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04 Octobre 2026 à 20:07:07
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Un petit texte à ne pas laisser à la portée de tous les yeux

Auteur Sujet: Un petit texte à ne pas laisser à la portée de tous les yeux  (Lu 1255 fois)

Hors ligne Spontex31

  • Plumelette
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Bonsoir,   

Voici un petit texte écrit il y a longtemps dans lequel je tentais d’aborder le sujet si délicat de l’amour dans sa composante physique. Il  reste donc assez descriptif et n’aborde pas du tout l’aspect sentimental ou relationnel entre les deux personnages. D’autre part, il est implicitement orienté puisqu’il s’agit de la perception exclusive d’un narrateur masculin.

Le titre répond à la précaution d’usage pour ce type de texte, quoique je ne la pense pas vraiment nécessaire.

Bonne soirée,

PS - Suite à la suggestion d'Ariane, je précise que ce texte n'a pas vocation à être corrigé.

-------

Nous sommes dans une chambre, sur un lit. Une légère lueur parvient de l’extérieur.  Je ne sais pas si elle vient de l’aurore, de l’aube, je ne sais pas en quelle saison, quel jour de la semaine ou du mois nous sommes,  je ne sais pas s’il fait beau ou s’il pleut, s’il faut chaud ou s’il fait froid, je ne sais rien de tout ça et ça m’est égal,  ça n’a aucune importance, je ne veux savoir qu’une seule chose, que je suis là, avec elle.

Après l’avoir contemplée sans mot dire, je me tourne vers elle, doucement, en appui sur mon coude. Ses yeux sont fermés, sa respiration toujours aussi calme.  Mes épaules et ma tête se meuvent pour poser ma bouche dans le creux de son cou, juste avant l’épaule. Un endroit tendre, doux, qui prend presque la forme de mon visage lorsque le sien se tourne un peu sur le côté, comme pour le serrer. Mes lèvres effleurent sa peau et y laissent s’éteindre un baiser qui se meurt en silence pour laisser la place au suivant.  A ces gestes, ma main droite répond par un mouvement qui s’amorce sur le torse et suit la ligne des seins,  légèrement dessous, de droite à gauche.  Elle se déplace lentement, ma paume et mes doigts sont à plat pour profiter pleinement de ce contact,  ils s’adaptent au moindre relief pour ne rien laisser échapper de la sensation qu’ils me procurent, ils épousent la moindre dépression.  Les sillons de mes doigts enregistrent la plus infime granulation de sa peau.  Puis ma main arrive à la hauteur du sein gauche et remonte légèrement, en écartant les doigts pour venir le ceindre, l’entourer.  Ma paume se place dessous comme si elle voulait le soupeser, en apprécier la texture, mes doigts s’épanouissent autour de lui pour le serrer délicatement comme s’ils voulaient l’encercler pour ne pas le laisser partir, comme s’il était un oiseau qui quelques instants, reste prisonnier d’une main qui désire simplement caresser son plumage, pour tenter de toucher sa beauté.  Puis mes doigts relâchent leur douce pression et le présente à mes lèvres.  Mes lèvres qui obéissent et accourent depuis ce cou où elles étaient si bien.  Elles viennent entourer la pointe de ce sein donné en offrande, parcourent ce mamelon ferme, tendu, terriblement expressif. 

Ton visage se tourne sur  le côté, je perçois ce qui me semble être un souffle plus rapide, car tu ne respires plus aussi calmement maintenant.

Ma main ayant cédé sa place à mes lèvres, elle s’en éloigne, continue son périple et descend sur ton ventre.  Elle y découvre le mouvement de ta respiration,  elle s’y plaît, y reste un peu en effectuant de petits mouvements circulaires car il faut avoir touché toute la surface de ce ventre là.  Lorsqu’elle croit être rassasiée, elle s’aventure encore plus bas, jusqu’à passer le tropique de ton corps,  jusqu’à aller au-delà de ce nombril que le bout de l’un de mes doigts a laissé derrière lui après l’avoir senti.  Et elle descend toujours, vers  la  partie la plus basse, celle où réside l’intimité la plus forte, la plus secrète.  Elle passe sur le pubis et ma paume se régale de ce contact pileux, délicieux, mes doigts semblent se transformer en un peigne perdu dans d’autres cheveux qu’il ne connaît pas et qu’il découvre avec délectation. Ma main peine à quitter cet endroit, mais elle le fait car il faut partir pour tout découvrir.

