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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Et si cela était de l'amour...

Auteur Sujet: Et si cela était de l'amour...  (Lu 1236 fois)

Hors ligne Guy Lafosse

  • Aède
  • Messages: 216
Et si cela était de l'amour...
« le: 25 Février 2020 à 11:30:48 »
                    Et si cela était de l’amour…




Je ne parlerai pas de mon premier engouement,
Si, avisé n’avait pas été le général Gustave Ferrié,
Car sans celui-ci et sans un heureux dénouement,
La France aurait été dépossédée d’un joyau aciéré.

Bien sûr, j’évoque Gustave Eiffel en plein désamour,
Puisqu’il fut question de déconstruire sa belle tour.

On sait que ceux qui exigeaient sa disparition,
N’ont jamais chiffrés le coût de sa destruction.

Bon est de rappeler que quelques va-t’en-guerre,
Livrèrent à Gustave Eiffel une funeste guéguerre.

Cela oblige à dire qu’un riche, pauvre en prévisions,
À du bien collectif de la nation une exécrable vision.

Avant ma venue dans le Midi, je résidais à Paris,
Conscient que dans ses choix souvent l’homme varie.

Locataire d’une pièce cuisine, avec vue sur cour,
De la rue du Champ de Mars, dans le septième.
Joyeux fut le temps de mes premiers allers-retours.
Puisque j’oubliais la dureté de ma vie de bohème…

Un soir, étant dans ma disposition naturelle à rêvasser,
Prenant congé d’une voisine avec qui j’aimais bavasser,

Cette nuitée-là, pour ne pas déroger à la règle
Garçon curieux malicieux autant qu’espiègle,

Rejoignant la pelouse romantique du Champ de Mars,
J’avoue avoir fait de cet espace herbacé mon comparse.

Persuadé que la tour m’observait du haut de ses 324 mètres,
J’en déduis que la belle désirait un peu mieux me connaître…
Aussi, avant que la noirâtre nuit ne remplace le jour,
Je regagnais mon humble logis avec sa vue sur cour.

Puis, enviant tous ceux qui ne s’aiment que d’amour,
Je veillais à ce qu’aucun énamouré ne lui tourne autour.

À quoi sert de taper des pieds en se disant désaimé,
Lorsque l’on ne sait même pas ce qu’est d’être aimé…
 
Si l’amour rend aveugle, c’est parce que l’égoïsme rend sourd,
On ne voit plus les âmes accablées qui sont en peine d’amour…
 
Enfin ! A-t-on  gagné Austerlitz à grands coups de discours,
En agitant drapeau blanc tout en se faisant des mamours ?

Cela dit, ce n’est pas parce que j’ai un cœur qui vite s’enflamme,
Qu’à chaque fois que je croisse une tour je lui déclare ma flamme.
 
Je sais quelle substance liquide est son anti-ride,
Et que penchants et désirs ardents sont torrides.

J’ai longtemps observé ses plis avant chaque maquillage,
Et, comme tout un chacun je sais les avantages de son âge.

Mais, énumérant ses contusions et ses problèmes cutanés,
Mes amis m’ont obligé à compter le nombre de ses années.

Sur de moi, je leur rétorque que la beauté se partage,
Et que, qui adopte cet adage, y trouve avantage.

Puisque en ces temps avancés, la différence s’exporte,
Heureux est qui, à la tolérance, ouvre grande sa porte

Acceptant ce que j’avais grande peine à admettre,
Je ne pouvais tout de même pas tout compromettre.

Lorsque l’on me rappelle que la tour n’est faite que de fer,
Je réponds qu’il m’appartient de décider ce que je dois faire.

Je sais bien qu’elle n’est pas faite de chair et de sang,
Et qu’elle à été voulue dans les années mille neuf cent.

Toi qui me lis, si tu me vois tel un angelot aux ailes bleutées
Sache qu’aux pieds de la belle, seul moi, ai le droit de se jeter.
   
Ne sachant que répondre aux horreurs que l’on colporte,
Je serais aise de savoir comment il faut que je me comporte.

