'un procédé plus rudimentaire mais aussi plus drastique, qui consistait et consiste d'ailleurs toujours à introduire deux doigts entre lesdites cartes, et à les laisser exercer des pressions opposées et de même (et forte) intensité en direction des principales intéressées, à savoir d'une part celle qui m'était nécessaire pour me rendre sur mon lieu de travail (i.e., mon pass(e) Navigo), et d'autre part, celle où mon nom était écrit en relief comme une petite chaîne de montagnes, constituée de pics argentés qui avaient d'ailleurs semé quelques paillettes aux alentours et jusqu'à l'extérieur de la poche. J'étais bien conscient que je mettais potentiellement la survie de mon portefeuille, ou tout du moins de l'un de ses organes, en danger. Je me demandai, alors que l'écart semblait devenir suffisant et que mes doigts commençaient à trembler sous l'effet de la force de réaction des cartes, voire à faire trembler l'ensemble de ce qui se trouvait au-delà de mon avant-bras droit, de façon visible et apparente pour le badaud λ qui se serait trouvé face à moi ou plus réalistement derrière moi ce matin-là en gare RER d'Aulnay-sous-Bois, gagnant rapidement jusqu'à l'épaule, si l'écart entre les deux cartes était suffisant pour que je pusse procéder à l'extraction sans risquer d'être inquiété ; ne laissant le doute persister que quelques secondes, étant arrivé à la conclusion qu'il faut parfois savoir vivre dangereusement en se passant de trop nombreuses analyses, je décidai donc, au moyen du doigt collé à mon pass(e) de transport public, de pousser ce dernier par petits à-coups vers l'extérieur, et c'est là, alors que la manoeuvre était aux deux tiers, disons aux trois quarts achevée, et que mon pass(e) s'apprêtait à tomber sur le sol comme un petit flocon de première neige, que la poche se rompit.

La pression trop forte exercée du côté du pass(e) fit partir ma main sur le côté, les cartes giclèrent en l'air dans un feu d'artifice spontané, sorte de petite boule multicolore et éphémère, avant qu'elles ne tombent toutes sur le sol, mais c'était là un moindre mal, car comme je le disais, avant même d'ailleurs que ces dernières n'eussent atteint le sol, ma main droite était partie sur le côté, et finit par frapper le petit mur de métal qui séparait deux guillotines.

Ma main heurta de plein fouet le coin du dispositif, ce qui m'égratigna la peau à cet endroit-là, mais ce n'est pas vraiment là le problème. Car ma main ricocha vers le haut et poursuivit sa course.

C'est là que mon café se renversa. 
« Modifié: 04 octobre 2020 à 19:30:35 par Chapart »

Hors ligne Mathieu

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Re : Le café de la gare d'Aulnay-sous-Bois
« Réponse #1 le: 06 août 2020 à 23:49:42 »
Jubilatoire !! Merci pour ce bon moment passé à lire cet incroyable aventure !

Hors ligne Earth son

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Re : Le café de la gare d'Aulnay-sous-Bois
« Réponse #2 le: 07 août 2020 à 07:45:44 »
Hé bien, quelles péripéties !
J’admire ta capacité à en faire des tonnes autour d’un petit événement tout en restant intéressant et pas lourd. Bravo, j’en suis incapable.
J’avoue, quand même, quand j’ai vu arriver la fin du texte, j’ai été moins concentrée sur les derniers paragraphes. Mais je me suis rattrapée.  ;D

Hors ligne Chapart

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Re : Le café de la gare d'Aulnay-sous-Bois
« Réponse #3 le: 08 août 2020 à 12:19:59 »

Merci à tous les deux de votre passage ! Je suis effectivement moins convaincu par la fin, et d'ailleurs j'ai mis pas mal de temps avant de me décider à poster ce texte parce que je trouvais qu'il y a quelque chose qui se perdait en court de route et que le style devenait plus répétitif et moins imagé sur la fin...

En tous cas c'est cool qu'il vous ait plu, j'avais envie de poster un truc plus léger que ce que je fais d'habitude parce que je trouve l'ambiance un peu pesante en ce moment dans ce bas monde  :mrgreen:

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Hors ligne Earth son

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Re : Le café de la gare d'Aulnay-sous-Bois
« Réponse #4 le: 08 août 2020 à 12:40:02 »
Juste une petite remarque :

Pourquoi pass(e) ? Un pass c'est bon, non ?