Je te regarde, comme pour réclamer la permission d’aller plus loin, tes yeux sont toujours clos, tes narines palpitent légèrement, j’interprète cela comme une totale adhésion. Oui, je peux aller plus loin.  Ma main poursuit donc cette route imaginaire qu’elle trace sur ton corps, ma paume, mes doigts  longent le dessus de ta cuisse, vers le bas, la peau y est plus ferme mais toujours aussi douce. La descente se prolonge, jusqu’à atteindre le genou, mais avant qu’elle ne l’ait fait, ma main opère un mouvement de rotation qui l’entraîne doucement vers l’intérieur. Le sens de déplacement lui aussi s’est inversé. Il remonte désormais vers le haut. Le rythme de ta respiration a augmenté, ton souffle est un peu plus fort.  A ce moment, tu as imperceptiblement écarté les jambes pour laisser un passage à cette main qui te parcourt, juste suffisant pour elle ; un autre signe que je peux continuer, une autre permission d’aller plus loin.

Et ma main ne demande pas mieux. Elle remonte avec constance le long de ton entrejambe,  jusqu’à atteindre tes lèvres, les autres, celles que mes doigts se mettent en devoir de caresser sans les écarter, d’abord.  Après quelques secondes, ma paume vient les couvrir complètement, plaçant le bout de mes doigts tout en bas,  plus bas et exactement au centre.  C’est alors et alors seulement, que mon majeur, par une très légère pression, les écarte délicatement et se glisse entre elles. Et mon doigt, complètement entouré par elle, ressent immédiatement l’incroyable chaleur moite de cet endroit là.  Ma main se remet en mouvement, elle remonte légèrement et le majeur est entraîné lui aussi, en même temps. Alors,  arrive l’inévitable rencontre, celle du bout de ce doigt avec la partie la plus extérieure de l’entrée en toi, celle qui se trouve juste à la frontière entre le dedans et le dehors de toi.  Une rencontre qui doit aller à son terme, et qui pousse ce doigt, le mien, à entrer, comme pour mieux t’explorer, de l’intérieur pour la première fois. Ta respiration s’accélère un peu encore, tes narines palpitent un peu plus elles aussi, tes lèvres se sont entrouvertes plus franchement comme pour aller chercher l’air qui te manque pour continuer.  Je sens les battements de mon cœur qui frappe mes veines, mes muscles, ma peau, partout où mon sang se déplace,  j’ai la gorge serrée, j’ai peur et envie à la fois.  Mon doigt s’attarde encore un moment à cet endroit tant le plaisir est immense.  Mais il prend la place d’une autre partie de mon corps qui elle, est dévolue à ce lieu.  Une partie qui s’est tendue à l’extrême comme pour crier sa révolte de ne pas être à cette place qui lui revient de droit.  Une partie dont tous les millimètres,  tous les vaisseaux même le plus petit sont emplis d’un sang bouillonnant d’impatience, un sang dont le tumulte ne pourra rester longtemps contenu.  Aussi, mon doigt capitule et se retire pour céder la place tant convoitée. L’endroit merveilleux.

