Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Départ

Auteur Sujet: Départ  (Lu 3413 fois)

Hors ligne Smaragdi

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Départ
« le: 20 Juillet 2020 à 09:17:09 »
Bonjour à tous, voici un petit texte que j'ai écrit récemment (très récemment pour le début en fait, la fin date d'il y a quelques semaines, donc je ne l'ai pas vraiment retravaillé). J'ai une idée de suite, que j'écrirais peut-être un jour, si l'envie m'en vient. Comme d'habitude, je suis ouverte à toute critiques  :)


- Vicky, dépêche-toi. C'est l'heure d'y aller.
- J'arrive maman !
La jeune fille dévala l'escalier, entrainant dans son sillon une énorme valise. Son frère qui l'attendait en bas des marches lui fit un signe de la main. Avec ses cheveux bruns, ses yeux noisette et son visage rond, il lui ressemblait. Quand Vicky arriva à sa hauteur, elle le prit dans ses bras. Le jeune garçon de onze ans essayait tant bien que mal de retenir ses larmes, mais malgré tous ses efforts, deux gouttes traversèrent le rempart de ses cils. Vicky les attrapa à la volée et, sans un mot, déposa un baiser sur son front. Ils avaient neuf ans d'écart mais avaient toujours été très complices. Vicky n'avait que trop souffert d'être enfant unique. Avec un père qui passait la majeure partie de son temps en voyage d'affaires et une mère qui n'avait pas toujours été présente, préférant une bonne bouteille à la compagnie de sa fille, elle était restée seule, sans frère ni sœur avec qui jouer. Alors, quand sa mère lui avait annoncé qu'elle était enceinte, Vicky s'était promis qu'elle ne laisserait jamais son frère s'ennuyer autant qu'elle. Le garçon essuya les larmes qui perlaient sur ses joues et essaya tant bien que mal de parler. Chaque fois que quelque chose le troublait ou l'attristait, il ne pouvait empêcher sa voix de bégayer. Cela lui avait valu de nombreuses moqueries à l'école mais Vicky avait toujours su le consoler.
- B-b-bon voyage Vic.
La jeune fille répondît en ébouriffant les cheveux courts de l'enfant. Isabelle, qui attendait impatiemment, attrapa la valise des mains de sa fille et se dirigea vers la voiture en soupirant. Ses enfants étaient bien trop sensibles. Ce n'était qu'un départ, Jonathan reverrait sa sœur dans six mois, pas la peine d'en faire un drame. Elle leur laissa néanmoins le temps de se dire adieu. Même si elle n'avait jamais compris leur complicité, elle savait que c'était important pour eux. Dans la maison, Vicky souriait.
- Quand je reviendrais, tu me montreras comme tes cheveux seront longs.
Le garçon hocha la tête. Il avait promis à sa sœur qu'il se laisserait pousser les cheveux durant son absence. Elle avait toujours insisté pour qu'il ait les cheveux longs. Pour elle, cela mettrait en valeur son visage qui gardait encore les rondeurs de l'enfance. Lui détestait cette coiffure, sa chevelure rase lui convenaient parfaitement. Pourtant, pour faire plaisir à Vicky, il le ferait. Comme ça, chaque fois qu'il maudirait les mèches qui lui tombent dans les yeux, il penserait un peu à sa sœur. Les larmes commençaient à nouveau à jaillir. Jonathan se détourna. Il devait être fort. Fort comme sa grande sœur qui allait traverser l'océan pour étudier. Cette pensée le réconforta. Jonathan avait une peur inconsidérée de la mer. Cette grande étendue d'eau, profonde et destructrice le tétanisait. Il admirait Vicky et le courage qu'elle avait de partir si loin, même si ça le rendait triste.
- A-a-au revoir Vic.
- Au revoir Jo répondît-elle, d'un ton enjoué.
Et elle sortit de la maison, rapidement, en courant à moitié, ses longs cheveux bruns flottant dans son dos, le sourire aux lèvres. Jonathan la regarda s'éloigner, les joues humides et le cœur gros.
Vicky entra en trombe dans l'Audi rouge de sa mère. Cette dernière l'attendait, une cigarette coincée entre ses lèvres roses. La jeune fille fit un geste de la main pour chasser la fumée qui envahissait l'habitacle, en vain, et referma la portière derrière elle. Isabelle démarra vivement, sans un mot. Durant le trajet, uniquement rythmé par les vrombissements du moteur, Vicky se rendit compte que le visage de sa mère semblait soucieux. Le masque insondable qu'elle affichait habituellement, et dont Vicky savait qu'il n'était qu'une façade, semblait s'être fissuré. La jeune fille ne dit pas un mot. Elle savait qu'il valait mieux ne pas le faire remarquer à sa mère qui se mettrait sûrement en colère. Peut-être Vicky arriverait-elle à lire un peu d'humanité sur ce visage dont le maquillage hors de prix essayait de cacher les premiers signes de la vieillesse. Vicky venait d'une famille riche. Bien trop riche à son goût. Son père, PDG d'une grande entreprise, avait fait fortune il y a quelques années. Dès lors, sa mère avait arrêté de travailler. Ils faisaient désormais partie de ces nouveaux riches que Vicky n'avait cessé de mépriser durant sa scolarité. Ces gens-là se croyaient toujours mieux que quiconque, imbus de leur personne et méprisants. Elle détestait ces individus, dont sa mère faisait partie, et qui passaient leur temps à descendre les autres. Vicky voulait juste être une fille normale, faisant des études normales, dans un établissement normal. Elle ne voulait pas qu'on l'envie, elle ne voulait pas qu'on l'adore. Alors, elle était allée à la fac, malgré l'insistance de sa mère pour lui payer un professeur particulier. Et aujourd'hui, elle partait aux États Unis pour continuer ses études par un semestre à l'étranger. Sa mère la tira de ses pensées.
- Tu as ton passeport ?
Vicky opina. Isabelle écrasa sa cigarette et la balança par la fenêtre. La jeune fille se crispa. Avec la chaleur qu'il faisait, elle espérait que le mégot ne déclenche pas un feu. De cela, sa mère se moquait éperdument, mais pas elle.
- Bien. Et ton billet ?
