Mon cœur s’accélérait au fur et à mesure que je courais. Mes sentiments qui s’entremêlent, mon bras qui se contracte. « Une vie de misère dans une société étouffante » Ces mots se bousculaient dans ma tête, je n’aurai pas su l’expliquer. Un coin de rue sombre semblait se dessiner dans les quartiers brumeux du centre ville. Celui ci avait beau être doté de la meilleure brigade anti-criminelle, il restait le plus dangereux. Deux hommes. C’est eux qui m’avait repérer et poursuivis. Je savais pourtant qu’il ne fallait pas rester à des heures tardives ici… Mais, pour la femme que j’aime, la question ne se posait pas.
Il y a deux ans de cela, elle avait été victime d’un mauvais coup de volant après une soirée bien arrosée. Je lui rend visite toutes les semaines, pour prendre des nouvelles et l’aider. Mais aujourd’hui, elle m’avait demandé de rapporter une vieille écharpe de famille à sa tante, qui vivait trois villages plus loin. J’avais volontiers accepté cette mission, sans savoir ce qui allait m’arriver. Je voulais la confier dans les plus rapides délais et j’ai donc pris le chemin piéton sans me soucier de la brume.
Ce doux état si peu apprécié… Il est pourtant si agréable et rafraîchissant. Sur la route, je m’imaginais toutes les réactions que sa tante aurait pu avoir. Vaquant de gauche à droite, fredonnant mes airs les plus heureux, je compris lorsqu’on me tapa l’épaule que s’en était terminé de ma folie.
Je courus le plus rapidement possible, sans regarder derrière moi. Je traversais au rouge, pleurait sur mon sort en maudissant mon impatience et ma niaiserie. Le sang qui coulait dans mes veines était comme une de ces glaces que je mangeais étant petit. Tellement succulente et si exquise. Elle m’attendais à tous les quatre heures, près de ma mère qui me regardait désespérément. Trois minutes de courses et une jambe en moins plus tard, je pris la, quelque peu douteuse, décision de me retourner. Personne.
Serais-je fou ? Je me sentais très offusqué par cette situation comme m’offusque le bruit de la circulation, ou celui des mouches. C’est un bruit très désagréable qui frustre ma concentration. Je ne puis le supporter. Il est déjà si difficile pour moi de me concentrer.
Rue après rue, je me rapprochais de l’appartement de la sainte tante. Je me considérais légitime d’utiliser cette expression étant donné que je peinais à avancer. Chaque pas était une torture. Devant l’appartement, je sonnais à l’interphone.
« bonjour, je viens rendre l’écharpe de virginie, votre nièce. fis-je le plus naturellement possible »
La porte s’ouvrit. Je me l’imaginais avoir répondu « entre mon enfant...». Je toquais à la porte. Une fois. Puis deux. Puis « BLAM ! » La porte s’ouvrit. Un homme. Il pris mon écharpe et la serra autour de mon cou. Un autre sortit de l’ombre et me mit un coup dans les côtes. Une douleur atroce.
Il continuait. Je saignais. Mais il ne s’arrêta pas. Une mouche vint se poser sur mon nez. Elle faisait un bruit. Atroce.
C’est ainsi que, alors que l’hôpital était pour moi le pire des châtiments étant donné que j’y avais passé plusieurs années, on m’installa et me soigna. Pour la police, l’argument de l’agression fut « autisme ». L’officier partit, j’eus le droit à un « Faut pas s’étonner ».
Le chaperon brumeux. Quelle histoire.