Mon corps bascule alors pour se mettre en face du tien, tes jambes se sont écartées, franchement cette fois, pour permettre à mes reins de se mettre en face des tiens, exactement en face, pour mélanger les boucles de nos toisons,  pour que nos tropiques soient juxtaposés. Mon visage est venu se nicher dans ton cou encore, le tien a légèrement basculé de l’autre côté, juste assez pour me laisser un passage ici aussi, je sens maintenant l’air que tu respires, je suis contre toi, tout contre.  Mes reins se cambrent et se soulèvent légèrement pour placer cette partie de moi qui va nous unir.  Puis, ils se détendent pour amorcer un mouvement de retour vers toi, de retour en toi. Le contact s’établit presque immédiatement, le bout de moi touche maintenant le bout de toi, il en sent toute la moiteur, toute la chaleur. L’endroit est si onctueux qu’il se glisse en toi dans une douceur extrême, comme aspiré dans un voluptueux tourbillon duquel il ne veut pas sortir.  Ce déplacement s’est accompagné d’un très léger frottement qui a pourtant suffi à retirer le dernier petit bout de peau qui nous séparait encore,  le prépuce se retrousse, rien ne nous sépare plus, le contact est presque total.  Le mouvement se prolonge encore jusqu'à ce que je sois tout entier immergé, délicieusement englouti.  Je pénètre en toi en même temps que je suis pénétré de toi, par toi.  Il n’y a plus de toi, il n’y a plus de moi, il n’y a plus qu’un nous.  Nous avons finalement atteint l’unique position qui confère le toucher maximum, chaque grain de peau de ce côté de mon corps est venu rencontrer l’un des tiens, du même côté, chaque partie est venue accueillir son inverse, son opposé,  chacune lui a fait face sans se dérober,  chacune s’est offerte à l’autre sans retenue,  chacune veut participer à cette rencontre pour la rendre totale, complète, exhaustive.   Je te sens dehors et dedans à la fois, en même temps, comme toi ; je sens ton extraordinaire chaleur intérieure comme toi tu peux maintenant sentir la mienne, nos sens s’unissent eux aussi pour mieux se compléter, ils entrent en communion et se fondent ensemble pour mieux ressentir chaque instant de ce moment précieux, par eux même comme par ceux de l’autre.  Ils se confondent pour parfaire l’union du physique en lui ajoutant celle de l’esprit, des sensations et du mental.  Ils se combinent pour que la synergie soit intégrale.

Tes fluides chauds et veloutés sont venus augmenter encore cette sensation d’intense volupté.  Ils sont venus emplir le moindre espace du dedans qui nous sépare, ils sont venus permettre un contact sans douleur,  un contact total lui aussi, ils sont venus pour transmettre la moindre réaction, la moindre secousse, pour augmenter considérablement la sensibilité de ce sens qui est désormais prioritaire, absolu, celui qui domine maintenant tous les autres, celui du toucher, du contact par la peau. Tu sens chaque pulsation de mon être, chaque contraction, chaque battement, chaque aller, chaque retour,  je sens la moindre palpitation du tien, le moindre relâchement, la moindre tension. Tes  reins se balancent en même temps que les miens dans un parfait synchronisme,  tes soupirs répondent aux miens,  tes mains se perdent quand les miennes cherchent le meilleur appui, ton corps se tend quand le mien se cambre ; mais dès le début, la pression est trop forte pour moi tant le désir de toi a été contenu.

Immédiatement,  mon corps exige avec une violence extrême, inouïe, que moi aussi, je libère le fluide, le mien cette fois.  Tout en moi ordonne impérieusement que je le fasse sur-le-champ,  qu’en un court instant, un fugitif instant, je donne le peu qu’un homme consacre à une vie nouvelle.  Il faut que je lutte, que je bataille pour ne pas obéir à cette physiologie despotique.  J’ai mal de retenir ainsi les puissantes contraintes qu’elle impose à mon corps.  La douleur est si intense, que je t’appelle à l’aide, il faut que tu m’aides : « Ne bouge plus, je t’en prie ne bouge plus ».  Je te susurre ces quelques mots dans un souffle éperdu, comme une supplique.  Un appel au secours auquel tu réponds. Tu m’aides, tu ne bouges plus un instant, le temps de repousser cette première bataille ; car à nous deux nous arriverons peut être à vaincre. A nous deux, nous devons vaincre.   Car, si c’est lors de ce moment libératoire que l’homme éprouve son plus grand plaisir, celui grâce auquel la race se perpétue, je ne veux pas que ce plaisir soit solitaire, il ne peut, il ne doit pas l’être puisqu’il n’est plus qu’une partie d’un tout qui l’englobe.  Il serait incomplet, tronqué, il ne serait plus du plaisir.  Il faut que, comme l’ont fait nos corps, comme l’ont fait nos sens, le plaisir de l’un et celui de l’autre se joignent à leur tour pour atteindre la sensation suprême.