Vicky acquiesça. Le visage de sa mère s'était de nouveau fermé. Elle tourna la tête vers la fenêtre et regarda le paysage défiler à toute allure. Elle eut un léger pincement au cœur. Tout à l'heure, dans la maison, elle avait bien failli se laisser aller à l'émotion, et verser aussi quelques larmes. Son frère lui manquerait, c'était certain. Mais ce voyage, elle avait toujours rêvé de le faire. Alors elle avait saisi sa chance. Ce n'était pas le moment de renoncer. Vicky commençait à sentir les petits picotements dans ses yeux, ceux qui annonçaient une pluie de larmes. Elle se concentra sur le paysage, pour ne plus rien penser. Les champs de blé doraient au soleil, les vaches paissaient dans des prairies grillés par la chaleur. Il faisait bon, si tôt le matin, mais Vicky savait que la chaleur allait bientôt devenir insupportable. Ici, la canicule n'en finissait pas. Au moins, sur l'océan elle n'aurait pas trop chaud. Elle sourit à l'idée de traverser l'Atlantique en bateau. Elle avait toujours voulu naviguer. Encore une fois, sa mère avait insisté pour qu'elle prenne un jet privé, mais Vicky détestait les avions. Elle avait réussi, tant bien que mal, à faire entendre raison à Isabelle qui, en grognant, avait accepté d’acheter un billet pour une traversée. Vicky avait alors sauté de joie et embrassé sa mère. Ce qu'elle voulait, elle, c'était sentir l'immense masse d'eau sous ses pieds se mouvoir au ralenti. Le voyage serait plus long, plusieurs semaines de traversée, mais cela ne la dérangeait en rien. C'était comme prendre des vacances, loin de toute cette riche folie qui berçait ses journées. Devant ses yeux, le paysage se transforma. Le gris du béton remplaça l'ocre des champs et les hommes pressés prirent la place des tranquilles vaches. Elles arriveraient bientôt au port. Enfin, la voiture s'arrêta sur un parking presque désert et Vicky descendit. L'air ne sentait pas bon la mer mais portait plutôt une odeur désagréable de carburant et de pollution. Elle fronça le nez et se dirigea vers le bâtiment, traînant sa grosse valise derrière elle. A l'intérieur, des personnes patientaient, parfois discutant avec animation, parfois somnolant sur des bancs. Une boutique proposait des boissons et des croissants. Un couple était attablé, savourant un café noir et quelques gâteaux. Isabelle offrit à sa fille un jus d'orange, que Vicky descendit d'une traite, en observant les autres voyageurs. Avec son tailleur bien ajusté et son maquillage prononcé, sa mère se distinguait des autres. Leur jean ample et leur t-shirt bariolé donnaient un aspect décontracté aux autres voyageurs. Un verre d'alcool à la main, malgré l'heure matinale, Isabelle regardait d'un air dégoûté ceux qui partageraient la vie de sa fille durant les prochaines semaines. Vicky s'en amusa. Sa mère ne savait pas se fondre dans le décor. Soudain, une annonce retentit dans des hauts parleurs grésillant. Les hommes et les femmes se levèrent alors nonchalamment et se mirent en file. Vicky abandonna son verre sur le comptoir et, après avoir pris sa mère dans les bras pour lui dire au revoir, les imita. Avant de passer le portique de sécurité, elle se retourna et fit un signe de main à sa mère, qui lui répondît par un sourire, son verre d’alcool toujours en main. Puis, la jeune fille s'engouffra dans un dédale de couloirs. Quand elle eut passé les différents portiques et fait vérifier son identité plusieurs fois, elle entra dans un bus qui la mena au bateau. L'embarcation, peu grande, accueillait une vingtaine de voyageurs. Quand elle y entra, la porte se referma derrière elle. C'est parti, pensa-t-elle. Elle traversa un dédale de couloirs, péniblement, cognant sa valise trop chargée aux murs, et trouva enfin sa cabine. Cette dernière n'était pas bien grande : un petit lit, une penderie et une minuscule salle de bains. Cela la changerait du luxe de la grande maison de ses parents. Elle sourit. Après tout, elle n'avait pas besoin de plus. Vicky se sentait enfin libre. Elle n'avait plus besoin de faire semblant. Plus besoin de cacher son malaise, quand elle entendait ses amis parler de la misère. Plus besoin de sourire en permanence, pas besoin d'être impeccablement vêtue. Elle pouvait être elle, sans peur. Elle eut une pensée pour Jonathan. Elle espérait que sa mère ne fasse pas de bêtises. Combien de fois l'avait-elle retrouvée ivre dans le salon, sachant à peine marcher ? Combien de fois l'avait-elle couchée et avait-elle veillé sur elle ? Isabelle avait fait plusieurs cures de désintox mais chaque fois, elle replongeait. Vicky soupira, elle avait tout essayé et avait fini par se rendre à l'évidence : sa mère était une alcoolique. Avant de partir, elle avait donné des consignes à Jonathan. Il avait onze ans, il était grand maintenant, il pouvait s'en occuper. Le bateau démarra. Déséquilibrée, Vicky se prit les pieds dans sa valise et s'écroula sur le lit. Elle eut un rire nerveux. Le voyage commençait bien ! A peine relevée, elle se précipita sur le pont. Elle voulait voir la côte s'éloigner jusqu'à ne devenir qu'une fine ligne à l'horizon puis finir par disparaître complètement. Elle repéra un banc, s'assit et contempla le spectacle des vagues qui ondulaient doucement, respirant la douce odeur salée de l'océan, écoutant les cris des mouettes qui lui souhaitaient bon voyage. Elle resta ainsi une bonne partie de la journée, le sourire aux lèvres.
Le deuxième jour, Vicky fit connaissance avec les autres passagers. La moitié d'entre eux ne savait pas nager. L'autre moitié avait peur de l'océan mais était encore plus terrifiée par les avions. Cela fit rire Vicky. Quelle équipée ! Elle n'était pas la seule à avoir le mal des airs. Elle comprenait d'ailleurs mieux pourquoi le pont était si souvent vide. Ce jour-là, malgré l'air frais, la chaleur était de plus en plus pesante. La mer sourde grondait gentiment sous la coque du bateau. Vicky visita les moindres recoins de l'embarcation avec Stéphanie et Justin, le couple qui avait pris un café avant le départ. Ils venaient de se marier. Aventuriers, ils partaient à la découverte des États Unis, sans avoir de point de chute. Ils ne parlaient même pas anglais ! Vicky avait longuement discuté avec eux et ils avaient, d'un commun accord, décidé de se revoir quand ils arriveraient. En attendant, ils fouillaient le bateau dans l'espoir de trouver comment accéder au petit pont arrière. Enfin, Stéphanie trouva une porte sur laquelle le panneau interdit indiquait clairement qu'ils n'avaient rien à y faire. Ils sortirent pourtant prendre l'air. Un matelots, un grand gaillard costaud, qui n'avait pas du voir un rasoir depuis des lustres, les renvoya fermement sur le pont supérieur. Déçus, ils obtempérèrent et passèrent le reste de la soirée à discuter joyeusement. Quand la nuit vint, le couple se retira et Vicky se retrouva seule. Elle respira l'air marin et frais du soir et s'allongea sur le sol en bois. Dans le ciel, les étoiles formaient des constellations brillantes et reposantes. Elle passa la nuit à regarder la lune et les étoiles jouer dans les vagues.
