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18 Juin 2026 à 01:22:51
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Le Monde de L'Écriture » Sous le soleil des topics » Discussions » Sans soutif et poilue

Auteur Sujet: Sans soutif et poilue  (Lu 22692 fois)

Hors ligne Ari

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Re : Sans soutif et poilue
« Réponse #75 le: 01 Juin 2020 à 23:26:57 »
Je me souviens très bien des premières règles (genre trauma '-' '-' '-' ) mais pas du tout du premier soutif (même si je sais que c'était au collège) et pas du tout de la première épilation (même si je sais que c'était au lycée).

Citation de: Dot
- quel stéréotype du carcan sexué combattez vous avec le plus d'ardeur ?
Aucune idée '-'

Chouc : je crois que tu réponds à Ambriel ;) .

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

~ Ari ~

Hors ligne Chouc

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Re : Re : Sans soutif et poilue
« Réponse #76 le: 01 Juin 2020 à 23:28:30 »

Chouc : je crois que tu réponds à Ambriel ;) .



Oui oui, j'ai édité mon message, mille excuse pour la confusion  :-[
Tel esprit qui croyait se pendre.

Hors ligne Zamy

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Re : Sans soutif et poilue
« Réponse #77 le: 01 Juin 2020 à 23:53:09 »
Comme j'ai lu les 5 pages de ce topic d'un coup, je me pointe comme une fleur (expression appropriée je trouve) pour me joindre à vous. Mais j'ai donc un certain retard à combler, aussi je vais essayer de réponde au sujet initial sans couper court à la tournure de cette discussion.

En fait c'est marrant parce que justement il y a quelques jours j'étais tombée sur un témoignage d'une femme qui ne met plus de soutif, et je me suis dit "c'est vrai, pourquoi j'en mets? Comment ferais-je si je n'en mettais plus?". Ici, j'ai surtout pensé à tous mes tee-shirts dont la transparence trahirait l'absence de soutien-gorge, et à tous ceux qui s'ouvrent suffisamment pour que je n'ose plus me pencher.

Sinon, je ne sais pas si c'est lié à la manière dont ma mère m'a fait (ou non) appréhender les différents aspects de ce qu'est être une fille, une femme, de grandir, mais je n'ai jamais porté beaucoup d'importance aux poils… jusqu'à la fin de mon lycée. A part en maillot de bain (j'ai moi aussi toujours adopté le short de bain, comme ma sœur), je me fichais de ça.
Après, j'ai commencé à m'en préoccuper. Pour sortir (en soirée, j'entends), ou lorsque les shorts étaient de rigueur, j'ai commencé à me dire "on voit les poils, tiens", et à essayer 'd'arranger' ça.
Même maintenant, de temps en temps, soudain, je vois mes poils (de jambe ou d'aisselle), et en fonction de ma journée, je me rase (j'ai jamais fait plus que du rasage, d'ailleurs).
Mais c'est vrai que jusqu'au lycée, je me fichais du regard des autres, je me fichais d'être belle, j'avais jamais mis de maquillage. J'étais pas intéressée par les mecs (oui je vous livre ma vie) autrement que pour jouer au foot avec eux, je pense que ça a joué aussi.

En ce qui concerne le soutif, c'est différent. J'en mets depuis longtemps, je n'ai jamais relié ça vraiment à une preuve de féminisme exacerbé ou quoi que ce soit. Il faut en mettre, c'est tout. Ma mère était presque horrifiée de voir que j'en avais pas au judo, quand ma poitrine commençait à peine à naître, et j'ai commencé à en mettre sans que personne ne me montre comment faire, sans savoir qu'on pouvait ne pas en mettre.
J'en mets encore parce que je n'y pense pas, pourtant des fois ça me gêne, mais je ne me vois pas bosser sans par exemple.

