Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

26 Avril 2026 à 11:08:32
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Exil

Auteur Sujet: Exil  (Lu 4268 fois)

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
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Exil
« le: 31 Juillet 2010 à 19:31:21 »
Ce texte est nul.
Non mais c'est dit, voilà. Je ne le mets pas en revers de la plume, parce que personnellement, je saute les textes qui ont cette mention  :mrgreen: Mais je l'ajouterai au titre dans quelques temps.

Ce texte est vieux, aussi. Il date de plusieurs années - PF n'avait pas encore fermé je crois (eh oui, certains datent d'après JC, moi je date d'après PF xD), et j'étais encore capable d'écrire des textes de moins de 10 pages  ^^.
En fait, quelque part, un jour, sur le net, il y avait eu un AT sur le thème "Exil". Et j'avais écrit ça. Mais je le trouvais nul, et je ne l'ai jamais posté nulle part. L'autre jour je l'ai retrouvé, je l'ai relu, et j'ai... confirmé mon premier jugement. Mais bon, puisqu'il existe, je me dis que je vais le poster, sinon à quoi bon l'avoir écrit ?

Bref, prenez le texte ci-dessous comme une preuve que, la plupart du temps, le sérieux ne me réussit pas  :mrgreen:

__________________________

Exil


Espagne, 1939

Eliseo Valleverde aurait aimé être un escargot. Bien sûr, cette pensée saugrenue ne l’avait jamais traversé jusqu’à présent. Mais c’était soudain si attirant. Pouvoir tout emporter avec lui, sur son dos, laisser sur son sillon la trace luisante de son passage, la preuve tangible et concrète qu’il avait existé, qu’il avait été là. Cela lui semblait brusquement l’exemple même du bonheur. C’était étrange qu’il n’y ait jamais songé auparavant.

Eliseo Valleverde n’avait pas toujours vécu ici. Il était né de l’autre côté de la colline, dans un autre village, celui qu’on rejoignait en suivant le sentier qui longeait la rivière. Mais c’est cet endroit qu’il avait aimé, qu’il avait choisi, qu’il avait fait sien et qui l’avait fait sien ; c’est pourquoi c’était si douloureux. Plus encore que s’il n’y avait eu que le hasard, et non un choix, pour broder sa vie sur la trame de ce village.

Eliseo Valleverde referma la porte de sa chambre sur ces pensées, et sur toutes celles qui l’avaient habité avant cet instant précis. Se refusant un soupir nostalgique, il retint un moment la grande bouffée d’air qu’il venait d’inspirer. L’espace d’un instant, il eut le sentiment d’emplir ses poumons d’un fragment de l’essence de sa maison, contenue tout entière dans les effluves familières et indescriptibles qui emplissaient son âme autant que sa poitrine. Il aurait aimé retenir son souffle indéfiniment pour les emporter avec lui, pour être sûr que, où qu’il soit, il pourrait toujours fermer les yeux, et écouter ces senteurs qui lui racontaient son chez lui. Mais il fallait respirer, alors il les laissa partir. De même qu’il fallait vivre, alors il partait lui-même.

Eliseo se dirigea vers l’étroit escalier qui menait au rez-de-chaussée. Le bois chanta une dernière fois ses craquements coutumiers, si connus, si caractéristiques, si horriblement doux à l’oreille habituée que cela faisait mal. Eliseo eut soudain envie de dévaler les marches et de fuir en courant, tranchant d’un coup net ce filament de vie qui le rattachait à ces lieux. Il se retint. Il voulait imprimer, comme au fer rouge, ce paysage intérieur sur son cœur. Il ne voulait pas que la blessure se referme un jour. Il voulait savoir qu’à tout moment, dans cet univers étrange et confus que l’on appelle avenir, il pourrait retrouver cette marque au plus profond de lui, comme la trainée de cet escargot qu’il enviait tellement. Tant que la plaie resterait vivante, cette partie perdue de lui-même le serait également.

