Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

09 Octobre 2026 à 15:25:15
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Angel

Auteur Sujet: Angel  (Lu 7900 fois)

Hors ligne Niitza

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Angel
« le: 17 Septembre 2010 à 22:08:57 »
B'soir les gens.

En me baladant parmi mes textes finis (vous savez, ce dossier sur votre ordinateur qui a un rapport proportionnel de 1 à 3 avec votre dossier "textes en cours"), j'ai vu celui-ci, que j'ai écris en fait il y a quelque temps (quand j'étais en prépa), voulu continuer puis laissé tel quel (l'an dernier). Et qui, en raison de cette biographie compliquée, était resté dans son coin. Et je me suis dit, pourquoi ne pas vous le faire partager ?

Ce texte est très ouvertement inspiré par une chansons d'Aznavour. Ah, Aznavour, que j'ai beaucoup (trop ?) écouté pendant ma prépa (que voulez-vous, les cours me mettaient d'humeur à ça, étrangement). Ceux qui connaissent la chanson la reconnaîtront sans doute illico et les autres... Eh bien, je leur donnerai le titre à la fin, faudrait pas non plus que je spoile le tout. Mais je tenais à rendre à César ce qui appartient à Jules.

Comme le texte est assez long, j'ai décidé de le poster en trois parties, en espérant que les coupures ne seront pas trop abruptes même si elles n'étaient pas prévues au départ.
Je vous laisse à votre lecture, n'hésitez pas à commentationner.


----------------

Angel

     Je suis tellement penché sur ce fichu fil que je louche, je le sens. Ma tête doit être affreuse. Mais enfin, le nœud se fait, je me redresse avec un soupir satisfait tout en coupant ledit fil d'un geste habile et expert. Puis, tenant le vêtement devant moi, j'observe mon travail sous toutes les coutures – c'est le cas de le dire – l'œil critique. Des jours que j'y travaille. Ça a intérêt à valoir quelque chose. Et ça a l'air. C'est terminé.

     Repliant le châle, je me lève et quitte ma petite chambre obscure après avoir éteint la lampe de chevet à la lumière jaune et vibrante, qui éclairait mon travail. Avançant à pas de loup, je pénètre dans le salon, me dirige vers le fauteuil usé placé tout contre la fenêtre aux rideaux brodés mais grisés par le temps et la saleté. Une saleté tellement incrustée qu'on ne peut plus la faire partir, même en frottant fort et longtemps. Je le sais, j'ai essayé. Et j'ai renoncé, avant de réduire le tout en torchon effiloché.

     C'est avec un sourire que je dépose le châle sur les épaules de maman, qui à ce contact s'éveille en sursaut. Elle s'était assoupie. Encore. Je maintiens mon sourire en place tandis qu'elle me regarde sans me voir, désorientée. Puis elle reprend ses esprits et baisse les yeux vers le vêtement dont je l'ai couverte.

     « Qu'est-ce que c'est ? » fait-elle de sa voix si faible qu'on ne l'entend presque pas.

     « Un cadeau, » réponds-je. Je rabats bien le coin du châle contre elle. « Avec ça, tu auras moins froid. »

     Sans répondre, elle touche le tissu, comme si elle ne le sentait pas assez sur ses épaules et avait besoin de s'assurer de sa réalité. Peut-être qu'elle ne se souvient même pas de ce que c'est, un châle, aujourd'hui. Je la laisse avec sa découverte, et passe à la cuisine, pour m'assurer que tout est en ordre. J'ai passé pas mal de temps, terré dans ma chambre, à coudre. Des fois, elle se lève et commence à préparer des trucs. Puis elle s'épuise et va prendre une pause, retournant à son fauteuil. Puis elle s'endort. Ou oublie.

     Mais pas cette fois. La cuisine est aussi nette que quand je l'ai quittée. Le seul endroit en bordel, ici, c'est ma chambre. Le reste, je le laisse bien rangé. Bien propre. Pour maman. Comme ça, elle pense qu'elle fait toujours bien le ménage. Que ça ne fait pas si longtemps depuis qu'elle l'a fait, la dernière fois. Il y a bien trois ans.

     Quand je reviens dans le salon, elle dodeline de la tête et menace de basculer sur le côté du fauteuil. Je pose la main sur son épaule. De nouveau, elle sursaute, de nouveau, elle se réveille. Elle a un sourire. Fatigué, sur son visage plombé et pâle. Mais toujours un sourire.

     « Quelle chance j'ai, d'avoir un fils qui s'occupe si bien de moi. »

     Je prends ça comme un remerciement pour le châle. Après tout, elle se plaignait beaucoup d'avoir froid, ces derniers temps. Elle a même toussé, un peu. Faut dire que le temps n'aide pas. Fichue flotte. Je me penche vers ma mère, mon sourire chaleureux plaqué sur le visage. Qui sait, peut-être que ça la fait avoir plus chaud, ça aussi. Comme un châle sur son âme éreintée. J'espère.