Du reste Anlor, tu as parlé aussi au début des gens qui se maquillent ou non, talons ou non… Je mets de temps en temps du maquillage maintenant, pour des occasion particulières, quand je sors alors que je ne l'ai pas fait depuis un moment, mais pas le reste du temps. J'ai fini par m'habituer au mascara et au truc sur les paupières, mais je me souviens de comment ça m'a paru lourd et gênant les premières fois, donc j'ai toujours considéré que ce n'était pas naturel d'en mettre (du moins pour moi), même si ça va très bien à certain.e.s.
J'ai toujours eu un look plutôt jean/tee-shirt, et je suis terriblement mal à l'aise en jupe. Je ne mets de robes qu'en très grandes occasions (soit 3 fois dans ma vie je crois), et alors j'entends "oh ça te va bien", "tu devrais le faire plus souvent". Les mêmes remarques que quand je mets du maquillage, soit dit en-passant. Mais je me vois absolument pas suivre des conseils purement esthétiques en dépit de mon propre sentiment, donc tous mes proches savent qu'ils peuvent continuer à dire ça, ça ne changera rien au fait que je ne ressortirai pas tout ça le lendemain.

Voilà, et pour ce que vous dites selon les derniers messages que j'ai lu… Ma première épilation ne datant pas de plus de 3 ans, j'en ai un vague souvenir (c'est dire si ça m'a marqué), le reste je me souviens plus de la difficulté que j'ai eu de dire à ma mère que j'avais mes premières règles que le reste (mais ce serait certainement lié à un sujet d'un autre topic).  :mrgreen:

Ah si, je repense à autre-chose que vous avez soulevé: le lien entre confiance en soi et état de son propre corps.
Bien sûr, pour moi il y a un lien, mais si je me fichais globalement du regard des autres au lycée, cela ne veut pas dire que j'avais une grande confiance en moi. Je me fichais de mes poils, du maquillage, pas de ma taille, de mes cheveux, de mon visage, etc. Je me sentais mal pour d'autres choses, c'est tout.
Membre du comité de soutien pour la mutation de Zagreos en Za'gros Cheveux.

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Re : Sans soutif et poilue
« Réponse #78 le: 02 Juin 2020 à 00:19:42 »
faudrait-il distinguer des valeurs sexuales entre deux opposés largement nuançables :

- les indéfectibles : expl, un soutien-gorge ça répond au besoin biologique, quel qu'il soit, né de la possession de protubérances mammaires, généralement pour ce qu'on s'en fait d'opérationnel (le tétons étant formés avant la sexuation du fœtus, m'a-t-il semblé lire quelque part mais je ne suis pas sûr) et donc de principalement féminin (j'avais une idée avec les tétons, mais comme eux elle ne sert à rien je crois, en tout cas je l'ai un peu oubliée et ne la note donc pas)

- les cotés : expl, le talon si je ne m'abuse était destiné aux hommes à la cour des Lumières, ce n'est une valeur 'féminine' voire 'féministe' ou au contraire 'anti-féministe' (selon si le féminisme en question est plus versé dans l'usage exclusivement féminin ou au contraire l'usage mixte de cette valeur), que depuis d'autres temps et justement, on ne peut donc pas dire que le talon est un accessoire ontologiquement féminin, bien qu'il le soit factuellement dans nos époques et lieux

?

ou plutôt définir une palette de couleurs :
- jean VS jupe, quid du rapport pratico-pratique à la sexuation : pour pisser étout...
- collier : argent ou or, selon qui ou quoi, grosse chaîne ou petite maille : esthétique symbolique...
- maquillage : eyeliner mixte VS fonds de teints adaptés à la morphologie ?
- cheveux (pour changer des poils) : longs courts, ce que ça évoque (je pense au film THX 1138, monsieur Georges Lucas devait un peu quelque part se poser nos questions, puisqu'hommes et femmes dans cette SF sont rasés (ou imberbes dans l'histoire même ?) intégralement, ce qui déplace le problème d'identification à mon sens...
- etc...

tout ceci en lecture de vos interventions, notamment Ariane ton questionnement très pertinent sur la norme :
tu te sens femme à ne pas poursuivre certains codes majoritairement pensés comme féminins
mais un transgenre qui cherche à se penser autre n'a que les ancrages sociaux pour se forger son idéal...
non ?
.