Eliseo était arrivé en bas de l’escalier. Il avait éteint toutes les lumières, scellant la demeure comme pour la protéger de l’écoulement du temps. Il chercha à tâtons ses trois sacs de voyage ; il ne pouvait rien emporter de plus. Puis, il s’avança à l’aveuglette vers la porte, et l’ouvrit sur le monde extérieur. Le ciel n’avait pas la décence de pleurer son départ ; il affichait un soleil doré, comme hier, comme avant-hier, comme tant de fois auparavant. Il refusait même de donner aux choses des ombres anormales, qui auraient pu leur conférer des allures étrangères, moins difficiles à abandonner. Les sacs étaient lourds, mais ils pesaient peu par rapport à tout ce qu’il laissait derrière lui, et dont son cœur essayait de reproduire le poids. Il ferma les yeux pour imprimer une dernière fois sa rue contre ses paupières. Les autres étaient déjà partis, ou bien avaient choisi de rester – par conviction ou par faiblesse. Les soldats allaient arriver. Il n’avait plus le choix.

Le jeune homme se mit en route. Il suivrait le chemin de terre, vers le Nord, qui le mènerait à la route où, depuis quelques mois, passaient chaque jour des centaines d’égarés comme lui. En attendant, la poussière qui s’accrochait à ses semelles serait toujours un peu de chez lui qui le suivrait. Plus il avançait, plus il se forçait à penser à ce qui arriverait ensuite. Et plus il n’avait à l’esprit qu’un gris informe où circulaient sous des contours indistincts des projets tout aussi peu définis. Où irait-il ? De quoi vivrait-il ? Reviendrait-il ? Chaque tentative le ramenait à ce qu’il quittait, seules images nettes pour relier deux bouts de brouillard. Et ce qu’il quittait, c’était son monde, c’était sa vie, c’était lui-même. Il n’emportait que ses convictions, celles-là mêmes qui lui interdisaient de demeurer ici, le seul fil directeur de son être, à présent.

Il ne se retourna pas. Un autre pays l’attendait, qu’il ferait sien, qui le ferait sien, une autre vie. Il referma dans son âme la fameuse boîte aux senteurs familières et indescriptibles qui contenait l’ancienne, et qu’il chérirait tant qu’il resterait un battement à son cœur enluminé. Il la scella, et avança de plus belle pour rejoindre la colonne des autres exilés.
« Modifié: 16 Août 2010 à 11:00:53 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Ambriel

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Re : Exil
« Réponse #1 le: 31 Juillet 2010 à 19:59:36 »
Citer
Eliseo Valleverde aurait aimé être un escargot.
><c'est original, mais après tout c'est mignon les escargots  :mrgreen:
Citer
laisser sur son sillon la trace luisante de son passage, la preuve tangible et concrète qu’il avait existé, qu’il avait été là
C'est pourquoi j'occupe mes loisirs
A graver partout
I was here...

Citer
Eliseo Valleverde referma la porte de sa chambre sur ces pensées, et sur toutes celles qui l’avaient habité avant cet instant précis.
Là j'avoues ne pas bien saisir... Un double sens je veux bien mais là il y en a un triple non ?  
Citer
Les sacs étaient lourds, mais ils pesaient peu par rapport à tout ce qu’il abandonnait, et dont son cœur essayait de reproduire le poids.
Cette phrase me gêne je ne sais pas vraiment pourquoi... Et pas seulement parce qu'en bonne S je m'écris ; "pas son poids, sa masse, sa masse !" MDR
Citer
Le jeune homme se mit en route.
Crotte alors, depuis le début (enfin un peu après le début en fait) je m'étais faite à l'idée que c'était un homme fait, voire un vieillard... Je suis bizarre ><
Ben franchement, il n'est pas nul ! Le défaut que je lui trouve c'est qu'il... ne mène nulle part, je trouve (EDIT : à part bien sûr aux sentiments de ton personnage, qui sont bien rendus). Enfin il répond parfaitement à l'AT, bien sûr, mais (comme tu veux des critiques XD)  il n'y a pas vraiment de "chute" qui modifie la perception de la chose (en même temps j'étais persuadé que c'était un homme/petit vieux qui devait quitter sa maison parce qu'elle allait être rasée pour construire des immeubles, ou quelque chose du genre (un peu comme dans Là Haut, en fait... ><))
« Modifié: 31 Juillet 2010 à 21:51:28 par ambriel »
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

- Renaud, les charognards -

Hors ligne Zenaïs

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Re : Exil
« Réponse #2 le: 31 Juillet 2010 à 20:39:59 »
J'ai bien aimé ce petit texte présenté sans prétention.

Citer
laisser sur son sillon la trace luisante de son passage, la preuve tangible et concrète qu’il avait existé, qu’il avait été là

 J'ai particulièrement adoré cette idée ! Au début, je me suis dit : "un escargot ?  :o" et après, cette partie de l'explication m'a beaucoup plu.

