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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » J'aime pas les pigeons

Auteur Sujet: J'aime pas les pigeons  (Lu 2589 fois)

Hors ligne FVarga

  • Tabellion
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J'aime pas les pigeons
« le: 18 Juillet 2019 à 10:56:53 »
je tente l'expérience de proposer un texte au fur et à mesure de ses corrections.
ci dessous la première mouture. quelques messages plus loin, apres un moment de repos, d'autres versions du texte évoluant au fil des amendements.




Premier jet corrigé -



Je n’ai jamais aimé les pigeons. Je les ai toujours trouvés répugnants, sales et idiots avec leur démarche ridicule. Un pigeon, c’est comme un rat d’égout qui a des ailes. C’est plein de puces et ça chie partout, surtout en plein effort, au moment du décollage.

Les pigeons m’ont toujours posé des problèmes. Je me souviens de cette fois, où sur ma mobylette, je remontais à Nice le Boulevard François Grosso. J’étais en retard et je savais que Nathalie n’aimait pas ça. L’accélérateur bloqué, à toute allure je remontais  les files entre les voitures quand soudain, le trou noir.

Je me suis réveillé une semaine plus tard, plâtré de la tête au pied, des tubes insérés dans chacun de mes orifices. J’ai appris d’un infirmier que j’avais percuté un pigeon qui descendait en rase-mottes le même boulevard. Il n’avait pu m’éviter et ne s’en était pas réchappé. L’affaire avait fait un encart dans les pages intérieures de Nice Matin. Un vétérinaire avait été interviewé, témoignant de l’extrême rareté et surtout de l’improbabilité de ce genre d'évènement qu’il attribuait à un dérèglement du système nerveux de certains sujets, provoqué par l’accumulation de substances toxiques dans leur alimentation. Quant à mon cas, il était évoqué avec ironie, le journaliste se demandant si pour éprouver les probabilités je n’aurais pas mieux fait ce matin de jouer une grille de loto. Nathalie, elle, ne lisait pas les journaux. Elle ne m'avait pas  attendu longtemps et sa décision de me quitter sur le champ se voulait sans appel. Ce qui avait pu m'arriver lui était indifférent... Je n’avais pas attendu cet accident pour détester les pigeons, mais cette fois j’ai commencé à vraiment éprouver de la haine envers eux et du mépris pour tous ceux qui  les nourrissent, provoquant des agglutinements de plumes grouillantes et roucoulantes... je hais les pigeons.

Plus tard, à Paris, cette fois-ci, dans la cour du Louvre, non loin de la pyramide, j’attendais Nathalie, qui n’arrivait pas. Comme à son habitude, elle était en retard. Pas un petit retard qui s’excuse d’un simple sourire... non, un vrai beau retard de presque une heure .Elle ne savait pas être à l’heure, ses retards étaient  pathologiques, mais pas ne supportait pas d’attendre. J’avais parfois la surprise d’une relative ponctualité de sa part, ruinant ainsi toute stratégie de contournement qui m’aurait permis de la prendre à revers en étant moi aussi en retard, mais un peu moins qu’elle...

Cette fois-là, j’usais mes semelles en arpentant le passage couvert du Louvre, comptant et recomptant les  pavés entre le trottoir coté Rivoli et l’entrée de la cour. Je n’osais  m’éloigner, ne voulant  me heurter à l’impatience de Nathalie qui si elle ne m’avait pas tout de suite aperçu serait partie à ma recherche dans une direction  aussi désordonnée que la raison de son délai.

J’en étais à mon dixième aller et mon onzième retour, ou le contraire.... mes pieds me faisaient mal et je me sentais à l’étroit dans mes mocassins quand sortant du porche j’entendis un cri. – Attention – je crois...  puis le choc et le noir.... je me réveillais hagard sur le lit de camp d’une infirmerie improvisée.

Pour la seconde fois de mon existence, je m’étais fait percuter par un pigeon. Ébloui par le reflet d’un miroir de la pyramide astiquée du matin même, il avait loupé son approche et s’était rompu le cou, me plantant son bec dans  mon crâne.  Nathalie, quand elle était enfin arrivée, ne m’avait pas vu et avait passé une bonne partie de la soirée à me chercher arpentant l’avenue de l’opéra comme si j’avais quelque chose à faire dans ce quartier...