Le troisième jour, la chaleur augmenta encore, rendant l'air étouffant. Vicky passa la plus grande partie de la journée à lire dans sa cabine dans laquelle l'air était relativement supportable, grâce à une vieille climatisation qui crachait de la poussière. En fin de soirée, le ciel se couvrit subitement. Les matelots s'affolèrent, s'affairant à ranger le pont. Le ciel noircissait, la chaleur augmentait. Il y aurait de l'orage. Les passagers se regroupaient dans le salon, inquiets. Vicky sourit. Elle adorait le grondement sourd du tonnerre, les flashs lumineux des éclairs dans le ciel. Plusieurs fois, alors qu'elle n'était encore qu'enfant, sa mère l'avait retrouvée debout, dans leur jardin, les cheveux trempés, dansant sous la pluie, les yeux rivés sur le ciel. Chaque fois sa mère l'avait rentrée, séchée et mise au lit. Isabelle avait bien tenté de lui faire comprendre le danger que représentait l'orage mais Vicky était têtue et ne voulait pas entendre raison. Elle avait fait du tonnerre son allié contre la solitude, des éclairs ses amis, elle dansait avec la pluie et le vent. Alors, dans son lit, Vicky s'endormait, bercée par le chant de la tempête. Et puis, Jonathan était né, et elle avait passé ses nuits d'orage à le rassurer. Son frère craignait le grondement du tonnerre, l'éclat des éclairs. La violence de cette nature sauvage que personne ne pouvait contrôler lui faisait peur. Et il ne comprenait pas que Vicky puisse aimer des choses aussi dangereuses. Elle avait bien essayé de le traîner dehors, pour lui faire sentir l'odeur de la terre mouillée, pour lui expliquer que le tonnerre ne lui ferait jamais de mal, mais Jonathan était resté tétanisé par la peur. Alors Vicky l'avait conduit dans son lit et s'était allongée contre lui, pour le rassurer. Depuis ce jour, elle n'avait plus senti la douce caresse de la pluie violente sur ses joues. Mais elle était convaincue qu'un jour, elle pourrait de nouveau danser avec les éclairs. Aujourd'hui encore, elle était persuadée que l'orage ne pouvait lui faire de mal. Elle comprenait enfin le danger qu'il représentait et pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de rêver le retrouver et danser avec lui lui comme avant.
Vers 22 heures, l'accès au pont fut interdit, des consignes furent données. Vicky les écouta d'une oreille distraite.
A 23h30, le ciel se déchira. Le bateau commença a tanguer dangereusement. Les voyageurs, apeurés, tentaient tant bien que mal de rester debout. Dans sa cabine, Vicky écoutait le chant des nuages, le hurlement du vent, le battement de la pluie. Mais aucun hublot ne lui permettait de voir le spectacle. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas rendu visite à ses vieux amis. Alors, en silence, elle sortit de sa cabine et se rendit dans une salle, celle dont la baie vitrée pourrait lui laisser voir le spectacle. L'excitation était grisante. Elle aurait dû avoir peur, elle le savait, et pourtant son cœur qui cognait dans sa poitrine ne débordait pas d'effroi, mais de joie. Vicky était joyeuse. Elle était heureuse. Le sourire sur son visage s'étira encore un peu. L'orage et l'océan, le grondement du tonnerre et celui des flots, la clarté des éclairs et l'écume blanche. Le spectacle s'annonçait magnifique. Elle s'avança, précautionneusement, le sol tangua et elle s'écroula. La jeune fille se releva péniblement et s'approcha de la vitre. Elle posa la main sur le verre et laissa son esprit divaguer. L'eau s'écrasait en face d'elle, brouillant sa vue. Elle tentait de garder son équilibre, avec difficulté. Dans ses yeux émerveillés, des étoiles dansaient au rythme des éclairs. Elle n'avait jamais vu un spectacle aussi beau. La tempête faisait rage. Le ciel, qui s’était paré de nuages noirs et profonds comme une nuit sans fin, pleurait et grondait. La mer s’était réveillée et s’agitait sous la coque de l’embarcation, créant des secousses plus violentes les unes que les autres. Des éclairs striaient la nuit de leur éclatante lumière, faisant naitre sur l’océan des milliers de reflets argentés qui dansaient au milieu des vagues. La jeune fille, à l'abri derrière sa vitre, écoutait le tonnerre et la mer chanter leur rage. La vacarme assourdissant enivrait Vicky qui se tenait là, silencieuse. Soudain, un claquement la fit sursauter. Les lumières du bateau s’éteignirent, la plongeant dans le noir. Au dehors, l’orage s’intensifiait. Les vagues montaient de plus en plus haut vers le ciel. Le concerto de grondements s’accompagnait de flash lumineux qui zébraient les nuages. A l’intérieur, les voyageurs couraient, criaient, pleuraient, tombaient. Le déchainement soudain de la nature leur faisait peur. La jeune fille avait de plus en plus de mal à tenir debout. Une vague submergea le pont. Le bateau fit une embardée, l’envoyant se cogner contre le mur derrière elle. L'embarcation tangua de nouveau dangereusement et elle traversa la vitre. Elle atterrit sur le pont humide, que la mer léchait violemment. Elle n'eut pas le temps de se relever. Le bateau tangua à nouveau, et elle culbuta par dessus bord. Et tandis qu’elle tombait, la terreur la saisit. Elle s’écrasa dans le tourbillon des vagues. L’eau entrait dans son nez, dans ses yeux, dans sa bouche. Elle était ballotée par les flots, comme un vulgaire morceau de bois. Elle essaya de nager, mais l’eau sombre autour d’elle l'entraina dans son funeste ballet.  La peur lui coupait le souffle. Elle se débattit dans l’eau froide, peinant à respirer. Elle essaya de crier, en vain. Autour d’elle, la mer et le ciel continuaient leur danse macabre.
« Modifié: 24 Juillet 2020 à 10:18:26 par Smaragdi »
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Hors ligne Eivor