Puis, sortis victorieux de cette première bataille, j’ai repris doucement le mouvement de balancier qui commande le va et vient de mes hanches.  Plusieurs fois nous devons encore vaincre et repousser les assauts de mon corps, et pendant encore un moment, nous continuons à savourer cette fusion de nos deux êtres, à reconquérir petit à petit le plaisir primaire qui est en chacun de nous. Jusqu’à ce que tu sentes,  que je sente que le moment est venu. Chacun  relâche alors la domination qu’il exerçait pour la faire durer.  Et nos corps s’emparent alors du pouvoir. Ils libèrent brutalement les fluides qui accompagnent ce plaisir originel.  Je sens ton intérieur qui me presse au rythme de contractions de plus en plus fortes, de plus en plus rapides. Je sens que tu vas parvenir au point culminant ou plaisir et douleur se mélangent à ne pas savoir qui va l’emporter.  Cette sensation provoque en moi l’ultime gonflement, celui qui précède la délivrance. Nos fluides se mélangent. Nous sommes propulsés jusqu’au point de non-retour, celui où nous sommes impuissants à commander, celui où nous perdons tout contrôle, où nous ne pouvons que nous soumettre à l’irrésistible animalité que nous recevons en même temps que la vie. Nous sommes pris de convulsions, nos corps vibrent, mon fluide continue son envahissement saccadé au rythme des battements de mon cœur, le plaisir est prodigieux, inouï, comme celui procuré par quelque drogue formidable, l’explosion de nos sens est d’une violence fantastique : nous jouissons, ensemble, en même temps, à l’unisson.

Je reste sur toi un moment tant l’effort et le plaisir m’ont exténué, je dépose encore quelques baisers dans ton cou, je caresse ta joue avec la mienne, tes cheveux en désordre s’étalent sur l’oreiller,  je noie mon visage dans leurs ondoiements, puis, lentement, je relève la tête, tu ne bouges plus, tu as encore les yeux fermés, tes narines sont encore animées par les vestiges d’une respiration haletante, trace résiduelle des contractions qui t’ont porté au plaisir,  je te contemple une nouvelle fois,  cette fois de près, cette fois sur toi,  cette fois en toi, encore un peu. 



« Modifié: 26 Mai 2019 à 01:10:06 par Spontex31 »
Un gratteur imprévisible ...

Hors ligne Ari

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Bonjour,

Je commence par un petit relevé au fil de la lecture (j'ai l'habitude de pinailler beaucoup, sur des mini détails, ça ne présage pas forcément d'une mauvaise appréciation globale ;) ). Quand je commente, ce n'est pas forcément pour proposer des modifications (sauf les mini détails) mais plutôt pour te donner un aperçu de mes ressentis en lisant ce texte (ça me semble toujours courageux de se lancer dans ce genre d'écrit, du coup ça me semble d'autant plus utile d'avoir des retours ; mais je transpose peut-être mes propres craintes d'auteur).


Au fil de la lecture :