Ensuite, je trouve que c'est bien raconté, je me suis laissée porter, jusqu'à un moment, je crois que c'est quand il ouvre la porte ou quand il prend ses bagages juste avant... où je me suis dit que ça faisait un peu trop, dans l'apitoiement.

En fait, ce texte ressemble beaucoup à un début d'histoire, et il est intéressant en tant que tel : "bout d'histoire", mais c'est vrai que à lui tout seul il fait un peu texte perdu errant sans but XD

Hors ligne Zacharielle

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Re : Exil
« Réponse #3 le: 31 Juillet 2010 à 20:47:13 »
C'est faux, ton texte n'est pas nul. On sent toute la nostalgie qui imprègne ton personnage, ça tu le rends bien. J'ai vraiment bien aimé. C'est différent de ce que tu écris d'habitude, oui, mais c'est agréable :] Moi aussi j'ai bien aimé l'explication sur l'image de l'escargot <3

Quelques remarques ponctuelles :

Citer
Bien sûr, cette pensée saugrenue de l’avait
ne

Citer
contenue tout entière dans les effluves familières et indescriptibles qui emplissaient son âme autant que sa poitrine.
J’aime pas « indescriptible » (dommage, tu le reprends après xD)

Citer
Mais il fallait respirer, alors il les laissa partir. De même qu’il fallait vivre, alors il partait lui-même.
J’aime beaucoup (la nostalgie…) mais je comprends pas pourquoi tu mets pas un passé simple « partit ».

Citer
Eliseo se dirigea
Pourquoi on a plus son nom en entier ? Ca faisait comme une petite musique.

Citer
Il voulait imprimer, comme au fer rouge, ce paysage intérieur sur son cœur.
Le fer rouge c’est quand même dur par rapport à la tendresse qu'il a pour sa maison.

Citer
le seul fil directeur de son être, à présent.
J’aime bien le rejet de « à présent », et puis l'image du fil...

Citer
tant qu’il resterait un battement à son cœur enluminé
lovely

(tu pourrais espacer tes paragraphes d’une ligne stp ? c'est assez compact, surtout sans alinéas)

--
Assez émouvant je dois dire, même si j'ai remarqué l'absence de son (quand tu quittes un endroit t'as un peu envie de tout absorber, le paysage, la lumière, les odeurs comme tu dis mais aussi des bruissements, que sais-je...). Et puis son nom de famille sonne bien !

Je viens de lire les autres commentaires, mais je n'ai pas été gênée par l'absence du "but", c'est l'instant de départ pris sur le vif. Avec le thème de l'exil on pouvait faire plein d'autres choses, le choix que tu as fait se suffit à lui-même je pense.

Merci de l'avoir partagé malgré tes inquiétudes quant à sa qualité !

Hors ligne Matt

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Re : Exil
« Réponse #4 le: 31 Juillet 2010 à 20:48:32 »
Citer
Bien sûr, cette pensée saugrenue de l’avait jamais traversé jusqu’à présent.
"ne l'avait jamais traversé..."

Citer
Eliseo Valleverde n’avait pas toujours vécu ici.
Un petit saut de ligne avant ? (comme plus loin lorsque tu reprends par "Eliseo Valleverde")

Citer
qu’il avait fait sien et qui l’avait fait sien ;
Répétition.

-----------

Bon bah c'est sympa. Le truc c'est que la fin mérite peut-être mieux. En tout cas ce qui est bien c'est qu'on voit des images ; en fait ça se lit un peu comme une bande dessinée, le fait de reprendre toujours par le même non, les petits détails fournis au fil des paragraphes, etc. (je sais pas si tu vois ce que je veux dire...). Donc non, rien de nul, c'est plaisant à lire.
Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

Rainer Maria Rilke

Hors ligne Zenaïs

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Re : Re : Exil
« Réponse #5 le: 31 Juillet 2010 à 21:07:34 »
Assez émouvant je dois dire, même si j'ai remarqué l'absence de son (quand tu quittes un endroit t'as un peu envie de tout absorber, le paysage, la lumière, les odeurs comme tu dis mais aussi des bruissements, que sais-je...)