  • Aède
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Re : Départ
« Réponse #1 le: 20 Juillet 2020 à 16:21:10 »
Coucou Smaragdi :)

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La jeune fille dévala l'escalier, traînant derrière elle une valise au moins aussi lourde que son corps frêle.


Cette première phrase me dérange un peu. Je dirais simplement :"La jeune fille dévala l'escalier, traînant une valise aussi lourde qu'elle." Bien que cette phrase ne m'enchante guère non plus. :) Le "derrière elle" étant inutile puisque que la jeune fille la traîne. Pour ce qui est de son corps frêle, pourquoi ne pas le glisser plus loin, lorsque la situation s'y prêtera mieux ? Car le "aussi lourde que son corps frêle" laisse suggérer deux choses : l'une que la valise pèse son putain de poids, l'autre que la jeune fille pèse moins lourde que toutes les jeunes filles de son âge, or ces deux suggestions vont à contre sens, ce qui nous "coupe" directement de l'immersion, puisqu'on se pose des questions.
Il est bon que le lecteur se pose des questions, mais pas aussi tôt dans l'histoire. L'immersion est capitale :)

Je souhaite t'expliquer également pourquoi la phrase que je t'ai proposé ne m'enchante pas : j'y exclurais également le "aussi lourde qu'elle", la phrase complète étant donc à remanier. C'est un peu exagéré si tu veux, tu as déjà porté une valise de quarante kilos ? Comme je doute que la jeune fille fasse moins, je doute également que la valise fasse quarante kilos. Une valise de vingt kilos est déjà une énorme valise :)

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Son frère qui l'attendait en bas des marches lui fit un signe de la main. Avec ses cheveux bruns, ses yeux noisette et son visage rond, il lui ressemblait étonnamment.

Pourquoi ne pas en profiter pour glisser là l'information comme quoi la jeune fille a un corps frêle ? Avec un "ils étaient semblables, oui mais...", pas forcément formulé comme ça mais, tu as compris l'idée :)

Ah oui, autre chose : les chiffres cassent aussi l'immersion. Si tu peux les écrire, c'est mieux.

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Alors, quand sa mère lui avait annoncé qu'elle était enceinte, Vicky s'était promis qu'elle ne laisserait jamais le nouveau-né s'ennuyer autant qu'elle l'avait fait.

Je mettrai "son frère" à la place de "nouveau-né". Pour deux raisons. L'une, tu les décris très proches, puis vient alors le "nouveau-né" comme un cheveux dans la soupe. L'autre c'est que sa mère était enceinte et que Vicky ne peut penser alors en de tels termes. Elle se dit "mon frère ne s'ennuiera pas autant que moi, j'en fais le serment", et non pas "le nouveau-né ne s'ennuiera pas autant que moi", vois-tu ? Il y a de la proximité, presque de l'intimité, cette distance est donc malvenue.

Le "autant qu'elle l'avait fait" m'embête aussi. Tu parles de son ennuie, n'est-ce pas ? "Autant qu'elle" suffit :D

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Dans la maison, Vicky sourit.

"Souriait" se prêterait mieux à la situation :)

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Jonathan se détourna. Les larmes commençaient à nouveau à jaillir et il ne voulait pas qu'elle le voit. Il devait être fort.

Le "et il ne voulait pas qu'elle le voit" nous prend presque pour des prunes. J'ai donc pensé à "Les larmes commençaient à nouveau à jaillir. Jonathan (Livingston) se détourna. Il devait être fort."

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Vicky entra en trombe dans l'Audi rouge de sa mère. Cette dernière l'attendait, une cigarette coincée entre ses lèvres roses. La jeune fille fit un geste de la main pour chasser la fumée qui envahissait l'habitacle, en vain, et referma la portière derrière elle. Isabelle démarra en trombe, sans un mot.

Répétition de "trombe". Je me suis également dit, tiens, et elle, elle n'est pas triste aussi de quitter son frère ?
Je comprends qu'elle soit heureuse de partir loin de sa mère, vers un océan qu'elle semble avoir toujours voulu traverser; je comprends qu'elle manifeste de la joie pour rassurer son frère, qu'elle court et s'enferme vite dans la voiture car (par exemple ?) elle ne voulait pas elle aussi, que son frère la voit pleurer. Elle devait montrer l'exemple.
Enfin, mais peut-être ai-je raté un passage qui expliquait ça, un mot quelque part. Ou peut-être n'en vois-tu pas l'utilité. je te laisse en juger :)

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Pas besoin de faire comme si elle aimait la vie bien trop luxueuse qu'elle menait.