Le soir, ne me voyant pas rentrer, elle consumait sa colère dans le deux-pièces de sa sœur qui ne m’avait jamais aimé et lui conseillait de faire ce à quoi elle aurait dû se résoudre depuis longtemps.... Pendant ce temps, j’étais évacué vers les urgences de l’hôpital Pompidou..... Incapable de la joindre, Nathalie ne rechargeait jamais son téléphone ou le maintenait presque toujours en position silencieux. Je ne suis même pas certain que quelqu’un ait pensé à appeler mes proches comme ils disaient. Le fait que nous ne soyons pas mariés semblait poser problème au personnel administratif qui avait insisté pour que je leur communique également le numéro de téléphone de ma mère, désormais sourde, dans sa maison de retraite du Périgord.....Quand j’ai ouvert les yeux, et qu’une aide-soignante hilare m’a expliqué ce qu’il m’était arrivé, celle-ci n’a pas compris mon accès de colère envers les pigeons.......

Je suis rentré chez nous au bout de vingt-quatre heures.... Nathalie avait fait changer les serrures et m’avait laissé un mot  que le concierge de notre immeuble m’avait remis de façon aussi solennelle qu’un huissier qui ouvre l’enveloppe annuelle du tirage du sweepstake. Elle était partie, me demandait de ne pas la chercher et d’encore moins la poursuivre  si je retrouvais sa trace. Elle avait décidé de prendre un peu d’air et déposé trois valises avec les affaires qu’elle estimait me revenir dans le coffre de ma voiture.

J’ai quitté Paris depuis bientôt quinze ans, et la France aussi par la même occasion. Le jour où Nathalie ma mis à la porte, j’ai été jouer une grille de loto au café du coin de la rue. Je n’ai pas gagné le gros lot, mais suffisamment pour prendre le large. Bien sûr, à Paris, je n’aurais pas tenu trois ans... mais la..... À l’embouchure de la Somone, tout près du lac Rose, je regarde les derniers pécheurs rentrer, tandis que de l’autre côté de la rive, quelques centaines de flamands prennent ensemble leur envol.

Nathalie m’attend à la maison. C’est pratique ces plains pieds coloniaux, surtout quand on se déplace en chaise roulante. Bien sûr, elle ne peut pas aller très loin... rien n’est prévu pour elle dans ce bled.....Sa sœur ne viendra pas cette année.... elle ne peut toujours pas me supporter.... pourtant, c’est bien elle qui conduisait et qui a voulu éviter ce pigeon stupide, posé sur la route, qui ne semblait pas vouloir décoller......Je n’aime pas les pigeons... non vraiment pas.... ce sont des rats avec des ailes......

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« Modifié: 20 Juillet 2019 à 21:15:30 par FVarga »
Désolé pour les accents - Mon clavier fatigué et mon système ne reconnaissent pas le français accentué...

Hors ligne FVarga

  • Tabellion
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Re : J'aime pas les pigeons
« Réponse #1 le: 18 Juillet 2019 à 11:30:32 »
Merci pour tes remarques et commentaires qui me sont précieux quant à la relecture dirigée de ce texte...
Désolé pour les accents - Mon clavier fatigué et mon système ne reconnaissent pas le français accentué...

Hors ligne BAGHOU

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Re : J'aime pas les pigeons
« Réponse #2 le: 19 Juillet 2019 à 09:42:50 »
Bonjour,

Désolée, ce n'était peut-être pas le but, mais j'ai beaucoup ri. ;D

Avant d'arriver à la chute de l'histoire, je pensais que justement les pigeons, à leur manière un peu trop directe, critiquaient la relation avec Nathalie et donc qu'il fallait y voir un signe du destin  ;) >:D. Mais visiblement et malgré tout, Nathalie est toujours là et les pigeons sont toujours des mal aimés.  :o ::). La morale de l'histoire est donc finement nuancée, mais à mon sens ce sont les pigeons qui gagnent ... :-¬?
"La critique, art aisé, se doit d'être constructive." Boris Vian dans "Les chroniques du menteur".

Hors ligne FVarga

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Re : J'aime pas les pigeons
« Réponse #3 le: 19 Juillet 2019 à 14:18:46 »
tu as tout compris mon ami...
les femmes passent et repassent...
les pigeons demeurent....
Désolé pour les accents - Mon clavier fatigué et mon système ne reconnaissent pas le français accentué...