     « Allez, viens, » dis-je avec douceur. « Tu es fatiguée, tu ferais mieux d'aller dormir. De toute façon, c'est bientôt l'heure pour moi d'aller travailler. Je ne pourrai pas t'aider à aller te coucher, de là-bas. »

     Je lui tends la main. Elle la regarde sans trop réagir.

     « J'ai sommeil ? » demande-t-elle, comme si je pouvais le savoir mieux qu'elle. Comme si elle ne sentait pas qu'elle s'assoupissait sans cesse. Puis elle secoue la tête. « Pourtant, je me sentais mieux, ce matin, » ajoute-t-elle.

     « C'était ce matin. Maintenant, la journée est passée. Il faut aller dormir. » J'essaye de rester toujours aussi doux. Mais moi, je dois me préparer. Sinon, je vais être à la bourre. Encore.

     Elle regarde dehors d'un air absent. Tout commence en effet à s'assombrir. C'est bleuté. Sauf en haut des cheminées, en face. L'or du soleil s'en va, lentement.

     « Tu as raison, » dit-elle finalement. Même si elle est fatiguée, même si c'est lent, son cerveau marche. Bien. Très bien. « Il est tard. Allons dormir. » Elle m'adresse un autre de ses sourires, puis prend ma main. Enfin.

     Je l'aide à se lever, pas trop vite, à se stabiliser, puis je la soutiens pour marcher jusqu'à sa chambre. Ça sent bon, dans sa chambre. Il y a son odeur de maman. Partout. C'est comme un cocon rassurant. Je la fais s'asseoir sur son lit et lui donne sa chemise de nuit, puis je m'affaire à mettre de l'ordre dans ses tiroirs pendant qu'elle se change. Ce matin, elle se sentait mieux, elle l'a dit. Elle s'est habillée toute seule. Tout est donc un peu dérangé. Je remets tout bien. Comme ça, elle n'aura pas de problème à trouver, si, demain aussi, elle se sent mieux.

     Une fois qu'elle est prête, elle laisse ses chaussons au bord du lit, et j'entrevois ses petits pieds blancs avant qu'ils ne passent sous les couvertures. Elle s'installe confortablement, bien appuyée sur son grand oreiller. Moi, je me penche vers elle pour son baiser du soir. Mais aujourd'hui, elle se redresse, passe ses bras autour de mon cou, et c'est elle qui m'embrasse, sur le front. Puis elle se laisse retomber tandis que je me redresse, levant la main pour éteindre la lampe.

     « Tu es beau, mon fils, » dit-elle, encore avec son sourire.

     « Toi aussi, maman, » réponds-je. Ma voix est bizarre. Je me sens tout retourné, dedans. Elle est si fragile, maman, mais si précieuse. J'éteins sa lampe. Je ne veux pas qu'elle voie mes pensées dans mon regard. Je ne veux pas qu'elle voie que, tout d'un coup, j'ai envie de pleurer comme un gosse qui a fait un cauchemar. « Fais de beaux rêves. »

     Elle ne répond pas. Peut-être qu'elle dort déjà. Je quitte la chambre sans bruit. Séra, notre chatte, me suit, aussi silencieuse que moi. Elle passe contre mes jambes et s'éloigne dans le couloir avec son pas sautillant. Toute guillerette. Chanceuse.

     Je me rends dans ma chambre. Il faut que je prépare mes affaires, et vite. Je fais mon sac. Sur le bureau, j'entrevois l'enveloppe ouverte, et la lettre que j'ai commencé à écrire à mon petit frère. Coucou, ça va toujours bien ? Moi, je vais bien, maman va bien, Séra va bien. Il fait presque beau, ici. Maman s'est levée, hier.

     Beau tissu de presque mensonges.

     Mon frère, il est loin, en internat, il étudie. Il est seul, peut-être. En tout cas, il a autre chose à faire que de s'inquiéter pour moi. Et puis, c'est vrai, ça va pas trop mal. Alors, puisqu'il peut étudier, lui, il faut qu'il le fasse à fond. Non, pas de soucis à se faire pour moi.

     Je me suis arrêté devant cette fichue lettre. Mine de rien, c'est pas facile à écrire. Avec toutes les choses qu'il vaut mieux taire, au final, on n'a plus rien à dire. Je pourrais lui parler de Rosy, tiens. La nouvelle au boulot. C'est son surnom, parce qu'elle a les cheveux teints, et qu'elle ne s'habille que de cette couleur. Rose. Rosy. Une autre fille bien paumée. Pas méchante. Faudrait juste pas qu'il ait envie de la rencontrer. Faut pas qu'il ait envie de venir me voir au boulot. C'est pour ça que je lui en parle, un peu. Comme ça, il est pas trop curieux. Il croit que je suis simplement serveur dans un bar-restaurant.

     La bonne blague.

