Applaudissements, s'il vous plaît... Et un autre texte - qui était lui aussi un autre défi au départ - est en préparation pour répondre à la première partie du "OU" !
Mauvaise langue...
Pour Zeph', je réponds à ce qui est en gras, et la musique correspond à peu près à la première partie du texte, environ jusqu'à "tannée par le soleil".
. Voilà pour le côté Livre de la Jungle et Moïse XD.
Il était une fois un petit village peuplé de magiciens qui se situait au bord d’un lac, dans une profonde forêt. Tous, du plus jeune enfant au vieillard le plus cacochyme, étaient dotés de pouvoirs magiques. Ils s’en servaient dans leur vie quotidienne, en veillant à toujours respecter l’équilibre des forces de la nature. Ces dons leur permettaient d’aller chercher l’eau au puits, de moudre la farine ou encore de balayer leurs maisons. Ce n’était là que de la magie élémentaire, de la magie blanche qui ne servait qu’à faire le bien.
Un jour, le roi de ce pays fut berné par un mage qui lui vola une considérable somme d’argent, en se prétendant capable de ressusciter la petite fille du souverain, qui était morte de maladie. Le seigneur ignorait en effet que rien ne pouvait contrer la mort, pas même le plus puissant des sorciers… Furieux, ce dernier décida alors que la magie serait interdite dans tout le royaume et punie de mort. Il envoya alors des soldats dans tous les lieux habités du pays afin de tuer tous ceux qui détenaient des dons surnaturels.
Caché dans les bois, le village échappa pour un temps au sinistre décret. Ses habitants ne savaient même pas qu’ils étaient hors-la-loi, isolés comme ils se trouvaient. Ils continuaient donc à mener leur paisible existence de thaumaturges. Mais cette situation devait un jour changer.
Un matin, une jeune femme partit vendre des légumes enchantés au marché le plus proche. À son arrivée, tous les villageois fermèrent leur porte ou ramassèrent leurs articles, car ils n’avaient guère oublié la nature de cette visiteuse et de ses confrères.
Les soldats que le roi avait postés dans cette ville de taille moyenne s’étonnèrent du comportement des gens, qui leur fut expliqué par une vieille au nez verruqueux. Ils se lancèrent alors à la poursuite de la femme, et la rattrapèrent alors qu’elle revenait dans son village natal.
Sans pitié, ils enflammèrent alors les lieux et se mirent à attaquer les magiciens qui, en état de choc, ne pensèrent pas immédiatement à se servir de leurs dons pour se protéger. Flammes, cris et violence, voilà ce que devint soudain leur monde. Les enfants pleuraient, les femmes hurlaient, et les hommes réveillés tentaient de se battre, mais sans grand succès. Leurs pouvoirs ne leur servaient jamais à cela, et ils ignoraient tout de l’art du combat. Il ne leur restait plus qu’à courir.
Paniquée, la femme du marché alla chercher son bébé, jusque-là gardé par sa propre mère, et l’emporta. Dans sa course éperdue, elle oublia la vieille dame, qui se fit sauvagement égorger par la soldatesque.
Prise de peur, elle enserra farouchement son enfant entre ses bras et se dirigea vers le lac. Ses poursuivants étaient déjà sur ses talons, épée dénudée à la main…
Arrivée à destination, elle tomba à genoux et implora les esprits de la forêt.
« Ô nymphes des bois, je vous supplie de prendre soin de mon enfant ! Veuillez l’élever comme s’il était des vôtres, je vous en prie… » Elle embrassa une dernière fois son petit et le jeta dans le lac. L’enfant brailla, puis se tint coi.
La jeune femme ne saurait jamais si son bébé avait été adopté ou non, car ce fut à ce moment précis que les soldats arrivèrent à son niveau. Dénués de toute compassion, ils lui coupèrent la gorge et la laissèrent ainsi sur les rives du lac magique.
*
Mais l’enfant n’était pas mort. S’il s’était tu, c’était parce qu’une ondine l’avait rattrapé, une fois sous l’eau, puis doucement bercé. Un baiser sur le front avait suffi pour lui permettre de respirer sous les flots, et une calme berceuse aquatique l’avait apaisé.