Hors ligne Ari

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Re : Sans soutif et poilue
« Réponse #79 le: 02 Juin 2020 à 00:29:54 »
Citer
tu te sens femme à ne pas poursuivre certains codes majoritairement pensés comme féminins
mais un transgenre qui cherche à se penser autre n'a que les ancrages sociaux pour se forger son idéal...
non ?
Dans mon anecdote, justement, je ne me sentais pas femme du tout '-' le fait de ne pas poursuivre certains codes ne me fait pas me sentir + femme...
Et je sais pas sur quoi on s'ancre, en dehors des ancrages sociaux. Pour moi j'ai l'impression d'un vécu intime et personnel différent de ces ancrages (et je pense qu'une personne trans a le même type de vécu intime et personnel différent de ces ancrages...), mais je sais pas si c'est une illusion ou pas. J'ai aucune prétention en la matière. Je tâtonne dans le noir.
~ Ari ~

Hors ligne Dot Quote

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Re : Sans soutif et poilue
« Réponse #80 le: 02 Juin 2020 à 00:37:10 »
idem, question hautement métaphysique '-'
d'où que je me permettais de tenter de rassembler les fondamentaux et les interprétatifs

genre un soutif, qu'il soit pertinent ou pas, c'est pour les femmes
alors qu'un talon, qu'il soit pertinent ou pas, c'est pour ce qu'on décide

ce qui n'empêche donc pas :
un homme à soutif, là étant peut-être juste la marque d'un caractère féminin assumé en lui
un homme à talon, là étan peut-être cette notion d'ancrage social, puisque les Lumières auraient trouvé ça normal, et l'inverse outrageant d'égo à vouloir toucher le ciel

je sais pas si j'éclaire ou solutionne un peu, mais ça me parait important '-'
.

Hors ligne Mémoire

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Re : Sans soutif et poilue
« Réponse #81 le: 02 Juin 2020 à 01:58:47 »
Bon, je passe mettre mon grain de sel aussi.
Évidemment je ne suis pas en France/Europe. La culture de la drague et tout mentionnée dans les posts précédents est moins présente, mais l'hypersexualisation et les top models américain(e)s sont probablement beaucoup plus ancrés, selon ce que je connais des deux.

Histoire de petite : J'ai eu pendant la majorité de ma vie un giga problème avec le fait d'être une fille - avec le recul je pense que j'avais plus un problème avec cette espèce de boîte rose à fleurs dans laquelle on les met. Je n'ai absolument jamais été attirée par l'apparence mais comme plusieurs ici, ça a changé à l'âge du collège/un peu avant. Je devais avoir 9 ans et j'étais la seule dans le vestiaire à ne pas avoir de soutien-gorge. Je me souviens que ça m'avait vraiment gênée, même si je me baignais toujours avec des maillots de gars, pas de chandail, l'été d'avant, et que j'avais demandé des soutifs à ma maman.

Poils : À l'âge du secondaire (11 ans environ) j'étais dans la même situation qu'Anlor, la seule avec des poils, et je m'habillais comme un gars avec des t-shirts et des shorts noirs. À un moment j'en ai eu marre de me faire demander pourquoi je me déguisais en gars et j'ai commencé à me raser avant les cours de sports, l'été, etc. Les filles à l'école parlaient constamment de poils et d'apparence et c'était pas cool. Je dois dire que le plus souvent, ce qui m'a donné de l'insécurité par rapport à ce sujet, sont des commentaires de mes nombreux amis gars sur d'autres filles, pas sur moi. Puis j'ai vécu un an avec une coloc hippie qui ne se rasait aucunement quand j'avais 20 ans et ça a été la première fois que j'ai vu une femme à l'aise avec sa pilosité. Comme je suis très poilue, je trimmais le maillot aux ciseaux juste pour qu'il rentre dessous, et je passais mon temps à placer le fichu bikini en espérant que personne regarde -_- À certains endroits j'ai le poil roux et à d'autres (surtout les aisselles), c'est carrément noir, sur peau blanche-craie.