Hors ligne Fred Pollux

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Re : J'aime pas les pigeons
« Réponse #4 le: 19 Juillet 2019 à 15:16:29 »
Bonjour,
J'ai également bien ri avec cette tragique histoire.
J'en aurais une autre morale à tirer: "l'amour est plus fort que les pigeons" (morale qui risque d'être assez difficile à replacer hors contexte...)

Hors ligne FVarga

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J'aime pas les pigeons
« Réponse #5 le: 20 Juillet 2019 à 21:02:46 »
Première correction (Phrases longues, voies passives, répétitions, adverbes et adjectifs inutiles)

Je n’ai jamais aimé les pigeons. Je les ai toujours trouvés répugnants et idiots avec leur démarche ridicule. Un pigeon, c’est comme un rat qui a des ailes. Grouillants de puces et autres parasites ils chient partout, surtout au moment du décollage.

Ces sales volatiles m’ont souvent posé des problèmes. Je me souviens de cette fois, où sur ma mobylette, je dévalais le Boulevard François Grosso à Nice. J’étais à la bourre et je savais que Nathalie n’aimait pas ça. L’accélérateur bloqué, je remontais à toute allure les files entre les voitures quand soudain, le trou noir.

Je me suis réveillé une semaine plus tard, plâtré de la tête au pied, des tubes insérés dans chacun de mes orifices. J’ai appris d’un infirmier que j’avais percuté un pigeon qui descendait en rase-mottes le même boulevard. Il n’avait pu m’éviter et ne s’en était pas réchappé. L’affaire avait fait un encart dans les pages intérieures de Nice Matin. Un vétérinaire interviewé pour la circonstance témoignait de l’extrême rareté et surtout de l’invraisemblance de ce genre d’évènement qu’il attribuait à un dérèglement du système nerveux de certains sujets, provoqué par l’accumulation de substances toxiques dans leur alimentation. Mon cas était évoqué avec ironie, le journaliste se demandant si pour éprouver le sort je n’aurais pas mieux fait ce matin de jouer une grille de loto. Nathalie ne lisait pas la presse. Elle n’avait pas longtemps patienté après moi et sa décision de me quitter sur-le-champ se voulait sans appel. Mon sort lui était indifférent. Je n’avais pas attendu cet accident pour détester les pigeons. Cette fois, je me suis mis à ressentir de la colère envers eux. Ceux qui les nourrissent provoquant des agglutinements de plumes grouillantes et roucoulantes avaient désormais droit à mon plus ferme mépris. Je hais les pigeons.

Plus tard, à Paris, cette fois-ci dans la cour du Louvre, non loin de la pyramide, j’attendais Nathalie. Comme à son habitude, elle était à la bourre et pas d’un petit petit quart d’heure qui s’excuse d’un sourire navré, non, un vrai beau retard d’une heure. La ponctualité ne faisait pas partie de son univers. Elle ne supportait pas cependant ce défaut chez les autres. Imprévisible dans la gestion de son temps, elle pouvait de temps à autre être presque à l’heure, ruinant ainsi l’élaboration de toute stratégie de contournement qui m’aurait permis de la prendre à revers en m’accordant mois aussi un retard dont elle ne s’apercevrait pas.

Cette fois-là, j’usais mes semelles en arpentant le passage couvert du Louvre, comptant et recomptant les pavés entre le trottoir coté Rivoli et l’entrée de la cour.  Ne voulant  me confronter à l’impatience de Nathalie, je n’osais m’éloigner. Si elle ne m'avait de suite aperçu, elle serait immédiatement partie à ma recherche dans une direction  aussi désordonnée que la raison de son délai.

J’en étais à mon dixième aller et mon onzième retour, ou le contraire. Mes pieds me faisaient mal et je me sentais à l’étroit dans mes mocassins quand au sortir du porche j’entendis un cri. — Attention !!! – je crois.  Puis ce fut le choc et le noir. Je me réveillais hagard sur le lit de camp d’une infirmerie de fortune.

Pour la seconde fois de mon existence, je m’étais fait percuter par un pigeon. Ébloui par le reflet d’un miroir de la pyramide astiquée du matin même, il avait loupé son approche et s’était rompu le cou,  plantant le bec dans  mon crâne.  Nathalie, quand elle était enfin arrivée, ne m’avait pas vu. Elle avait passé une partie de la soirée à me chercher, arpentant l’avenue de l’opéra comme si j’avais quelque chose à faire dans ce quartier...