Citer
Après l’avoir contemplé sans mot dire,
contemplée
Citer
Mes épaules et ma tête se meuvent pour poser ma bouche dans le creux de son cou
Je suis pas fan de la formule, on dirait que c'est les épaules qui posent la bouche... trop fouillis pour moi, et je ne vois pas trop ce que ça apporte de passer par une tournure aussi compliquée.
Citer
Un endroit tendre, doux, qui prend presque la forme de mon visage lorsque le sien se tourne un peu sur le côté, comme pour le serrer.
J'aime bien l'idée, même s'il y a un côté un peu... étrange, dans ce cou qui prend la forme d'un visage. Ce serait plus naturel à mes yeux (mais du coup peut-être plus banal) d'écrire : "qui épouse la forme de mon visage".
Citer
Mes lèvres effleurent sa peau et y laissent s’éteindre un baiser qui se meurt en silence pour laisser la place au suivant.
Un peu "too much" mais j'aime bien :) .
Citer
  A ces gestes, ma main droite répond
Il manque l'accent sur le "A".
Je trouve ça un peu étrange que sa main droite "réponde"... aux gestes qu'il fait lui-même.
Citer
pour venir le ceindre, l’entourer.
Ceindre et entourer sont synonymes. Je suis mal placée pour faire cette remarque ^^ je mets souvent des synonymes d'affilée. Mais là je sais pas, ça fait un peu comme si tu traduisais le mot ^^ .
Citer
Après l’avoir contemplé sans mot dire, je me tourne vers elle, doucement, en appui sur mon coude. Ses yeux sont fermés, sa respiration toujours aussi calme.  Mes épaules et ma tête se meuvent pour poser ma bouche dans le creux de son cou, juste avant l’épaule. Un endroit tendre, doux, qui prend presque la forme de mon visage lorsque le sien se tourne un peu sur le côté, comme pour le serrer. Mes lèvres effleurent sa peau et y laissent s’éteindre un baiser qui se meurt en silence pour laisser la place au suivant.  A ces gestes, ma main droite répond par un mouvement qui s’amorce sur le torse et suit la ligne des seins,  légèrement dessous, de droite à gauche.  Elle se déplace lentement, ma paume et mes doigts sont à plat pour profiter pleinement de ce contact,  ils s’adaptent au moindre relief pour ne rien laisser échapper de la sensation qu’ils me procurent, ils épousent la moindre dépression.  Les sillons de mes doigts enregistrent la plus infime granulation de sa peau.  Puis ma main arrive à la hauteur du sein gauche et remonte légèrement, en écartant les doigts pour venir le ceindre, l’entourer.  Ma paume se place dessous comme si elle voulait le soupeser, en apprécier la texture, mes doigts s’épanouissent autour de lui pour le serrer délicatement comme s’ils voulaient l’encercler pour ne pas le laisser partir, comme s’il était un oiseau qui quelques instants, reste prisonnier d’une main qui désire simplement caresser son plumage, pour tenter de toucher sa beauté.  Puis mes doigts relâchent leur douce pression et le présente à mes lèvres.  Mes lèvres qui obéissent et accourent depuis ce cou où elles étaient si bien.  Elles viennent entourer la pointe de ce sein donné en offrande, parcourent ce mamelon ferme, tendu, terriblement expressif. 