« Tais-toi, mon bébé, sois sage, ne pleure pas… Dors, bercé par le lac sacré…», chantonnait la nymphe du lac, enchantée par ce bébé qui lui était confié. Elle rêvait d’avoir un enfant, et son souhait était enfin exaucé.
Mais le peuple de la forêt se devait d’obéir à des lois, elle le savait. C’est pourquoi, le lendemain, Raksha, démon mineur des eaux, sortit de l’eau, le bébé dans ses bras, et s’en alla quérir le grand Conseil des êtres des bois, composé de vénérables hamadryades qui vivaient dans des chênes.
Tous les nouveau-nés féériques devaient en effet être présentés au grand Conseil, afin d’être admis par la forêt sacrée. Il se composait de dieux anciens. Si l’enfant était accepté, il vivrait en être des bois et des eaux, libre et fier. Mais si ce n’était pas le cas, l’abandon l’attendait.
L’ondine avait toutefois un peu peur, car le bébé qu’elle venait d’adopter était humain, et non pas faë. Et si le Conseil lui ordonnait de l’abandonner aux bêtes sauvages ?
Si le Conseil hésitait, il faudrait que deux membres se portent volontaires pour être les tuteurs de l’enfant. Ces deux personnages devaient soit appartenir au peuple des fées, soit être reconnus par ce dernier.
Comme elle s’y attendait, le Conseil hésitait grandement. Certes, le petit d’homme avait été confié au lac par une jeune magicienne, mais les faë et les êtres humains n’avaient pas toujours vécu en harmonie. Il y avait donc autant de partisans à l’exposition aux animaux de la forêt que d’arbres favorables à l’adoption.
Les Ents continuèrent ainsi leurs palabres, jusqu’à ce que le géant Orcus arrive et prenne la défense du bébé.
« Il vaut mieux prendre avec nous le petit d’homme. Les mages ont toujours été bons pour nous. Et à quoi nous servirait le meurtre d’un enfant, le meurtre d’un bébé qui ne sait pas même marcher ? »
Les sages allaient reprendre leurs démarches complexes, influencés par ce premier avis, lorsqu’un deuxième individu intervint en entrant dans le cercle.
Cette fois, il s’agissait de Pan, le dieu satyre, aux sabots en guise de pieds, au front cornu et à la célèbre flûte qui portait son nom. Il en joua un bref air, avant de prendre la parole de sa voix rocailleuse.
« Il n'y a pas de place pour le destin. Il nous a été confié, il ne sera pas maltraité. Je me porte moi aussi garant de l’enfant. Qu’il grandisse ici, libre élément des bois ! »
C’est ainsi que, protégé par Orcus et par Pan, le Conseil décida de garder l’enfant. Le destin du petit humain était dès lors scellé : il appartiendrait à la forêt.
*
La nymphe des eaux nomma son fils adoptif « Sylvain », en l’honneur de la forêt qui l’avait accepté comme l’un de ses enfants. Il fut élevé par Orcus et par Pan, en prenant des leçons à propos du monde qui l’entourait.
C’était un charmant petit garçon, aux longs cheveux bruns et à la peau rendue mate par ses expéditions en plein air. Ses yeux, du même vert que les feuilles des arbres, pétillaient de malice, et nul ne dansait aussi bien que lui – hormis peut-être Pan, son professeur en la matière.
Il apprenait docilement ce que ses maîtres lui enseignaient, et s’y connaissait aussi bien en sortilèges qu’en potions, en danse qu’en chant, en chasse qu’en pêche.
Il pensait que l’ondine était sa véritable mère, et ne s’était jamais interrogé sur sa peau bleue, alors que la sienne était blanche. Après tout, le petit du cygne n’avait-il pas le plumage gris, alors que celui ses parents était d’un blanc de neige ?
Un jour, toutefois, il y eut un incident qui lui fit comprendre qu’il n’était pas ce qu’il croyait.