Alors que le "bien" s'explique ou s'excuse précédemment, là il devient répétitif. Comme si "trop" ne pouvait aller sans "bien" ;)

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Elle espérait que sa mère ne fasse pas trop de bêtises.

Là, le "trop" est de trop  :P

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Dans le ciel bleu, aucun nuage ne laissait présager un peu de pluie.

Avec cette phrase, tu te niques toute seule, comme une grande, le suspens. Pas besoin d'être devin pour savoir qu'on va avoir un orage, et pas un petit, les gros c'est tellement mieux ;)

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sans n'avoir de point de chute

"Sans avoir", le sans étant déjà une négation :)

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Pas grave pensa-t-elle, je connais une sortie secrète.

Elle va pas bien dans sa tête, Vicky  :P Sortir par temps d'orage en plein océan pour...respirer les embruns ?
Vicky et moi, même si j'aime également les éclairs et tout le tralala, n'avons pas les mêmes priorités.

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Vicky écoutait le doux chant des nuages, le hurlement du vent, le battement de la pluie.

"Doux", vraiment ?

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La tempête faisait rage. Le ciel, qui s’était paré de nuages noirs et profonds comme une nuit sans fin, pleurait et grondait. La mer s’était réveillée et s’agitait sous la coque de l’embarcation, créant des secousses plus violentes les unes que les autres. Des éclairs striaient la nuit de leur éclatante lumière, faisant naitre sur l’océan des milliers de reflets argentés qui dansaient au milieu des vagues. La jeune fille, sur le pont, admirait le spectacle.

Elle a bu ?
Ah non, je sais, c'est une femme de l'ouest. Tout s'explique.  :D

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Il fallait rentrer maintenant, cela devenait trop dangereux.

Cela fait belle lurette que c'est dangereux. (Comment se foutre dans la merde :D)

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Elle essaya de nager, mes l’eau sombre autour d’elle semblait vouloir la happer.

"Mais".
Le "semblait vouloir la happer" sonne comme une formule trop usité, pour moi. D'autant plus que l'eau ne veut rien, là, c'est elle qui a commencé, en venant sur le pont l'air de dire à l'océan :"Viens, prends moi".
Hum, je viens de me rendre compte que ma phrase a quelque chose d'érotique. Mais passons  :P

Je me doute bien qu'elle ne va pas mourir (à moins que Jonathan prenne la relève dans ton roman), ce serait une mort vraiment stupide (tu me diras, il y en a qui meurent en trébuchant sur le trottoir ou à l'aide de cacahuètes). Cela dit, je vois mal comment elle pourrait s'en sortir. Enfin bon, on verra bien... :)

Beaucoup de choses m'ont plu, quelques descriptions, quelques pensées, les points de vus de Vicky et j'en passe. J'espère ne pas en avoir trop fait et t'avoir été utile.

A plus :) 

"Je n'ai pour bien que ma dépouille,
pour toit le ciel, pour pain la nuit,..."
-- extrait du murmure du Nomas.

Mon vieux début de roman (il est prévu que tout soit retravaillé) --> La traverse des âmes : https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=34995.

Hors ligne Smaragdi

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Re : Départ
« Réponse #2 le: 20 Juillet 2020 à 22:53:39 »
Merci Eivor, tes conseils sont précieux   :)

Pour la première phrase, je l'ai réécrite plusieurs fois, et elle ne me plaisait toujours pas. Apparemment je ne suis pas la seule, ce que tu dis est tout à fait juste.
Pour le "corps frêle", pour l'instant, ça n'a pas vraiment d'importance, alors j'ai juste supprimé l'information
A l'origine, j'avais mis nouveau-né parce que je me disais qu'elle ne savait pas forcément si c'était une fille ou un garçon.. Mais c'est vrai que ça fait étrange, ça détache trop
C'est vrai que je n'avais pas émis l'idée qu'elle puisse être triste de quitter son frère  :-[, j'ai modifié, c'est peut-être mieux ainsi

Citer
Avec cette phrase, tu te niques toute seule, comme une grande, le suspens. Pas besoin d'être devin pour savoir qu'on va avoir un orage, et pas un petit, les gros c'est tellement mieux
En fait, ce que j'ai voulu dire, c'est qu'elle aurait aimé un peu de pluie pour la rafraichir... Mais apparemment tu ne l'as pas compris du tout dans ce sens là

Citer
Elle va pas bien dans sa tête, Vicky
Disons que c'est l'air salé  :P Fallait bien que je trouve un prétexte pour la faire sortir

Citer
"Doux", vraiment ?
J'imagine que pour elle oui, puisqu'elle est pas bien  ;D (bon, j'ai pas trouvé mieux alors, zou à la poubelle le doux)

Citer
Ah non, je sais, c'est une femme de l'ouest. Tout s'explique. 
Hey, la pauvre  :D De l'ouest, tout dépend par rapport à où !

Citer
Cela fait belle lurette que c'est dangereux
Tu l'aura compris, elle a pas vraiment d'instinct de survie  :P

Citer
"Mais"
Là, j'ai honte  :-[

Citer
Hum, je viens de me rendre compte que ma phrase a quelque chose d'érotique. Mais passons 
Hum, en effet  :P

C'est vrai que les accidents bêtes arrivent vite, mais en effet, pour l'instant il n'est pas prévu qu'elle meurt. A voir pour la suite, peut-être que je me surprendrais moi-même

Encore une fois merci pour ton retour, qui m'a bien été utile  :)
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Hors ligne Eivor

  • Aède
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Re : Départ
« Réponse #3 le: 21 Juillet 2020 à 08:52:23 »
Coucou Smara,

J'ai relu (avec un peu moins d'attention) tout ton texte. C'est beaucoup plus fluide ! :)

Citer
A l'origine, j'avais mis nouveau-né parce que je me disais qu'elle ne savait pas forcément si c'était une fille ou un garçon.. Mais c'est vrai que ça fait étrange, ça détache trop

Oui, je m'en suis douté, mais c'est un détail qu'il est inutile de mettre. D'autant plus que tu dis "quand la mère a été enceinte, elle a prévenu Vicky" (à peu de choses près), ce qui nous suggère qu'elle ne lui a pas dit après huit mois de grossesse, donc que l'on sait que l'on ignore le sexe du bébé :)

Citer
Vers 22 heures, l'accès au pont fut interdit.