     Mais ouais, parler de Rosy, ça remplira ma lettre. Mieux que d'inventer encore des aventures sur Séra. J'aurais qu'à la dépeindre comme pas trop sympa. Un peu snob. Après tout, c'est vrai. Elle joue la belle fille.

     Adjugé-vendu. Mon sac est fini, je le balance par dessus mon épaule et je quitte la pièce. Dans le vestibule, je mets mes chaussures, mon imper – un grand manteau sombre – je fourre mes clefs dans ma poche. Je me fais vite fait une queue de cheval. C'est pour que ça gêne pas, dans la rue. Je ne la soigne pas. Je la déferai bien assez vite. Et je suis dans le couloir, dans l'escalier étroit en colimaçon, dans le hall où mes pas résonnent, dans la rue. Il y a peu de monde, surtout des parapluies moroses. Le soleil s'est tiré, la nuit tombe.

     La nuit. Ma journée à moi.
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Re : Angel
« Réponse #1 le: 17 Septembre 2010 à 22:34:05 »
Tiens, je croyais que ton narrateur était une fille. Faut dire qu'il n'y a pas beaucoup de mecs qui coudent  :P

Sinon, c'est pas un texte très gai, mais bon, on est sur le Mde  :mrgreen:

Le personnage de la mère est pas mal fichu. Enfin, je ne sais pas si j'ai compris de travers ou non mais j'ai l'impression que dans ses rares moments de lucidité, elle sait qu'elle va bientôt y passer. Et d'un côté, ça a l'air de la rassurer, comme si sa maladie(ou vieillesse très avancée ?) la rongeait et qu'elle voulait s'en débarrasser. Ou alors elle cache peut-être ses craintes à son fils ? Et en même temps, lui a l'air d'accepter la chose avec fatalité, un peu comme si ça ne le concernait plus. Bref, tout ça pour dire que l'ambiance est très bien décrite  ;)
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Re : Angel
« Réponse #2 le: 18 Septembre 2010 à 18:52:44 »
Mh, en effet, la couture est un art qu'on a tendance à continuer d'attribuer à la gent féminine, auprès de laquelle il tombe en désuétude aussi. Ça aurait déjà été bizarre que le personnage couse comme hobby si c'était une fille. Mais j'avoue que ce trait de caractère est tiré de la chanson qui m'a inspirée et dont j'ai parlé un peu plus haut, je ne peux donc pas revendiquer les points d'originalité. :p

Et oui, ce n'est pas très gai, mais après mon précédent texte qui était saturé à coup de fleufleurs, fallait bien rétablir l'équilibre...

En tout cas, je suis contente de voir que ce que j'ai fait avec le personnage de la mère t'ait plu. C'est que j'aime bien ce passage, et que je l'aime bien elle aussi d'ailleurs. Je te laisse cependant libre d'interpréter son comportement comme tu le souhaites.

Je pense poster la suite sous peu, si ça t'intéresse. Merci d'avoir lu ! ^^
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Re : Angel
« Réponse #3 le: 19 Septembre 2010 à 06:17:23 »
Cool, un texte de Niitza ! Ça se fête ! :P

A cause du titre, je ne pensais pas du tout que ce serait ce texte - je pensais que ce serait, tu sais, celui avec l'ange aux ailes créées par l'homme. Mais comme je faisais un peu le fantôme sur Point Final, peut-être que ce récit n'est même pas du tout de toi xD .

Citer
    « Qu'est-ce que c'est ? » fait-elle de sa voix si faible qu'on ne l'entend presque pas.

     « Un cadeau, »
Il y a un problème, au niveau de tes guillemets. Normalement, elles ne se referment qu'à "cadeau", et avant "un", il devrait y avoir un tiret.

Citer
Le seul endroit en bordel, ici, c'est ma chambre.
Terme un peu trop familier.

Citer
Que ça ne fait pas si longtemps depuis qu'elle l'a fait, la dernière fois. Il y a bien trois ans.
Je n'aurais pas mis de point, mais une simple virgule.

Citer
    « Quelle chance j'ai, d'avoir un fils qui s'occupe si bien de moi. »
Deux remarques : pas de virgule après "j'ai" et puis c'est un garçon ? Mais il coud... Remarque, en lisant ton commentaire, je comprends mieux.

De quelle chanson d'Aznavour t'es tu inspirée ?

Bref, dans l'ensemble, malgré quelques soucis de forme, ce n'est pas mal. Ce n'est toutefois pas ce que j'ai lu de meilleur de toi, mais bon, ça se lit bien quand même.

Vivement la suite ! :)

"J’ai soudain la sensation limpide d’avoir gaspillé ma jeunesse… L’avoir vue s’échapper de mes mains comme l’anguille effrayée et m’appeler à présent sur le lierre du tombeau, où patiente depuis toujours le chant des enfants, les raisins volés…"

Roi Loth, Kaamelott, Livre V

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Re : Re : Angel
« Réponse #4 le: 21 Septembre 2010 à 21:15:28 »
Merci d'avoir lu et commenté, Ambrena !