Ton visage se tourne sur  le côté, je perçois ce qui me semble être un souffle plus rapide, car tu ne respires plus aussi calmement maintenant.
Dans l'ensemble pour ce début, il y a plein de petites choses sympa, cela dit le total est trop lent pour moi, trop "explicatif" surtout, on voit que tu tiens à ce que le lecteur se représente précisément l'exact mouvement effectué, parfois je me dis que plus de flou ne me dérangerait pas. Mais c'est super personnel comme ressenti.
(Réflexion faite la lenteur ne me dérange pas tant que ça et je comprends très bien ce que tu lui trouves de positif ^^ je crois que c'est le côté "explicatif" qui me gêne plus. J'aime bien les moments où tu t'éloignes un peu + du réel et part davantage en métaphores).
Citer
Ma main ayant cédé sa place à mes lèvres,
J'aurais mis "la" place (et ça me semble un peu redondant avec ce qui précède).
Citer
continue son périple et descend sur ton ventre.
On est passés au "tu", d'un coup ??
(Cela dit, en début de texte j'avais été surprise par ce "elle", j'ai peut-être lu beaucoup de récits employant la deuxième personne ces temps-ci, alors le "tu" me semble sonner presque plus naturel).
Citer
dans d’autres cheveux qu’il ne connaît pas et qu’il découvre avec délectation
Je sais pas trop pourquoi, le "qu'il découvre avec délectation" me semble de trop. Mais de base, j'aime pas le mot "délectation" ^^ .
Citer
Ma main peine à quitter cet endroit, mais elle le fait car il faut partir pour tout découvrir.
Ici je pense que la phrase aurait pu s'arrêter à "peine à quitter cet endroit". J'aime pas trop les "il faut" ^^ .
Citer
Je te regarde, comme pour réclamer la permission d’aller plus loin,
C'est tout simple mais j'aime bien cette précision et je trouve qu'elle s'intègre bien au récit.
Citer
tes yeux sont toujours clos, tes narines palpitent légèrement,
Je trouve pas ça un peu trop peu expressif... s'il y a une forme de tension ou d'attente, je pense que tu pourrais la décrire un peu plus.
Citer
La descente se prolonge, jusqu’à atteindre le genou, mais avant qu’elle ne l’ait fait, ma main opère un mouvement de rotation qui l’entraîne doucement vers l’intérieur.
Tu vois ici je trouve les termes : "opère un mouvement de rotation" trop "techniques" pour ce thème.
Citer
Le sens de déplacement lui aussi s’est inversé. Il remonte désormais vers le haut.
Ce sont des explications super longues pour dire : "mais finalement remonte vers l'intérieur".
Je pense que la lenteur est voulue, peut-être que le côté "froid" (technique) est voulu aussi mais du coup subjectivement ça me fait sortir de l'atmosphère du texte.
Citer
Ma main se remet en mouvement, elle remonte légèrement et le majeur est entraîné lui aussi, en même temps. Alors,  arrive l’inévitable rencontre, celle du bout de ce doigt avec la partie la plus extérieure de l’entrée en toi, celle qui se trouve juste à la frontière entre le dedans et le dehors de toi.  Une rencontre qui doit aller à son terme, et qui pousse ce doigt, le mien, à entrer, comme pour mieux t’explorer, de l’intérieur pour la première fois.
Idem.
Citer
Je sens les battements de mon cœur qui frappe mes veines, mes muscles, ma peau, partout où mon sang se déplace,  j’ai la gorge serrée, j’ai peur et envie à la fois. 
J'aime beaucoup le fait que le narrateur décrive cette ambivalence peur/envie (surtout la peur, l'envie on s'en doute un peu ^^ ). Il me paraît plus humain tout à coup, enfin je veux dire, son identité se dessine mieux, plutôt qu'un "je" lambda sans caractéristiques particulières.
Citer
de ne pas être à cette place qui lui revient de droit.
Pas fan du tout du "qui lui revient de droit".
Citer
Une partie dont tous les millimètres,  tous les vaisseaux même le plus petit sont emplis d’un sang bouillonnant d’impatience, un sang dont le tumulte ne pourra rester longtemps contenu.
Un peu too much à mon goût (la description précédente suffisait).
Citer
L’endroit merveilleux.
Ca me semble superflu aussi.
(Mais encore une fois c'est vraiment très subjectif  :-[ je pense que tu auras compris que d'une façon générale mon point de vue ce serait d'élaguer un peu).
Citer
L’endroit est si onctueux qu’il se glisse en toi dans une douceur extrême, comme aspiré dans un voluptueux tourbillon duquel il ne veut pas sortir.
C'est étrange d'imaginer les sensations masculines ^^ .
J'aime un peu mieux la suite car on parle un peu + de sensations et moins de "déplacement technique" ^^.
J'aime bien :
Citer
tes mains se perdent quand les miennes cherchent le meilleur appui
Parce que jusque-là ça faisait un peu trop précis / parfaitement maîtrisé etc. Un peu de flou et d'errance et de tâtonnement ça me semble peut-être un peu plus réaliste.  :-[
Citer
que moi aussi, je libère le fluide, le mien cette fois
Tu vois c'est ce genre de précisions... "le mien cette fois", on s'en doute un peu ;) .
Citer
Il faut que je lutte, que je bataille pour ne pas obéir à cette physiologie despotique. 
Mon allergie aux "il faut" recommence ;) . Pourquoi il faut ? J'imagine que c'est pour être sûr de la satisfaire elle, mais je sais pas, ça peut aussi sonner comme une soumission aux espèces de normes compétitives que la société suggère aux hommes dans ce domaine.
Citer
A nous deux, nous devons vaincre.   Car
Il manque l'accent sur le "A" et il y a une espace en trop avant "Car".
Citer
Car, si c’est lors de ce moment libératoire que l’homme éprouve son plus grand plaisir, celui grâce auquel la race se perpétue, je ne veux pas que ce plaisir soit solitaire, il ne peut, il ne doit pas l’être puisqu’il n’est plus qu’une partie d’un tout qui l’englobe.
D'accord ici vient donc l'explication.
Citer
Jusqu’à ce que tu sentes,  que je sente que le moment est venu.
Double espace avant "que".
Citer
Chacun  relâche alors la domination qu’il exerçait pour la faire durer.
Avec le contexte et tout je comprends le sens, mais syntaxiquement je suis pas sûre que le "la" fasse référence à un groupe clair et proche ??
Double espace après "Chacun".
Citer
Et nos corps s’emparent alors du pouvoir.
J'aurais préféré "prennent le pouvoir" mais je ne saurais pas dire pourquoi. Ca me semble plus logique pour des corps, "s'emparer" les personnifie un peu trop, le pouvoir ne semble pas le même.
Citer
Je reste sur toi un moment tant l’effort et le plaisir m’ont exténué, je dépose encore quelques baisers dans ton cou, je caresse ta joue avec la mienne, tes cheveux en désordre s’étalent sur l’oreiller,  je noie mon visage dans leurs ondoiements, puis, lentement, je relève la tête, tu ne bouges plus, tu as encore les yeux fermés, tes narines sont encore animées par les vestiges d’une respiration haletante, trace résiduelle des contractions qui t’ont porté au plaisir,  je te contemple une nouvelle fois,  cette fois de près, cette fois sur toi,  cette fois en toi, encore un peu. 
J'imagine que la phrase super longue est voulue, mais ça ne marche pas trop pour moi, j'aurais préféré des points de temps en temps.
Citer
je te contemple une nouvelle fois,  cette fois de près, cette fois sur toi,  cette fois en toi, encore un peu. 
J'aime bien cette fin.


