Bonjour,
J'ai choisi de m'appeler Francisco Varga pour être plus libre et parce qu'endosser cette identité est un rite de mise en œuvre à l'écriture qui m’est aussi fondamental qu'allumer une cigarette quand je fumais encore. Ce pseudonyme n'a pas été choisi au hasard et je ferai peut être un texte sur l'évidence qu'il à représenté pour moi.
J'écris de Bassam, un village de côte d'ivoire qui a jadis été la capitale Française de ce pays quand il n'existait pas encore sous son nom actuel. Je soigne un mal qui, je le sais va bientôt m'emporter. Je précise que je ne suis pas expatrié, mais qu'il s'agit bien de mon lieu de résidence actuel. Je vis d'ailleurs dans un quartier où je suis le seul européen visible.
Rédacteur depuis près de cinquante ans de textes longs, courts, de toutes les formes, j’adore expérimenter à défaut d'inventer. J'ai le gout de la musique des mots et relecteur jamais satisfait je suis long à produire. J’espère parvenir enfin à trouver une vérité qui m'a longtemps fait défaut. Aucun de mes textes n'est autobiographique, chacun recèle pourtant une part de ce que j'ai vécu ou ressenti à un moment de mon existence.
J'ai renoncé à toute autre ambition que celle du plaisir d’écrire un texte qui me corresponde et soit l’expression de mon regard sur le monde.
J’ai choisi ma vie, comme j’ai choisi mon nom : « Francisco Varga », clôturant ainsi l’aboutissement d’un cheminement personnel qui m’a conduit à me poser loin de tout, mais proche de tous dans ce village assoupi au creux du golfe de Guinée. J’écrirai peut-être un texte à ce sujet ; je n’ai pas encore rencontré le personnage qui narrera cet itinéraire.
Je lis aussi ; sans répit, parfois avec excès. J’ai redécouvert Houelbeck, que je considère comme le seul vrai penseur Français du XXI° siècle. C’est mon opinion, je ne l’impose à personne. Je fais la part de l’homme et de l’écrivain, sinon comment pourrait on aimer Celine ou Duras qui s’est si souvent égarée par ses prises de positions. Mes écrivains fétiches ne sont pas des gens que j’aimerais fréquenter, que ce soit Bukowski, Hemingway, De Fante et bien sur Rimbaud, ils ont tous en commun n’avoir jamais rien concédé à leur art.
Je suis parfois effaré par l’abondance de la production de l’industrie littéraire, qu’elle soit institutionnelle ou souterraine. Il n’est pas de thèmes originaux, de mots ou de pensées qui n’aie cent fois été rabâchés. Mais chaque regard sur le monde est unique. Je forme le vœu que le mien rencontre celui d’hommes et de femmes sans concession. Peu importe leur histoire personnelle seule m'importe leur vérité.
Parler de soi est un pensum, mieux vaut s'éloigner de son quotidien et de ses états d’âme pour espérer aborder son être intime sans trop de pudeur ou de mensonge.