Cool, un texte de Niitza ! Ça se fête ! :P
Ah bon ? ^ ^" Ben tu m'en vois ravie !

A cause du titre, je ne pensais pas du tout que ce serait ce texte - je pensais que ce serait, tu sais, celui avec l'ange aux ailes créées par l'homme. Mais comme je faisais un peu le fantôme sur Point Final, peut-être que ce récit n'est même pas du tout de toi xD .
Mh en effet, ce n'est pas vraiment le même genre d'histoire. Mais je vois tout à fait le texte dont tu parles, et oui c'est bel et bien moi qui l'ai écrit (si le texte auquel je pense est bel et bien le texte auquel tu penses, qui a pour titre "Hybride") Tu as bonne mémoire, semble-t-il.

Citer
    « Qu'est-ce que c'est ? » fait-elle de sa voix si faible qu'on ne l'entend presque pas.

     « Un cadeau, »
Il y a un problème, au niveau de tes guillemets. Normalement, elles ne se referment qu'à "cadeau", et avant "un", il devrait y avoir un tiret.
Ah, ja, désolée, j'ai tendance à oublier de corriger ma ponctuation au niveau des dialogues quand je relis (j'y peux rien, quand j'écris, c'est plus pratique de n'utiliser que des guillemets dans le style ponctuation anglaise et de corriger à la relecture / mise en forme). Mea culpa.

Citer
Le seul endroit en bordel, ici, c'est ma chambre.
Terme un peu trop familier.
Oui, mais en même temps, je voulais essayer de rendre les pensées du personnage, qui comme tout le monde mixe un peu tous les registres. Mh.

De quelle chanson d'Aznavour t'es tu inspirée ?
Ah ah, je ne le dirais pas... tout de suite. ^^ J'attends la fin. Peux-tu patienter ?

Bref, dans l'ensemble, malgré quelques soucis de forme, ce n'est pas mal. Ce n'est toutefois pas ce que j'ai lu de meilleur de toi, mais bon, ça se lit bien quand même.

Vivement la suite ! :)
Je veux pas paraître geignarde ou quoi que ce soit, mais c'est assez déprimant qu'on fasse toujours référence à mes autres textes d'avant (avant la prépa et, mh, les trucs assez stupides que j'ai écrits sans aucun souci de qualité juste pour me vider la tête) puisque je sais que cette période est passée (ah, l'âge d'or du lycée, qui l'eût cru ?) et ne reviendra jamais  :'( (ouah, ça fait super tragique dit comme ça)
Mais bon. Ça veut dire que je dois faire plus d'efforts, donc ce n'est pas vraiment négatif.
Et pour la suite, je la posterai en fin de semaine, quand je n'aurai pas l'impression de vous détourner de tâches plus augustes avec mes scribouillages. :mrgreen:
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Re : Angel
« Réponse #5 le: 21 Septembre 2010 à 22:24:29 »
D'accord, pas de problème !  :)

Je ne voulais pas du tout te vexer en te parlant de tes textes plus anciens, hein. C'est juste que je préfère être franche et le dire aux gens, pour qu'ils sachent que de mon point de vue, ils n'étaient pas à leur top. Je préfère ça à la vile flagornerie. ^_^

Merci pour ma mémoire ! Et je serais ravie si tu postais "Hybride", je pourrais ainsi enfin le commenter - je crois l'avoir fait sur PF, mais ça date un peu, il faut l'avouer, et puis ce post est de toute manière perdu à jamais, snif.

Bien sûr que je vais patienter pour ce titre ! Ce n'en sera que meilleur quand je l'apprendrai...

Bonne continuation !
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Hors ligne Milora

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Re : Angel
« Réponse #6 le: 23 Septembre 2010 à 11:31:15 »
J'ai beaucoup aimé. C'est peut-être en raison de ma situation familiale, mais j'ai trouvé ça très juste, très doux et très poignant. J'ai eu l'impression de retrouver la sensibilité, l'impression de vrai, que j'aime tellement dans tes textes, et qui me manquait dans les derniers que tu as postés. Vraiment, j'ai beaucoup aimé, j'en suis encore tout émue ^ ^

Par contre, je crois que j'ai reconnu la chanson (c'est pas Comme ils disent, ou je sais plus le titre exact ?), et je me demande comment la suite va tourner ^ ^
Suite que j'attends avec impatience !
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : Angel
« Réponse #7 le: 24 Septembre 2010 à 08:52:07 »
J'ai bien aimé ! (je vais pas développer j'ai pas le temps  :-[ )
L'ambiance est là, c'est très bien écrit et... Voilà quoi, c'est cool !!  :)
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

