Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

06 novembre 2026 à 10:53:21
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » "A nos héros"

Auteur Sujet: "A nos héros"  (Lu 2364 fois)

Hors ligne Loup-Taciturne

  • Calliopéen
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  • serviteur de Saturne
"A nos héros"
« le: 31 mars 2020 à 15:14:11 »
Camarade. Aujourd'hui tu te sens plus utile que jamais. Tu fais pourtant un boulot que t'as pas vraiment ou complètement choisi (mais t'avais qu'à faire des études – ou plus longues ou pas les mêmes –, mieux bosser à l'école, monter ton entreprise ! un truc vraiment utile à la société tu entends...). Aujourd'hui comme hier, tu fais un boulot que tout le monde fuit, que t'arrêterais sûrement si t'avais l'choix, rarement plus qu'un gagne-pain, parfois une vocation modeste, quelquefois une passion invisible dévorant ta vie, souvent une corvée. Quoiqu'il en soit, un boulot mal payé et fatiguant dont les conditions de travail se dégradent régulièrement à cause du patronat, du management et ses « réorganisations », des restrictions budgétaires gouvernementales, de l'anéantissement du droit du travail ou du refus d'augmenter le salaire. Un boulot qui mérite tout juste le respect, sûrement pas le prestige social ni un salaire décent (« il faut valoriser les petits métiers » qu'ils disent, mais ils feront tout pour que leurs enfants fassent de « longues études » et échappent à un destin laborieux !).
T'as des choses à (re)dire ! Mais t'as pas trop les moyens de l'ouvrir, de te mettre en grève et même quand tu t'y résous, tu prends des risques inutiles, personne t'écoute...

Aujourd'hui j'espère que tu te rends compte que sans toi le monde crève, et qu'eux tous, cloîtrés chez eux dans la peur ou l'ennui à te regarder bosser avec une fausse admiration (bien contents de rester chez eux, bien contents de pas être à ta place, espérant que demain tout redeviendra comme avant, eux à leur place, toi à la tienne), ils n'ont vraisemblablement rien mérité de l'importance qu'on t'a fait croire (tout ça y en a qui le disent depuis longtemps vous savez !).

Ils t'applaudissent, ils te traitent de « héros ». Tout ça ne sont que gesticulations, paroles et flatteries sans valeur. Et nous sommes à deux doigts de gober ça, de prendre tout ça comme une honnête et sincère rétribution pour le sacrifice de ta vie. Mon ami si tu étais cynique tu profiterais de la situation pour enclencher un rapport de force à ton avantage et exiger de manière sévère ton dû,  l'amélioration de tes conditions d'existence, la prise en considération de ta vision du monde. Mais ton bon sens populaire t'empêche de laisser crever les autres pour tes intérêts propres. Ce ne serait pas juste.

Vois comme la morale t'oblige, à servir leurs intérêts. Mais concernant les tiens, ils n'ont aucune morale ! J'ai pourtant espoir en ta rancune. La guerre contre un virus est une illusion. La guerre n'existe qu'entre les Hommes. La plus virulente est souvent invisible.

La juste rétribution dans cette guerre entre les Hommes, que met au jour le virus, ce n'est pas de recevoir des flatteries et des applaudissements du haut des balcons pour une besogne dont d'ordinaire tout le monde se moque. C'est d'obtenir la justice : une place dans la société digne de ton importance que personne aujourd'hui ne peut plus feindre d'ignorer, qui donne droit à des statuts et considérations de  rang notable et l'accès à des ressources équivalentes. Les applaudissements ne nourrissent pas la panse, et pour ce qui est de la reconnaissance, ils se dissipent bien vite dans l'indifférence générale une fois le spectacle terminé.
Il faut refuser l'arène et se garder de celui qui te place dans le rôle du héros, c'est un don qui t'endette. Le héros est, pour « la bonne cause », toujours sacrifié.
« Modifié: 04 avril 2020 à 16:32:41 par Loup-Taciturne »
« Suis-je moi ?
Suis-je là-bas, suis-je là ?
Dans tout "toi", il y a moi
Je suis toi. Point d'exil
Si je suis toi. Point d'exil
Si tu es mon moi. Et point
Si la mer et le désert sont
La chanson du voyageur au voyageur
Je ne reviendrai pas comme je suis parti
Ne reviendrai pas, même furtivement »