Le soir même, elle consumait sa colère dans le deux-pièces de sa sœur qui ne m’avait jamais aimé et lui conseillait de faire ce à quoi elle aurait dû se résoudre depuis longtemps. Pendant ce temps, j’étais évacué vers les urgences de l’hôpital Pompidou. Incapable de la joindre, Nathalie ne rechargeait jamais son téléphone ou le maintenait presque toujours en position silencieux. J'avais insisté pour qu'on la tienne informé. Ma requête était restée sans suite. Le fait que nous ne soyons pas mariés semblait poser problème au personnel administratif qui avait insisté pour que je leur communique également le numéro de téléphone de ma mère, désormais sourde, dans sa maison de retraite du Périgord. Je reprenais tout juste connaissance, une aide-soignante hilare expliqua les circonstances de mon accident. C'était douloureusement comique à défaut d’être tragique.

Je suis rentré chez nous au bout de vingt-quatre heures. Nathalie avait fait changer les serrures et m’avait laissé un mot  que le concierge de notre immeuble me remit de façon aussi solennelle qu’un huissier qui ouvre l’enveloppe annuelle du tirage de la loterie. Elle était partie, me demandait de ne pas la chercher et d’encore moins la poursuivre  si je retrouvais sa trace. Elle avait décidé de prendre un peu d’air et déposé trois valises contenant les affaires qu’elle estimait me revenir dans le coffre de ma voiture.

J’ai quitté ma banlieue depuis bientôt quinze ans, et la France aussi par la même occasion. Le jour où Nathalie ma mis à la porte, j’ai été cocher une grille de loto au café du coin de la rue. Je n’ai pas gagné le gros lot, mais assez pour prendre le large. Bien sûr, à Paris, je n’aurais pas tenu trois ans... mais la..... À l’embouchure de la Somone, tout près du lac Rose, je regarde les derniers pécheurs rentrer, tandis que de l’autre côté de la rive, quelques centaines de flamands prennent ensemble leur envol.

Nathalie m’attend à la maison. C’est pratique ces plains pieds coloniaux, surtout quand on se déplace en fauteuil roulant. Bien sûr, elle ne peut pas aller loin. Rien n’est prévu pour elle dans ce bled.
Sa sœur ne viendra pas cette année. Elle ne peut toujours pas me supporter. C’est pourtant,  elle qui était au volant quand elle a tenté d’éviter ce stupide pigeon, posé sur la route, qui ne semblait pas décidé à décoller.

Je n’aime pas les pigeons... non vraiment pas.... ce sont des rats avec des ailes......


Premier jet corrigé -

Je n’ai jamais aimé les pigeons. Je les ai toujours trouvés répugnants, sales et idiots avec leur démarche ridicule. Un pigeon, c’est comme un rat d’égout qui a des ailes. C’est plein de puces et ça chie partout, surtout en plein effort, au moment du décollage.

Les pigeons m’ont toujours posé des problèmes. Je me souviens de cette fois, où sur ma mobylette, je remontais à Nice le Boulevard François Grosso. J’étais en retard et je savais que Nathalie n’aimait pas ça. L’accélérateur bloqué, à toute allure je remontais  les files entre les voitures quand soudain, le trou noir.

Je me suis réveillé une semaine plus tard, plâtré de la tête au pied, des tubes insérés dans chacun de mes orifices. J’ai appris d’un infirmier que j’avais percuté un pigeon qui descendait en rase-mottes le même boulevard. Il n’avait pu m’éviter et ne s’en était pas réchappé. L’affaire avait fait un encart dans les pages intérieures de Nice Matin. Un vétérinaire avait été interviewé, témoignant de l’extrême rareté et surtout de l’improbabilité de ce genre d'évènement qu’il attribuait à un dérèglement du système nerveux de certains sujets, provoqué par l’accumulation de substances toxiques dans leur alimentation. Quant à mon cas, il était évoqué avec ironie, le journaliste se demandant si pour éprouver les probabilités je n’aurais pas mieux fait ce matin de jouer une grille de loto. Nathalie, elle, ne lisait pas les journaux. Elle ne m'avait pas  attendu longtemps et sa décision de me quitter sur le champ se voulait sans appel. Ce qui avait pu m'arriver lui était indifférent... Je n’avais pas attendu cet accident pour détester les pigeons, mais cette fois j’ai commencé à vraiment éprouver de la haine envers eux et du mépris pour tous ceux qui  les nourrissent, provoquant des agglutinements de plumes grouillantes et roucoulantes... je hais les pigeons.