Cela disant, entre l’âge que bon est d’avoir et celui qui plait,
C’est pour ne pas être défait, que je m’oblige à ne dire jamais

D’autant que naviguer sur l’irraison de certaines questions,
Évite, bien souvent, d’aller au-devant d’une cruelle déception.

J’énoncerais que, personne ne me peut rien apporter,
Si je ne savais pas que ma peine est bien lourde à porter.

Si tu es de ceux qui, de Paris, y vois de l’impéritie,
Fuis l’orgie, ce lieu est recouvert d’indécents graffiti.

Conscient de devoir insister dans mes tentatives d’amour,
Je rejoins mes herbes romantiques à deux pas de ma Tour.

Visiteur, si devant qui je pense il te prenait de tourner autour,
Je pense que tu serais bien avisé de ne pas prolonger ton séjour.

Si, mon Paris ne t’ouvre pas ses bras, pars rapidement,
Auprès de qui tu sais, gardes-toi d’y poser ton fondement.

Respecte ma jalousie, contentes-toi de lui dire bonjour,
Eu égard à son âge, indécent serait de lui faire la cour.

T’engageant à croire que dédaigneux n’est pas mon discours,
De grâce, ne t’assieds pas sur mon herbe, écourte ton séjour

Pour conclure sache, qu’adulateur et sans issue de secours,
J’espère que tu ne doutes pas que ma tour, je l’aime d’amour…
Traverser  le temps en oubliant ses futiles besoins,
C’est vivre beaucoup mieux avec beaucoup moins.

Hors ligne Lavekrep codaraque

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Re : Et si cela était de l'amour...
« Réponse #1 le: 25 Février 2020 à 14:24:59 »
bonjour Guy,
on peut vivre simplement, mais comment vivre sans phare. Toi, tu as trouvé le tien et à bien des égards, estime-toi chanceux car beaucoup cherche encore leur lumière à suivre qui  permet d’espérer et qui aide à vivre.
Toutes les amours sont bonnes à prendre, même les plus dérisoires, souvent elles sont celles qui vous restent fidèles.
bel hommage.
À +, Pascal
Mourir est un manque de savoir vivre (Dac)
Si quelqu'un vous dit : " Je me tue à te le dire. "...Laissez le mourir

Hors ligne Guy Lafosse

  • Aède
  • Messages: 216
Re : Et si cela était de l'amour...
« Réponse #2 le: 26 Février 2020 à 11:28:39 »
Bonjour Pascal,

Joli commentaire, sache que j’ai d’autres adulations dans
mon carquois, et sans doute autant de ferveur à distribuer.
Heureux est celui qui peut vivre sans.

Bonne journée,
Au plaisir de te lire.
Guy
Traverser  le temps en oubliant ses futiles besoins,
C’est vivre beaucoup mieux avec beaucoup moins.

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Et si cela était de l'amour...
« Réponse #3 le: 27 Février 2020 à 10:51:59 »
Bonjour Guy Lafosse,


Certains traits d'esprit ratés laissent penser que tu souhaiterais faire preuve d'auto-dérision comme pour dire des choses simples et amusantes (comme il est de coutume quand on écrit une satire).

Pourtant, j'ai eu le sentiment que ce fil conducteur n'était pas maintenu, surtout avec une conclusion comme :
« Pour conclure sache, qu’adulateur et sans issue de secours,
J’espère que tu ne doutes pas que ma tour, je l’aime d’amour… »

En fait, cet argumentaire n'est pas toujours très valorisant, il y a souvent des gags un peu ridicules et des détails dévalorisants (ayant éventuellement vocation à faire rire) : je trouve que cette conclusion sonne un peu comme un « j'aime ma tour, pas de critique, svp » bien trop ambigu pour inviter au rire, à la légèreté ou au partage. À quoi bon espérer qu'un lecteur prenne au sérieux cette histoire d'amour ? Cela joue-t-il vraiment dans la restitution des sentiments ?


À mes yeux, tu es obligé de faire un choix :
- soit c'est le grand ridicule et à nous de nous permettre d'en rire et de nous moquer de cette étrange attitude ambivalente ;
- soit au contraire tu souhaites prendre le thème de l'amour au sérieux et cela t'oblige à alléger l'humour et à renforcer le réalisme poétique.