Hors ligne Pomdemer

  • Buvard
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Re : "A nos héros"
« Réponse #1 le: 01 avril 2020 à 13:41:10 »
Bonjour,
C’est un beau texte, un cri du cœur.
J’ai trouvé un réel décalage entre le début du texte, où il est question d’un métier ingrat « t'avais qu'à faire des études »,  « mieux bosser à l'école », « un truc vraiment utile », « rarement plus qu'un gagne-pain » etc …  et à la fin, où l’on comprend que c’est le métier de soignant dont tu parles.  Je ne m'attendais pas à ça.
La dureté de la non-reconnaissance est très forte, serait-ce un sentiment qui appartiendrait davantage au narrateur de ce texte du fait de son histoire perso peut-être pour en arriver là ? A creuser pour davantage de compréhension pour le lecteur … ou pas  ;)

Bonne continuation !

Modération : je me suis permis d'éditer la coquille que tu corrigeais dans le message suivant. Sur ce forum, on demande d'éviter les doubles-posts (deux messages à la suite) surtout si c'est juste pour corriger une faute ! Dans ce cas, merci d'utiliser le bouton "modifier" en haut à droite de ton message pour faire les corrections ou ajouts que tu désires.  :)


« Modifié: 01 avril 2020 à 18:37:55 par cyamme »

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  • ?
Re : "A nos héros"
« Réponse #2 le: 02 avril 2020 à 18:15:53 »
assez complexe vision de l'émancipation morale, j'ai l'impression...
le poids du 'je' qui doit à 'nous' tu veux le voir s'envoler et pourtant il a l'air de s'accrocher
ce poids du 'nous' infernal sur le 'je' est une fatalité à alléger
le tout se tient en tant qu'appel à la révolte réfléchie
mais il manque peut-être un peu plus de substance incarnée en ce 'tu' s'il veux devenir 'je' en 'nous'...
?

une forme riche et fournie mais qui a tendance à gaver littéralement
je me suis senti pris dans un étau, comme si les idées complexes peinaient à éclater à la surface
d'une manière qui, une fois réajustée, pourrait aisément fluidifier le côté un peu... marbre

bonne idée malgré tout dans ce que cela tient à un titre que je sais pas quoi en penser
convenu ou au contraire convenable ?
typé oui, mais jusqu'où modulable ?

... :}
.

Hors ligne Botrac de Saint-Estimini

  • Tabellion
  • Messages: 59
Re : "A nos héros"
« Réponse #3 le: 02 avril 2020 à 22:28:07 »
Violent...

Hors ligne Loup-Taciturne

  • Calliopéen
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  • serviteur de Saturne
Re : "A nos héros"
« Réponse #4 le: 04 avril 2020 à 02:03:42 »
Bonjour,

D'abord merci pour votre lecture !
Citer
et à la fin, où l’on comprend que c’est le métier de soignant dont tu parles.  Je ne m'attendais pas à ça.
En fait pas exclusivement. Le texte ne précise pas pour inclure tous les boulots "essentiels", du moins vécus (et découverts ! hahaha !  :() comme tels par la société et son gouvernement. Je dirais même que les soignants sont, parmi toutes celles et ceux auxquels je pense, ceux qui retirent (pas tous mais en général) le plus de visibilité, de reconnaissance, de sens/goût au travail et de prestige social malgré tous leurs inconvénients et simplement comparé aux autres (femmes de ménages, caissières, livreurs, chauffeurs, mécanos, personnels de plateformes de livraison, (animatrices, atsems), éboueurs, ouvriers et ouvrières etc etc).

Citer
serait-ce un sentiment qui appartiendrait davantage au narrateur de ce texte du fait de son histoire perso peut-être pour en arriver là ?
Oui et non. Non pour le soin. Mais j'ai côtoyé de près des personnes faisant de ces boulots, que j'ai aussi eu à faire, mais comme le spectre est plus large que tu pensais, tu comprendras que c'est le cas pour beaucoup de personnes !

Mais tu as raison, le sentiment appartient bien au narrateur. Il est fortement ressenti, incorporé. cela tient plus encore à la conscience politique qu'à l'expérience personnelle. C'est surtout un "tu" qui s'adresse aux autres comme s'ils étaient soi-même et à soi-même comme s'il était les autres, c'est un "tu" fortement empathique, voire même sympathique.