Plus tard, à Paris, cette fois-ci, dans la cour du Louvre, non loin de la pyramide, j’attendais Nathalie, qui n’arrivait pas. Comme à son habitude, elle était en retard. Pas un petit retard qui s’excuse d’un simple sourire... non, un vrai beau retard de presque une heure .Elle ne savait pas être à l’heure, ses retards étaient  pathologiques, mais pas ne supportait pas d’attendre. J’avais parfois la surprise d’une relative ponctualité de sa part, ruinant ainsi toute stratégie de contournement qui m’aurait permis de la prendre à revers en étant moi aussi en retard, mais un peu moins qu’elle...

Cette fois-là, j’usais mes semelles en arpentant le passage couvert du Louvre, comptant et recomptant les  pavés entre le trottoir coté Rivoli et l’entrée de la cour. Je n’osais  m’éloigner, ne voulant  me heurter à l’impatience de Nathalie qui si elle ne m’avait pas tout de suite aperçu serait partie à ma recherche dans une direction  aussi désordonnée que la raison de son délai.

J’en étais à mon dixième aller et mon onzième retour, ou le contraire.... mes pieds me faisaient mal et je me sentais à l’étroit dans mes mocassins quand sortant du porche j’entendis un cri. – Attention – je crois...  puis le choc et le noir.... je me réveillais hagard sur le lit de camp d’une infirmerie improvisée.

Pour la seconde fois de mon existence, je m’étais fait percuter par un pigeon. Ébloui par le reflet d’un miroir de la pyramide astiquée du matin même, il avait loupé son approche et s’était rompu le cou, me plantant son bec dans  mon crâne.  Nathalie, quand elle était enfin arrivée, ne m’avait pas vu et avait passé une bonne partie de la soirée à me chercher arpentant l’avenue de l’opéra comme si j’avais quelque chose à faire dans ce quartier...

Le soir, ne me voyant pas rentrer, elle consumait sa colère dans le deux-pièces de sa sœur qui ne m’avait jamais aimé et lui conseillait de faire ce à quoi elle aurait dû se résoudre depuis longtemps.... Pendant ce temps, j’étais évacué vers les urgences de l’hôpital Pompidou..... Incapable de la joindre, Nathalie ne rechargeait jamais son téléphone ou le maintenait presque toujours en position silencieux. Je ne suis même pas certain que quelqu’un ait pensé à appeler mes proches comme ils disaient. Le fait que nous ne soyons pas mariés semblait poser problème au personnel administratif qui avait insisté pour que je leur communique également le numéro de téléphone de ma mère, désormais sourde, dans sa maison de retraite du Périgord.....Quand j’ai ouvert les yeux, et qu’une aide-soignante hilare m’a expliqué ce qu’il m’était arrivé, celle-ci n’a pas compris mon accès de colère envers les pigeons.......

Je suis rentré chez nous au bout de vingt-quatre heures.... Nathalie avait fait changer les serrures et m’avait laissé un mot  que le concierge de notre immeuble m’avait remis de façon aussi solennelle qu’un huissier qui ouvre l’enveloppe annuelle du tirage du sweepstake. Elle était partie, me demandait de ne pas la chercher et d’encore moins la poursuivre  si je retrouvais sa trace. Elle avait décidé de prendre un peu d’air et déposé trois valises avec les affaires qu’elle estimait me revenir dans le coffre de ma voiture.

J’ai quitté Paris depuis bientôt quinze ans, et la France aussi par la même occasion. Le jour où Nathalie ma mis à la porte, j’ai été jouer une grille de loto au café du coin de la rue. Je n’ai pas gagné le gros lot, mais suffisamment pour prendre le large. Bien sûr, à Paris, je n’aurais pas tenu trois ans... mais la..... À l’embouchure de la Somone, tout près du lac Rose, je regarde les derniers pécheurs rentrer, tandis que de l’autre côté de la rive, quelques centaines de flamands prennent ensemble leur envol.