Sylvain et Orcus se promenaient ensemble dans les bois, tandis que le géant chantait un air de sa composition à propos du fait qu’il dormait d’ordinaire sous les frondaisons, et que toutes les abeilles de la forêt butinaient pour lui dans les bosquets.
Soudain, des enfants faë surgirent devant eux, en jouant manifestement à chat. Mais, lorsque Sylvain voulut se joindre à eux, l’un des gamins lui lança :
« Hors de question que tu joues avec nous, espèce de sale humain ! »
Et ils s’égayèrent en chantonnant : « Sale humain, sale humain, sale humain… », en tâchant d’éviter les coups qu’Orcus semblait vouloir leur asséner.
Ce soir-là, l’enfant rentra tout triste dans le palais sous-marin qui se trouvait tout au fond du lac. Sa mère, soupçonnant quelque mésaventure, le questionna au sujet de sa journée.
Étrangement, le jeune garçon devinait que ce qui était arrivé pouvait également faire souffrir sa propre mère, et il ne voulait donc pas lui répondre. Ce ne fut qu’après maintes remontrances qu’il lâcha enfin :
« On m’a traité de sale humain, maman ! De sale humain ! Et je ne sais même pas ce que cela veut dire. »
L’ondine sentit son cœur se serrer. Le jour qu’elle avait tant redouté était finalement arrivé.
Elle choisit soigneusement ses mots afin de répondre à son fils.
« Un humain, c’est une autre espèce, qui n’est pas féérique.
-Mais si je suis un humain, tu l’es forcément toi aussi, dans ce cas, non ? »
-Non, mon chéri. Je suis bel et bien faë.
-Mais alors, tu n’es pas ma vraie mère ? », sanglota Sylvain, effondré.
L’ondine soupira.
« Non, mon chou. Je ne suis que ta mère adoptive. Mais je t’aime comme si tu étais mon véritable fils…
-Et dans ce cas, qui sont mes parents ?
-Ta mère par le sang se nommait Yokébed, murmura la nymphe aquatique en dévoilant à l’enfant un miroir magique, qui leur montra ce qu’elle racontait au fil de ses paroles. C’était l’une des magiciennes du village qui se trouve juste au-dessus, au bord du lac. Malheureusement, un jour, elle fut tuée par des soldats, sur ordre du roy, à l’instar de tout le hameau.
-C’est affreux !, s’exclama le petit humain, empli d’effroi. Je jure que je la vengerai, elle et les siens !
-Ne prête pas de tels serments, mon enfant, répondit l’être féérique. Peut-être que tu ne pourras pas tenir celui que tu viens de formuler…
-Tant pis ! Au moins, j’essayerai de le faire. Je remonterai à la surface et… »
Il s’interrompit en voyant le visage de sa mère d’adoption se baigner de larmes.
« Qu’y a-t-il, maman ?
-J’ai le pressentiment que tout ne se passera pas aussi bien que tu le dis. Es-tu certain de ta décision ?
-Oui, sans aucun doute. Pardonne-moi, mais je dois en avoir le cœur net. »
Elle soupira, triste et anxieuse.
« Il n'y a pas de place pour le destin. Les dieux des bois ont voulu que tu viennes, les dieux des eaux ont voulu que tu t’en ailles…
Elle le serra fort dans ses bras et lui confia une amulette magique, qu’elle lui passa au cou.
« Tiens. Garde-la précieusement. Elle te permettra de franchir le portail qui dissimule la forêt aux yeux des humains et de revenir, si jamais tu le souhaites… »
Après une dernière étreinte, elle prit le jeune humain par la main et l’amena à la surface du lac sacré.
*
Pieds nus dans la poussière, Sylvain avançait. Le sable du lac s’était changé en débris divers, eux-mêmes remplacés par une matière grise et dure que l’enfant n’avait jamais rencontrée auparavant.
En vérité, il s’agissait d’asphalte, mais l’enfant n’en avait jamais vu, et ne savait donc pas ce que c’était. Le lac avait été bordé d’une route, elle-même proche d’un hôpital.