Au total :

Tout d'abord bravo de t'être lancé parce que ça me semble toujours un sujet difficile à bien traiter et il me faut bien reconnaître que je serais incapable d'en faire autant. Je manque un peu de mots pour détailler mes critiques, et peut-être aussi qu'un peu de pudeur me gêne pour le faire de façon 100% transparente. Dans l'ensemble mes impressions sont celles détaillées au fur et à mesure : le côté lent et détaillé me plaît comme point de départ, cependant ici j'ai trouvé que tu versais dans l'excès. Certaines "précisions techniques" ou formules redondantes m'ont un peu gênée à la lecture. Rien de bien méchant. J'ai l'impression que les émotions que tu souhaites retransmettre passent beaucoup par cette tension presque palpable que l'attente peut produire, cependant, cette tension, je ne l'ai pas toujours ressentie, peut-être que j'aurais souhaité que tu t'en approches plus, que tes mots s'éloignent un peu du pratico-pratique pour mieux décrire l'indicible. J'ai préféré d'ailleurs les passages plus flous / plus abstraits / plus focalisés sur les ressentis. Cependant pour ces passages je regrette encore une fois certaines longueurs ou surenchères. Pour ce qui est de s'appliquer à décrire les plus petits détails, c'est un procédé que j'aime beaucoup à l'origine, mais peut-être en ne s'attardant que sur certains détails qui revêtent alors une forme de tendresse, qui se détachent, qui marquent ; alors qu'ici le rapport systématique de l'intégralité desdits détails leur enlève ce charme que je leur trouve habituellement. Voilà, j'espère que ce retour te sera utile, j'ai fait du mieux que j'ai pu  :-[ ! A une prochaine fois. :)

Edit :
Ah oui, autre chose : j'ai trouvé l'immobilité et l'impassibilité du personnage féminin... Déconcertantes. Je pense que là aussi s'il y a une tension palpable, elle devrait être mise + en avant. Ce n'est pas forcément dans les actes / prises d'initiatives etc, parce que ça ça t'appartient  :-[ , mais lui prêter un peu plus d'intentions, d'émotions, de désir... Là pour moi elle n'est vraiment pas assez habitée. Les passages où tu mentionnes ses réactions me semblent très utiles et trop esquissés à mon goût.
« Modifié: 19 Mai 2019 à 16:01:22 par Ariane »
~ Ari ~

Hors ligne Spontex31

  • Plumelette
  • Messages: 18
Bonjour Ariane,

Tout d’abord, un grand merci pour cette analyse très précise (pointilleuse  :-)) de ce petit texte.