Hors ligne Anges Addison

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Re : Le café de la gare d'Aulnay-sous-Bois
« Réponse #5 le: 10 août 2020 à 12:00:48 »
Yes j'ai passé un agréable moment de lecture avec ton texte... C'est tout bon :) :) :)

Hors ligne Chapart

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Re : Re : Le café de la gare d'Aulnay-sous-Bois
« Réponse #6 le: 10 août 2020 à 19:58:36 »
Coucou,

Juste une petite remarque :

Pourquoi pass(e) ? Un pass c'est bon, non ?

Oh, je crois que ça se voulait être un clin d'oeil à l'évolution du mot vers son confrère anglophone... cela dit, si jamais ça gêne et qu'on bute dessus au fil du texte, je le retire  ^^

(et je crois que vu la difficulté du personnage à retrouver ce "passe", ça a dû m'évoquer le mot original, voire "mot de passe", peut-être)

Yes j'ai passé un agréable moment de lecture avec ton texte... C'est tout bon :) :) :)

Merci de ton passage !  :)

En ligne Milora

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Re : Le café de la gare d'Aulnay-sous-Bois
« Réponse #7 le: 20 août 2020 à 00:20:04 »
J'ai ri  :mrgreen:

J'aime beaucoup le côté ultra sérieux de la narration qui raconte pourtant n'importe quoi, avec une grande méticulosité et juste assez d'autodérision pour ne pas briser l'effet de décalage produit par son ton sérieux :D En plus, niveau longueur, le texte s'arrête pile au moment où on commence à se demander si ça va véritablement arriver quelque part, ce qui fait que la chute est bienvenue.

Dans le détail :

Citer
je n'avais pas cherché à aller effectivement vérifier sur le site de la SNCF s'il y avait bien grève ce jour-là.
Mais du coup, s'il y avait grève, il pourrait pas prendre son RER...?

Citer
ce n'est qu'à dix heures trente
Chipotage, mais vu qu'avant tu avais écrit "8 heures" et plus loin, "8h45", faudrait harmoniser la typographie des heures (en chiffres ou en lettres).

Citer
J'avais échangé quelques mots avec le vendeur, très serviable, il fait beau, ce matin, vous ne trouvez pas, pour un matin d'octobre, c'est vraiment un beau temps ça, oui, plutôt froid, mais il fait beau, c'est vrai, bon, apparemment ça ne va pas durer, ah bon, c'est vrai ? je ne regarde pas vraiment la météo, surtout en semaine, oui oui, ils annoncent de la grisaille pour jeudi, ma foi, on ne peut pas tout avoir, qu'est-ce que vous voulez, voici votre café, monsieur, le sucre est sur le côté, merci, merci à vous, bonne journée, bonne journée. Certes, malgré ma propension naturelle à aller vers l'autre, je n'échange de coutume pas aussi facilement avec les vendeurs, surtout à Paris, sauf lorsque je vais au marché (c'est différent, le marché, les gens se parlent) ; toutefois, je ne crois pas me tromper en avançant l'hypothèse qui consiste à prétendre que cette conjonction d'éléments sortant de l'habituel (l'ouverture d'un nouveau Prêt-à-manger en gare RER d'Aulnay-sous-Bois, et le fait que celui-ci emploie un vendeur dont le sourire et la propension à la courtoisie ne sont pas celles que l'on trouve de coutume, en moyenne et quelle que soit la saison, l'heure de la journée ou la météo, dans une gare de région parisienne) ne constitue pas une raison suffisante pour expliquer ce qui, ce matin-là et peu avant onze heure pétantes, allait se produire contre toute attente. 
:D

Citer
Trêve de digressions, revenons-en aux faits.
Je suis pas fan : ça coupe la dynamique et le rythme qui s'installait, et c'est un peu comme si le texte se commentait lui-même (en avouant qu'il digresse), alors qu'il n'est qu'une digression qui se prend pour un récit de faits importants, je trouve que c'est plus drôle quand ça n'est pas commenté par le texte lui-même.

