Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Auteur Sujet: L'écrit vint  (Lu 1776 fois)

Hors ligne Shivah

  • Buvard
  • Messages: 2
L'écrit vint
« le: 12 septembre 2019 à 04:56:11 »
Bonjour,

Ma relation à l'écriture me fait penser que Dieu et/ou le Diable ont du se pencher sur mon cas.  J'ai eu une méningite à l'âge de trois mois, en 1980, et mes parents ont attendu plusieurs semaines avant de m'emmener à l'hôpital.  C'est sans doute cela qui fit que mes terminaisons nerveuses grandirent tardivement.

À l'âge de six ans, j'avais la sensibilité tactile d'un enfant de 4 ans, pour ainsi formuler les choses, donc l'écriture manuscrite dépassait mes capacités motrices.  Ma première institutrice prit cela pour de la "résistance à l'autorité" et se mit à systématiquement déchirer tout ce que j'écrivais, pendant toute l'année, en me hurlant dessus devant toute la classe.  Elle était diabétique et hurlait comme une possédée...

L'apprentissage n'en fut pas facilité et ce n'est qu'au début du secondaire que mon écriture devint lisible.  Je réussissais bien scolairement mais le geste était cassé.  Cela me fit développer plus de vocabulaire que les autres et un sens de la formulation plus concis parce que je tournais sept fois ma plume dans mon poignet avant d'entreprendre l'acte maudit... et vers l'âge de seize ans, un docteur en philo-romane me fit un compliment qui me laissa perplexe, prétendant que j'aurais un talent pour l'écriture.

Pendant mes études supérieures, il m'arrivait d'écrire des poèmes d'amoureux qui avaient un certain effet, bien que je me sentais mieux dans la relation orale aux mots.  Rien ne poussait vraiment...

Ce n'est ainsi que deux décennies après avoir formé laborieusement mon premier A que tout cela prit un sens.  Je m'aventurai sur internet pour découvrir le monde des forums, alors encore relativement nouveau (2006).  J'avais jusque-là utilisé internet uniquement pour communiquer avec des connaissances et je fis une rencontre "virtuelle".  Les sites de rencontre n'existaient pas à l'époque et je n'avais pas plannifié cela, mais cela me poussa à apprendre la dactylographie.  Sur le forum où nous nous étions rencontrés, je me faisais remarquer parce que le clavier m'abolissait de la contrainte du geste manuscrit et me permit rapidement de pondre des textes denses et longs. 

Un an plus tard, je commençais à écrire de temps à autres en tant que simple occupation, hors de tout échange, et j'écrivis une connerie : "le début de la Bible énonce Au commencement était le Verbe".  Après avoir écrit cela, je me dis que j'avais une lacune car il s'agit d'un évangile, pas du début de la Bible... et j'ouvris le Livre de la Genèse pour voir ce qu'il y est écrit. À ma grande surprise, je me rendis compte que je n'avais pas forcément écrit une connerie...

Au commencement créa Elohim les cieux et la terre.  La terre avait été informe et vide.  L'obscurité couvrait les abysses et l'Esprit d'Elohim planait sur les eaux.  Elohim cria : "Que lumière soit!" et lumière fut.  Elohim vit la lumière, qu'elle était bonne, et sépara la lumière de l'obscurité.  Elohim nomma la lumière "Jour" et l'obscurité, il la nomma "Nuit". Il y eut un déclin, un renouveau - Jour Un.

Au travers d'une lecture analogique, il se perçoit clairement que cela évoque l'écriture.  Au commencement, l'Auteur créa les "cieux" : paroles, imaginaire, intonations… et la "terre" : le texte écrit.  Le texte écrit avait été informe et vide : une page vierge.  L'obscurité couvrait les profondeurs des êtres (ou l'obscurité couvrait les abîmes du récit) mais l'Esprit de l'Auteur plane sur les "eaux" : les gens et leurs récits.   L'Auteur cria : "Que lumière soit" et lumière fut.  L'Auteur vit la lumière, la jugeant bonne puisqu'il trouvait sans doute ce qu'il avait écrit très clair et sépara la lumière de l'obscurité, tout texte reposant sur une dualité entre le noir et le blanc… L'Auteur se doutait du fait que le langage verbal évolue car ce n'était pas le premier texte et était conscient de ne pas pouvoir nommer la lumière parfaitement car cela impliquerait de pouvoir nommer l'obscurité parfaitement.  Il nomma donc la lumière "Jour", un nom qui ne correspond pas parfaitement et qui induit une dimension de temps…