Comment suis-je rendue à ne pas m'épiler/me raser du tout, nulle part ? 1) j'ai un copain qui "aime le naturel" et 2) j'avais pas envie de me barbifier toutes les fois que j'allais à la piscine. Cet hiver j'ai eu une semaine-choc où je suis allée nager sans rien faire et surprise ! Il ne s'est rien passé. Je suis presque exclusivement entourée de gars et franchement, à un moment donné j'ai trouvé qu'il n'y avait aucune différence entre leurs jambes et les miennes, alors pourquoi les miennes poilues devraient-elles être choquantes ? Désormais je ne me fais plus les mollets/aisselles (les seuls que je faisais régulièrement) et même si je me sens des fois un peu bizarre, je crois que ça va finir par partir avec le temps.

soutifs : J'ai définitivement commencé trop tôt à en porter. Maintenant, j'en porte tous les jours, mais il m'est arrivé une fois dernièrement de le laisser traîner à la maison pour aller prendre une marche de soir. Pour le sport, j'en veux un, pour mon travail en atelier (construction), j'aime vraiment mieux en avoir un. Pour le reste, je pense que je vais graduellement ne plus en porter - de toute manière, je n'en ai que deux et ils tombent en morceaux. Il semble aussi que mes seins changent constamment de taille et de forme et j'en ai un peu marre de ne jamais avoir de soutifs à ma taille.

féminité, sexualisation, etc. : j'ai toujours eu du mal à comprendre la sexualisation d'une partie visible. Genre la fille qui porte une chemise/blouse avec les tétons qui pointent c'est grave mais la fille qui porte un soutien-gorge sous son machin plongeant jusqu'au nombril ça c'est ok. Jamais compris.

J'ai très longtemps trouvé que je n'étais pas assez "femme", à un moment donné l'idée s'est faite dans ma tête que ce n'était pas relié à mes poils, à mon absence de maquillage, de sac à mains, de robes, de jupes, de coiffure, etc.
Je suis juste la femme que je veux être, pas nécessairement celle représentée par la société américaine.

Hors ligne Erwan

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Re : Re : Sans soutif et poilue
« Réponse #82 le: 02 Juin 2020 à 11:00:47 »
...
« Modifié: 19 Mars 2022 à 12:52:51 par Erwan »

Hors ligne Zamy

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Re : Sans soutif et poilue
« Réponse #83 le: 02 Juin 2020 à 11:18:24 »
Là par contre je trouve qu'il y a une grande différence entre ce que dit Anlor, soit que les femmes n'ont pas besoin d'entendre de donneurs de leçon dire comment et quoi faire pour ne plus se sentir oppressées, et ce que tu dis, Erwan.
Qu'un homme accompagne l'émancipation est au contraire important, puisque ne rien faire et décider de "les laisser se démerder elles-mêmes" est une manière de valider les problèmes rencontrées par les femmes comme leur combat. C'est à cause de ce genre de manière de penser que les femmes ont tant de mal à faire entendre leurs voix sur ce sujet comme tant d'autres, puisque les seules voix qui s'élèvent alors sont opposées à elles.
Quelques hommes manifestant avec les femmes, défendant leurs choix, je plussoie. Quelques hommes observant des gens commenter les choix de certaines femmes dans leur dos (ou devant elles), sans rien dire sur le moment, puis en parler pour dire qu'ils avaient tort, ce n'est pas ce qui va aider quiconque.

Assimiler le droit de se bosser déguiser au droit de bosser habillé comme on le veut (sans que l'on considère ce choix comme une extravagance, un déguisement, une manie passagère), ce sont deux choses totalement différentes. Je veux voir des femmes se promener en jupe, en robe, en jean, en short, quoique ce soit, pouvoir le faire si elles le veulent.
De plus, le problème soulevé au début, il ne faut pas l'oublier, est un problème corporel et non matériel, je ne peux pas poser mes seins si j'en ai marre, je les ais, c'est tout, et je dois vivre avec. Tu peux poser ton déguisement le jour où ça ne fera plus rire de le porter.
Membre du comité de soutien pour la mutation de Zagreos en Za'gros Cheveux.

anlor

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Re : Re : Re : Sans soutif et poilue
« Réponse #84 le: 02 Juin 2020 à 11:28:54 »
Je ne vois pas non plus quoi faire de plus sans empiéter comme tu le dis, sur une cause qui n'est plus la mienne.  :/
Ben par exemple ne pas parler de confiance en soi et rebasculer la responsabilité du changement sur l'individu quand on parle d'un problème sociétal. Ça aide.

Citer
Uniquement parce que c'est interdit, qu'est-ce que c'est sensé m'apporter, cette fameuse liberté ?
À toi rien, parce que tu l'as déjà, cette liberté, en tant qu'homme cis.
Par contre, ça aiderait cette moitié de la population dont tu assimiles une des tenues à un déguisement de crustacé.