Citer
des tourniquets version moderne, vous savez, cette paire de vitres qui s'écartent silencieusement comme dans un film de science fiction, laissant un espace à disposition pour se rendre dans la zone où le titre de transport est obligatoire (et où l'on peut prendre son train), que l'on s'empresse de traverser avec cette légère crainte du bug informatique qui verrait lesdites vitres se refermer au moment précis où l'on se trouve entre elles, nous sectionnant littéralement en deux morceaux,
Mais trop :D

Citer
l les nostalgiques ne seraient toutefois pas forcés de renoncer (il suffirait de traverser ladite zone tête baissée, et croyez-moi, beaucoup le font, même si cela présente le risque de l'autre bug informatique où les vitres ne s'écartent pas).
;D

Citer
nécessitant alors une chirurgie de celle-ci où les compétences de ma grand-mère se verraient nécessaires, sauf que, celle-ci résidant dans les Cévennes et, le problème étant que mes visites dans ses régions-là sont largement plus espacées dans le temps que mes traversées de guillotine, tous les pantalons à dispositions verraient leurs coutures lâcher bien avant une visite future à ma chère grand-mère dont il serait bien, d'ailleurs, que je prenne des nouvelles, un jour, à l'occasion, soit dit en passant).
;D

Citer
ce qui s'avérerait nécessaire si j'avais là affaire à un paquet de copies.
C'est du détail mais cette remarque évoque un imaginaire de prof, alors que le contexte du début (le chef, le meeting) mobilise plutôt un cadre de travail en entreprise. Comme on a aucune indication sur le vrai métier du narrateur, je trouve que ces deux images se télescopent un peu.

Citer
(aka mon pass(e) Navigo)
Je chipote mais je trouve que le "aka" ça fait très "argot d'internet", ça me semble détoner par rapport au reste du texte qui s'enfonce dans des tournures analytiques tarabiscotées qui font son charme.

Citer
Mon nom, somme toute, appuyant donc avec vigueur sur le corps du pass(e) Navigo, risquant même de griffer ce dernier, voire de le lacérer, tant la pression entre les diverses consoeurs était déjà, sans ce détail supplémentaire auquel je n'ai généralement pas à faire face, à la limite de ce que pouvait légitimement supporter le mauvais cuir du portefeuille. Je tentai ainsi sans succès, du bout de mes doigts à la peau fragilisée par le froid (octobre, toujours octobre), d'exercer une pression aussi soutenue que possible en ma propre direction, espérant arriver à mes fins, mais je remarquai rapidement que la seule chose que je risquais de produire par ce moyen trop rustique était un saignement du bout de mes doigts, les soumettant, eux dont j'avais déjà rongé les ongles plus que de raison, à un exercice dont penser qu'ils s'en sortiraient indemnes relevait de l'inconscience
J'adore comment ça devient totalement épique, alors que c'est n'importe quoi :D

Citer
étant arrivé à la conclusion qu'il faut parfois savoir vivre dangereusement en se passant de trop nombreuses analyses (j'avais déjà l'air suffisamment ridicule comme ça),
J'aime pas trop cette parenthèse parce qu'elle retire du poids à la partie d'avant - or c'est la partie d'avant qui est drôle (vu que le narrateur est totalement en train de tout sur-analyser).


Et à la première lecture j'avais repéré une répétition de qui/que qui m'avait gênée sur un bout de phrase, mais je la retrouve plus. C'était peut-être là :
Citer
je ne crois pas me tromper en avançant l'hypothèse qui consiste à prétendre que cette conjonction d'éléments

Je suis un peu déçue par la fin. Je crois que je m'attendais à ce que, après cette loooongue digression sur les trucs inutiles, la chute soit un truc véritablement grave, expédié en une demie ligne.
Du coup, que ce soit juste le café qui tombe, je me suis dit que c'était un peu trop dans l'entre-deux, que ça faisait pas une nette rupture avec le reste, et que ça pourrait avoir plus d'impact. En même temps, le café était annoncé au début, mais peut-être qu'il aurait pu être lui aussi mis en avant au cours de la digression, pour qu'à la fin ça ait un sens plus fort, comme chute du texte ? Je sais pas, un truc qui marque plus la rupture à la fin ? (Au niveau du rythme, ton texte me rappelle cet effet comique où un personnage court au ralenti sur fond de musique épique pendant longtemps et, tout d'un coup, s'assomme contre un mur ; du coup j'attendais le mur, à la fin ^^).