- Renaud, les charognards -

Hors ligne Kailiana

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Re : Angel
« Réponse #8 le: 24 Septembre 2010 à 14:07:29 »
Citer
et passe à la cuisine, pour m'assurer que tout est en ordre. J'ai passé pas mal de temps

des fois/trucs/bordel  pas trop dans le ton du reste, trop parlé

Citer
     « Quelle chance j'ai, d'avoir un fils qui s'occupe si bien de moi. »
je voyais une fille pas un fils o_O
Citer
Tout commence en effet à s'assombrir.
j'aime pas trop le "en effet"



J'aime beaucoup et je veux la suite !
Je sais pas trop quoi dire de plus... j'ai trouvé les personnages bien plantés, et la fin intrigue et donne envie de lire la suite. J'ai eu un moment peur que ce soit un peu longuet mais en fait non, juste quand on commence à trouver ça long, on arrive à la fin du passage et on change de lieu. Bref, poste la suite que je puisse me faire un avis sur l'ensemble  :coeur:

Ah par contre si, un défaut que je ne suis pas seule à avoir trouvé : le fait qu'au début, je pensais que le narrateur était une narratrice. Du coup quand on comprend qu'on s'est trompé il faut changer son image mentale du personnage, c'est dommage.
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
Einstein

Hors ligne Niitza

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Re : Angel
« Réponse #9 le: 25 Septembre 2010 à 22:43:14 »
Wah, une pluie de commentaires ! Y a pas à dire, c'est mieux que celle qui tombe au dehors depuis ce matin.

@Ambrena : ne t'en fais pas, je ne suis pas vexée. J'essaye juste de ne pas me laisser décourager et que parfois, c'est un peu dur ^^

@Milora : Contente que ça t'ait plu ! Et que tu y retrouves les éléments qui t'intéressent dans mon écriture (mh, ça fait pompeux de dire ça). Je dois cependant rappeler que ce texte date d'il y a quelque temps, donc peut-être qu'il s'y trouve encore quelque chose que j'ai perdu entretemps. Mh. Prépa je te hais.
Et tu as raison pour la chanson, mais je te laisse lire pour savoir comment ça continue ; )

@Ambriel : Merci d'avoir pris le temps de lire et de laisser un commentaire, même court. Contente que tu aies apprécié ! J'espère que la suite ira aussi.

@Kailiana : Contente que ça t'ait plu. Pour les éléments parlés, je cherchais à mélanger un style oral avec une certaine qualité de narration. Pas sûre que ça ait marché.
Pour le coup du narrateur pensé narratrice... N'est-ce pas dramatique que dans notre société actuelle, on attribue toujours automatiquement la pratique de la couture à une femme ? Hommes couturiers, libérez-vous ! :mrgreen: Non, plus sérieusement, c'est vrai qu'étant auteur, je pars avec l'idée claire que c'est un homme et n'imagine pas autre chose. Mais il est vrai que je pourrais trouver un moyen de mettre quelques indices...
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Re : Angel
« Réponse #10 le: 25 Septembre 2010 à 23:08:32 »
Tiens, et tant que j'y suis. J'avais dit que je posterai la suite ce week-end, non ? Non ? Mh, je l'avais dit, c'est juste que je me parlais à moi-même visiblement :mrgreen:

Bref. Voici la suite. J'espère qu'elle vous plaira... *va se ronger les ongles avec anxiété dans un coin*


------------------------


     Je n'ai pas fait cinq pas dehors que le crachin se transforme en vraie pluie. J'ai pas le temps de remonter chercher mon parapluie. Alors je voûte les épaules, je me réfugie dans les plis de mon manteau un peu trop grand, les mains profondément enfoncées dans ses poches immenses, et j'accélère encore mon pas rapide. Comme Séra, je suis entre le pas et la course. Je sautille légèrement. Mais je ne suis pas guilleret, ça non. Je rase les murs. Je ne regarde pas les autres, ils ne me remarquent pas. La lumière décline, remplacée par celle, sinistre, des lampadaires. La pluie redouble. Je marche dans les flaques. Il fait froid. Fichu temps.

     Heureusement, maman est au chaud, sous ses couvertures, et mon frère aussi, dans son école. Peut-être même à lire un livre super dans sa chambre, ou avec des potes, en train de rire. Tant mieux. Une voiture passe, m'éclabousse au passage. Normal, elle ne m'a pas vu. Temps pourri. Il n'y a que des flaques. J'ai froid.

     Quand j'arrive au boulot, je ne suis pas trop trempé, mais mes cheveux le sont. Au moins sur le dessus. Ça va être galère de me préparer. Et merde.

     Il y a peu de filles dehors. Normal, vu le temps. Les quelques courageuses sont regroupées sous un petit abri en verre, qu'on a peut-être installé pour ça, si ça se trouve. J'en sais rien. Elles fument des clopes à répétition, mâchent des chewing-gums, papotent et rient, en accord avec la pluie qui étouffe tous les sons. C'est qu'y a pas beaucoup de monde qui passe, par ce temps. On s'occupe comme on peut. On se réchauffe comme on peut. Mal. Aucune d'entre elles ne m'est proche. Ce sont pas mes potes, ces filles-là. Alors je passe en les saluant vaguement, et je me dirige vers la porte de derrière, sans m'attarder.