Hors ligne Elk

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Re : Sans soutif et poilue
« Réponse #85 le: 02 Juin 2020 à 11:36:13 »
Citer
Assimiler le droit de se bosser déguiser au droit de bosser habillé comme on le veut (sans que l'on considère ce choix comme une extravagance, un déguisement, une manie passagère), ce sont deux choses totalement différentes. Je veux voir des femmes se promener en jupe, en robe, en jean, en short, quoique ce soit, pouvoir le faire si elles le veulent.

Je plussoie ça. Il me semble aussi que venir bosser "déguisé", ça n'a rien à voir avec venir bosser en jupe.
Qu'un vêtement qui "peut" être porté par la moitié de la population soit considéré ridicule sur l'autre moitié, même si ça nous parait évident et anodin, ça pose quand même question, non ? et même si Erwan tu as l'air de t'en ficher, je crois pas que ce soit le cas de tous les hommes... (parce que les identités de genre dans la réalité sont plus complexes que "homme/femme")
Qu'un homme qui porte une jupe soit considéré comme ridicule, ça va avec le fait qu'on dise "oh t'es jolie comme ça, tu devrais en porter plus souvent" à une femme qui porte rarement des jupes ; les deux font partie de la même norme sociale et oui, c'est une norme qui blesse plein de gens.

Sur la question de militer avec les femmes vs. laisser les femmes se démerder, il y a plein de ressources hyper intéressantes sur internet sur la notion d'allié.e et de comment on peut l'être, qui montre que les positions sont un peu plus nuancées que ça. Ce qui est cool aussi, c'est que se demander comment on peut être un allié.e sur un combat (le sexisme par exemple) donne des billes pour les autres (le racisme, la transphobie...). Bref, ça me parait hyper important comme notion parce qu'on se retrouve forcément dans cette position un jour ou l'autre (sauf si vraiment, on en a rien à battre des oppressions :mrgreen:)

Et pour remettre une pièce dans les témoignages, il y a quelques mois une amie m'a raconté le déroulement d'un stand photo "La reine des neiges" dans un centre commercial, auquel elle a participé. Des dizaines et des dizaines de parents qui amènent leurs enfants, plus ou moins enthousiastes, se faire déguiser et photographier. Et toute la journée, des petits garçons de moins de dix ans qui demandent à se déguiser avec une robe, ou un diadème - bah ouais, parce que Elsa et Anna c'est les personnages principaux de l'histoire, c'est elles les plus badass -, et des parents horrifiés qui leur disent "mais non tu vas ressembler à une fille !" "enlève ce diadème tout de suite !" "prends une épée !", etc. etc.
Voilà.

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Sans soutif et poilue
« Réponse #86 le: 02 Juin 2020 à 11:39:55 »
Bonjour Erwan,


Je suis le débat depuis le début et je n'ai pas trouvé utile de donner mon avis sur des expériences de femmes. Je ne fais que m'intéresser à ces constats du quotidien, essayer de m'y sensibiliser, lire et m'informer plutôt que de parler pour moi-même en tant qu'homme.


En revanche, et s'il y a bien une chose qui m'oblige à réagir en tant qu'homme, c'est bien que j'aimerais que tu ne parles pas « au nom de tous les hommes ». Je n'ai rien contre les gens qui abandonnent un combat en disant « ce sujet ne sert vraiment à rien, c'est un sujet inutile... » car je comprends que l'on puisse avoir le droit de ne pas être féministe. Mais j'aimerais malgré tout que tu assumes cet abandon comme te concernant toi et toi seul et laisser les femmes, qui en auraient envie, s'exprimer à ce sujet sans que tu aies à conditionner l'accès au féminisme si ça ne t'intéresse pas.

Si ce fil existe, c'est qu'il a son identité propre, et je conseillerais sincèrement aux femmes & hommes qui s'en désintéressent de ne pas intervenir pour signifier son inutilité... Je dis « femmes & hommes » car je sais combien certaines femmes n'ont pas le temps ni l'énergie de se consacrer au féminisme, et combien celles-ci seraient légitimes à ne pas s'exprimer à propos de ce sujet si celui-ci les désintéresse également.