J'ai pas noté tous les endroits où j'ai ri en lisant, parce que c'est pas vraiment une tournure particulière mais l'effet d'accumulation qui finit par être drôle. En tout cas, j'ai vraiment bien aimé le texte, qui laisse sur une impression malicieuse de "mais lol, n'importe quoi" - mais un n'importe quoi contrôlé et bien maîtrisé.

Merci pour cette lecture ! :mafio:
« Modifié: 20 août 2020 à 01:28:08 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Chapart

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Re : Re : Le café de la gare d'Aulnay-sous-Bois
« Réponse #8 le: 06 septembre 2020 à 13:06:25 »

Merci beaaaucoup pour ce méga commentaire et pardon pour le retard !

Citer
je n'avais pas cherché à aller effectivement vérifier sur le site de la SNCF s'il y avait bien grève ce jour-là.
Mais du coup, s'il y avait grève, il pourrait pas prendre son RER...?

Le RER, c'est la RATP  :huhu:

Citer
ce n'est qu'à dix heures trente
Chipotage, mais vu qu'avant tu avais écrit "8 heures" et plus loin, "8h45", faudrait harmoniser la typographie des heures (en chiffres ou en lettres).

Bien vu ! C'est corrigé. Du coup j'ai tout mis en lettres, il me semble que ça colle mieux avec les phrases longues et le propos qui digresse.

Citer
Trêve de digressions, revenons-en aux faits.
Je suis pas fan : ça coupe la dynamique et le rythme qui s'installait, et c'est un peu comme si le texte se commentait lui-même (en avouant qu'il digresse), alors qu'il n'est qu'une digression qui se prend pour un récit de faits importants, je trouve que c'est plus drôle quand ça n'est pas commenté par le texte lui-même.

C'est une remarque très judicieuse. J'ai retiré "Trêve de digressions" et n'ai gardé que "Revenons-en aux faits" (parce que je crois que je préfère avoir cette coupure rythmique assez nette entre deux passages qui partent un peu dans tous les sens).

Citer
l les nostalgiques ne seraient toutefois pas forcés de renoncer (il suffirait de traverser ladite zone tête baissée, et croyez-moi, beaucoup le font, même si cela présente le risque de l'autre bug informatique où les vitres ne s'écartent pas).
;D

Pour le coup j'avais hésité à garder cette partie-là de la phrase.

Citer
ce qui s'avérerait nécessaire si j'avais là affaire à un paquet de copies.
C'est du détail mais cette remarque évoque un imaginaire de prof, alors que le contexte du début (le chef, le meeting) mobilise plutôt un cadre de travail en entreprise. Comme on a aucune indication sur le vrai métier du narrateur, je trouve que ces deux images se télescopent un peu.

j'ai remplacé "paquet de copies" par "pile de dossiers"

Citer
(aka mon pass(e) Navigo)
Je chipote mais je trouve que le "aka" ça fait très "argot d'internet", ça me semble détoner par rapport au reste du texte qui s'enfonce dans des tournures analytiques tarabiscotées qui font son charme.

j'avoue. J'ai remplacé par "i.e."  :mrgreen:

Citer
étant arrivé à la conclusion qu'il faut parfois savoir vivre dangereusement en se passant de trop nombreuses analyses (j'avais déjà l'air suffisamment ridicule comme ça),
J'aime pas trop cette parenthèse parce qu'elle retire du poids à la partie d'avant - or c'est la partie d'avant qui est drôle (vu que le narrateur est totalement en train de tout sur-analyser).

j'avais hésité à la garder. Du coup je vire.

Et à la première lecture j'avais repéré une répétition de qui/que qui m'avait gênée sur un bout de phrase, mais je la retrouve plus. C'était peut-être là :
Citer
je ne crois pas me tromper en avançant l'hypothèse qui consiste à prétendre que cette conjonction d'éléments

c'est une modification que j'avais faite après coup et oui, la tournure est pas très heureuse. J'ai remplacé par

"toutefois, je ne crois pas me tromper en supposant que cette conjonction d'éléments sortant de l'habituel"

(même si je suis pas à 200% convaincu par le verbe "supposer")