Lorsque Sylvain vit l’immense bâtiment blanc, il crut, dans son obsession pour la vengeance, que c’était là le palais du roi meurtrier.
De fait, il ignorait que le souverain ennemi de la magie était mort depuis bien longtemps. Dans le monde des fées, le temps ne s’écoulait pas de la même manière que chez les humains. Ainsi, le royaume s’était transformé en un empire, qui s’était changé en une nation. De même, le village de ses ancêtres était devenu une bourgade, qui avait grandi jusqu’à s’établir en tant que ville.
Ignorant tout cela, il se lança contre les portes vitrées, en les frappant de toutes ses forces, mais il ne réussit qu’à se faire mal.
Il tambourina tant et si bien sur les portes qu’il finit par réveiller plusieurs infirmières, ainsi qu’un médecin. Ces derniers furent très étonnés de voir devant l’hôpital un enfant aux longs cheveux bruns emmêlés, pieds nus, vêtu d’étranges habits faits de feuilles et de lianes, et à la peau trempée, tannée par le soleil.
Ils ouvrirent les battants, tous très étonnés.
« Mais qui es-tu, bon sang ?, demanda le médecin abasourdi.
-Gié pour apelement Sylvain, fiz de Raksha, la daemon des eaux, et je faz le demant d’une audience pres del roy !
-Une démone ? Le roi ?, s’étonnèrent les infirmières. Mais qui est ce gosse ? »
Par chance, le médecin était un descendant des magiciens survivants du village. Aux paroles de l’enfant, il se souvint soudain des légendes que lui racontait son grand-père, alors qu’il était assis sur ses genoux. Des contes qui parlaient de nymphes des eaux et des bois, d’enfants confiés aux êtres de la forêt et de rois malveillants.
Ces souvenirs en tête, il répondit au gamin :
« Le roi ne se trouve pas ici. Il est mort, depuis maintenant plus de deux siècles. Que lui voulais-tu ?
-Meie mere avoit dunc raison. Voi, gié sui dans l’incapacité d’acompliment de mon serment. Quelle improperie !
-Quel serment ?
-J’avais juré le vengement pour mon peuple navré à morte, meis c’est désormais impossible… Mon induration n’a point de sens. »
L’enfant éternua. Pleines d’amour maternel, les infirmières s’exclamèrent qu’il fallait l’emmener au chaud.
« D’où viens-tu, petit ?
-Del lac. J’ai été élevé par une deee.»
L’histoire fit le tour des journaux. « L’enfant du lac », comme l’appelaient les journalistes, avait été retrouvé par des infirmières et par un médecin. Il était gravement malade, et un séjour prolongé dans le lac avait certainement altéré sa raison, le petit garçon tenant des propos incohérents.
Malgré toutes leurs recherches, les policiers n’avaient pu découvrir aucun indice à propos de parents ou même d’état civil. C’était comme si l’enfant n’existait pas.
Et l’équipe médicale décelait d’étranges anomalies dans son métabolisme. Par exemple, il semblait particulièrement atteint par la pollution ambiance et toussait beaucoup, comme si son corps tentait de s’y habituer sans tout à fait y parvenir.
Plus surprenant encore, il possédait des branchies !
« J’y crois pas, s’exclama le médecin principal. Ce gosse a carrément la capacité de respirer sous l’eau ! C’est dingue. Il est aussi amphibie qu’une grenouille. »
Évidemment, l’armée n’avait pas tardé à apparaître, attirée par les fabuleux secrets du garçon. Toutefois, le docteur refusait de le laisser partir avec eux.
« Il ne s’agit pas d’un cobaye ! C’est un enfant, jeune, qui plus est, et qui se trouve en état de choc. Je refuse que vous le preniez pour faire des expériences ! »
Sylvain – car tel était son nom – était en effet fort atteint par son aventure, quelle qu’elle soit. Il s’exprimait dans une langue étrange, emplie d’archaïsmes et de tournures médiévales que seul un spécialiste emploierait.
« J’ai appris l’ingremance dès mon plus jeune âge, ains n’en avez-vous ouï dire ?