En toute cordialité.
« Modifié: 02 Juin 2020 à 11:45:54 par Alan Tréard »

Hors ligne derrierelemiroir

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Re : Sans soutif et poilue
« Réponse #87 le: 02 Juin 2020 à 11:41:35 »
J'arrive aussi en retard alors que je voulais participer dès le début '-'

Merci anlor pour ce fil !

Y a beaucoup beaucoup de réponses qui m'ont touchées, et qui m'ont aussi rappelées des expériences douloureuses que j'avais un peu mises de côtés.


Les poils, c'est ce qui a commencé en premier je crois. C'est drôle, parce que je me souviens, petite, je regardais les poils de bras méga noir de mon papa, et je disais "un jour, j'aurai des poils comme toi" tellement je trouvais ça beau. Et pis quelques années plus tard, je demandais à ma mère si je ne pouvais pas me raser les jambes parce que toutes mes copines le faisaient. Ma mère n'a pas voulu au début, je pense que ça l'attristait qu'à dix ans, j'ai déjà honte de mon corps. Mais du coup j'ai volé le rasoir de ma grande soeur et je l'ai fait en cachette. Les aisselles ont dû y passer en même temps. Le maillot c'était plus tard. Je me souviens de la première fois où j'ai épilé le maillot intégralement, c'était mon copain qui le voulait, je devais avoir 18ans. Moi je m'en fichais un peu et j'avais surtout envie de lui plaire. J'ai continué longtemps, mon copain suivant avait le même goût pour les maillots intègralement épilés. D'ailleurs ils en parlaient entre potes. Je me souviens d'une soirée où on avait fini chez un pote à lui. Un de ses amis avait fini avec une fille, et juste après, il était revenu dans le salon en s'écriant "elle a la chatte poilue" ou un truc du genre. Je m'en veux encore aujourd'hui de ne pas avoir réagi. Mais du coup, pendant de nombreuses années, j'ai été entourées d'hommes qui ne se retenaient pas de faire ce genre de remarques, et de filles maquillées, épilées, fines. C'était l'époque où je m'achetais des talons de 12cm, où je mettais tout le temps des robes, où je m'épillais tout le temps, me maquillais tout le temps, et me retenait souvent de manger.

Le maquillage, j'ai commencé vers 11ans. Là, c'était pas la pression sociale, parce que mes amies ne se maquillaient pas encore, mais c'était mon admiration pour ma grande soeur. Elle était belle et je voulais être belle comme elle. Ma mère, de nouveau, ne voulait pas, alors je cachais mon crayon noir à la sortie de l'appartement et me maquillait dehors.

Ensuite, vers 15 ans, j'ai commencé à me lisser les cheveux. Parce que c'était la mode des cheveux ultra lisses, et les miens étaient hirsutes, bouclés parfois, ondulés souvent, sans forme précise. Alors je les modifiais. Pendant très très longtemps, j'étais persuadée d'être nettement plus belle avec les cheveux lissés.

Pis après j'ai quitté la Suisse et cet environnement très superficiel et malsain. Et mon nouvel environnement était surtout fait de collègues de travail qui s'en fichaient de leur apparence. Alors j'ai peu à peu arrêté de me maquiller tout le temps, j'ai perdu un peu d'intérêt pour mes habits (pis aussi, j'avais repris du poids et quand je me sentais plus grosse, je me sentais moins légitime d'essayer d'être belle). C'était un peu un mélange dépression et libération. Peu à peu, j'ai arrêté de me lisser les cheveux, je m'épilais moins souvent. Sauf, sauf quand je rentrais en Suisse.

Bon, pis après j'ai rencontré Celui aux doux yeux verts, et visiblement, il m'aimait vraiment beaucoup pour comment j'étais dedans, et oui il me trouvait jolie aussi physiquement, mais visiblement peu lui importaient mes talons, mon maquillage, mes cheveux lissés, mes rondeurs, mes poils. Alors toutes les couches superficielles sont peu à peu tombées. Maintenant, je me maquille par plaisir surtout, et parfois par besoin de changement. Je ne me lisse plus du tout les cheveux. Je m'épile encore, mais moins souvent et je suis entourée d'amies qui s'épilent de moins en moins, et c'est un sentiment merveilleux de libération. On se regarde les poils, on se les montre, comme des enfants.