Je suis un peu déçue par la fin. Je crois que je m'attendais à ce que, après cette loooongue digression sur les trucs inutiles, la chute soit un truc véritablement grave, expédié en une demie ligne.
Du coup, que ce soit juste le café qui tombe, je me suis dit que c'était un peu trop dans l'entre-deux, que ça faisait pas une nette rupture avec le reste, et que ça pourrait avoir plus d'impact. En même temps, le café était annoncé au début, mais peut-être qu'il aurait pu être lui aussi mis en avant au cours de la digression, pour qu'à la fin ça ait un sens plus fort, comme chute du texte ? Je sais pas, un truc qui marque plus la rupture à la fin ? (Au niveau du rythme, ton texte me rappelle cet effet comique où un personnage court au ralenti sur fond de musique épique pendant longtemps et, tout d'un coup, s'assomme contre un mur ; du coup j'attendais le mur, à la fin ^^).

Je vois ce que tu veux dire ; en fait, je la voyais plutôt comme une chute où, pour le narrateur, c'est quelque chose de véritablement grave, la chute du café ; en espérant que le fait qu'il sur-analyse absolument tout, y compris (et essentiellement) des éléments parfaitement anodins, fasse transpirer l'idée que pour lui, la chute du café est véritablement un truc ultra grave. C'est plutôt dans ce sens-là que je la vois. Du coup il faudrait que j'insiste un peu plus sur cette idée au fil du texte (et peut-être, en effet, que le café soit mis un peu plus en avant dans les digressions), parce qu'en l'état ça semble pas fonctionner.

J'y réfléchis...

Merci pour cette lecture ! :mafio:

Et merci encore pour ce commentaire qui m'est vraiment très utile  :)

Hors ligne Laura CRD

  • Tabellion
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Re : Le café de la gare d'Aulnay-sous-Bois
« Réponse #9 le: 09 septembre 2020 à 11:10:11 »
Bonjour,

C'est exactement ce que j'adore !
Je pense qu'il faut du talent pour réussir à tenir son lecteur en haleine avec autant de descriptions, de détails et de digressions. C'est très bien écrit, très précis. Un vrai exercice de style !
J'aime ce côté absurde et obsessionnel du narrateur.
Pour moi, la chute fonctionne. Je la trouve très bien justement parce-qu'elle est courte et consiste en un incident anodin. Contrairement à Milora, je ne m'attendais pas à quelque chose d'énorme, d'autant que la chute est annoncée en début de texte. Je voyais le texte se déployer, enfler, grossir, prendre des proportions inattendues, le tout en me disant "tout ça pour finir avec une goutte de café par terre, c'est vraiment fort !(de café ? (pardon))".
Le côté obsessionnel du personnage permet cela. On sait qu'il observe tout avec un microscope, qu'il trouve des liens de cause à effet à chaque micro-événement. Du coup, tout ce texte pour la tasse renversée, cela me parait non seulement fonctionner mais en plus, être très très drôle.
C'est un texte que j'aimerais entendre sur scène, dans un tout petit théâtre, un peu cabaret. Non ?

Juste un petit bémol au sujet de la longueur des phrases. C'est évidemment un effet recherché et volontaire et cela fonctionne sur quasiment tout le texte mais il y a un endroit où j'ai accroché : 

Citer
J'avais mis mon réveil à huit heures mais finalement, ayant pris connaissance d'un SMS de mon chef au moment de sommer mon téléphone de se taire (j'avais bien compris qu'il était l'heure, inutile d'en rajouter avec le même arpège décliné avec toujours plus de décibels), qui m'indiquait qu'il ne pourrait finalement pas se rendre au travail ce jour-là en raison d'une grève, et qu'il reportait donc notre meeting à une date ultérieure, date qu'il ne manquerait pas de me communiquer une fois qu'il aurait réglé d'autres aspects plus urgents, avait-il mentionné en post-scriptum, j'avais décidé de dormir quelques heures de plus, et ainsi, ce n'est qu'à dix heures trente que, réveillé, je constatai, aidé par l'abondance de lumière qui transpirait des rais du store de ma chambre, qu'il devait sans doute être grand temps de songer à aller prendre un bain, nécessaire préalable quotidien à l'acceptation de l'idée d'aller travailler.
J'ai eu du mal à retrouver le lien entre "mais finalement" et "j'avais décidé".
Peut-être que comme c'est le début du texte, je n'étais pas encore dans le rythme mais même en y reregardant, c'est un peu... acrobatique.