J'oubliais de te dire : là, les chiffres ne sont pas dérangeants. Car on imagine qu'elle regarde une horloge. Nous avons également ces chiffres devant les yeux :)

Citer
C'est vrai que je n'avais pas émis l'idée qu'elle puisse être triste de quitter son frère  :-[, j'ai modifié, c'est peut-être mieux ainsi

J'ai pas vu (J'ai dû rater le passage :) )

Citer
En fait, ce que j'ai voulu dire, c'est qu'elle aurait aimé un peu de pluie pour la rafraichir... Mais apparemment tu ne l'as pas compris du tout dans ce sens là

Oui, effectivement, mais peut-être que mon cerveau est un peu dérangé ;)

Citer
Disons que c'est l'air salé  :P Fallait bien que je trouve un prétexte pour la faire sortir

C'est précisément ce qui me gêne :D Cela me fait penser à tout ces films ou séries qui veulent nous emmener quelque part, peu importe la crédibilité ou la cohérence du scénario, des personnages. On nous prend vraiment pour des cons et on nous pond des histoires que mon chat pourrait chier tous les matins. Enfin, lui, il ferait certainement mieux.
C'est pourquoi, et je sais que ce n'est pas ton intention, je t'invite à prêter une attention toute particulière à ces "facilités" que l'on a tous, de ne pas nous compliquer la vie, presque quel qu'en soit le prix.
Si tu veux que ton personnage soit timbré, inconscient ou dérangé, il est très important que tu le précise avant que des choses incohérentes se produisent. Qu'on ait le temps de se dire "Ah oui, d'accord, il/elle n'est pas comme moi". (Enfin, peut-être ça plaira à quatre-vingt pour cent de tes lecteurs, mais pas à moi :))
La cohérence, qu'elle soit historique, psychologique, scénaristique, est quelque chose de très important à mes yeux :)
Il faut donc que tu expliques pourquoi elle aime tant l'orage, à tel point qu'elle ne considère pas le danger autant qu'un individu sensé. Si tu l'expliques bien, ce qui à moi peut sembler incohérent ne me dérangera pas du tout, en tant soit peu que le personnage garde une cohérence dans sa folie ;)
Les schizophrènes, par exemple, ont un fonctionnement bien à eux, qui s'intensifie selon le degré de la "maladie" et se diversifie selon leur psychologie, leur caractère et leur nature. Il faut préciser ces choses là.
C'est pourquoi je disait d'elle qu'elle était une femme de l'ouest. Les femmes, les hommes, de cet orient ont une tendance plus forte que tous les autres orients à se laisser emporter par ce que les médecins appellent "le paranormal" ou "l'irréel". Ils sont plus souvent schizophrènes, pour ne prendre que cette "maladie", ils entendent des voix qui sont les voix du monde mais qui ne peuvent appréhender car leur entourage, toute la société les pousse à penser qu'ils sont fous.
Je pourrais te faire une longue conférence sur ces choses là mais pas ici. Si tu veux des personnages construits, sensibles, entiers, il faut regarder en toi et ne pas trahir ce que tu y vois. Je t'en conjure  :oxo:




"Je n'ai pour bien que ma dépouille,
pour toit le ciel, pour pain la nuit,..."
-- extrait du murmure du Nomas.

Mon vieux début de roman (il est prévu que tout soit retravaillé) --> La traverse des âmes : https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=34995.

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Re : Départ
« Réponse #4 le: 21 Juillet 2020 à 12:42:13 »
Bonjour Smaragdi,

J'ai lu ton texte avec intérêt. L'écriture est fluide, très facile et agréable à lire mais je me pose une question bête : un bateau commercial de petite taille pour une vingtaine de passagers pour une traversée de l'Atlantique, ça existe ?
Perso, je ne monterais pas là-dessus.
Mais bon, c'était juste une question en passant.
Bientôt la suite ?

Hors ligne Smaragdi

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Re : Départ
« Réponse #5 le: 21 Juillet 2020 à 22:18:11 »
Hello Eivor  :)

Citer
C'est beaucoup plus fluide !
Ça me fait plaisir  :D

Citer
J'ai pas vu (J'ai dû rater le passage :) )
Je l'ai mis un peu plus loin, quand elle regarde par la fenêtre

Citer
mais peut-être que mon cerveau est un peu dérangé
Haha, mais non ! J'avais juste pas pensé qu'on pouvait le comprendre de deux sens différents  ;)

Citer
La cohérence, qu'elle soit historique, psychologique, scénaristique, est quelque chose de très important à mes yeux
Je suis tout à fait d'accord et c'est vrai que là je n'y étais pas vraiment... Je ne me suis pas trop posée la question hier (j'étais fatiguée), mais j'ai fait quelques modifications, j'espère que c'est mieux.  :)

Citer
Les schizophrènes, par exemple, ont un fonctionnement bien à eux [...]
Je ne savais pas du tout tout cela. C'est super intéressant, tu m'apprends des choses, merci !

Par contre, (non pas pour me dédouaner), je suis du genre à faire ce genre de choses inconscientes (bon, pas à ce point là quand même hein). C'est peut-être pour ça que ça ne me dérangeait pas tant que ça je pense (en fait, c'est p't-être moi qui suis un peu dérangée ! :P)

Merci pour ton passage et tes explications qui sont très claires  :)


Bonjour Earth son,
Merci beaucoup pour ton passage et pour cette petite question pas si anodine que ça, je vais me renseigner !  :) Après vérification, la traversée peut se faire en voilier, en cargo ou en croisière, donc normalement oui ;)
La suite bientôt, oui, je l'espère
« Modifié: 22 Juillet 2020 à 18:12:57 par Smaragdi »
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Re : Départ
« Réponse #6 le: 22 Juillet 2020 à 20:45:26 »
Je ne me permettrais pas de vouloir faire semblant de maîtriser la grammaire ou l'orthographe.