Nathalie m’attend à la maison. C’est pratique ces plains pieds coloniaux, surtout quand on se déplace en chaise roulante. Bien sûr, elle ne peut pas aller très loin... rien n’est prévu pour elle dans ce bled.....Sa sœur ne viendra pas cette année.... elle ne peut toujours pas me supporter.... pourtant, c’est bien elle qui conduisait et qui a voulu éviter ce pigeon stupide, posé sur la route, qui ne semblait pas vouloir décoller......Je n’aime pas les pigeons... non vraiment pas.... ce sont des rats avec des ailes......

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« Modifié: 21 Juillet 2019 à 13:53:08 par FVarga »
Désolé pour les accents - Mon clavier fatigué et mon système ne reconnaissent pas le français accentué...

Hors ligne Chapart

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 639
Re : J'aime pas les pigeons
« Réponse #6 le: 21 Juillet 2019 à 04:45:51 »
Salut salut,

J'ai lu ce texte l'autre jour sur téléphone, je fais quelques commentaires sans entrer trop dans le détail  :)


Je me souviens de cette fois, où sur ma mobylette, je remontais à Nice le Boulevard François Grosso. J’étais en retard et je savais que Nathalie n’aimait pas ça.

Il y a plusieurs endroits où je trouve que la ponctuation marche pas bien dans le texte. Ici, la première virgule me paraît mal placée: "Je me souviens de cette fois où, sur ma mobylette, je remontais le boulevard François Grosso à Nice" (je mettrais aussi "à Nice" à la fin, sinon il me semble qu'il faudrait le mettre entre virgules). Peut-être que la chute serait plus logique s'il descendait le boulevard au lieu de le remonter  :mrgreen:

Quant à mon cas, il était évoqué avec ironie, le journaliste se demandant si pour éprouver les probabilités je n’aurais pas mieux fait ce matin de jouer une grille de loto.

il me semble qu'il manque une virgule après "probabilités" (et peut-être aussi après "si").

Je trouve l'expression "Eprouver les probabilités" un peu étrange

Nathalie, elle, ne lisait pas les journaux. Elle ne m'avait pas  attendu longtemps et sa décision de me quitter sur le champ se voulait sans appel.

sur-le-champ

Ce qui avait pu m'arriver lui était indifférent…

la laissait indifférente

des agglutinements de plumes grouillantes et roucoulantes... je hais les pigeons.

jolie tournure / la fin de la phrase me paraît pas nécessaire, on a compris qu'il hait les pigeons.

Plus tard, à Paris, cette fois-ci, dans la cour du Louvre, non loin de la pyramide, j’attendais Nathalie, qui n’arrivait pas.

là c'est l'inverse, surabondance de virgules ; globalement le rythme de tout le texte me perturbe un peu du coup, parce qu'on est un peu dans les extrêmes (je trouve).

Comme à son habitude, elle était en retard. Pas un petit retard qui s’excuse d’un simple sourire... non, un vrai beau retard de presque une heure .Elle ne savait pas être à l’heure, ses retards étaient  pathologiques, mais pas ne supportait pas d’attendre. J’avais parfois la surprise d’une relative ponctualité de sa part, ruinant ainsi toute stratégie de contournement qui m’aurait permis de la prendre à revers en étant moi aussi en retard, mais un peu moins qu’elle...

'presque une heure .Elle': l'espace est mal placé, il devrait être après le point et non avant

je sais pas trop quoi penser de ces points de suspension qu'on avait pas au début du texte. Pourquoi pas, mais j'aurais déjà aimé les avoir au début.

J’en étais à mon dixième aller et mon onzième retour, ou le contraire.... mes pieds

typiquement là je vois pas trop l'intérêt des points de suspension

et s’était rompu le cou, me plantant son bec dans  mon crâne.

"me plantant son bec dans mon crâne": je trouve ça un peu lourd et redondant. "plantant son bec dans mon crâne". Ou alors, "me plantant son bec dans le crâne" (mais je crois que je préfère la première version).

sa maison de retraite du Périgord.....Quand j’ai ouvert les yeux, et qu’une aide-soignante hilare m’a expliqué ce qu’il m’était arrivé, celle-ci n’a pas compris mon accès de colère envers les pigeons.......

trop de points  :D


surtout quand on se déplace en chaise roulante. Bien sûr, elle ne peut pas aller très loin... rien n’est prévu pour elle dans ce bled.....Sa sœur ne viendra pas cette année.... elle ne peut toujours pas me supporter.... pourtant, c’est bien elle qui conduisait et qui a voulu éviter ce pigeon stupide, posé sur la route, qui ne semblait pas vouloir décoller......Je n’aime pas les pigeons... non vraiment pas.... ce sont des rats avec des ailes...…

je crois que je terminerais le texte à "qui ne semblait pas vouloir décoller". A mon avis, c'est plus percutant. Là, les dernières phrases rendent la chute moins percutante, je trouve.