Sinon, bravo !

Hors ligne Chapart

  • Modo
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Re : Re : Le café de la gare d'Aulnay-sous-Bois
« Réponse #10 le: 12 septembre 2020 à 12:02:09 »
Bonjour Laura CRD,

Merci beaucoup pour ta lecture et ton retour ! C'est chouette si le texte t'a plu.

Je voyais le texte se déployer, enfler, grossir, prendre des proportions inattendues, le tout en me disant "tout ça pour finir avec une goutte de café par terre, c'est vraiment fort !(de café ? (pardon))".

 :D

C'est un texte que j'aimerais entendre sur scène, dans un tout petit théâtre, un peu cabaret. Non ?

Oh, je n'y ai jamais pensé ! Je ne sais pas si les phrases longues seraient digestes à l'oral (j'ai l'impression que la façon dont les virgules sont placées est très important dans ce type de phrase, et je sais pas ce que ça donnerait à l'oral... mais peut-être qu'en jouant sur l'intonation ça pourrait marcher).

Juste un petit bémol au sujet de la longueur des phrases. C'est évidemment un effet recherché et volontaire et cela fonctionne sur quasiment tout le texte mais il y a un endroit où j'ai accroché : 

Citer
J'avais mis mon réveil à huit heures mais finalement, ayant pris connaissance d'un SMS de mon chef au moment de sommer mon téléphone de se taire (j'avais bien compris qu'il était l'heure, inutile d'en rajouter avec le même arpège décliné avec toujours plus de décibels), qui m'indiquait qu'il ne pourrait finalement pas se rendre au travail ce jour-là en raison d'une grève, et qu'il reportait donc notre meeting à une date ultérieure, date qu'il ne manquerait pas de me communiquer une fois qu'il aurait réglé d'autres aspects plus urgents, avait-il mentionné en post-scriptum, j'avais décidé de dormir quelques heures de plus, et ainsi, ce n'est qu'à dix heures trente que, réveillé, je constatai, aidé par l'abondance de lumière qui transpirait des rais du store de ma chambre, qu'il devait sans doute être grand temps de songer à aller prendre un bain, nécessaire préalable quotidien à l'acceptation de l'idée d'aller travailler.

Effectivement, celle-ci est exagérément longue... d'un autre côté, j'avais envie de la laisser pour que ça situe un peu le personnage et son côté maniaque de l'analyse ; est-ce que tu penses que ça fonctionne mieux si je la modifie en


J'avais mis mon réveil à huit heures ; ayant pris connaissance d'un SMS de mon chef au moment de sommer mon téléphone de se taire (j'avais bien compris qu'il était l'heure, inutile d'en rajouter avec le même arpège décliné avec toujours plus de décibels), qui m'indiquait qu'il ne pourrait finalement pas se rendre au travail ce jour-là en raison d'une grève, et qu'il reportait donc notre meeting à une date ultérieure, date qu'il ne manquerait pas de me communiquer une fois qu'il aurait réglé d'autres aspects plus urgents, avait-il mentionné en post-scriptum, j'avais finalement décidé de dormir quelques heures de plus, et ainsi, ce n'est qu'à dix heures trente que, réveillé, je constatai, aidé par l'abondance de lumière qui transpirait des rais du store de ma chambre, qu'il devait sans doute être grand temps de songer à aller prendre un bain, nécessaire préalable quotidien à l'acceptation de l'idée d'aller travailler.


(c'est pas vraiment plus court mais je me demande si ça passe mieux)

Merci encore pour ce commentaire !

Hors ligne Laura CRD

  • Tabellion
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Re : Le café de la gare d'Aulnay-sous-Bois
« Réponse #11 le: 21 septembre 2020 à 13:32:56 »
Bonjour,

Je pense qu'effectivement ta phrase fonctionne mieux. Je vois le lien de cause à effet entre "ayant pris connaissance" et "je décidai".