     À l'intérieur, il fait meilleur, bien meilleur. Et il y a de la vraie lumière, au moins. Cet endroit a toujours ça. S'il a rien d'autre. C'est mieux que rien. Dans l'entrée, j'enlève en hâte mes chaussures trempées et mon manteau dégouttant, coinçant les premières contre le mur et accrochant le second à une des patères alignées. Il ne sera pas sec quand je viendrai le récupérer, mais au moins, l'eau sera un peu tombée. Mon sac à la main, je m'engage dans le couloir, furtivement, tout en sachant que je laisse une trace humide sur mon passage à cause de mes chaussettes et surtout de mon pantalon. L'instant d'après, j'ai ouvert et refermé une porte.

     Je suis dans ma ''chambre''. Ce n'est pas bien grand. Il y a un placard dissimulé dans le mur pour mettre mes vêtements de l'extérieur et où sont entreposés ceux du travail, une petite table dans un coin, derrière un paravent, surmontée d'un miroir et couverte de cosmétiques, où je me prépare chaque soir, des tapis sur le sol... et un lit contre le mur opposé à mon coin de préparation. Il servira peut-être plus tard. Souvent pour un petit somme, pendant ma pause. Bien plus rarement, pour autre chose. Pas ce soir, j'espère.

     Je ne perds pas de temps. En un clin d'œil, mes chaussettes, mon pantalon trempé et mes autres vêtements sont en bas du placard, et j'ai sorti mon premier uniforme de la soirée. Même si pour moi, c'est plutôt un costume, que j'enfile pièce par pièce : sous-vêtements, collant résille, pantalon noir souple et long, chemise blanche. Il y a un miroir en pied, derrière la porte. Je m'y regarde. Je suis petit, je suis fluet. Quand je suis ainsi attifé, dans l'uniforme de tous les gens qui servent ici, qui peut faire la différence entre moi et une fille un peu maigre, sans beaucoup de formes ? Pas grand monde. Et ça ne cesse de les étonner. De les intriguer. De les appâter.

     Je passe derrière le paravent pour m'essuyer le visage et le maquiller légèrement : mascara, un peu de fard pour les paupières et les joues, un peu de rouge pour souligner les lèvres. Le tout en subtilité. Pour renforcer le trouble. Je sais m'y prendre, ah, ça, oui. Puis je m'occupe de mes cheveux. C'est moins catastrophique que je ne le craignais. Ils manquent juste de volume après le passage de la brosse. Je n'ai plus qu'à les laisser détachés. Ça séchera plus vite, et bientôt, le tout passera inaperçu.

     Tout en les ébouriffant un peu pour les rendre plus naturels et dynamiques, je tire mes chaussures à talons du bout du pied pour les mettre. Au moins, elles sont sèches, à défaut d'être confortables. Je finis de les enfiler, en vérifiant si tout est au point, quand la porte s'ouvre.

     Paraît un type que je connais bien, en tenue de cuir, des pics à droite à gauche, même comme coiffure plus composée de gel que de cheveux noirs teints de reflets rouges. Et je sais pourquoi il est là : il me cherche. Je devrais déjà être dans la salle. Merde.

     « Oh, Angel, » fait-il en me voyant, avec sa satisfaction inquiétante. « Pas trop tôt. Je commençais à me demander si j'allais devoir te traîner ici et te rappeler le principe de la ponctualité. »

     Menace à peine voilée. Il me regarde de haut en bas, émet un sifflement dangereusement approbateur.

     « Dis donc, même les cheveux lâchés. En forme et motivé, ce soir. Y a intérêt, le client a vraiment besoin qu'on le remonte, avec ce temps pourrave. »

     Au moins, sur ça, je suis d'accord. Sans répondre, je sors de ma ''chambre'' et le suis jusqu'à la salle où je vais passer pas mal des prochaines heures. Toutes, si j'ai de la chance. Ou pas. Le type me laisse à l'entrée pour passer derrière le bar et disparaître comme il le fait toujours.

     Ce type, c'est Sad. Pour sadique, à mon avis. Et selon celui de pas mal d'autres. Toujours au courant de tout. Il est pas bien grand, mais je suis tout de même plus petit que lui. Bien sûr. Si on l'appelle comme ça, c'est à cause de sa façon de toujours tout regarder comme si ça lui faisait plaisir, de nous voir dans le bordel pourri qu'est notre vie, ou comme s'il nous voulait pour lui. Même les filles, même s'il n'en a jamais touché aucune, sauf pour l'inspecter vite fait quand c'est une nouvelle, ou pour l'amener chez le boss. Dans les deux cas, c'est jamais une bonne chose. Je sais pas comment il s'appelle vraiment. Il a l'air d'apprécier son surnom. Et il se la joue parfois un peu androgyne, avec son cuir. Pas aussi bien que moi.