Au final, j'ai fait le lien entre la forme et le fond : le poème parle d'un désir mélangé à de l'aversion, et ceci se traduit par un déséquilibre entre une volonté de se prendre au sérieux, et une volonté contradictoire de ne pas se prendre au sérieux.

Alors... Sérieux ou pas sérieux ?


Merci à toi pour cette lecture. ^^
« Modifié: 27 Février 2020 à 11:03:44 par Alan Tréard »

Hors ligne Guy Lafosse

  • Aède
  • Messages: 216
Re : Et si cela était de l'amour...
« Réponse #4 le: 27 Février 2020 à 15:25:44 »
Bonjour Alan Tréard,

Entre critique commentaire et assassina, il semble que tu as fait ton choix.
Comme je n’ai pas la culture ni le talent du troubadour Pascal Lavekrep codaraque et que je n’ai
pas d’avantage le goût de la polémique, ne m’en veux pas si je te laisse penser ce qu'il te plaira.
Un mort ne parle pas…

Merci de tes observations avisées suivi, hélas, d’une savante mise en bière;
Traverser  le temps en oubliant ses futiles besoins,
C’est vivre beaucoup mieux avec beaucoup moins.

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Et si cela était de l'amour...
« Réponse #5 le: 27 Février 2020 à 17:19:37 »
Guy Lafosse,


Ton écrit fait preuve d'auto-dérision mais tu évoques ne pas vouloir en rire, ce qui explique une certaine difficulté à pouvoir te commenter.

Je déconseille effectivement à un poète en herbe de faire du second degré s'il ne sait pas prendre de distance avec ses propres mots.

Tu écris :
« Cette nuitée-là, pour ne pas déroger à la règle
Garçon curieux malicieux autant qu’espiègle,

Rejoignant la pelouse romantique du Champ de Mars,
J’avoue avoir fait de cet espace herbacé mon comparse. »

Je te conseillerais plutôt d'écrire quelque chose comme : « garçon sérieux autant que sensible » afin que ton lecteur ne soit pas induit en erreur. L'espièglerie n'est pas une sentimentalité pathétique, c'est plutôt une forme de rire et de légèreté (au contraire du poids que pèse la sincérité, la vérité et la confidence).


Les satiristes n'ont pas peur de se ridiculiser, tandis que les romantiques sont très sensibles à ce qu'ils écrivent (comme si toute leur personne s'y trouvait) ; dans ce cas, tu as plutôt à ne pas évoquer d'espièglerie dans ta poésie et à emprunter un ton beaucoup plus solennel et sincère. Ça se travaille, faut pas croire, être romantique, c'est aussi assumer sa très grande sensibilité, son amour de la beauté et de l'amour.


Ensuite :

Citer
Enfin ! A-t-on  gagné Austerlitz à grands coups de discours,
En agitant drapeau blanc tout en se faisant des mamours ?

Les mamours font partie du registre familier qui ne correspond malheureusement pas au ton tragique ou romantique, et peut porter un sale coup à la crédibilité de ton sentiment ; il s'agit donc d'apprendre à employer le vocabulaire qui corresponde à ton sentiment et à l'employer à juste escient.

Pour te donner un exemple, si tu disais à ta bien-aimée « viens-là, pouffiasse ! » il est possible que le lecteur traduise ce langage vulgaire comme étant une caricature de l'attirance ; c'est donc à toi d'employer un registre du langage soutenu qui exprime un sentiment profond, honnête et noble. Au lieu de mamours, tu pourrais employer des mots comme : galanteries, tendresses ou encore baisers.


Je t'encourage effectivement à mieux travailler tes écrits, la culture ne peut pas tout, être cultivé n'est qu'une étape, et il faut un bon coup de pinceau pour faire d'un sentiment honnête une véritable œuvre d'art avec son vocabulaire et son esthétique.


En espérant que tu trouveras dans cet amour sincère l'énergie de trouver les mots justes, je t'envoie mes plus humbles encouragements. ^^
« Modifié: 27 Février 2020 à 17:36:21 par Alan Tréard »

 


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