Merci à toi !


Salut Dot !
Citer
un titre que je sais pas quoi en penser
convenu ou au contraire convenable ?
Le titre est clairement une citation très parlante avec laquelle des distances extrêmes sont prises. Je ne la reprends pas à mon compte. Il est repris avec ironie voire sarcasme. C'est clairement aussi une manière de rendre identifiable ce texte comme une réaction sans prétention, à chaud à l'actualité.

Je n'ai pas trop compris ton analyse sur les pronoms, pourtant ça à l'air intéressant.
Il n'y a qu'un "nous" dans ce texte, même si tout le texte est implicitement "nous" fraternel et égal, oui, si c'est ça que tu exprimes. Quant au "je", il n'y en à qu'un également. Je ne pouvais pas dire "nous" pour la simple et bonne raison que le narrateur ne se situe pas dans l'unité d'action des travailleurs, il est confiné et regarde à distance, comme "tout le monde". Il se projette dans les travailleurs, s'y identifie, mais s'inclue plutôt dans les "spectateurs", sans pour autant se manifester comme tel et adhérer au chœur et sa chorale hypocrite.

Pareil sur l'idée du marbre, la critique m'intéresse mais je ne comprends pas ou tu veux en venir. Merci !




merci pour ton passage Botrac, même  si la brièveté de ta réaction entraine quelques longueurs et lacunes d'interprétation.
« Suis-je moi ?
Suis-je là-bas, suis-je là ?
Dans tout "toi", il y a moi
Je suis toi. Point d'exil
Si je suis toi. Point d'exil
Si tu es mon moi. Et point
Si la mer et le désert sont
La chanson du voyageur au voyageur
Je ne reviendrai pas comme je suis parti
Ne reviendrai pas, même furtivement »

Hors ligne Cyr

  • Prophète
  • Messages: 622
Re : "A nos héros"
« Réponse #5 le: 04 avril 2020 à 11:35:26 »
Bonjour,
Je repense souvent à la crise énergétique de Cuba, où beaucoup à la ville comme à la campagne se sont intéressés à faire pousser de quoi se nourrir un peu. La question a été de savoir comment font se qui savent. Et tout d'un coup ceux qui savent faire ont pris beaucoup d'importance. J'espère ne pas véhiculer de "fake news", ma mémoire n'est pas bien bonne.  :D

Certains jugements tiennent à peu de choses, d'autres seront plus solides. C'est difficile de se prononcer sur les attentes et le ressenti réel des autres mais j'ai bien aimé ton texte révolté, cette approche un peu virulante parmi d'autres. La littérature c'est aussi cela!

Au plaisir,
"Il y a deux sortes de poètes : les bons, qui brûlent leurs poèmes à l'âge de dix-huit ans, et les mauvais, qui continuent à écrire de la poésie jusqu'à la fin de leurs jours." Umberto Eco

Hors ligne Persona

  • Calliopéen
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  • Poisson du Léthé
Re : "A nos héros"
« Réponse #6 le: 04 avril 2020 à 11:44:26 »
Bonjour et merci pour ce texte engagé.
J'ai eu quelques difficultés à y adhérer car, sur le fond, ma vision est un peu différente :
Tu axes le texte sur les boulots aujourd'hui indispensable méprisés par tous. En fait, j'ai plutôt le sentiment que l'on a, de manière générale, une difficulté à reconnaître la valeur de celui qui travaille et cela concerne aussi les cadres connectés 24/24. Mais cela part un peu loin.
Le sentiment d'hypocrisie général que tu décris est également un point de vue. J'aurais tendance à être plus positive et à décrire l'installation d'un sentiment de reconnaissance qui ne me paraît pas feint. Nous ne saurons que plus tard s'il entraîne des améliorations ou s'il n'existait effectivement que pour soulager la conscience collective.
Ce commentaire est peut être un peu trop orienté / politique, c'est juste la réaction qui me vient en te lisant.
Lecture très fluide, du reste, le texte est bien écrit et très clair !