     Pour moi aussi, Angel, c'est un surnom. Pas trop mal. Il aide. Parce qu'un ange, c'est un morceau de rêve, un mythe. Parce qu'un ange, ça peut être déchu, et il y a plein de gens qui ne rêvent que de faire ça, même si ça ne doit rester qu'un fantasme à distance pendant que je suis sur scène. Parce qu'un ange, ça n'a pas de sexe, et moi non plus. Pas vraiment. Car c'est moi, Angel.

     Je suis entré dans la salle comme on entre sur scène. Pour le moment, je suis serveur. Je peux aussi être plus. Je serai plus, pour ceux qui peuvent se le permettre. Mais plus tard, en tout cas. Pour le moment, je ne mens pas à ma mère, je ne mens pas à mon frère. Je prends les commandes, prépare des cocktails, virevolte entre les tables en employant ce ton de voix ambigu qui n'est ni d'un homme, ni d'une femme, évitant les mains baladeuses, car tous le savent : on n'attrape pas un ange comme ça. Oh, que non.

     Il n'y a pas beaucoup de monde, ce soir. Parfois, les jours de pluie accentuent la solitude des gens et les poussent à venir. C'est humide, c'est bondé. Pas ce soir. Ce soir, la pluie annule les sorties entre potes ou en solitaire et cloître les gens chez eux. Je ne sais pas si c'est mieux ou pas. Le temps passe moins vite. Mais il passe mieux. Il ne reste pas en travers de la gorge.

     Tandis que je sers, je sens parfois des regards posés sur moi. Des doigts qui se pointent. Je suis l'attraction, comme ça, parfois. Je ne suis pas le seul à être employé pour jouer sur l'apparence et le mystère. Mais peut-être puis-je dire que je suis le meilleur. Je suis trouble. Je suis Angel. Je ne suis personne.

     Il y a une scène, dans notre bar. J'y passe épisodiquement. Parfois plus en homme, parfois plus en femme. C'est la même chose. Je danse, joue au piano mal accordé. Je chante, même, utilisant ma voix si peu identifiable. Mais jamais je ne suis au centre de la scène. Ce n'est que pour les grands soirs, quand il y a vraiment du monde. Ceux où je sens presque l'ensemble de la salle, les yeux rivés sur moi, hypnotisée, ne souhaitant que briser le secret, soulever le voile, et savoir, donner un sexe à l'ange. Leur désir me brûle la peau. Intérieurement, il me glace. Mais je n'y peux rien. C'est mon boulot. Pour payer l'appartement. Les soins de ma mère. Les études de mon frère. Son internat.

     Il y a pire, comme conditions. Je pourrais être comme les filles dehors.

     Vers minuit, j'ai quitté la scène et la salle, je prends ma pause, seul dehors, abrité sous l'échelle de secours à côté de la porte de derrière, qui est l'entrée des gens comme moi. Pour apparaître comme par magie sur scène. Il pleut toujours. Et bien. Sale temps. J'ai froid. Je me fume une clope. Lentement. Je regarde l'heure, pile à temps pour voir la trotteuse passer de la gauche du douze, où son alignées les deux autres aiguilles, à la droite.

     Et voilà, j'ai vingt-et-un ans.

     Sortant mon paquet d'allumettes, je parviens à en craquer une malgré l'humidité ambiante. Joyeux anniversaire. Seul. Mouillé. Maman oubliera sans doute. Si elle se rappelle, peut-être sera-t-elle endormie avant d'avoir le temps ou l'énergie de me le dire. Je ne le saurai jamais. Quant à mon frère, peut-être que ce sera dans sa prochaine lettre. Peut-être pas. Il doit avoir tellement d'autres choses auxquelles il peut penser. Tant mieux pour lui. C'est tout ce que je lui souhaite. Sois trop occupé, trop heureux. Oublie-moi. Ne t'inquiète pas.

     Vingt-et-un ans. Officiellement, trois ans que je bosse ici. Officieusement... inutile d'y penser.

     Je souffle l'allumette. Je n'ai pas fait de vœu. Inutile. Je n'en ai qu'un seul, et il ne se réalisera pas. Je laisse l'allumette tomber au sol, dans l'eau, à jamais inutilisable. Je range mon paquet dans ma poche. Bien au chaud. Bien au sec. Bon anniversaire. Vingt-et-un ans. Il pleut. La fête est finie. Elle n'a même pas commencé.
Und meine Seele spannte
Weit ihre Flügel aus,
Flog durch die stillen Lande
Als flöge sie nach Haus.