Ton texte est intéressant et agréable a lire, mais une chose me chiffonne, c'est le bateau dans la tempête. En pleine tempête, le bateau remu dans tous les sens. Déjà abrité dans sa cabine on est remué et on entend les vagues claqués contre les parois du bateau. Vouloir marcher n'est pas simple,
Elle a un comportement suicidaire de vouloir sortir en plein tempête, sans parler des flots d'eau qu'elle recevra sur elle dés qu'elle aura ouvert la porte sur le pont.


Je me permets de te montrer cette vidéo où l'on voit au début un chalutier dans une tempête , puis d'autres types de bateaux (c'est a 1.01, normalement le timer est bon)

https://youtu.be/AiYNF8qy8bw?t=61


Sinon, on parle de bastingage pour un navire et pas de balustrade.


Ton héroïne a une triste fin. Elle ne pourra jamais voir son frère avec des longs cheveux. :(
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne Smaragdi

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Re : Départ
« Réponse #7 le: 23 Juillet 2020 à 00:13:33 »
Bonjour Cendres,

Tu as raison, j'ai vraiment un problème de cohérence et de réalité dans ce passage... Finalement j'ai changé, j'espère que c'est mieux
Merci pour le vocabulaire et la vidéo   :)

Citer
Ton héroïne a une triste fin.
Mais peut-être que l'histoire n'est pas finie  ;)

Merci pour ton retour !
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Hors ligne MaryAnn

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Re : Départ
« Réponse #8 le: 23 Juillet 2020 à 22:05:26 »
Salut ! J'ai apprécié ton récit.

Sur le fond, l'histoire est intéressante et en savoir plus sur la vie de Vicky me tenterait bien. Sa relation avec son petit frère est adorable, mais celle avec sa mère un peu moins. L'enfance de Vicky semble difficile et on l'a compris à travers la narration. Le récit commence doucement, puis prend du rythme et la fin nous laisse sur la faim ! Il se termine par un suspens qui donne envie de savoir la suite !
Le texte est trop court pour se faire une idée sur les personnages, mais les éléments descriptifs sont présents et pour le peu que tu nous as donnés, c'est intéressant. Il y a de la matière !

Sur la forme, les phrases sont parfois lourdes. Il y a trop d'adverbes. Une phrase sur trois en contient, voire peut-être plus. C'est dissuasif (pour moi). Tu les enchaînes parfois. Je pense qu'à travers une phrase, un paragraphe, tu peux parvenir à faire ressentir les émotions et les actions de tes personnages sans recourir sans cesse aux adverbes comme entre autres, "difficilement", "impatiemment", "rapidement", etc. Les adverbes ne sont pas nos amis, la plupart du temps... Bien sûr, tu peux en utiliser, mais avec parcimonie.
Tu oublies les accents sur les à. J'ai trouvé quelques "a" du verbe avoir là où il fallait la préposition. La ponctuation n'est pas toujours au rendez-vous et certaines phrases sont un peu longues, selon moi. Ensuite, c'est peut-être propre à ton style d'écriture.
Certaines de tes phrases sont belles et l'écriture reste agréable à lire !

J'ai apporté quelques corrections, que tu peux ou non accepter.  Ce n'est que mon avis et je ne suis pas une experte. J'espère que tu ne prendras pas mal mes critiques qui n'engagent que moi.

Citer
- Vicky, dépêches-toi. C'est l'heure d'y aller.

"Dépêche-toi", parce que le verbe est un impératif.

Citer
Avec ses cheveux bruns, ses yeux noisette et son visage rond, il lui ressemblait étonnamment.

Pourquoi "étonnamment" s'il s'agit de son frère ? L'adverbe semble de trop, je trouve ;)

Citer
Avec un père qui passait la majeure partie de son temps en voyage d'affaires et une mère qui n'avait pas toujours été présente, préférant une bonne bouteille à la compagnie de sa fille, elle était restée seule, désespérément, sans frère ni sœur avec qui jouer. [/quote]

L'adverbe "désespérément" alourdit la phrase, selon moi. La phrase précédente selon laquelle il est dit qu'elle a souffert d'être fille unique et la phrase suivante expriment plutôt bien le désespoir qu'elle a ressenti sans frère.

 
Citer
- B-b-bon voyage Vic

Il manque un point à la fin de la réplique. :)

Citer
La jeune fille répondît en ébouriffant les cheveux courts de l'enfant. 

Répondit.

Citer
- A-a-au revoir Vic
- Au revoir Jo répondît-elle d'un ton enjoué.
- A-a-au revoir Vic.
- Au revoir Jo, répondit-elle, d'un ton enjoué.

Citer
Et elle sortit de la maison, rapidement, en courant à moitié, ses longs cheveux bruns flottant dans son dos, le sourire aux lèvres. Jonathan la regarda s'éloigner, les joues humides et le cœur gros.
Vicky entra en trombe dans l'Audi rouge de sa mère. Cette dernière l'attendait, une cigarette coincée entre ses lèvres roses. La jeune fille fit un geste de la main pour chasser la fumée qui envahissait l'habitacle, en vain, et referma la portière derrière elle. Isabelle démarra rapidement, sans un mot.

Répétition de "rapidement" en peu de temps.

Citer
Elle savait qu'il valait mieux ne pas le faire remarquer à sa mère qui se mettrait surement en colère.

sûrement

Citer
Alors elle avait saisi sa chance, ce n'était pas le moment de renoncer.


Tu pourrais couper la phrase en deux. "Alors, elle avait saisi sa chance. Ce n'était pas le moment de renoncer."
Elle semble plus fluide comme ça, même si ça ne reste que mon avis, bien sûr.