Je reçois très bien tes commentaires et  je les trouve pour la plupart, plutôt justes et très pertinents.

Je passe sur ceux de type mise en page espace, A majuscule sans accent (Possible ?), double espace, … J’ai tout de même corrigé la faute d’orthographe (désolé, suis assez nul en orthographe).

Comme je l’ai dit en préambule, il s’agissait de décrire une situation en restant éloigné des aspects sentimentaux et/ou relationnels entre les personnages. D’où ce texte quasi-exclusivement descriptif.  Cependant, tu as raison de signaler que les réactions de la femme sont assez peu décrites. J’en conviens bien. Mais je ne me sentais pas la légitimité pour le faire.  En effet, je suis bien incapable d’inventer ce que je ne connais pas et s’agissant du très intime, je crois que pour bien décrire le ressenti féminin, il faut être une femme (ou prétentieux ?).

Tu as bien décelé ce côté vocabulaire technique qui parfois devient un peu gênant voire déplacé, de même les abus de précisions inutiles,  déformation professionnelle j’imagine.  J’admets très volontiers que ça casse un peu l’ambiance. Moi-même en relisant, ça me rase un peu. Très bien vu !  Je ferai attention au prochain texte …

Pour ce qui est du passage au ‘Tu’, je n’ai pas bien saisi ta remarque car je n’ai jamais employé le ‘Vous’, seulement  le ‘Elle’.

Plus généralement, je ne travaille pas ce que j’écris. Je ne peaufine pas mes textes. J’écris juste ce qui me vient, lorsque ça me vient souvent sous l’impulsion d’un fait, d’une réflexion, d’une interrogation, d’un évènement, d’un sentiment, etc.  Je ne cherche pas à parfaire le résultat, je les relis un peu mais ne les travaille pas. Ces textes sont donc très courts, sans cohérence entre eux (sur le court terme en tous cas) et dénués de toute construction préméditée. Il s’agit surtout de textes spontanés.

Encore un grand merci pour cette fine lecture critique.

Bien amicalement,

Un gratteur imprévisible ...

Hors ligne Ari

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 564
De rien du tout :) .

Peut-être que ça vaudrait le coup de préciser en début de texte que tu ne souhaites pas forcément le retravailler mais plutôt voir nos impressions ; personnellement ça ne me dérange pas, mais d'autres personnes pourraient se sentir frustrées de détailler autant et de découvrir que tu ne souhaites pas le modifier.

C'est le passage du "elle" au "tu" qui m'a surprise, si j'ai parlé d'un "vous" c'était une erreur.

Bonne journée !
~ Ari ~

Hors ligne Spontex31

  • Plumelette
  • Messages: 18
Re : Un petit texte à ne pas laisser à la portée de tous les yeux
« Réponse #4 le: 20 Mai 2019 à 21:17:38 »
Bonsoir Ariane,

En effet, la précision est sans doute utile. Je l'ai donc ajoutée en PS.

Concernant le passage du Elle au Tu, je suis d'accord.  Le fait de passer d'une certaine distance à la proximité du tutoiement peut être déconcertant.  Il s'agissait de traduire le changement de rapport qui intervient lorsque les personnages passent dans la dimension charnelle.  Cette bascule heurte un peu et introduit un changement d'ambiance sans doute trop brutal.

En fait, je ne sais pas trop s'il s'agit d'une rencontre éphémère, d'un coup de foudre ou d'un amour de longue date, profond, enraciné par le temps.

Merci et bonne soirée,

Un gratteur imprévisible ...

 


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