-L’ingremance ?, balbutiaient les jeunes infirmières qui l’entouraient.
-Il veut dire par là la magie, leur apprit le médecin qui s’était procuré un dictionnaire d’ancienne langue. Et ̎̎ ains ̎̎ veut dire ̎̎ jamais ̎̎.
-Quel enfant étrange ! », s’étonnaient-elles.
Néanmoins, le jeune garçon supportait mal le climat ambiant et ne cessait de tousser, les poumons atteints.
« Dumne gié rentrerai chiés mei tantôt ?, demandait-il sans relâche.
-Oui, oui, tu rentreras bientôt chez toi, le rassurait le docteur – le seul à véritablement le comprendre.
Pourtant, l’armée se faisait de plus en plus pressante et l’état de l’enfant, sans pour autant s’aggraver, restait stationnaire.
Il était toutefois capable de marcher jusqu’à la fenêtre, où il semblait prier la lune. En fait, il appliquait tout simplement les conseils de ses deux maîtres, Orcus et Pan. Il chantait ainsi doucement :
« Gié vos salue, ô Lune, pleine de grâce,
Li esteiles sont avec vos.
Vos estes sublime parmi chaque des astres
Et Soleil, votre frere jaune paille, est béni…
Ô Lune sacree, mere des cieux,
Priez por nos, sœur de fraîcheur,
Maintenant et à l’heure de nostre morte,
Ainsi soit-il… »
L’une des infirmières, plus âgée mais aussi plus croyante que les autres, fronça les sourcils en entendant cette prière païenne, récitée par une tendre voix d’enfant.
« C’est un blasphème ! », rugit-elle.
Malgré tout, le médecin se contenta de secouer la tête en signe de désaccord et lui expliqua qu’une théorie affirmait que les êtres féériques aient conçu la civilisation humaine… Peut-être était-ce là la version authentique du chant ?
Son interlocutrice pinça les lèvres, mais ne dit plus rien à l’avenir.
Un soir, après avoir récité son rituel ̎Je vous salue ô Lune ̎, Sylvain fit un pas hors de sa chambre, pieds nus. Puis encore un autre. Puis encore un autre…
Il descendit de la sorte les escaliers, sans que personne ne s’en rende compte. Il rejoignit ensuite la route, le lac, traversa la barrière et revint auprès des siens, qui l’attendaient sans doute.
*
« Oh mon Dieu… Ce pauvre enfant a dû se noyer… »
L’infirmière pleurait toutes les larmes de son corps, et le médecin la serra contre lui afin de la réconforter. Devant eux, le lac, et des traces de pieds nus qui y menaient…
« Souvenez-vous, il avait des branchies, lui rappela-t-il.
-Oui, mais il doit être si seul, désormais, dans ce grand lac… »
*
« Ainsi, tu es revenu… »
La voix de l’élémentaire, qui parlait faë, il le savait maintenant, lui semblait à la fois douce et triste. Quel était ce sentiment qui la sous-tendait ? Des regrets ? De la joie ? Ou peut-être les deux, inexplicablement mêlés ?
« Je sais désormais que je ne suis pas des vôtres. Seulement… »
Sylvain semblait chercher ses mots, hésiter dans ses explications hasardeuses.
« Seulement, je ne suis plus des leurs. Plus maintenant. Je m’en suis enfin rendu compte. »
Sa mère adoptive soupira et ouvrit grand ses bras, dans lesquels il se jeta. Par-dessus son épaule bleue, il pouvait apercevoir les autres habitants de la forêt, tous réunis pour accueillir son retour.
« Je veux rester ici. Pour toujours.
- Il n'y a pas de place pour le destin… » chuchota la voix tant chérie à son oreille.
Lorsque leur étreinte finit par s’achever, il était impossible de deviner que l’enfant n’avait pas appartenu à cette race, jadis.
Viendrait peut-être l'armée. Viendrait peut-être la guerre. Mais ils seraient ensemble et ce, pour toujours.
Il n'y avait pas de place pour le destin.
Ils s’en furent, main dans la main.