En ligne Dot Quote

  • Équipe Mammouth - Maquette
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 6 206
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Re : "A nos héros"
« Réponse #7 le: 04 avril 2020 à 15:54:58 »
Salut Loup,

Citer
Le titre est clairement une citation très parlante avec laquelle des distances extrêmes sont prises. Je ne la reprends pas à mon compte. Il est repris avec ironie voire sarcasme. C'est clairement aussi une manière de rendre identifiable ce texte comme une réaction sans prétention, à chaud à l'actualité.
tu demandes à propos de ton marbre et j'ai pas trouvé avant de quoter... (du coup je réponds après) : l'assurance dont tu fais preuve en début est valable, valide, vrai, vérifiée en ce qui me concerne, et je crois que nous en sommes, dans un système philosophique qui ne permet pas le vote pour soi (oui je sais ça n'a rien à voir et c'pas important ^^), à trouver que cette assurance pourrait mieux passer bien qu'elle soit légitime... tu brilles quand tu es poli, mais ça fait mal si on cogne avec la tête, j'ai envie de dire, et ça n'a rien à voir avec des nervures nobles, délicates, que tu nous sert par là-même, à distinguer elle-mêmes d'une rareté d'essence, qui pourtant ne m'apparait pas au bon identifiant référencé... je suis plus très clair (les métaphores filées, sont un risque oui)
bon en fait ça vaut aussi pour réaction à la quote ^.^'

sinon pour les pronoms, c'est ma manière de signifier que j'aime bien ton jeu sur les identités de chacun, envers soi et envers autrui, ce 'jeu' qui nous offres touss plus ou moins la même structure : un 'je' qui est surtout ressenti par ce que tu sais l'évoquer au fond de nous, ce 'nous' que tu sais rendre à la fois juste et dont la reproche se veut et parvient à une justesse cordiale, ces personnifications des entités du tout-un-chacun, ce 'je' personnel, donc, ce 'nous' collectif, et entre les deux un 'tu', est-ce quel hasard s'il est dans le dur prédominant, qui renvoie à mon sens à la responsabilité qu'on se passe dans ce que tu me comprendras peut-être appeler le politique, la vie des individus organisés, qui par convention de leur perspectivisme, s'octroient tout un tas de rôles tacites relatifs à l'identité de chacun... On est tous 'je', et tu le retranscris bien ici dans une critique un poil trop marbrée de métaphore, mais bien ressentie... pareil en un peu plus complexe à décrire, on est tous un 'tu', une partie du 'nous', etc, et heu bin c'est tout ce que je voulais dire avec les pronoms...

à +
.

Hors ligne Jynzcabat

  • Tabellion
  • Messages: 48
  • C'est fort ton truc
Re : "A nos héros"
« Réponse #8 le: 04 avril 2020 à 16:22:21 »
J'aime bien quand ça part des tripes, la lecture est fluide, le vocabulaire approprié.
Je suis en tous points d'accord, sauf peut-être le côté école. Pendant longtemps je me suis dit que j'avais fait tout ce qu'il fallait, les études, les concours même qui devaient me mener là où il fallait. Et puis tu termines dans les trois premiers, voire parfois premier, sur des milliers, et puis un psy te dégage en moins de deux, ou un gradé, ou un directeur avisé. Maintenant que je suis grand c'est beaucoup plus facile à digérer.

Hors ligne Loup-Taciturne

  • Calliopéen
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  • serviteur de Saturne
Re : "A nos héros"
« Réponse #9 le: 06 avril 2020 à 02:02:03 »
Merci pour ton passage Cyr !



Bonjour Persona,
Merci à toi surtout !
Citer
les boulots aujourd'hui indispensable méprisés par tous.
je pense que c'est plus hypocrite, moins conscient, plus subtile, plus dommageable, que du simple mépris.

