Cher tous,
Depuis l'imbroglio qui me sert d'ordinateur central, je vous adresse ces quelques mots.
J'ai longtemps été dépassée par la vie, noyée, submergée. Une petite chose ballottée, abreuvée de l'écume mousseuse de l'existence. Une femme installée dans une apathie révoltée, stérile et pathétique.
Abnégation, don de soi, empathie, fatigue perpétuelle forment mon fonds de commerce et m'offrent une cachette idéale pour mon ego hésitant. Je soigne des maux, et en oublie les mots.
Je ne saurais dire quand j'ai commencé à écrire. Des textes aussitôt effacés, déchirés puis oubliés. Et puis, il y a eu le fond. Ce moment où on ne peut plus se laisser couler, et où le besoin de mener à bien un projet devient une bouée salvatrice. Alors j'ai rédigé un roman et depuis j'en ai commencé d'autres. Une aventure où l'intensité du plaisir se fracasse sur le mur de la médiocrité.
J'ai préféré écrire dans la douceur de mes passions, plutôt que dans la noirceur de mes démons. Mon absence de don créatif m'a conduite à faire vivre des personnages dans des environnements qui me passionnent. Obsédée par l'exploration des origines, et des sources de nos comportements, mes personnages sont nos ancêtres, eux qui baignaient dans une nature encore florissante.
Je reste insatisfaite de mes proses. Peut-être est-ce cela qui m'a amenée ici.
Quête de légitimité ? Envie de me réaliser enfin dans cette activité si jouissive qu'est l'écriture ?
Plus simplement, je pense que je recherche de l'aide.
Merci à vous.