Ah mais je ne peux pas m'empêcher d'intervenir car j'aime mettre mon nez partout: il y a des sons, la preuve :

Citer
Eliseo se dirigea vers l’étroit escalier qui menait au rez-de-chaussée. Le bois chanta une dernière fois ses craquements coutumiers, si connus, si caractéristiques, si horriblement doux à l’oreille habituée que cela faisait mal

Hors ligne Zacharielle

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Re : Exil
« Réponse #6 le: 31 Juillet 2010 à 21:17:30 »
Ah, parfait alors ! Je retire cette remarque, merci pour ton œil vigilant Léo.

Hors ligne Milora

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Re : Exil
« Réponse #7 le: 31 Juillet 2010 à 23:28:57 »
Merci de toutes vos lectures !

Citation de: Ambriel
Le défaut que je lui trouve c'est qu'il... ne mène nulle part
Ouais, c'est pour ça que je le trouve plat et inutile (pour ça, et parce que j'avais peur que ça verse dans le pathos exagéré xD)

L'idée, à l'époque, c'était :
Citation de: Zacharielle
je n'ai pas été gênée par l'absence du "but", c'est l'instant de départ pris sur le vif.
Je voulais laisser le contexte flou (même si dans ma tête je pensais à la guerre d'Espagne pour des raisons totalement personnelles - et j'ai pas essayé de le replacer dans le texte. C'est juste pour ça que je lui ai mis un nom à consonnances espagnoles), je voulais juste centrer sur le moment du départ, de l'abandon.
Mais à chaque relecture, je trouve que ça suffit pas pour en faire un texte à part entière...  :-[

Citation de: Matt
Citation
qu’il avait fait sien et qui l’avait fait sien ;
Répétition.
Ah ? C'était fait exprès... ça passe vraiment pas ?

Citation de: Zach
Citation
Mais il fallait respirer, alors il les laissa partir. De même qu’il fallait vivre, alors il partait lui-même.
J’aime beaucoup (la nostalgie…) mais je comprends pas pourquoi tu mets pas un passé simple « partit ».
Ah, je sais pas... parce qu'il est en train de partir, peut-être... Le PS c'est bien aussi (ne voyez dans ma phrase aucune notion de politique xD)

Citation de: Zach
Citation
Eliseo se dirigea
Pourquoi on a plus son nom en entier ? Ca faisait comme une petite musique.
En fait (détail qui tue et qui sert à rien), chaque paragraphe commence par le personnage, mais petit à petit il perd son identité, au fur et à mesure qu'il part de chez lui : on a d'abord son nom complet, puis son prénom, puis "le jeune homme", puis juste "il"... Ok, ça sert à rien, ça change rien à la lecture, je sais xD (faut que j'arrête les "xD")

Citation de: Zach"
Citation
Il voulait imprimer, comme au fer rouge, ce paysage intérieur sur son cœur.
Le fer rouge c’est quand même dur par rapport à la tendresse qu'il a pour sa maison.
Ouais mais en même temps c'est douloureux, c'est vraiment une blessure, une marque de quelque chose qu'il aime, mais une marque qui s'est faite dans la douleur (cette phrase fait super pathétique xD... Zut ! encore un "xD" !)


Citation de: Zach
Citation
tant qu’il resterait un battement à son cœur enluminé
lovely
Merci ! En fait, je voulais finir sur ça. Puis en le recopiant, je me suis dit que ça manquait peut-être d'une phrase à la fin, niveau rythme, alors j'ai rajouté la dernière... Je vais peut-être la retirer, en fait.

Citation de: Zach
(tu pourrais espacer tes paragraphes d’une ligne stp ? c'est assez compact, surtout sans alinéas)
Oui, c'est vrai ! Je le fais dès mon retour de vacances :) (sur Word comme j'ai mis de grands alinéas, ça fait pas aussi "bloc")

Citation de: Zen
Ensuite, je trouve que c'est bien raconté, je me suis laissée porter, jusqu'à un moment, je crois que c'est quand il ouvre la porte ou quand il prend ses bagages juste avant... où je me suis dit que ça faisait un peu trop, dans l'apitoiement.
Je suis tout à fait d'accord ^^ J'ai retiré un bout du paragraphe, puis comme je savais pas si l'enlever définitivement ou pas, je l'ai laissé pour voir si un lecteur tiquait ^^ J'enlèverai de nouveau ce petit bout (...quand je rentrerai : le week-end prochain)

Citation de: ambriel
Citation
Eliseo Valleverde aurait aimé être un escargot.
><c'est original, mais après tout c'est mignon les escargots 
Et puis c'est bon, grillé  :mrgreen:

Merci de vos commentaires ! (si rapides, en plus !). Je vois pas du tout comment changer ce problème de "texte sans but", étant donné que ça fait des années qu'il stagnent à cet état, lol. Mais bon, si ça ne dégouline pas d'attermoiements pleurnichards, c'est déjà mieux que ce que je pensais ! ^^
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Verasoie

  • Invité
Re : Exil
« Réponse #8 le: 01 Août 2010 à 11:20:22 »
J'ai aussi trouvé très juste la façon dont c'était raconté, réaliste et tout, c'est sympa comme lecture.