Citer
Leurs jeans amples et leurs t-shirts bariolés donnaient un aspect décontracté aux autres voyageurs.

Leur jean ample et leur t-shirt bariolé.
J'imagine que chacune de ces personnes ne porte qu'un jean et un t-shirt, donc le singulier l'emporte sur le pluriel sur ce coup-là.

Citer
Vicky sourit intérieurement

Il y a trop d'adverbes. Les phrases s'alourdissent et tu peux les modifier en réduisant leur utilisation. Par exemple, si on prend la phrase citée, l'attitude de sa mère fait sourire Vicky. De mon point de vue de lecteur, elle semble en rire.

"Vicky s'en amusa." passerait bien !


Citer
Avant de partir, elle avait donné des consignes a Jonathan.

à

Citer
Elle se mit à rire nerveusement.


Elle eut un rire nerveux ? Au lieu de l'adverbe nerveusement.


Citer
Elle comprenait enfin le danger qu'il représentait et pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de rêver a le retrouver et danser avec lui comme avant. 

... de rêver le retrouver et danser avec lui lui comme avant.


Citer
Elle aurait du avoir peur, elle le savait, et pourtant son cœur qui cognait dans sa poitrine ne débordait pas d'effroi, mais de joie.



Citer
La jeune fille se releva difficilement et s'approcha de la vitre. Elle posa la main sur le verre et laissa son esprit divaguer. L'eau s'écrasait en face d'elle, brouillant sa vue. Elle tentait de garder son équilibre, difficilement.

Répétition de "difficilement".

Dans l'ensemble, j'ai aimé et s'il y a une suite, je la lirai avec plaisir ! À bientôt :)
Si vous souhaitez me lire : L'Inconnue des rêves
Vous pouvez aussi me retrouver sur Wattpad

Hors ligne Smaragdi

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Re : Départ
« Réponse #9 le: 24 Juillet 2020 à 10:18:37 »
Bonjour MaryAnn,

Merci de ton passage !  :)

Citer
Il y a trop d'adverbes.
C'est vrai, il faut que je retravaille cela. Je n'y avait pas vraiment prêté attention avant, c'est vrai que j'aime en ajouter un peu partout, j'ai l'impression que les phrases sont vides sans

Citer
Tu oublies les accents sur les à.
ça, ça ne m'étonne pas ! Je crois que c'est la faute que je fait le plus souvent (et j'en suis pas fière, c'est pas faute de ne pas le savoir...), j'y fais pas toujours attention  :-[

Citer
Certaines de tes phrases sont belles et l'écriture reste agréable à lire !
Merci  :)

Citer
J'espère que tu ne prendras pas mal mes critiques qui n'engagent que moi.
Oh non, ne t'inquiète pas, je suis là pour m'améliorer  ;)

Citer
Pourquoi "étonnamment" s'il s'agit de son frère ?
Je crois que c'était parce qu'il arrive que certaines personnes de la même famille ne se ressemblent pas. Tu as raison, j'ai pris le truc à l'envers, "étonnamment" serait mieux dans ce cas

Citer
Leur jean ample et leur t-shirt bariolé.
J'imagine que chacune de ces personnes ne porte qu'un jean et un t-shirt, donc le singulier l'emporte sur le pluriel sur ce coup-là
C'est drôle, écrit comme ça, ça me donne l'impression qu'il n'y au qu'un jean et qu'un t-shirt pour tout le monde
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Hors ligne MaryAnn

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Re : Re : Départ
« Réponse #10 le: 24 Juillet 2020 à 20:05:29 »
Citer
Leur jean ample et leur t-shirt bariolé.
J'imagine que chacune de ces personnes ne porte qu'un jean et un t-shirt, donc le singulier l'emporte sur le pluriel sur ce coup-là
Citer
C'est drôle, écrit comme ça, ça me donne l'impression qu'il n'y au qu'un jean et qu'un t-shirt pour tout le monde


Possible que je me trompe. Je t'avoue que j'ai maintenant un doute, haha.
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Hors ligne Prélude

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Re : Départ
« Réponse #11 le: 24 Juillet 2020 à 20:24:45 »
Je ne vais pas te corriger les quelques petites erreurs,incohérences présentes dans ton texte (les autres l'ont fait avant moi),mais plutôt te faire part de mon avis

Eh bien,je n'ai pas grand chose à dire mis à part que j'aime beaucoup ce texte ! J'ai envie de savoir la suite !
N'hésitez pas à aller voir ma fiction : Nelson and Co (Tome 1 )  Simao

Hors ligne Eivor

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Re : Départ
« Réponse #12 le: 24 Juillet 2020 à 21:07:34 »
Non, MaryAnn, tu as raison 😉

C'est '' leur''. Il y en a un pour chacun d'eux.
"Je n'ai pour bien que ma dépouille,
pour toit le ciel, pour pain la nuit,..."
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Mon vieux début de roman (il est prévu que tout soit retravaillé) --> La traverse des âmes : https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=34995.

Hors ligne Smaragdi

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Re : Départ
« Réponse #13 le: 25 Juillet 2020 à 21:01:19 »
Prélude,

Merci de ton passage  :) J'ai essayé de modifier mon texte au mieux, mais j'avoue que j'ai encore du mal à en faire quelque chose de plausible, alors si tu vois des incohérences, surtout n'hésite pas à me le signaler  ;)
Va vraiment falloir que je me mette à écrire la suite alors !

MaryAnn et Eivor,

Je me coucherais moins bête ce soir. Je crois que personne ne m'a jamais corrigé sur cette faute là, maintenant plus qu'à l'assimiler pour ne plus la faire
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Hors ligne Prélude

  • Tabellion
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  • Nelson and Co (Tome 1 ) : Simao
Re : Départ
« Réponse #14 le: 25 Juillet 2020 à 21:15:31 »
De rien,c'était avec plaisir
N'hésitez pas à aller voir ma fiction : Nelson and Co (Tome 1 )  Simao

 


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