Après avoir commencé à comprendre les sept Jours comme le parcours d'un livre à travers des époques, je fus quelque peu bloqué par le texte du Jardin d'Eden car il me semblait parler d'autre chose que l'écriture… et il me fallut quelques années pour comprendre le thème principal des récits antédiluviens qui est la découverte du lien entre sexualité et reproduction.  Celui-ci avait été occulté à cause de l'Eden, "plaisir".  L'être humain se distingue en effet de la plupart des êtres vivants parce qu'il n'a pas une sexualité cyclique et purement reproductive.  Nos ancêtres ne firent donc pas le lien entre le phénomène permanent de l'éjaculation et le processus de l'enfantement.  C'est pour cela qu'Adam est introduit dans le texte par une formulation qui évoquait un rituel funéraire : il est le père rajouté après-coup dans les généalogies, quand on découvrit que Mama n'était pas la "Mère de tous les vivants".  C'est pour cela aussi qu'il est question du premier mariage et, plus loin, de l'agriculteur Caïn et de l'éleveur Abel : l'élevage et l'agriculture découlèrent de la compréhension du principe de fécondation.  Le Partage du Fruit fut ainsi le Partage des Enfants. 

À partir de là, tout devint de plus en plus clair pour moi dans ces textes qui expriment que l'on se rendit compte que la Mama avait usurpé du titre de la Créatrice, la Vie, s'avérant être une créature car elle découlait d'une chaîne d'unions remontant à l'origine des dualités.  C'est à ce moment que l'on commença à voir le Soleil comme le Père de Terre-Mère ; puis la Galaxie, "Voie lactée", comme la Mère du Soleil…

Après neuf années passées à étudier régulièrement ce texte et reformuler les idées, il restait une grande question qui avait été là dès les premiers instants de ma passion pour l'écriture : Shiva.  J'avais compris que le Jardin d'Eden contient des références à l'Afrique et je voyais les ajouts sumériens et égyptiens à l'esprit du texte… mais je ne comprenais pas pourquoi ce texte ne contenait pas de référence à la "troisième" grande civilisation voisine de l'époque : l'Inde…

Finalement, en me penchant sur l'hébreu un peu plus, je me rendis compte qu'il y a des dizaines de références aux traditions hindoues liées à Shiva dans la Genèse et dans les Évangiles et dans le Qúran.  Dès les six premières lettres du texte hébreu, "Au commencement", il y a des références à Shiva, à Ganesh, au Parabrahma, au récit de Sati et Daksha…

Bref, j'ai terminé cette étude et ai décidé de scinder mon ouvrage en parties pour éviter de concentrer trop d'informations dans un seul ouvrage car les récits antédiluviens évoquent de très nombreux sujets : à l'époque de la rédaction de la Torah, il n'y avait pas des sciences strictement cloisonnées.  Il faut donc mettre à Jour, comme ce fut demandé par l'Auteur, il y a bien longtemps.

Hors ligne txuku

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 422
    • BEOCIEN
Re : L'écrit vint
« Réponse #1 le: 12 septembre 2019 à 19:12:27 »
Bonjour et bienvenue a toi !  :)
« Modifié: 12 septembre 2019 à 19:18:36 par txuku »
Je ne crains pas d etre paranoiaque

"Le traducteur kleptomane : bijoux, candelabres et objets de valeur disparaissaient du texte qu il traduisait. " Jean Baudrillard

Hors ligne Shivah

  • Buvard
  • Messages: 2
Re : L'écrit vint
« Réponse #2 le: 12 septembre 2019 à 20:04:30 »
Salut,

C'est l'obscurité qui te fait peur? Il est très compliqué de comprendre les mots "lumière" et "obscurité" dans cet ouvrage car Elohim les nomme "Jour" et "Nuit", puis qu'elles sont encore séparées le quatrième Jour... ce qui indique en tout cas que ce texte doit être interprété parce que cela n'a aucun sens littéralement. 

Une manière de comprendre est qu'il s'agit de langage alchimique.  Le passage de l'obscurité à la lumière est l'émergence de l'Esprit.  La quête alchimique consiste à se transformer pour pouvoir changer l'état de la matière, ce qui est symbolisé par la transformation du plomb en or, aurum en latin qui provient au aur en hébreu : la lumière.

Maintenant, c'est un texte qui évoque plusieurs choses en même temps et une autre lecture est : Dans la chaleur du ventre, maman créa les "cieux" (respiration, aspirations...) et la "terre" (chair).  la chair avait été sans forme humaine et vide de l'être, avant la conception.  L'obscurité couvrait les abysses amniotiques et le souffle (esprit) de maman planait sur les eaux... qui furent perdues quand l'enfant jaillit à la lumière, pour pousser son premier cri

Bref, c'est un ouvrage alambiqué, mais qui en tout cas évoque les transformations et l'engendrement. 


Hors ligne Gaëlle

  • Calligraphe
  • Messages: 149
Re : L'écrit vint
« Réponse #3 le: 16 septembre 2019 à 15:43:30 »
Elohim, Shivah .... bon le thème est la ou pas .... en attendant de te lire sois le bienvenu

J.

  • Invité
Re : L'écrit vint
« Réponse #4 le: 16 septembre 2019 à 18:54:39 »
Bonjour et bienvenue. Et, comme l'a si bien dit Pierre Dac : "Shiva la guerre et Vishnou la paix".

 


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