Là où j'ai trouvé que ça faisait trop pathos :

Citer
Il refusait même de donner aux choses des ombres anormales qui auraient pu leur conférer des allures étrangères, rendant ainsi la séparation moins douloureuse.

Juste "rendant ainsi la séparation moins douloureuse" fait trop calculé et mathématique pour moi et en "rajoute une couche".

Mais c'est le seul endroit où j'ai tiqué ^ ^. J'avais aussi remarqué la perte du prénom mais sans l'amalgamer à la perte de son identité, mais je trouve ça cool comme idée.

Voilà !

Doug

  • Invité
Re : Exil
« Réponse #9 le: 01 Août 2010 à 15:53:56 »
J'ai trouvé qu'il y avait de bonnes idées, idées pour la majorité bien exploitées, mais ça manquait de rythme, comme si l'on apprenait trop peu sur notre personnage pour vraiment s'intéresser à son histoire. Peut-être que tu devrais en citer un peu sur sa vie, nous le dénuder un peu plus, rendre la chose excitante. Je crois que ça apporterait une dimension supplémentaire, et décuplerait donc notre envie de lire.

Quelques structures semblaient aussi un peu maladroites à la lecture, mais rien d'effroyable non plus. Elles ont été toutes citées plus haut.

Si ce n'est ce léger manque de rythme qui entraine un tout autant si ce n'est plus léger manque d'intérêt (de ma part, de mon opinion personnel, évidement), je trouve que ton histoire est bonne. Une petite faute de frappe au début, oui, mais on ne va pas chipoter pour si peu !

Bonne continuation littéraire !

Geai

  • Invité
Re : Exil
« Réponse #10 le: 01 Août 2010 à 19:39:01 »
Tu as de la chance, j'adore les longues description, le thème du départ, de l'exil (mon coté maso, peut-être...) et je trouve ton écriture très poétique. Bref, je comprend mal pourquoi tu es si dur avec tes propres écrits, j'ai trouvé ce passage assez beau.

par exemple: "Le bois chanta une dernière fois ses craquements coutumiers, si connus, si caractéristiques, si horriblement doux à l’oreille" ou comme dit précédement "Pouvoir tout emporter avec lui, sur son dos, laisser sur son sillon la trace luisante de son passage, la preuve tangible et concrète qu’il avait existé, qu’il avait été là". Bref, j'ai trouvé que ca sonnait bien et que c'était là de belles images!

Cependant, il aurait peut-être été interessant de plus souligner la menace de l'arrivée des soldats, de la guerre, du fait qu'on l'arrachait à son refuge. Là, on a l'impression qu'il se barre pour aller faire du camping (j'exagere hein :) ) donc je trouve que du coup, l'exil est plus un choix (calcul des avantages etc) plutot qu'une fuite, un arrachement à ce qui incarnait pour lui la sécurité et le bonheur. Apres, c'est mon avis perso hein

Hors ligne Kailiana

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Re : Exil
« Réponse #11 le: 02 Août 2010 à 00:19:39 »
Citer
Plus encore que s’il n’y avait eu que le hasard
les deux "que" c'est pas très beau


Le texte est pas nul !
Déjà la première image de l'escargot est vraiment bien trouvée.
Ensuite... bon, ce qui me gène le plus, c'est que j'ai du mal à le considérer comme une nouvelle entière. Vers la moitié je me suis demandée s'il y aurait une chute, puis j'ai compris qu'il devait "juste" partir, sans doute à cause d'une guerre, et "c'est tout".
Bref, c'est juste un petit bout de quelque chose de plus grand.
En tant que petit bout, comme je sais plus qui, je reproche un peu le fait qu'il ne s'inquiète pas plus du... contexte de guerre avant une certaine partie du texte. Au début, il pourrait partir de la maison à cause d'un simple déménagement. Puis on comprend que c'est pas le cas, mais j'ai pas ressenti vraiment d'inquiétude, et du coup j'ai plutôt l'impression que le contexte fait assez... figuratif, comme s'il avait fallu que tu donnes absolument une explication au départ. Je sais pas si je suis claire...
Disons que le texte parle avant tout du départ de la maison, mais insiste sur le "je quitte la maison" et non "je vais ailleurs", que tu effleure à la fin mais qui m'a beaucoup moins touchée.