Hors ligne Milora

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Re : Angel
« Réponse #11 le: 27 Septembre 2010 à 19:01:30 »
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Quand je suis ainsi attifé, dans l'uniforme de tous les gens qui servent ici, qui peut faire la différence entre moi et une fille un peu maigre, sans beaucoup de formes ? Pas grand monde. Et ça ne cesse de les étonner. De les intriguer. De les appâter.
Ah c'est marrant, dans la chanson je l'imaginais en drak-queen xD

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Pour le moment, je suis serveur. Je peux aussi être plus. Je serai plus, pour ceux qui peuvent se le permettre. Mais plus tard, en tout cas.
ça commence à faire répétitif, parce que tu l'as déjà dit plusieurs fois...

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Et bien. Sale temps
Eh bien.

C'est triste. J'ai trouvé moins poignant que la première partie - peut-être parce que je m'y identifie moins (lol, heureusement ! xD), peut-être parce qu'il y a quelques longueurs au début du deuxième post, peut-être parce que le texte gagnerait à être lu d'un trait pour conserver l'ambiance.
J'ai été gênée par la chanson en fait, puisque bien que tu l'as citée au début et que tu en conserves pour le moment la structure, j'arrive pas à lire le texte sans y penser xD
Mais ça c'est qu'un détail sans importance ^^ C'est bien écrit, sobre, mélancolique.
L'âge du personnage m'a chifonnée par contre : il est si jeune et il a une mère dans cet état ? S'il a commencé son travail si tôt... quel âge a donc son petit frère, pour être en internat et ne rien suspecter ?

A part ce truc de l'âge, j'ai trouvé ça chouette, j'attends la suite :)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Ambriel

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Re : Angel
« Réponse #12 le: 01 Octobre 2010 à 08:26:36 »
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C'est triste.
+1.  :-\
J'aime bien les androgynes, en personnages, souvent  :) Le coup du bar je le sentais venir, tiens.
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hypnotisée, ne souhaitant que briser le secret, soulever le voile, et savoir, donner un sexe à l'ange.
J'ai pas pu m'empêcher de penser à Beloved...
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L'âge du personnage m'a chifonnée par contre : il est si jeune et il a une mère dans cet état ? S'il a commencé son travail si tôt... quel âge a donc son petit frère, pour être en internat et ne rien suspecter ?
Pour sa mère, elle peut-être malade tout bêtement !
Pour son frère, bah. Il pense à autre chose, je ne sais pas il me paraît étrangement irréel son frère...
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

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Hors ligne Niitza

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Re : Re : Angel
« Réponse #13 le: 01 Octobre 2010 à 09:15:05 »
Des lecteurs ! Yay !
Merci d'avoir lu et contente que ça vous plaise toujours.

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Quand je suis ainsi attifé, dans l'uniforme de tous les gens qui servent ici, qui peut faire la différence entre moi et une fille un peu maigre, sans beaucoup de formes ? Pas grand monde. Et ça ne cesse de les étonner. De les intriguer. De les appâter.
Ah c'est marrant, dans la chanson je l'imaginais en drak-queen xD
Mil, tu as un esprit tout à fait dévoyé. :mrgreen:

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Pour le moment, je suis serveur. Je peux aussi être plus. Je serai plus, pour ceux qui peuvent se le permettre. Mais plus tard, en tout cas.
ça commence à faire répétitif, parce que tu l'as déjà dit plusieurs fois...
Répétitif, ben oui, parce le personnage passe son temps à se répéter la même chose en espérant que ça n'arrivera pas, ou alors dans longtemps. Très longtemps. Je voulais que ça sonne un peu comme un refrain obsessionnel au coin de sa tête.

C'est bien écrit, sobre, mélancolique.
Merci ^^ Comme c'est l'ambiance que je cherchais, je suis contente.

L'âge du personnage m'a chifonnée par contre : il est si jeune et il a une mère dans cet état ? S'il a commencé son travail si tôt... quel âge a donc son petit frère, pour être en internat et ne rien suspecter ?
Ambriel a mieux répondu que moi à cette question donc je n'en dirai pas davantage. :mrgreen:
Envie d'être avocat, Ambriel ? Nan ?

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hypnotisée, ne souhaitant que briser le secret, soulever le voile, et savoir, donner un sexe à l'ange.
J'ai pas pu m'empêcher de penser à Beloved...
Mh, il est possible qu'il ait été une inspiration (inconsciente, je le jure !) C'est qu'il s'infiltre partout, le coco.

Et oui, c'est triste. Mais la chanson de départ n'est pas jojo non plus. Donc...

Je posterai la suite ce week-end. :)
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Hors ligne Kathya

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Re : Angel
« Réponse #14 le: 04 Octobre 2010 à 11:25:05 »
Et la suite ?  ::)

J'aime bien lire les textes d'une traite, même s'ils sont longs. ^^

L'atmosphère est étrange, parfois davantage mélancolique que triste tant le personnage est mélancolique et ne se plaint pas tant de son sort. C'est vrai que le début du second envoi est moins fluide que le reste mais ça ne m'a pas vraiment gênée.

J'aime vraiment la tonalité du récit et ce sera un plaisir de lire la suite, d'autant plus que je ne connais pas la chanson. x')
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

 


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