J'ai pas tout détaillé mais je trouve que la ponctuation serait à revoir : le parti pris sur les points de suspension n'est pas très clair. Typiquement, il pourrait y en avoir partout comme dans le dernier paragraphe, ou juste par-ci par-là, c'est un choix à faire, mais là sur le global je saisis pas trop leur fonction et je trouve pas que le fait d'en mettre toujours plus marche vraiment. Au niveau des virgules aussi, par endroits il y en a énormément, et on a d'autres phrases très longues sans virgules.

Pas mal de soucis d'espaces aussi.

L'histoire est amusante, ça fait un peu penser à une fable, et j'aime bien aussi le fait que Natalie revienne toujours vers lui sans qu'on sache pourquoi.

Merci pour le partage !  :)

Hors ligne FVarga

  • Tabellion
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    • Les mots tartares
Re : J'aime pas les pigeons
« Réponse #7 le: 21 Juillet 2019 à 13:36:19 »
Merci pour tes corrections chapart. Je partage pas mal de tes remarques et annotations.

Mais il me semble que tu as corrigé le texte brut et non révisé... j'ai fortement limité l'usage des points de suspension, revu la ponctuation et retravaillé la plupart des phrases....

Le texte corrigé n'est pas une refonte de celui du départ, mais j'ai travaillé le style en tentant de lui donner plus de dynamique.

Pour la chutte... je ne sais pas...
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Hors ligne Chapart

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 639
Re : J'aime pas les pigeons
« Réponse #8 le: 21 Juillet 2019 à 14:47:03 »
Ah oui, j'avais pas vu !  :) Désolé

En général je lis pas forcément les commentaires précédents pour pas être influencé, du coup j'ai pas vu que tu avais posté une nouvelle version.

Bon, certains de mes commentaires s'appliquent aussi à ta nouvelle version, et dans la toute dernière version il y a plusieurs endroits où quand tu utilises des points de suspension, il y en a 4, 5 ou 6 au lieu de 3.

Hors ligne FVarga

  • Tabellion
  • Messages: 40
    • Les mots tartares
Re : Re : J'aime pas les pigeons
« Réponse #9 le: 21 Juillet 2019 à 15:11:46 »
Ah oui, j'avais pas vu !  :) Désolé

En général je lis pas forcément les commentaires précédents pour pas être influencé, du coup j'ai pas vu que tu avais posté une nouvelle version.

Bon, certains de mes commentaires s'appliquent aussi à ta nouvelle version, et dans la toute dernière version il y a plusieurs endroits où quand tu utilises des points de suspension, il y en a 4, 5 ou 6 au lieu de 3.

merci pour ta relecture.... les points de suspension ne sont pas forcément des ponctuations dans mon cas, mais des marques de relecture; des équivalents de "a revoir".

comment fais tu ? pour inclure des citations multiples des textes que tu commentes ? j'ai cherché la solution, mais je n'ai pas trouvé la fonction d'insertion de citation. Quand je clique sur "citer", c'est tout le texte qui vient et je ne parviens pas à le découper. je suis sur que tu as une méthode plus efficace.
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Hors ligne Chapart

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 639
Re : J'aime pas les pigeons
« Réponse #10 le: 22 Juillet 2019 à 12:40:16 »

Salut,

Quand tu cites un texte, une balise apparaît: [quote author = …]
(ensuite tu as le texte, et ça se termine par [/quote])

Il faut copier et coller le [quote author = ...] à chaque fois que tu veux citer une nouvelle partie du texte (et terminer par [/quote] à chaque fois pour que ça ferme la citation).

Exemple:

[quote author = ...]

Citation 1

[/quote]

[quote author = ...]

Citation 2

[/quote]

Donne

Citation de:  ...

Citation 1


Citation de:  ...

Citation 2



 


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