Bref je trouve la fin en dessous du début  :-[

Mais j'ai beaucoup aimé l'ambiance du début et la comparaison avec l'escargot.
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
Einstein

Hors ligne Matt

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Re : Re : Exil
« Réponse #12 le: 02 Août 2010 à 09:33:25 »
Citation de: Matt
Citation
qu’il avait fait sien et qui l’avait fait sien ;
Répétition.
Ah ? C'était fait exprès... ça passe vraiment pas ?
C'est lourd à lire.
Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

Rainer Maria Rilke

Hors ligne ernya

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Re : Exil
« Réponse #13 le: 04 Août 2010 à 22:55:42 »

Citer
Eliseo Valleverde aurait aimé être un escargot.
XD, pas mal, mais bof pour le nom (oui, c'est moi qui dis ça)


Citer
Bien sûr, cette pensée saugrenue de l’avait jamais traversé jusqu’à présent.
ne

Citer
Mais c’était soudain si attirant.
bof pour la proximité "soudain" / "présent"

Citer
Pouvoir tout emporter avec lui, sur son dos, laisser sur son sillon la trace luisante de son passage, la preuve tangible et concrète qu’il avait existé, qu’il avait été là.
je trouve ça un peu longuet "laisser sur son sillon la trace luisante de son passage", j'accroche un peu sur "sillon" en fait. Peut-être un peu trop "soutenu" par rapport au reste ?

Citer
Cela lui semblait brusquement l’exemple même du bonheur. C’était étrange qu’il n’y ait jamais songé auparavant.
idem un peu lourde comme phrase, je trouve (c'est trop cool, ça veut dire que maintenant tu maîtrises bien la fluidité^^)

Citer
Il chercha à tâtons ses trois sacs de voyage ; il ne pouvait rien emporter de plus.
3 ? pour un mec ? mazette !

Citer
Le ciel n’avait pas la décence de pleurer son départ ;
cool

Je trouve la comparaison avec l'escargot cool, mais c'est vrai que le texte ne va pas très très loin, c'est un peu dommage. Et parfois c'est un peu longuet, enfin disons que détailler son malaise à l'idée de partir est un peu répétitive et pas très communicative (je sais pas si ce que je raconte est compréhensible/ français).
Je laisse le mot de la fin à Kail' : (c'est pas nul)
Citer
c'est juste un petit bout de quelque chose de plus grand.
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Zephyr

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Re : Exil
« Réponse #14 le: 05 Août 2010 à 16:29:28 »
Commentons, commentons !

Déjà, comme tous les autres, je dis : Texte pas nul !

Et même, j'ai bien apprécié (en même temps, je suis pas forcément difficile...). Normalement, j'ai un peu de mal avec les descriptions un peu longues (je souffre dès que je lit un peu trop de Zola...), mais là, c'est passé comme une lettre à la poste.Tu décrit la maison et le départ, mais c'est tellement bien tourné que je me suis pris dedans !

C'est vrai que c'est un peu sans bu, mais ça ne me gène pas. Enfin, ça serai mieux avec, mais ça se suffit sans. Donc ça va.

Bref, j'aime !

Je voulais laisser le contexte flou (même si dans ma tête je pensais à la guerre d'Espagne pour des raisons totalement personnelles - et j'ai pas essayé de le replacer dans le texte. C'est juste pour ça que je lui ai mis un nom à consonnances espagnoles), je voulais juste centrer sur le moment du départ, de l'abandon.
Tu sais quoi ? Avec son nom et tout, je me suis dit "ça ne peux parler que de l'exil des espagnols vers la France." Pour une fois, je me suis pas loupé (en même temps, on a étudié ça cette année avec ma prof d'espagnol)
Si j'écris quelque fois, je n'écris point d'ardeur,
J'écris naïvement tout ce qu'au cœur me touche,
Soit de bien, soit de mal, comme il vient à la bouche,
En un style aussi lent que lente est ma froideur.

Joachim du Bellay, Les Regrets, « 21 »

 


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