Citer
on a, de manière générale, une difficulté à reconnaître la valeur de celui qui travaille et cela concerne aussi les cadres connectés 24/24.
En fait, je reconnais bien volontiers que la position de "cadre" peut être difficile, entre les injonctions de la hiérarchie et les réalités du terrain renvoyées par les équipes. Mais la comparaison s’arrêtera là pour moi, faut pas déconner. Le "cadre" exerce un pouvoir sur ses subalternes, il consent à exercer cette autorité, il consent à être mieux payé en prenant sa petite part du butin de l’exploitation de ceux d'en bas, à avoir une reconnaissance sociale supérieure. Je ne nie pas la souffrance potentielle, même le roi peut souffrir. Mais là j'ai voulu mettre le doigt sur l'absurdité de la stratification sociale révélée il me semble par ce qu'on a qualifié d'essentiel et applaudi, et montrer que l'utilité réelle du travail d'une personne pour la société décroit probablement à mesure qu'elle se positionne vers le haut de la pyramide. Du moins que ceux qui ont le droit aux miettes sont ceux qui fournissent le plus essentiel effort quand les autres amassent les privilèges culturels, éducatifs, économiques et politiques, en applaudissant leurs esclaves à la tâche dès qu'il y a risque de mourir de faim ou de maladie.
Au début je crois que jsuis parti sur l'idée de l'inutilité de la plupart des métiers des gens qui ont "réussi", du genre "vous êtes tellement inutiles vous voyez", la plupart de ce que cette foutue société est capable de produire et valoriser est inutile voire nuisible au commun,  mais ça a dévié comme ça.

Citer
Le sentiment d'hypocrisie général que tu décris est également un point de vue. J'aurais tendance à être plus positive et à décrire l'installation d'un sentiment de reconnaissance qui ne me paraît pas feint.
Je généralise et appuie sur le caractère de la feinte, peut-être à moitié inconsciente, oui, mais il faut comprendre : l’hypocrisie réside dans le fait d'être une minorité dans ce pays à rabâcher les alertes sur la casse du service public, à revendiquer plus de dépenses publiques pour les précaires et les services essentiels, moins (pas ! comment ai-je pu riper ainsi) de privatisation, à demander la hausse des petits salaires, meilleur partage des richesses produit du travail et du temps de travail (et pourquoi pas la collectivisation des moyens de production... !) et j'en passe. Y a qu'à voir comment la masse vote. Et cette masse soumise au sentimentalisme se presse pour exhiber sa bonne morale lors d'attentats ou d'événement comme ça, alors que toute l'année, toute la vie, on l'entend jamais, elle se terre, fait sa vie sans s'occuper de celui qui a moins, tout juste en lui crachant dessus sa responsabilité.
Oui la nuance est absente de ce tableau car il n'y a pas de nuance dans une foule qui applaudi ou qui (é)crit "je suis charlie". Les gens qui applaudissent, s'applaudissent eux-mêmes, acceptent que leur geste soit noyé dans cette foule d’hypocrisie mêlée à l'hypocrisie des encouragements du gouvernement. Nombre de soignants n'en veulent pas et dénoncent les contradictions dans les discours et les actes des gens et des gouvernements qu'ils élisent.

Citer
Nous ne saurons que plus tard s'il entraîne des améliorations ou s'il n'existait effectivement que pour soulager la conscience collective.
Je ne suis pas d'accord, on ne peut nier la part présente et flagrante d'hypocrisie au regard des actes du passé concernant la santé, "les petits métiers", l'organisation du travail.
L'idéologie dominante suffit à constater la contradiction entre le soutient opportuniste et esthétique (pour tromper l'ennui) et le manque de soutien réel depuis longtemps.

Citer
Ce commentaire est peut être un peu trop orienté / politique, c'est juste la réaction qui me vient en te lisant.
Ah oui, bien sûr, mais ne sommes-nous pas là pour ça ? :D

Merci d'avoir fait valoir ton point de vue divergent.


merci Dot !


Jynzcabat,
Citer
et puis un psy te dégage en moins de deux, ou un gradé, ou un directeur avisé
ça arrive parfois même aux meilleurs  :D
Après y a la réalité statistiquement objectivables quoi...

Merci pour ton passage et le partage de notre convergence !

« Modifié: 06 avril 2020 à 13:06:20 par Loup-Taciturne »
« Suis-je moi ?
Suis-je là-bas, suis-je là ?
Dans tout "toi", il y a moi
Je suis toi. Point d'exil
Si je suis toi. Point d'exil
Si tu es mon moi. Et point
Si la mer et le désert sont
La chanson du voyageur au voyageur
Je ne reviendrai pas comme je suis parti
Ne reviendrai pas, même furtivement »

En ligne Dot Quote

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Re : "A nos héros"
« Réponse #10 le: 06 avril 2020 à 02:12:06 »
wuw, la classe ce débat d'idéologie dans la section artistique des textes courts !
de rien, par ailleurs
.

 


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