Et je pense vraiment qu'à l'oral, ça pourrait être formidable. Cela pourrait sans doute même aider à replacer certaines virgules qui seraient éventuellement mal placées. Reste à trouver un super comédien... avec beaucoup de souffle !
Pour la petite anecdote, je suis allée voir il y a quelques années "Savoir enfin qui nous buvons" de Sébastien Barrier, un spectacle qui dure environ 7h, pendant lesquelles le comédien ne fait que parler (de vin) et digresse beaucoup. Il explique que pour lui les phrases sont comme des marguerites : il part d'un sujet (le coeur de la fleur), s'éloigne sur une autre idée, puis revient à son point de départ (cela fait une boucle) avant de repartir à nouveau sur une autre idée qui rejoindra plus tard le sujet initial. En expliquant cela, il trace des pétales dans l'air avec son doigt. Je ne sais pas si c'est très clair quand c'est moi qui explique mais en tout cas, c'est très beau !

Bonne continuation !
Au plaisir de lire d'autres de tes textes.

Hors ligne Chapart

  • Modo
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  • Messages: 1 685
Re : Re : Le café de la gare d'Aulnay-sous-Bois
« Réponse #12 le: 04 octobre 2020 à 19:34:31 »

Salut,

Je pense qu'effectivement ta phrase fonctionne mieux. Je vois le lien de cause à effet entre "ayant pris connaissance" et "je décidai".

Du coup j'ai modifié, merci beaucoup !

Et je pense vraiment qu'à l'oral, ça pourrait être formidable. Cela pourrait sans doute même aider à replacer certaines virgules qui seraient éventuellement mal placées. Reste à trouver un super comédien... avec beaucoup de souffle !
Pour la petite anecdote, je suis allée voir il y a quelques années "Savoir enfin qui nous buvons" de Sébastien Barrier, un spectacle qui dure environ 7h, pendant lesquelles le comédien ne fait que parler (de vin) et digresse beaucoup. Il explique que pour lui les phrases sont comme des marguerites : il part d'un sujet (le coeur de la fleur), s'éloigne sur une autre idée, puis revient à son point de départ (cela fait une boucle) avant de repartir à nouveau sur une autre idée qui rejoindra plus tard le sujet initial. En expliquant cela, il trace des pétales dans l'air avec son doigt. Je ne sais pas si c'est très clair quand c'est moi qui explique mais en tout cas, c'est très beau !

ça a l'air chouette ce spectacle !

Pour les lectures de textes, si jamais, c'est quelque chose qui se fait sur le forum : dans l'Audiothèque, des membres peuvent proposer des enregistrements de lectures de textes du forum. On sait jamais, si tu te sens de faire une lecture  :mrgreen:

Au plaisir aussi de lire un de tes textes !


Hors ligne Laura CRD

  • Tabellion
  • Messages: 31
Re : Le café de la gare d'Aulnay-sous-Bois
« Réponse #13 le: 09 octobre 2020 à 14:51:13 »
Salut,

Je ne connais pas encore bien le forum alors merci pour l'information sur l'audiothèque !
Une lecture de ton texte ? Heu...  Il faudrait boire beaucoup de café avant mais j'aurais peur d'en renverser...

A bientôt.

Hors ligne H.K

  • Buvard
  • Messages: 1
Re : Le café de la gare d'Aulnay-sous-Bois
« Réponse #14 le: 17 octobre 2020 à 23:00:31 »
Le texte est plein d'originalité, tant dans le thème que dans le style, ce qui est très appréciable. L'ambiance qui s'en dégage fait preuve de cohérence et de consistance.
Toutes les digressions du personnages sont bien maîtrisées, et cette banalité réaliste du quotidien qui devient, à cause de la méticulosité du personnage, presque surréaliste, est très intéressante.
Le caractère du personnage, le centre même du texte, qui se devine par le style employé, est indéniablement bien travaillé. J'ai été face, non pas à un personnage plat, mais bien tout en relief.
J'avoue tout de même avoir trouvé le texte assez lourd par manque de changement de rythme dans la narration. Toutes les phrases m'ont semblés êtres dites avec la même longueur, le même ton.
Mais en même temps, c'est bien ce qui fait l'une des caractéristiques du personnage. Je reste donc assez indécise sur cette "lourdeur" ressentie.
Quant à la chute, je la trouve parfaite, en accord avec l'ensemble du texte tout en étant inattendue. Elle est l'une des forces du texte, justement parce que l'on se dit :"Tout ça, pour ça ?!"
Il me reste une interrogation sur la mise en page même. Pourquoi avoir décidé de commencer avec des phrases détachées les unes des autres par des sauts de paragraphe ?
Merci pour ce partage ^^

 


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