Pour le soutif, ben j'y avais jamais vraiment pensé. J'ai une poitrine moyenne-grande je dirais, donc je croyais que j'avais besoin de soutif. Mais en fait non. Souvent, la première chose que je faisais en rentrant, c'était de l'enlever. Et puis l'année dernière, en Italie, je me suis achetée une robe et des hauts avec des bretelles très fines, et du coup, c'était moins élégant de mettre un soutif, alors j'ai essayé sans. Et oui, les tétons pointaient, alors je me suis beaucoup questionnées, j'ai demandé à mes amies, et puis j'ai essayé. Je me souviens, je suis allée au cinéma avec un ami, et ça me perturbait un peu, surtout que j'avais l'impression qu'il s'intéressait à moi, et j'avais peur que, je sais pas, que ça l'induise en erreur. Alors après le ciné, je me suis enfuie. Mais après, ça, j'ai essayé de plus en plus, et je m'y habitue de mieux en mieux. C'est pas que le téton pointu qui me perturbait, mais aussi le mouvement plus libre des seins, et le fait que j'en ai un plus gros que l'autre et que ça se voit. Mais ben voilà, j'essaie d'apprendre que ceux qui aiment pas aiment pas, et que la vie est faite d'opinions diverses, et que ma valeur à mes yeux devraient pas dépendre des opinions des autres relatives à mon physique.

Oh, pis je voulais faire une petite remarque par rapport un truc que cyamme a dit, sur le fait que les remarques sur les habits c'est peut-être pas aussi oppressant que les remarques sur le corps (je sais plus exactement comment tu as dit ça). Et en fait, je ne sais pas. Ça dépend, je suppose. J'ai aussi grandi dans une famille qui avait moins de moyens que les familles de mes amis. Et donc j'ai jamais vraiment eu les habits à la mode, les habits de bonne qualité tout ça. Et donc des remarques dessus, c'était des remarques sur ma famille, et ça faisait très très mal, encore plus mal que les remarque qui n'étaient dirigées que contre moi.

Pis pardon si j'ai pas encore réagi à tout ce que vous avez dit '-'

"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

Hors ligne Ari

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Re : Re : Re : Sans soutif et poilue
« Réponse #88 le: 02 Juin 2020 à 12:18:59 »
Citation de: Erwan
Je ne critiquerais pas un autre homme en jupe, je crois que c'est à cette tolérance que mon action s'arrête
:o Pour moi, tolérer, c'est pas une "action" militante... C'est juste normal en fait.

Pour le reste de ton message Erwan, j'ai l'impression que tu prends la critique du "mainsplaining" comme une critique des hommes qui s'impliquent dans le féminisme, mais à mes yeux c'est deux choses totalement différentes. Le mainsplaining ça peut se produire directement dans le domaine du féminisme (par exemple, un mec qui explique que pour qu'une femme soit acceptée par les autres quelle que soit son allure physique, ses seins ou ses poils, il suffit qu'elle ait confiance en elle), mais peut couvrir plus de domaines que le féminisme (par exemple, un mec qui m'explique pourquoi je dois pas me plaindre pendant ma grossesse... c'est pas directement dans le domaine du militantisme, il vient pas m'aider à lutter contre quoi que ce soit, il vient juste me donner des leçons sur des choses dont il n'est pas spécialiste et qu'il ne connaît pas). A l'inverse, un homme impliqué dans la lutte pour l'égalité des sexes peut avoir un comportement condescendant et tomber dans la mecsplication, mais peut aussi avoir un comportement super respectueux (juste normal en fait !). Les deux peuvent se recouvrir mais peuvent (bien heureusement !!!) aussi se rencontrer séparément. En ce qui me concerne le mainsplaining me saoule beaucoup (le mot aussi me saoule, mais parfois ça reste un terme qui me semble pertinent...), par contre je suis très en faveur de l'implication des hommes dans les efforts à mener pour l'égalité des sexes.
« Modifié: 02 Juin 2020 à 12:45:09 par Ariane »
~ Ari ~

Hors ligne Erwan

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Re : Re : Re : Re : Sans soutif et poilue
« Réponse #89 le: 02 Juin 2020 à 13:05:20 »
...
« Modifié: 19 Mars 2022 à 12:54:43 par Erwan »

 


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